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Macron face au “néo-féodalisme” des barons
 
Vive les communes et les départements ! Quand, la semaine dernière, Emmanuel Macron parlait de "conversion personnelle" à effectuer, il parlait de sa manière de s'exprimer dans ses échanges directs avec les Français. Mais il est un autre domaine sur lequel le chef de l'État a aussi opéré une "conversion": sa relation aux territoires ; et plus particulièrement à l'organisation des territoires.
"La commune et le département correspondent à l'histoire pré-révolutionnaire et révolutionnaire du pays. Pour les citoyens, ce sont des relais identifiés avec l'État, des échelons reconnus et appréciés par eux", confiait-il lors de sa rencontre jeudi dernier avec des journalistes.
Une évidence ?
Oui, sauf que ce plaidoyer s'accompagne d'une critique des régions retaillées par François Hollande, "trop grandes et souvent sans identité véritable", et de l'intercommunalité, durcie par la loi NOTRe votée sous le même mandat.
 
Cette grille de lecture n'est pas neutre. Depuis trois décennies en effet, il y a, en matière d'organisation territoriale, une sorte de querelle des "anciens" et des "modernes" ; les premiers étant attachés aux structures les plus durables que sont la commune, le département, mais aussi l'État, quand les seconds ne jurent que par l'affirmation des échelons récents : l'intercommunalité, les régions, mais aussi l'Europe. Au fil des actes de décentralisation, les strates dites d'avenir n'ont cessé de se renforcer au détriment des échelons dits historiques. Or, parce qu'il est profondément européen et parce qu'il revendique l'étiquette de "progressiste", Emmanuel Macron était attendu du côté des "modernes". D'ailleurs, dans sa campagne et au début de son mandat, il semblait s'intéresser en priorité à l'affirmation des "métropoles".
 
Une constante française
La crise des "gilets jaunes" et le grand débat sont passés par là et le chef de l'État a mesuré le besoin de proximité et d'identification des citoyens. "Tout le monde connaît son conseiller départemental, personne ne connaît son conseiller régional", poursuit-il. Ainsi, au terme du grand débat, Macron entend bien lancer un puissant mouvement de "déconcentration" de l'État, c'est-à-dire de transfert de l'administration nationale vers le terrain, mais pas de nouvelle étape de "décentralisation", c'est-à-dire de transferts de pouvoirs aux collectivités locales. Cas particulier pour le Grand Paris : alors que le premier projet préfectoral prévoyait une fusion des départements de la petite couronne, ceux-ci ont désormais l'assurance d'être sauvés.
 
Mais au-delà de l'approche institutionnelle, la politique n'est pas loin. Élus au suffrage universel à la tête de vastes territoires, les présidents de région ont, selon Macron, la tentation du "néo-féodalisme" ; autrement dit du défi au pouvoir central. L'État central contre les puissances locales, le roi contre les grands féodaux : une constante française. Et un match d'autant plus actuel que trois présidents de région LR ont une ambition présidentielle: Xavier Bertrand, Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez. Cette bataille-là aussi commence.

Paru dans Le Figaro, 6 février 2019
TABARD Guillaume

Guillaume TABARD






Journaliste politique

Maîtrise d’histoire (Paris I Sorbonne).



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