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Retour à Mururoa

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Sur proposition du sénateur polynésien Richard Tuhieava, le Sénat vient de voter une loi prévoyant le retour à la Polynésie française des atolls de Mururoa et Fangataufa où se sont déroulées les expérimentations nucléaires du Centre d’essais du Pacifique. Cette loi a peu de chances de passer à l’Assemblée avec la majorité actuelle, il faut savoir qu’à la suite des nombreux tirs nucléaires souterrains, Mururoa est devenu un dépôt nucléaire de fait et il devra rester définitivement inhabité et surveillé.
Cela ne changera pas grand’ chose, Mururoa et Fangataufa n’ont jamais été habités. Aussi il faut bien admettre que si le sénateur Tuhieava a réellement déclaré: "Chez nous aux Tuamotu, l'île est notre mère nourricière et aujourd'hui elle est morte" cette affirmation est totalement inadaptée.
Le retour des atolls au Territoire a de fait été prévu et la convention de cession prévoyait : "au cas de cessation des activités du Centre d'expérimentations du Pacifique, les atolls de Mururoa et de Fangataufa feront d'office retour gratuit au domaine du territoire dans l'état où ils se trouveront à cette époque, sans dédommagement ni réparation d'aucune sorte de la part de l'État".
Si on devait suivre à la lettre ces dispositions la situation serait parfaitement claire : à partir du moment où l'État français n'a plus besoin des deux atolls, il les redonne au Territoire, dans l'état où ils se trouvent, à charge pour les autorités de la Polynésie française de régler tous les problèmes qui pourraient survenir.
Ce n’est pas du tout ce qui se passe:
Le Gouvernement français a décidé de passer avec la Polynésie une convention pour le renforcement de l'autonomie économique, destinée en fait à atténuer le choc économique qu'ont produit l'arrêt définitif des essais nucléaires et la fermeture du CEP. Pour ne pas trop pénaliser l'économie du territoire, l'État s'est ainsi engagé à verser chaque année jusqu'en 2006 une enveloppe de 990 millions de francs, cette allocation a depuis été pérennisée.
Donc quand le sénateur Richard Tuhieava déclare: “La restitution est une manière d'apaiser  les blessures psychologiques" causées par la période nucléaire, il exagère un peu : l’ère du Centre d’essais du Pacifique a été un âge d’or pour la Polynésie et a permis un développement rapide et l’enrichissement de la population.
De plus la France assure la surveillance radiologique de l’atoll et des eaux environnantes.
Jusqu’à maintenant l’accroissement de la radioactivité naturelle de l’océan par la radioactivité artificielle due aux essais, a toujours été très faible et parfaitement négligeable à Tureia, l’atoll le plus proche qui se trouve à 130 km.
Seulement, la Polynésie souffre d’une instabilité politique chronique et de constants changements de présidents. Mr Tong Sang a été remplacé depuis quelques temps par Mr Temaru qui se dit indépendantiste. Les finances de la Polynésie sont dans un triste état du fait d’une gestion pour le moins laxiste.
Quoiqu’il en soit, il est vrai que Mururoa constitue un dépôt de matières radioactives de fait et le restera. Il y a longtemps que je milite pour que cet atoll isolé dans un désert océanique soit utilisé comme site d’enfouissement des déchets nucléaires Haute Activité provenant de l’usine de la Hague plutôt que de créer à Bure dans la Haute Marne un site creusé dans une zone de forte densité de population pour un coût astronomique, on parle de 35 milliards d’euros, le prix de 6 réacteurs EPR.
Ce serait de plus une ressource importante et pérenne pour la Polynésie. Mais jusqu’à maintenant je prêche dans le désert.
JOURDIER Francois

Né le 9 juin 1930
Marié - 6 enfants 



Contre amiral (2°S) 



Ecole navale (1949)


Directeur du Centre d'Essais de la Méditerranée (1981-1986)
Inspection des Armements nucléaires (1978-1980)
Commandant du Bâtiment Atelier Jules Verne (1975-1976)
Etat-major des Forces Françaises du Sud de l'Océan Indien 
     à Madagascar puis à la Réunion (1972-1974)
Commandement du bâtiment de débarquement de chars (BDC) Bidassoa (1968-1969)
Ecole des Applications militaires de l'énergie atomique (1963-1968)
Divers embarquements
Guerre d'Indochine dans les forces fluviales du Sud VietNam (1952-1954)


Ouvrages
La désinformation et le journal Le Monde  (2004) Indochine 1952-1954 - Les Luc Binh - Souvenirs d'un marin du fleuve  (2008)
De Judas à Tartuffe - Lettres au Monde  (2009)
 


Distinctions 
Officier de la Légion d'Honneur
Officier de l'Ordre National du Mérite
Croix de guerre des TOE (Théâtre des opérations extérieures)
Chevalier des palmes académiques

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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