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"Une libération spirituelle"

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(...)

Ce premier voyage de Benoît XVI en France en tant que pape avait un caractère particulièrement émouvant. Les Français ont pu reconnaître de visu l'intelligence, la profondeur et l'extrême délicatesse de Benoît XVI qui les a largement séduits ; seuls les quelques indécrottables et habituels laïcistes haineux sont restés réfractaires à sa personne. (... ) On ne peut encore dire l'influence qu'aura son voyage en France, on peut en revanche retenir les points forts de son enseignement (...)
D'abord, sur sa critique du monde moderne, particulièrement aux Bernardins, où il a expliqué à un public sans douté médusé par sa hauteur spirituelle, que toute véritable culture, et partant toute civilisation, s'appuyait sur la recherche de Dieu. Ailleurs, il a eu des mots très durs contre la toute puissance de l'Argent, nouvelle idole de l'époque, et contre l'esprit de possession et de consommation qu'elle suscite. Au moment où nous subissons une grave crise du système libéral mondial, il n'est pas anodin que Benoît XVI ait défendu la nation et son identité culturelle, et qu'il ait estimé que c'est à l'État "de légiférer pour éradiquer les injustices".

Sur les rapports en France de l'Église avec l'État, ensuite, le pape a pris acte de la bonne volonté de Nicolas Sarkozy qui avait déjà lancé au Latran, en décembre 2007, son expression de "laïcité positive". Lors de l'audience du 17 septembre, Benoît XVI commentait son voyage et répondait au président français : "L'authentique laïcité n'est donc pas de faire abstraction de la dimension spirituelle, mais de reconnaître que celle-ci est précisément, de manière radicale, la garante de notre liberté et de l'autonomie des réalités terrestres, grâce aux préceptes de la Sagesse créatrice que la conscience humaine sait accueillir et mettre en oeuvre". Pour le pape, la véritable laïcité ne peut se passer d'un "consensus éthique fondamental" qui seul peut apporter des limites au pouvoir de l'homme ; faute d'un tel consensus, la loi de la majorité n'a plus de frein et le relativisme règne en maître. La difficulté est de parvenir à ce consensus et c'est là qu'intervient la raison qui est capable de comprendre qu'il existe une nature humaine et donc une loi naturelle valable pour tous, quelle que soit la religion ou la croyance professée : c'est le seul socle commun susceptible d'être admis par tous dans une société démocratique pluraliste. À l'heure où le gouvernement est appelé à légiférer sur des questions bioéthiques ou familiales, il serait temps de donner un contenu objectif à ce "consensus éthique" qui puisse limiter les prétentions les plus extrêmes qui avancent au nom de la "science" ou de la "liberté".
(...)
Après avoir évoqué la Libération "temporelle" de la France de l'occupation nazie, le pape s'est exclamé : "Aujourd'hui, c'est surtout en vue d'une véritable libération spirituelle qu'il convient d'oeuvrer". (...).

Extraits de l'éditorial La Nef n°197 d'octobre 2008

GEFFROY  Christophe

Né le 14 janvier 1959
Marié -   enfants




Directeur fondateur de la revue La Nef, mensuel catholique (1990)


Ecole Centrale de Nantes
Institut de Sciences-Politiques (Paris)
 
Cadre dans l'industrie automobile

  Ouvrages
Enquête sur la messe traditionnelle (avec Philippe Maxence) (1998) - Au fil des mois (2000) - Jean-Paul II, les clés du pontificat (avec Yves Chiron et Luc Perrin) (2005) -

Nombreuses collaborations
une vingtaine de livres et hors-séries

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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