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Du côté des élites (765)

Manuel Valls, mais lequel ? Au moment où je commence ce billet, le président de la République vient de s'exprimer. Discours lénifiant, noyant dans des généralités vagues et moralisatrices les attentes, les peurs et les exigences de la France populaire. Matignon, contre la Constitution et les usages, a annoncé la démission du Premier ministre Ayrault et Manuel Valls est son successeur. La déroute historique de la gauche de gouvernement aux élections municipales apparemment a accentué le processus de désorganisation, de décomposition d'un pouvoir dépassé par l'ampleur de la catastrophe et certain, en même temps, qu'un changement de politique économique et sociale serait suicidaire pour lui si peu de temps après avoir affiché une ligne clairement social-démocrate. Contrairement à ce qu'on soutient, la défaite de dimanche a moins signé la révolte d'un peuple de gauche indigné voire désespéré par les deux premières années du quinquennat de François Hollande que l'éclatante remontée…
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Que reste-t-il de la France unie ? Depuis le slogan "la France unie" qui avait marqué les élections présidentielles de 1988, ce thème s'est effacé du débat politique français, comme ringardisé. L'unité de la France est un principe fondateur essentiel de la Nation que l'on retrouve à toutes les époques. Sous l'ancien régime, elle s'incarnait dans la personne du souverain. "L'unité du Royaume" fut ainsi la priorité absolue de Richelieu. Elle fut la véritable obsession des républicains : "Messieurs, avant de faire une France grande, faisons une France une. Refaisons l'union de tous les Français. Reconstruisons le grand parti français sous les plis d'un drapeau qui puisse l'abriter, parce qu'il est le seul sur lequel, aujourd'hui comme au temps de l'invasion, tous les Français puissent servir avec honneur" déclarait Jules Ferry dans son discours du 17 octobre 1874. Cette aspiration s'exprime en permanence dans l'œuvre de Jules Michelet qui voit…
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La comédie d'Avignon Aux armes, citoyens, la république est en danger ! Inspirées par les divinités germaniques de sinistre mémoire, les forces du Mal fomentent la mise à sac de notre démocratie. Pire, elles menacent notre joyau national, expression vivante de la liberté, de la créativité : la "culture". Dans des occurrences aussi tragiques, des âmes courageuses appellent à la "résistance". Ainsi MM. Olivier Py, président du Festival d'Avignon, et  Jean-Michel Ribes, patron du Théâtre du Rond-Point, enrôlent-ils les émules de Jean Moulin dans l'armée des ombres de Kessel. Le Mal qu'il importe de vaincre, c'est Marine Le Pen, blonde Walkyrie de ces régiments de SS qui à Avignon, à Béziers et quelques autres cités potentiellement martyres vont peut-être inoculer leur peste brune. La "culture" de MM. Py et Ribes - avec un K comme KGB – ne s'en remettrait pas si les forces de l'esprit n'entraient en résistance contre…
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L’enfumage Les commentaires de presse et de radio se livrent à une extraordinaire campagne de désinformation sur les résultats des municipales. Un seul constat revient partout : "percée du FN". Or, si ce mouvement obtient des succès évidents dans une poignée de ville, son score global est de 4,65%. Au-delà de quelques communes, peut-on vraiment parler d’une percée ou d’un raz de marée? Aux élections municipales de novembre 1947, le RPF, mouvement créé quelques mois auparavant par le général de Gaulle (le parti lepéniste existe lui depuis 40 ans), obtenait 35% des suffrages provoquant un séisme dans la classe politique française. Voilà ce qu’on peut appeler une percée, un raz de marée d’un mouvement gaulliste qui sur le fond était d’ailleurs à l’opposé du FN anti-gaulliste de toujours. Aujourd’hui, nous assistons plutôt à une "poussée" du FN,  mais ce n’est pas la première, loin de là (1988, 1997, 2002). Le matraquage excessif sur ce…
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La gauche retombe dans l'antisarkozysme aigu Tentons de comprendre : la démocratie est en danger quand un magistrat se fait transmettre les relevés téléphoniques (fadettes) d’un journaliste. Mais ce même risque n’existe plus quand Nicolas Sarkozy est mis sous écoutes judiciaires durant six mois. Une affaire d’Etat est constituée quand ces écoutes laissent supposer que l’ancien chef de l’Etat aurait tenté de contourner le secret d’une instruction. Mais cette même violation par Médiapart, qui diffuse ce mercredi sept conversations entre l’ex-président et son avocat, Thierry Herzog, est, elle, opportune. Cette flexibilité des grands principes amène à constater que ceux-ci sont brandis quand ils arrangent le pouvoir et ses médias, mais qu’ils sont foulés au pied dès qu’il s’agit de jeter la suspicion sur la droite. La gauche proclame l’indépendance de la justice, mais doit reconnaître que la chancellerie était au courant des écoutes niées parChristiane Taubira. L’Elysée assure de sa…
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Vos combines ne nous intéressent pas ! Ce n’est jamais le scandale des piastres (quoiqu’on se demande ce qui se cache derrière certaines affaires), mais une succession de coups tordus, de petites vilenies, de bassesses, parfois de turpitudes, dont nos gouvernants nous offrent le spectacle affligeant, toutes tendances confondues. Un ministre fraude le fisc après avoir effrontément menti, un membre d’une ancienne équipe présidentielle annonce qu’il a enregistré les propos du président à son insu, le même ancien président est par ailleurs mis sur écoute pendant des mois alors que l’équipe actuelle propose là-dessus chaque jour une raison différente – autrement dit, l’impression générale est que tout le monde ment, et pour des bagatelles, qui apparemment représentent pour nos gouvernants les seules affaires sérieuses. Le climat est délétère. L’impression se répand dans les esprits des citoyens, de plus en plus nombreux et avec de plus en plus de force, que…
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Tribunal populaire Samedi soir de goguette au Moulin-Rouge où Ruquier plante les pénates de son émission On n'est pas couché. M'y voilà convié au titre d'auteur d'un libelle où je tâche de montrer qu'un 'réac' n'est pas un diable cornu et fourchu. Egalement invité pour un livre qu'il vient de publier, Field commente brièvement le mien avec une bienveillance amusée. Il n'est sûrement pas d'accord mais il a pigé le sens de mon propos. Natacha Polony, qui a de la culture et du jugement, s'est évertuée à entrer dans le vif du sujet. Nos vues divergent souvent, Natacha est plus entichée de "laïcité républicaine" que moi, mais ses arguments sont fondés en raison, et elle examine ceux d'autrui sans les diaboliser. Invitée politique de l'émission, Emmanuelle Cosse, la patronne des Verts, a répondu fort courtoisement à une question que je lui posais sur la pertinence de son parti. Ruquier ayant…
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A propos de l’Ukraine Je suis ennuyé. Je me demande si une fois de plus, on ne serait pas en train de m’emmener en bateau. Certes, j’ai une grande sympathie pour tous ces braves gens qui manifestent à Kiev contre un régime odieux, qui les exploite, s’en met plein les poches, tout en ne recherchant en rien ce que j’appelle "le bien commun".
Ces manifestants sont en général chrétiens, voir catholiques (de rite uniate) pères ou mères de famille, bons patriotes, et tout ce qu’ils veulent, c’est être entendus. Bien entendu, toutes les sirènes de la nomenclature bien-pensante se sont mises à mugir comme si nous étions un premier mercredi du mois à midi, et je me sens un peu abasourdi. Et bien sûr, la sirène BHL, installée sur le toit du café de Flore fait plus de bruit que toutes les autres réunies. Or, je suis un vieux financier. Dans ma carrière,…
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Politiques et médias C'est l'affrontement de deux faiblesses. Jean-François Copé incarne le politique contemporain, obsédé par son image médiatique, privilégiant la tactique à la stratégie, aux convictions affirmées avec d'autant plus de force qu'on ne les sent pas profondément ancrées dans un humus idéologique solide. L'hebdomadaire Le Point résume la splendeur et misère de toute la presse écrite d'aujourd'hui, où les 'unes' alléchantes tentent d'enrayer la stagnation des ventes et les difficultés financières, où le sérieux du travail journalistique compense comme il peut la bien-pensance. Le pugilat de titans aussi fragiles tourne à la confusion : le journal reconnaît que ses révélations sur les contrats passés par l'UMP avec une société de consommation dirigée par des anciens collaborateurs de Copé n'ont rien d'illégal ; le président de l'UMP, ulcéré, attaque pour se défendre, mais reprend les vieilles ficelles mitterrandiennes de la surenchère dans la transparence, alors même qu'il avait, à…
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Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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