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La guillotine médiatique

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La guillotine médiatique (Affaire DELEVOYE)
 
Il faut laver plus blanc que blanc, et nos politiques en rajoutent tous les jours pour avoir l'air d'être eux-mêmes immaculés, comme si le fait de haranguer les foules sur la nécessaire transparence des biens et des actes était pour eux un passeport de probité en soi.
 
L
e cas DELEVOYE, fondamentalement, n'est pas le témoignage de la malhonnêteté d'un homme, mais bien le résultat d'un comportement admis par ses pairs et quasi général, celui d'un vieux monde solidaire dont les pratiques sont devenues courantes. Les clans, l'entre soi, les compensations de salaires, les donnant-donnant, les réseaux (pas sociaux), la complicité de classe plus forte que les oppositions politiques affichées, le tout pour aboutir à un monde à part.
Et pourtant, malgré la déception et la compréhensible exaspération, ces hommes en général ne sont ni meilleurs ni pires que les autres. Au bout du compte (c'est le cas de le dire) Jean-Paul DELEVOYE est plutôt un honnête homme mais depuis si longtemps ami des pouvoirs, occupant des fonctions importantes (jadis ministre de la Fonction Publique, président du CESE, etc.) dont il a accepté les honneurs, les présidences, les rémunérations officielles. Dans le même temps, il a prôné avec conviction la transparence. C'est un "serviteur de l'État" avec tout ce que cela peut signifier de compromissions et d'éloignement du monde réel.
 
"Tous, sauf moi" telle est la devise... Et qu'ont fait les organismes chargés d'examiner dans le détail toutes les déclarations des "recrutés" du gouvernement (HATVP) ? Doivent-il emboîter le pas à DELEVOYE et donner leur démission ? Les exigences sont là et se multiplient au rythme des organismes chargés de contrôles que l'on ferait bien de contrôler !
 
Les conflits d'intérêts sous-jacents partout en haut lieu sont effectivement peut-être une menace mais, pour exercer le pouvoir, faut-il ne pas avoir d'expérience ? Ne pas avoir travaillé dans le privé ? Être pauvre comme Job ? (Franchement l'idéal en France alors qu'aux USA ce sont les milliardaires qui inspirent confiance !) se démunir de tout lorsqu'on entre en politique ? Passer un scanner sur sa vie personnelle et professionnelle ? Objectif malsain.
De fait "ils n'en mouraient pas mais tous étaient frappés", la liste des suspects est immense et depuis des décennies : les déclarations d'impôts de CHABAN-DELMAS, les diamants de BOKASSA, les révélations sur " Mitterrand et les 40 voleurs " ... Récemment les "oublis" des déclarations fiscales frisent Alzheimer chez nos ministres : l'ex ministre de la Culture, les emplois fictifs du MODEM, les Mutuelles de Bretagne, les "affaires personnelles" justifiant la décision de l'ex-ministre des Sports et, disons-le, ce ne sont globalement pas des gens malhonnêtes, à quelques exceptions près.
Non que je cautionne le moins du monde des irrégularités devenues courantes ni le moindre manquement à l'éthique mais il faut savoir raison garder, aujourd'hui pas un homme ni une femme politique de plus de 50 ans auquel on ne pourrait pas trouver un semblant de "casserole" dans son passé. Mais la coupe est pleine et rien n'est plus toléré ni compris comme hier. Notre société est devenue haineuse et intransigeante, et on confond tout : les pinces de homard en photo sur les réseaux sociaux et les injustices entre le revenu de l'aide-soignante et celui de l'énarque de service.
 
La transparence est aussi un business ne l'oublions pas ! Pour faire vendre de l'information, des sites comme 
Mediapart 
et autres médias gratteront jusqu'à l'os pour faire du buzz. Il faut en tirer les conséquences, la tolérance zéro est au rendez-vous et il ne reste plus au gouvernement qu'à faire une grande lessive et à se montrer intransigeant, trop intransigeant même, pour les nouveaux entrants pour aider le personnel politique à tenter de retrouver une crédibilité. La tâche est d'autant plus ardue qu'il faut aller très loin et descendre bas dans l'échelle hiérarchique : tous potentiellement coupables. Nous avons vécu dans une société d'avantages en nature dont les chefs d'entreprise ont été les premiers accusés, ils ont depuis fait beaucoup le ménage. Les règles du privé sont aujourd'hui beaucoup plus exigeantes alors que les avantages et les dérogations sont la règle implicite dans l'administration et la Fonction Publique.
Ce qui est grave, ce n'est pas la dernière affaire DELEVOYE, ce sont les promesses éthiques démenties et la détestation populaire qui s'en suit dont la jalousie est une des composantes majeures. On veut à juste titre de l'exemplarité mais on n'y arrive pas ! Et d'ailleurs voulons-nous être dirigés par des incompétents "blanc-bleu" sans expérience et n'ayant pas réussi ni surtout gagné d'argent ?
 
Aucun coup de balai ne sera assez vaste pour créer le pays de rêve que nous souhaitons, un pays transparent et juste, démocratique et égalitaire, un pays qui ne veut plus d'élites, qui soupçonne son voisin et ne jure que par la démocratie directe à condition qu'elle défende son propre point de vue. C'est ce qui rend la situation explosive et dangereuse. N'y a-t-il pas comme un relent prérévolutionnaire accentué par les discours "d'irresponsables politiques" ?
La guillotine est médiatique, mais jusqu'à quand ?

Envoyé par l'auteur, 18 décembre 2019
MENTHON de Sophie


Chef d’entreprise
Présidente d'ETHIC  (depuis 1995)  (Entreprises de taille Humaine Indépendantes et de Croissance)
Membre du Conseil économique, social et environnemental (CESE)
 

   
Crée la "Fête des Entreprises", sur le thème : "J’aime ma boîte !"
     qui se renouvelle chaque année au mois d’octobre (depuis 2003).

A son initiative,
 1ère édition du congrès ETHIC FIRST au Palais des Nations Unies de Genève (2009)
     (512 participants issus de 23 pays,
     autour du thème : La Responsabilité Sociale des Entreprises en période de crise économique.
3ème édition du congrès ETHIC FIRST à Novancia (21 juin 2012)

S’est toujours investie dans la vie associative pour promouvoir l’entreprise privée.
A 21 ans, crée sa première entreprise de marketing téléphonique Multilignes Conseil (1969)
     Présidence jusqu’en 2004.
Lance le premier Syndicat du Marketing Téléphonique (SMT) (1979)
Rédige un code déontologique
     qui régit aujourd'hui la profession en France et dans plusieurs pays d’Europe.

Admise dans la réserve citoyenne avec le grade de Colonel
     Rattachée au corps des Officiers de la Gendarmerie Nationale (2007).

Nommée par le Président de la République au Conseil Economique, Social et Environnemental
     au titre de personnalité qualifiée (depuis 2010)
Membre de l’Observatoire Français des Conjonctures Economiques (OFCE) (depuis 2010)
Mission sur la Responsabilité Sociétale et Environnementale des entreprises (RSE)
     à la demande de Xavier Bertrand, Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé
     qui a donné lieu à unguide pratique illustré à destination des PME (20 000 exemplaires)
A souhaité présenter
     20 mesures d’urgence à prendre par le nouveau Président de la République (2012).
 
Intervient dans l’émission
     "Les Grandes Gueules" sur RMC
     "Les Experts du 9h-10h" sur BFM.
 
Ouvrages
Dans la collection Le monde d'aujourd'hui expliqué aux enfants 
(Editions Gallimard Jeunesse, qu’elle fonde avec sa fille Alexia Delrieu et avec qui elle écrit en tandem)
Illustrations : Clotilde Perrin puis Alice Charbin puis Henri Fellner :
La Police(2006)
L'Argent(2006)
     Prix de la Presse des jeunes au Festival de Montreuil 2007.
La Politique(2006)
La Publicité(2006)
L'Europe(2007)
La Justice(2008)
L'Entreprise(2008)
Le Supermarché(2009)
La beauté(2010)
Dangers (2010)
L'Armée (2011)

Distinctions
Officier de l'Ordre de la Légion d'Honneur
Commandeur de l’Ordre National du Mérite

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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