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Du côté des élites (707)

Emmanuel et manu                                                       Les historiens de science politique ont tout de suite eu la "puce à l'oreille". Peu importent les arguments de campagne : plus personne n'y croit. Mais, après la prise de fonction (et non de pouvoir), les 2 premiers discours les plus importants, celui de la Sorbonne et celui déroulé devant le Congrès assemblé à Versailles, ont été révélateurs.   Le jeune et brillant élu – plus par défaut que par enthousiasme – proposait, nourri de ses humanités et de ses riches études, un monde idéal, ou du moins une Nation française idéalisée, enfin en accord avec elle-même, guidant la planète vers un lénifiant ciel bleu. Par le style, le choix des mots, le rythme et le phrasé, l'évocation d'un monde mieux gouverné (par lui) – donc meilleur - devait beaucoup, sous l'angle des réformes internes proposées, à une certaine Critique de la raison pure (1781), et pour…
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Macron à l’épreuve des gilets jaunes   Les "gilets jaunes" ne sont plus, semble-t-il, le mystère qu’ils étaient lorsqu’ils ont fait irruption sur les ronds-points routiers, les accès aux grandes surfaces et l’avenue des Champs Elysées. Journalistes, sociologues et parlementaires les ont maintenant rencontrés, étudiés et décrits. Ramenée à l’essentiel, leur conclusion commune revient à expliquer que cette éruption jaillie des profondeurs du pays exprime une double demande : les petits de notre peuple veulent, d’abord, ne plus être étranglés par des taxes trop lourdes, notamment celles qui pèsent sur l’essence ; ensuite, ils aspirent à se faire mieux entendre du gouvernement. Rien de révolutionnaire ni même de dangereux. Que nos dirigeants se montrent moins autoritaires et impatients. Qu’ils accordent aux travailleurs et aux retraités modestes les primes et les allègements d’impôts les plus appropriés. Ces mesures simples, accompagnées d’une concertation décentralisée avec les citoyens de base, devraient suffire à ramener le…
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Les Gilets jaunes ne se laisseront pas berner   Le débat sur l’immigration ? Disparu. L’augmentation du smic de 100 euros par mois pour tous ? Disparue. Le mea-culpa macronien ? Disparu. Le changement de cap ? Disparu. Une semaine après la réponse du chef de l’Etat aux Gilets jaunes, il ne reste déjà plus grand chose des promesses émises. "Je veux que nous mettions d’accord la Nation avec elle-même sur ce qu’est son identité profonde, et que nous abordions la question de l’immigration. Il nous faut l’affronter", avait déclaré Emmanuel Macron lundi dernier. Mercredi, le sujet n’était déjà plus à l’ordre du jour. "Le salaire d’un travailleur au smic augmentera de 100 euros par mois dès 2019 (…)", avait-il également annoncé. En réalité, seule la moitié des smicards bénéficieront de la mesure, le salaire du conjoint étant pris en considération pour écarter les couples les plus "aisés". Ce lundi,…
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"Trop intelligent"   "Et une deuxième erreur a été faite : le fait d’avoir probablement été trop intelligent, trop subtil, trop technique dans les mesures de pouvoir d’achat." Cette phrase a été prononcée avant-hier par l’un des principaux leaders de la majorité politique issue du "nouveau monde", LREM, qui dirige aujourd’hui la France, produisant une micro-polémique. Elle est issue d’un contexte tragique, après 5 semaines du conflit des gilets jaunes qui a fortement ébranlé l’économie et la société française, à l’origine de spectaculaires destructions et de 6 morts, et un nouvel attentat islamiste qui a ensanglanté le marché de Noël de Strasbourg.   Les paroles de ce chef de parti, journaliste et entrepreneur de profession, sont révélatrices de toute une mentalité, tout un climat qui pèse sur le pays. Elle exprime la pensée profonde de la France supposée d’en haut, prompte à toiser les "sans dents", les "Gaulois réfractaires" ou la lèpre…
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La politique n'est pas un conte de fées   "Malheur à la ville dont le prince est un enfant", a écrit Montherlant, adaptant une parole de l'Ecclésiaste : "Malheur à la ville dont le roi est un enfant." Voilà l'une de ces vérités qui traversent les millénaires et les cultures. Rien aujourd'hui ne saurait autant nous convenir. Qu'est-ce que le malheur pour une société ? la dislocation de ses éléments, la séparation des groupes, la lutte des classes, les combats intérieurs. Scipion avait vu dans son rêve deux soleils dans le même ciel, disait Cicéron, mais le vrai scandale est de voir deux peuples dans la même république. Nous y voilà.   L'espèce de magie qui avait environné l'élection d'Emmanuel Macron tenait de l'enchantement et provoquait la fascination. Cela parce qu'un homme si jeune et si doué, porté si vite et aisément au siège le plus élevé que tant d'autres reluquent dans…
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Quand Macron prend un tournant qui en rappelle étrangement un autre   C'était il y a trente-cinq ans, en 1983. Après dix-huit mois d'une politique de relance budgétaire échevelée, de mesures sociales en rafales et de dévaluations monétaires en cascade, François Mitterrand décidait un brusque changement de cap. On arrêtait la dérive des dépenses, on encourageait les entreprises, on réduisait la fiscalité, on libéralisait l'économie. On parlera de "virage" de 1983. Un virage dont la sortie s'appellera privatisations, grand marché européen, monnaie unique, mondialisation, financiarisation. La France s'alignait sur l'exemple donné dès 1980 en Angleterre et aux Etats-Unis par Margaret Thatcher et Ronald Reagan. Elle devait renoncer à faire cavalier seul. Après leur défaite idéologique de 1983, les socialistes connurent leur défaite politique de 1986.   L'intervention d'Emmanuel Macron du 10 décembre est sans doute son virage de 1983. Un virage de 1983 à l'envers, bien sûr. Macron était, lui, lors…
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Macron à la recherche du peuple perdu   Emmanuel Macroncomprend-il ce qui lui arrive ? C’est ce lundi soir que le chef de l’Etat sortira de son silence. Son entourage promet un exercice d’humilité. Dès vendredi, devant des maires des Yvelines reçus à l’Elysée, il aurait reconnu quelques "conneries", comme l’application des 80 km/h ou la baisse de 5 euros des APL. Mais il suffit de lire les agacements de beaucoup de macroniens face aux Gilets jaunes, vus comme des sortes de ploucs décérébrés et fascisants, pour mesurer le parcours que Macron doit effectuer s’il veut retrouver ce peuple perdu. Alors que la préférence immigrée est un sujet qui explique en partie la révolte de la France oubliée, Macron a délégué un secrétaire d’Etat, Jean-Baptiste Lemoyne, pour avaliser ce matin, à Marrakech (Maroc), le "pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières". Ce texte, que le gouvernement présente comme…
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Macron canard boiteux ? Ou alors quel Acte II ?   Qu’est-ce qui va maintenant se passer ? Et surtout : qu’est-ce qui vient après ?  Désormais tout peut arriver, n'importe quoi devient possible, car il n’y a aucune solution solide et sérieuse pour remplacer le néolibéralisme, et trop de gens n'en veulent plus. Il faudrait imaginer 1° une économie mondiale d’entreprise, plus solidaire mais non socialiste, 2° une culture mondiale de liberté au-delà de l’idéologie libérale, 3° une politique de paix organisant les nations sans les annuler, et enfin 4° une démocratie nationale plus effective mais qui ne tende pas au socialisme.    Cette réforme est mentalement impossible dans le cadre de la pensée postmoderne. Celle-ci d'abord est trop complice du néolibéralisme par sa critique relativiste et libertaire de la raison, de la morale et de la métaphysique. Ensuite, elle empêche trop toute vision d’ensemble et grand récit. La réforme est impossible sans rationalité et normativité…
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La pire violence On dégoise sur les violences commises samedi 2 décembre à l’Arc de Triomphe. Une Marianne a été endommagée. Monsieur Philippe s’est dit "choqué par la mise en cause de symboles qui sont les symboles de la France". Symboles ! A-t-il été choqué lorsque son potentiel Président prétendait à Lyon, aux fins de gagner des voix de patriotes pour le moins suspects, qu’ "il n’y a pas de culture française", lorsque son Président effectif déplorait à Alger le crime contre l’humanité commis par la France coloniale ? Ces assertions ont une formidable portée ; elles sont, dans l’ordre symbolique, infiniment plus violentes que la mise à mal d’un monument. Enoncer qu’il n’y a pas de culture française n’était pas seulement un sot mensonge, c’était un crime contre notre civilisation (sans précédent dans les annales de nos cinq républiques) (1). Enoncer que la France a commis en Algérie "un…
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