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Réflexions d'un militaire en août 2008
 

Quand certains Français ont pris connaissance du Livre Blanc sur la Défense, version 2008, dans ce mois d'août propice à la lecture, ils ont dû être aussi stupéfaits que moi. Alors que le Livre Blanc -  vraisemblablement influencé par les idées de F. Fukuyama il y a vingt ans - nous parle d'un monde idyllique, rarement troublé par quelques tsunami et terroristes, nous avons assisté en direct à l'invasion de la Géorgie par la Russie.

Nous oublions trop souvent que la plupart des Russes sont plus proches de Dostoïevski que de Mendeleïev… Surprise, les Russes ont des chars, et ils s'en servent : le Livre Blanc n'estimait-il pas que cet engin est à ranger au musée de Saumur ? En léger différé, ce fut, en Afghanistan, l'accrochage entre les Talibans et un de nos régiments. La première impression d'un militaire professionnel à la retraite, c'est que nos militaires ne disposaient pas :
- de moyens de renseignements adéquats, interprètes parlant le patchtoune, drones, hélicoptères, ...
- de chars : rappelons que les chars furent inventés pour protéger les combattants de la ferraille du champs de bataille. Les véhicules de transport dont ils sont munis sont percés par les mitrailleuses lourdes depuis trente ans.
- d'appui : apparemment, il n'y avait ni artillerie, ni génie.
Faut-il rappeler que les Britanniques se sont cassés les dents en Afghanistan au XIXème siècle (revoir Kipling) et les Soviétiques au XXème ? L'Afghanistan, en admettant que les Occidentaux puissent y éviter la défaite, ne sera pas une promenade militaire. Vaincre militairement une guérilla, cela exige
- des effectifs (un soldat pour vingt civils à pacifier),
- du temps (huit à dix ans ),
- des moyens : le Livre Blanc semble vouloir nous transformer en chair à canons pour l'Alliance Atlantique.  Manifestement, les politiques et l'opinion publique ne sont pas prêts à l'accepter. Il faut d'urgence revoir la question des appuis et de la logistique de notre armée de terre.
Oui, les Russes ont bien joué. Dès l'indépendance du Kosovo, ils avaient annoncé les risques que cet événement pouvait créer au Caucase. Empêtrés en Irak et en Afghanistan, les Occidentaux ne peuvent exercer aucune pression sur les Russes.
Essayons au moins de revoir la réorganisation de notre armée de terre à la lumière des derniers évènements.
 

SALVAN   Jean

Né le 3 mars 1932
Marié (1953) – 5 enfants



Officier, général de corps d'armée


Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr
Ecole d’Etat-Major 
Ecole supérieure de guerre (ESG)

Commandant la IVème Région militaire
Général de corps d’armée (1988)
Représentant français auprès du Commandement Centre-Europe de l’OTAN (1986-1988) 
Commandant de la 1ère Division blindée (1983-1985)
Commandant du 3ème Régiment de parachutistes d’infanterie de marine
Professeur à l’Ecole supérieure de guerre

Membre correspondant du Muséum d’Histoire Naturelle en 1964
Diplôme d’Etudes Supérieures Spécialisées de droit public
Professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Bordeaux (1989-1994) ("Société et Défense") 
Président de l’Union des blessés de la face (les Gueules cassées) (1995-2002)

Ouvrages 
Liban 1978, les Casques bleus de la France (1979) - L’avifaune du Gard et du Vaucluse (1983) -

La paix et la guerre (1992) - Soldat de la guerre, soldat de la paix (2005)

Distinctions
Grand Officier de la Légion d’Honneur
Croix de la Valeur Militaire
Commandeur de l’Ordre du Cèdre du Liban
Croix d’Honneur en or de la Bundeswehr

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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