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... deux France

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Deux peuples, deux mondes, deux France
 
A chacun son pavé. A chacun ses rues, à chacun ses manifs, à chacun ses slogans. Samedi 24 novembre, il y avait d'un côté les "gilets jaunes" et de l'autre, #NousToutes. D'un côté, on protestait contre la hausse de la fiscalité sur le diesel, de l'autre, "contre les violences faites aux femmes". D'un côté, la France périphérique, les classes populaires, employés, commerçants, ouvriers, une majorité d'hommes blancs entre 30 et 50 ans ; de l'autre, la France des "minorités", les mouvements féministes, LGBT, les "racisés", les indigénistes islamiques, les défenseurs des femmes voilées. D'un côté, les réseaux sociaux, de l'autre les médias "mainstream", les syndicats, la gauche bien-pensante ; d'un côté, la France qui a du mal à finir ses fins de mois ; de l'autre, la France qui vit grassement de subventions publiques. Et qui en demande toujours plus !
D'un côté, un peuple ostracisé par les élites et les médias, vilipendé et brocardé, traité de "beauf", de "fasciste", de "chemise brune". Quand les casseurs émergent en leur sein, le ministre de l'Intérieur s'empresse de dénoncer "l'ultradroite", avant qu'on ne découvre que c'était plutôt "l'ultragauche".
La "manif pour les femmes" est au contraire exaltée et glorifiée par tous les médias. Ceux-ci ne s'offusquent pas des cortèges séparés, interdits aux hommes ou aux femmes blanches ; ils ne s'interrogent pas non plus sur le profil dominant des agresseurs de femmes ou d'homosexuels dans la rue, que la police a ordre de tenir secret.
 
Jadis, la gauche faisait le lien politique entre les élites et les classes populaires. Depuis de nombreuses décennies, la gauche, des universités aux médias jusqu'aux partis politiques, a choisi de célébrer "les minorités" et d'oublier les ouvriers et employés, coupables de mauvaises pensées "racistes", ou "homophobes". Ces nouveaux prêtres de la bien-pensance, dont Benoît Hamon est une des figures de proue, ont soumis sans état d'âme leur progressisme sociétal à l'islamo-gauchisme. Au nom de l'internationalisme, elles ont abandonné le peuple français. A ses yeux, les "gilets jaunes" sont des "déplorables", le mot dont Hillary Clinton avait affublé les électeurs de Trump ; pour les "gilets jaunes", leurs adversaires sont de plus en plus assimilés au "parti de l'étranger".
 
Les deux cortèges de samedi dernier incarnaient deux peuples, deux France, deux mondes.
Les "gilets jaunes", c'est le "cher et vieux pays" du général de Gaulle, "les Gaulois réfractaires", dirait Macron ; interdits de centre-ville par la hausse du foncier, ils ont fui la banlieue, où "ils ne se sentaient plus en France", pour se réfugier dans des zones éloignées des métropoles où la voiture est leur instrument de survie.
Le cortège féministe incarne la France des métropoles, la France mondialisée, l'alliance des centres-villes et des banlieues.
Ces deux France ne vivent plus ensemble ; ne se parlent plus, ne se comprennent plus. Se méprisent et se haïssent.

Paru dans Le Figaro Magazine, 30 novembre 2018
ZEMMOUR Eric

Né le 31 août 1958
Marié – 3 enfants


Journaliste politique, écrivain


Institut d'études politiques (Paris)

Membre du jury au concours d'entrée à l'ENA (2006)
Valeurs actuelles – Chroniques (depuis 1999)
Marianne – Chroniques  (depuis 1996)
Le Figaro – service chroniqueurs (depuis 1996)
Info-Matin – éditorialiste (1995)
Quotidien de Paris - service politique (1986-1994)

Ouvrages
Balladur, immobile à grands pas (1995) - Le Livre noir de la droite (1998) - Le Coup d'Etat des juges (1998) - Le Dandy rouge (1999) - Les Rats de garde (co-écrit avec P. Poivre d'Arvor) (2000) - L'Homme qui ne s'aimait pas (2002) - L'Autre (2004) - Le Premier sexe (2006) - Petit Frère (2008) - Mélancolie française (2010) - Le Bûcher des vaniteux (2012) - Le Suicide français (2014) -


Sur la scène audio-visuelle:
Sur RTL
– Z comme Zemmour (depuis 2010)
Sur la chaîne câblée
Histoire – Le grand débat
Sur RFO (Tempo) – L'Hebdo
Sur France 2 – On n'est pas couché (2006)
Sur i>Télé – çà se dispute (depuis 2003)

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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