Magistro Beta

Switch to desktop Register Login

Du nouveau Livre Blanc

  • Écrit par 
  • Taille de police Réduire la taille de la police Réduire la taille de la police Augmenter la taille de police Augmenter la taille de police
  • Imprimer
  • E-mail
Évaluer cet élément
(0 Votes)

En lisant le nouveau Livre Blanc
 

On a entendu et lu bien des choses sur le Livre Blanc : travail trop rapide,  confusion entre choix stratégiques et opération de communication , allure de "patchwork", hétéroclite, ... etc. Mais il faut reconnaître une grande cohérence entre son idéologie, ses concepts politique et militaire, son vocabulaire. Car c'est d'abord un "copié-collé des idées américaines", présentes dans les média américains, auxquelles les auteurs se sont soumis sans en étudier ou imaginer d'autres … Certes, le poids américain dans les domaines politique, stratégique, diplomatique et militaire est encore écrasant, et les Européens ne brillent guère par leurs productions ou leurs publications dans ces domaines. D'emblée, dans son introduction, le Livre Blanc annonce "une stratégie nouvelle de sécurité nationale", car il se place dans un environnement instable, dans une période plus complexe et plus incertaine. Le choix des mots est éloquent : les mots dangers, guerres, conflits sont éludés.  On est dans un environnement, non dans les interactions d'entités souveraines précises et localisées. Le monde où évoluerait la France, c'est celui conçu par les publicistes et stratèges américains, repris par les Présidents américains depuis 1991 : ce monde est un milieu naturel, sauvage, d'où surgissent catastrophes naturelles et dangers multiples. C'est la vision du monde présentée des années durant par Patrice Poivre d'Arvor à TF1 ...


Les Etats-Unis ne se considèrent pas comme responsables des oppositions qu'ils rencontrent, tout comme Israël, qui fabriquent à tour de bras des djihadistes dans le monde entier. Ils nous désignent désormais les ennemis à combattre. Comme les Etats-Unis, nous devrons donc lutter sans fin contre le terrorisme, ce qui légitime l'organisation policière de la société, les expéditions d'Irak et d'Afghanistan aux quelles sont conviés les Alliés, la destruction des Etats du Grand Moyen Orient, etc ... Le statut politique, l'interaction, la négociation sont refusés :
- aux ennemis, considérés comme des délinquants, aux quels sont niés le droit de la guerre, le statut de prisonniers (voir Guantanamo, Abou Graïb, ... etc.) ;
- aux alliés, qui pourraient revendiquer le statut de rival, d'où le torpillage de toute tentative d'Europe de la défense : ils doivent se contenter d'accepter le mandat du ciel américain….
Dès la lettre de mission reçue par monsieur Mallet en juillet 2007, il convenait d'accepter la représentation américaine de la société mondiale.. On a donc mélangé sous le nom de vulnérabilité et de risques l'insécurité dont les média font leurs choux gras :
- l'attentat du 11 septembre 2001 et ceux qui ont touché l'Europe ;
- les guerres exotiques, famines et génocides du Tiers-Monde ;
- les catastrophes météorologiques, raz-de-marée (tsunamis en politiquement correct), tremblements de terre.
De tels risques ne seraient plus à la mesure de la France, et ils ne concerneraient que faiblement les armées, que l'on peut donc réduire. Mais il nous faudrait donc réintégrer l'OTAN et prendre notre part du fardeau américain, comme d'autres le font ou l'ont fait. Nous allons redevenir "la chair à canons" des Etats-Unis, qui conserveront les armes lourdes et les moyens logistiques, tandis que nous fournirons de l'infanterie.

On peut toutefois s'interroger sur le bien-fondé des idées américaines, dont l'échec est patent en Irak, et ailleurs, depuis sept ans. L'insécurité sert la doctrine sécuritaire unilatéraliste, avec des terroristes fabriqués sans fin par les Etats-Unis et Israël, par leurs méthodes prédatrices et par leur refus d'accorder à leurs adversaires les droits de l'homme et les droits de la guerre. Or les Etats-Unis s'affaiblissent, et leurs échecs, militaires, financiers, économiques s'accumulent. Certes, comme l'a constaté le Premier Ministre, nous sommes un Etat en faillite. Faut-il néanmoins abandonner tous nos principes et nos traditions ?

La France qui entretient d'excellentes relations avec la plupart de ses voisins aurait-elle raison d'abandonner les idées de de Gaulle dans son discours à l'Ecole Militaire le 3 novembre 1959 ?  "Il faut  que la défense de la France soit française. Une nation comme la France, s'il lui arrive de faire la guerre, il faut que ce soit sa guerre ; il faut que son effort soit son effort. Sans doute, la défense française pourrait-elle être, le cas échéant, conjuguée avec celle d'autres pays. Mais il serait indispensable qu'elle nous soit propre, que la France se défende par elle-même, pour elle-même et à sa façon".
Le Livre Blanc, version 2008, est aux antipodes de ce concept.

SALVAN   Jean

Né le 3 mars 1932
Marié (1953) – 5 enfants



Officier, général de corps d'armée


Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr
Ecole d’Etat-Major 
Ecole supérieure de guerre (ESG)

Commandant la IVème Région militaire
Général de corps d’armée (1988)
Représentant français auprès du Commandement Centre-Europe de l’OTAN (1986-1988) 
Commandant de la 1ère Division blindée (1983-1985)
Commandant du 3ème Régiment de parachutistes d’infanterie de marine
Professeur à l’Ecole supérieure de guerre

Membre correspondant du Muséum d’Histoire Naturelle en 1964
Diplôme d’Etudes Supérieures Spécialisées de droit public
Professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Bordeaux (1989-1994) ("Société et Défense") 
Président de l’Union des blessés de la face (les Gueules cassées) (1995-2002)

Ouvrages 
Liban 1978, les Casques bleus de la France (1979) - L’avifaune du Gard et du Vaucluse (1983) -

La paix et la guerre (1992) - Soldat de la guerre, soldat de la paix (2005)

Distinctions
Grand Officier de la Légion d’Honneur
Croix de la Valeur Militaire
Commandeur de l’Ordre du Cèdre du Liban
Croix d’Honneur en or de la Bundeswehr

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

Top Desktop version