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La droite réformiste contre la gauche conservatrice

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Le réformisme est à droite et le conservatisme à gauche. Pour s'en convaincre, il suffit d'observer Nicolas Sarkozy multiplier les ouvertures de brèches et les prises de risques (hier soir encore, devant 16,5 millions de téléspectateurs cumulés), tandis que François Hollande se raidit dans la protection d'un modèle étatiste et redistributeur à bout de souffle. Ce chamboulement est le principal handicap du candidat socialiste, mobilisé dans la préservation d'un système que les gauches européennes abandonnent. J'en suis persuadé depuis longtemps : la dynamique sera de plus en plus du côté de ceux qui tentent de s'extraire de ce vieux monde qui prend fin sous son bilan calamiteux. Seule la réaction fera avancer ; elle est appelée à devenir le nouveau progressisme. C'est cette thèse que je défends dans De l'urgence d'être réactionnaire (Puf), dont je me réjouis de voir qu'elle entre en résonnance avec de nombreux lecteurs (au prix, malheureusement, d'une difficulté à se procurer le livre dans des librairies). Le sens de l'histoire n'est pas dans le retour en arrière économique que promet Hollande, sous couvert de "changement maintenant".

Il y a beaucoup à redire, bien sûr, sur le bilan pointilliste de Sarkozy, qui pêche par sa lisibilité.  Au moins a-t-il le mérite, dans son extrême prudence, de chercher à débloquer les multiples rigidités d'un système asphyxié. "Je parie sur le bon sens des gens", a-t-il déclaré hier. Cela me paraît de meilleur augure que les odes au "rêve français" de Hollande. Les électeurs ont compris que des réformes étaient devenues indispensables. Celle concernant le financement de la protection sociale, sujet inabordable pour le PS, est désormais posée avec l'allégement des charges patronales compensées par une TVA sociale. La chance de Sarkozy est d'avoir face à lui un adversaire gagné par l'auto-contentement si habituel à gauche (Libération a cru voir hier soir "Un président perdu", image reprise ce lundi matin par Martine Aubry). Reste que le vrai courage sera d'aller enfin à la recherche du peuple perdu, dont il n'est question nulle part pour l'instant. Or, il est en passe de constituer, par l'addition de tous les "anti-système",  le premier parti de France.
RIOUFOL Ivan

Né le 12 septembre 1952
Marié – 2 enfants
 

Journaliste


Université de Nantes
Diplôme d"études approfondies (DEA) de droit maritime et aérien
 
Au Figaro:
            Grand chroniqueur et Membre du comité éditorial (depuis 2000)
            Rédacteur en chef - informations générales (1995-2000)
Rédacteur en chef adjoint (1992-1994)
Chef de service (1990-1992)
Responsable de la rubrique Confidentiel (1988-1990)
Grand reporter (1985-1987)
Correspondant du Quotidien de Paris (1976-1984)
                        Du Journal du Dimanche
                        De Forum international
Journaliste à Presse-Océan
 
Ouvrages
La Tyrannie de l'impudeur (2000) - La République des faux gentils (2004) - Chroniques d'une résistance (2005) - La fracture identitaire (2007) - Où va la France ? (2008) - Chronique d’une année de crise (2009) - La démocratie d’apparence (ouvrage collectif) (2009) - Allez-y sans nous (ouvrage collectif) (2009) - De l'urgence d'être réactionnaire (2012) - A la recherche du peuple perdu (2011) -  Touche pas à ma France (2014) - Poings sur les i (2015) - La Guerre civile qui vient (2016) - La nouvelle révolution française (2016) -

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