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Immigration, l’erreur de M. Hollande

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Dans l’émission parole de candidat (le 27 février), François Hollande a déclaré (de mémoire) : "Je ne ferai pas de régularisation massive. En revanche, il y aura des régularisations fondées sur des droits : l’existence d’un lien familial, d’un travail même non déclaré, ou lié à la durée du séjour (illégal) en France."
La France compte au minimum 220 000 migrants illégaux, c’est-à-dire le nombre des personnes qui sont inscrites à l’aide médicale d’Etat.
Il ne fait aucun doute que l’immense majorité d’entre eux peut se rattacher à l’un des trois critères définis par le candidat socialiste. Des migrants clandestins qui n’ont en France ni travail (au noir), ni relation familiale, ni présence avérée d’un certain nombre d’années franchement, ne doivent pas être légion.
Dès lors, il faut bien voir que l’on s’oriente sans doute vers une régularisation massive supérieure à 100 000 personnes et davantage par le jeu du regroupement familial, pour celles qui, une fois régularisées, feront venir leur famille.
La formule envisagée est d’ailleurs la pire de toutes, celle de régularisations fondées sur la 'reconnaissance de droits' : on lance un message aux malheureux du monde entier en leur signifiant qu’en France, s’ils respectent certains critères, notamment s’ils parviennent à obtenir un travail clandestin, ou à constituer un lien à caractère familial, ils seront, de plein droit, régularisés.

L’idée que la durée du séjour clandestin en France (5, 8, 10 ans ?), entraîne un droit à régularisation, suggérée par M. Hollande, est choquante d’un point de vue républicain comme d’un point de vue humanitaire. Elle consiste à indiquer au candidat à l’immigration que s’il réussit à violer les lois de la République et à échapper aux contrôles de police suffisamment longtemps, il obtient un droit automatique au séjour en France. Ce système qui était en vigueur jusqu’à 2006 a engendré des situations de détresse profonde, celles de personnes qui se sont enfermées dans la clandestinité pendant dix ans avec la perspective d’être régularisées, sans pouvoir obtenir satisfaction au bout de ce délai faute d’être en mesure de prouver la durée de leur séjour.

Donc, comme en 1998, l’opération de régularisation, annoncée sur critères, si elle doit se faire, sera bel et bien massive, cela ne fait aucun doute. Et dans la mesure où nous vivons dans un monde déchiré par les inégalités, ravagé par le chômage des jeunes et par l’insécurité qui poussent des centaines de millions de personnes à ne rêver que de fuir leur pays, cette régularisation sera comprise comme un grand signal d’ouverture et provoquera un gigantesque afflux migratoire supplémentaire, une situation désastreuse comme celle qu’on connue il y a quelques années l’Espagne, l’Italie, la Grèce, ou des centaines de milliers, voire des millions de migrants ont afflué, attirés par les perspectives de régularisations.
27 février 2012

http://maximetandonnet.wordpress.com/
TANDONNET Maxime

Né le 7 octobre 1958
Marié – 3 enfants



Haut fonctionnaire


Institut d’études politiques de Bordeaux (1976-1979)
Université de Californie Santa Barbara (1980-1981)
Ecole nationale d’administration (1990-1992)

 

Conseiller pour les affaires intérieures et l’immigration
     au cabinet du Président de la République (2007-2011)
Conseiller technique 
     au cabinet du ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur, chargé de l'immigration (2005-2007) 
Inspecteur général de l’administration au ministère de l’Intérieur (2000-2005)
Chargé de mission pour les questions européennes et internationales
     à la délégation aux affaires internationales du ministère de l’Intérieur (1996-2000)
Postes préfectoraux (1992-1995)
     * Directeur de cabinet du préfet d’Indre et Loire (1992-1993)
     * Directeur de cabinet du préfet des Yvelines (1993-1994)
     * Sous-préfet de Saint-Jean-de-Maurienne (1994-1995)
Secrétaire des affaires étrangères (1983-1989)
     * Premier secrétaire à l’ambassade de France au Soudan (1983-1985)
     * Rédacteur à l’administration centrale du ministère des affaires étrangères (1986-1989)

Chargé d’un enseignement sur les questions européennes à l’ENA (2001 à 2004)
Membre du jury du concours de recrutement d’attaché principal 
     de la ville de Paris de 2001 à 2004 (présidence du jury en 2004).

Ouvrages
L’Europe face à l’immigration (2001)
Immigration, la nouvelle vague (2003)
L’Année politique – Union européenne – Editions Tendances et Evènements en 2001, 2002, 2003, 2004
Immigration, sortir du chaos (2006) 
     Prix Lucien Dupont de l’Académie des sciences morales et politiques 2007
Géopolitique des migrations – la crise des frontières – Ellipses (2007)
1940, un autre 11 novembre – Tallandier (2009)
La France Libre (ouvrage collectif) – collection bouquins Robert Laffont 2010

Au coeur du Volcan (2014)

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