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Mémoire collective

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Mémoire collective
 
Si les cités ne sont pas "gilets jaunes", ce n'est pas parce qu'elles sont devenues sages ou qu'elles n'ont rien à exiger. En fait, les banlieues restent étrangères au sursaut vital d'une France millénaire qui s'accroche à sa mémoire collective. Elle se prend même à mimer les révolutionnaires de 1789 qui, galvanisés par les cahiers de doléances, firent tomber la royauté. La convergence des luttes, espérée par l'extrême gauche, s'est réduite pour l'essentiel à la participation de pilleurs dans les fins de manifestations. Cette indifférence de la nouvelle France contredit ceux qui veulent résumer la protestation populaire à une lutte de classes et à une quête égalitariste. Ces prétendus ressorts ne fédèrent pas, à l'évidence, l'ensemble des plus pauvres. À la source de la mobilisation apolitique, récupérée depuis par le Rassemblement national et La France insoumise, demeure le ras-le-bol de travailleurs modestes, indépendants ou salariés, qui ne tirent pas les bénéfices de leurs efforts quotidiens.
 
Il est une autre raison qui tient les cités à l'écart de cette révolution en marche. L'explication est liée au fait que le multiculturalisme, qui structure cette contre-société, entre en opposition avec les exigences de souveraineté nationale. Ces revendications s'entendent sur les ronds-points, dans les manifestations et les débats qui se multiplient à l'écart des directives gouvernementales. Lorsque le chef de l'État avalise dernièrement le pacte de Marrakech, sans consultation préalable, il cautionne un communautarisme conçu pour accompagner la mondialisation qu'il promeut. Pareillement, lorsqu'il signe d'autorité avec Angela Merkel, mardi à Aix-la-Chapelle, un traité franco-allemand qui vise à renforcer la souveraineté européenne au détriment de la souveraineté nationale, il fait comprendre qu'il n'a rien saisi des demandes de la France oubliée : elle ne veut pas se laisser diluer au prétexte d'un abandon de la nation. À quoi bon prôner un débat si de telles questions, essentielles, sont laissées aux caprices du prince ?

Paru dans Le Figaro, 25 janvier 2019
RIOUFOL Ivan

Né le 12 septembre 1952
Marié – 2 enfants
 

Journaliste


Université de Nantes
Diplôme d"études approfondies (DEA) de droit maritime et aérien
 
Au Figaro:
            Grand chroniqueur et Membre du comité éditorial (depuis 2000)
            Rédacteur en chef - informations générales (1995-2000)
Rédacteur en chef adjoint (1992-1994)
Chef de service (1990-1992)
Responsable de la rubrique Confidentiel (1988-1990)
Grand reporter (1985-1987)
Correspondant du Quotidien de Paris (1976-1984)
                        Du Journal du Dimanche
                        De Forum international
Journaliste à Presse-Océan
 
Ouvrages
La Tyrannie de l'impudeur (2000) - La République des faux gentils (2004) - Chroniques d'une résistance (2005) - La fracture identitaire (2007) - Où va la France ? (2008) - Chronique d’une année de crise (2009) - La démocratie d’apparence (ouvrage collectif) (2009) - Allez-y sans nous (ouvrage collectif) (2009) - De l'urgence d'être réactionnaire (2012) - A la recherche du peuple perdu (2011) -  Touche pas à ma France (2014) - Poings sur les i (2015) - La Guerre civile qui vient (2016) - La nouvelle révolution française (2016) -

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