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Du côté des élites (796)

Si une société se dévoile par ses peurs, la crainte de la ­"rigueur", mot banni, révèle l'état de la pensée dominante en France. Soucieuse d'apaisements et de discours melliflus, celle-ci s'effraye d'imposer une autorité qui pourrait être la cause de "discriminations", mot sacralisé, celui-là. C'est ainsi que le président du football français, Noël Le Graët, ancien maire PS de Guingamp, a relativisé la calamiteuse prestation des Bleus en Ukraine, et singulièrement l'injure lancée samedi par le joueur Samir Nasri à un journaliste: "Va te faire enculer, va niquer ta mère, sale fils de pute." "Samir est à fleur de peau", a tempéré son patron, qui a trouvé que l'équipe avait "malgré tout progressé". Il aura fallu attendre lundi pour entendre la ministre des Sports, Valérie Fourneyron, soutenir de possibles sanctions. Ce laxisme est le produit de l'idéologie du moment.La désinvolture et l'incompétence de l'équipe de France ne sont pas des maux…
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Le débat misérable sur les relations à avoir ou à ne pas avoir avec le FN nous vaut un déluge de gros mots visant à noyer le poisson d’une certaine vacuité de la droite. On dégaine inconsidérément des "“valeurs", au prix d’une lourde confusion sémantique car les "valeurs", héritées en gros de la philosophie grecque et du message chrétien – honneur, probité, rectitude, respect d’autrui, souci des humbles, etc. – sont notre lot commun. Nul ne les récuse, nul parti ne saurait se les approprier. D’aucuns invoquent leur "humanisme", terme usurpé à la Renaissance italienne, si vidé de son sens qu’on voit mal de quels ennemis du genre humain ses sectateurs prétendent se distinguer. D’autres encore érigent une frontière invisible entre les "républicains" (eux) et ceux qui ne le seraient pas. Hors un mince reliquat de monarchistes avoués, on n’aperçoit nulle part des ennemis de la République. Ces mots tricheurs…
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Deux jeunes femmes gendarmes âgées respectivement de 29 et de 35 ans ont été abattues à Collobrières, dans le Var, le 17 juin au soir. La personne impliquée dans ce double crime, Abdallah Boumezaar, a été mise en examen des chefs de meurtre et d'assassinat le 20 juin. Marginal, maçon de profession, âgé de 30 ans, Boumezaar a fait feu à neuf reprises sur les victimes qui étaient intervenues "pour un banal tapage nocturne sur fond de cambriolage entre voisins" (Le Parisien). La Gendarmerie n'a jamais connu de telle tragédie. A sa suite, l'émoi et l'indignation publics et politiques ont été évidemment à leur comble. Pour ma part, à cause de la gestion erratique qui aurait été celle du précédent quinquennat avec le mélange des genres, l'hypertrophie du président de la République et probablement, le technique et l'émotionnel étant mêlés, l'annonce d'une nouvelle loi, j'ai particulièrement apprécié la restauration d'une…
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La vie politique française marche lentement mais sûrement vers un état de sclérose généralisée. La classe dirigeante se fige en blocs hermétiques qui se haïssent, ne se parlent pas sinon pour s’injurier. Ce règne de la haine politique est sans précédent. La rage permanente a d’ailleurs un sens bien précis : elle sert à cacher que les uns et les autres sont incapables de se différencier par les programmes. A l’étranger, les partis travaillistes et conservateurs britanniques entretiennent des contacts, passent des accords sur certains sujets. En Allemagne, le FPD et la CDU gouvernent ensemble. Chez nous, la politique ne fait que ruisseler de haine. Les institutions donnent lieu à un immobilisme invraisemblable : avec un président élu pour 5 ans et une majorité de gauche à l’Assemblée, des crises sociales gigantesques peuvent se produire, elles n’auront aucune traduction dans la sphère politique car les parlementaires inféodés au chef de l’Etat ne…
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Promenade du Quai Branly au Palais de Tokyo L’amateur curieux de la dernière avant-garde et de l’ultime théorie de l’art contemporain peut aujourd’hui  se faire une idée, en l’espace d’une après-midi, en allant du Musée du Quai Branly (1) au  Palais de Tokyo (2).Il commencera par la rive droite et ira voir "Les Maîtres du désordre", où se mêlent savamment des objets ethnographiques rituels et magiques et des performances et installations contemporaines. L’exposition se présente sous la forme d’un labyrinthe initiatique. Au terme de quelques circonvolutions, le néophyte se verra délivrer un message : les grandes religions, le grand art, la civilisation, ont échoué. Le salut de l’humanité réside désormais dans la pratique d’ "hommes limite", de transgresseurs, d’êtres ambivalents, véritables médiateurs capables de maîtriser les puissances du mal. L’artiste contemporain actualise cet "art" jadis pratiqué par les chamanes et les sorciers. Il rétablit l’équilibre du monde. L’exposition se termine par…
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Les lendemains de défaite ne sont jamais apaisés. La droite a connu ces tempêtes à chaque fois, après 1981, 1988, et 1997. Règlements de comptes, rivalités générationnelles, querelles de chefs, remises en question de la stratégie, de la ligne politique, des alliances. L’UMP de l’après- Sarkozy ne pouvait pas échapper à la règle. La sortie de François Fillon dans le Figaro Magazine, annonçant qu’il n’y avait plus, depuis le départ de Nicolas Sarkozy, de "leader naturel" à l’UMP, a pourtant surpris. La rapidité de la réaction, la formule acérée qui tranchait avec le caractère habituellement placide, voire pusillanime, de Fillon. Le contexte de la campagne des législatives, qui pousse plutôt aux grandes homélies unitaires. D’ailleurs, elles n’ont pas tardé. Devant la colère de Copé, Alain Juppé a tout de suite joué les casques bleus unitaires. Et le secrétaire général de l’UMP lui-même a conclu l’armistice : "François Fillon a parfaitement…
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Les économistes considèrent volontiers les élections comme une sorte de marché sur lequel les formations politiques, et les candidats, proposent des programmes contre des voix. Ce cadre conceptuel est très incomplet, mais il a quand même son utilité. Notamment pour comprendre ce qui s’est passé lors des consultations qui viennent d’avoir lieu en France. Le consommateur n’est plus en phase avec ceux qui lui disent en substance qu’il peut acheter une Ford de n’importe quelle couleur pourvu que ce soit du noir. Il veut avoir le choix : un coupé ou une familiale, une petite cylindrée ou une puissante limousine, etc. La gauche propose quatre modèles : la formule standard (le PS) ; un programme plus centriste, les radicaux de gauche ; une version décalée, les écolos ; et un modèle rétro, le communisme façon Mélenchon. Si bien que le consommateur trouve chez ce fleuriste des fleurs de différentes nuances, du rose pâle au rouge…
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Les grandioses manifestations qui ont suivi la mort de quatre militaires en Afghanistan ont beaucoup plus choqué que consolé nombre de militaires : envoi du ministre et du chef d’état-major des armées en Afghanistan, hommage national aux Invalides avec Président de la République, Premier ministre et force personnalités de tous bords, on se demande ce qui a pu déclencher ces manifestations qui ont pris un tour tristement compassionnel.Les militaires acceptent de risquer leur vie sur ordre des autorités politiques et ne sauraient se considérer comme des victimes, comme il a été dit. Si on veut à tout prix faire une guerre "zéro mort", le mieux est de ne pas la faire. Si on croit à la cause pour laquelle on se bat, il faut accepter d’en payer le prix. Toute cette pompe apparait comme l’excuse de l’exécutif pour avoir envoyé des hommes risquer leurs vies pour une cause qui ne les…
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Jamais, je crois, dans toute l’histoire de France, nous n’avions eu un Président de la République en apparence aussi puissant. Autrefois, on apprenait aux étudiants en science politique que le système français était "semi présidentiel", le chef de l’Etat partageant le pouvoir avec un Premier ministre appuyé sur un Parlement détenteur lui aussi de la légitimité démocratique. Aujourd’hui, le régime est entièrement présidentiel. Avec le système du quinquennat, c’est l’élection du Président qui compte seule, nous l’avons bien vu, l’élection de l’Assemblée nationale, n’étant plus qu’un sous-produit de celle du chef de l’Etat. Jadis, le Premier ministre tirait sa force du fait qu’il était responsable devant l’Assemblée, contrairement au Président. Cette logique a volé en éclat. De fait, l’Assemblée ne représente plus grand-chose et donc le Premier ministre non plus. Le chef de l’Etat semble  seul aux commandes avec tous les pouvoirs entre ses mains. Or, la toute-puissance présidentielle relève en…
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