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Auto-entrepreneurs : ...

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Auto-entrepreneurs : attaquons-nous aux abus mais aussi au coût du travail !
 
Créer le régime de l'auto-entrepreneur, qui permettait de se "mettre à son compte", a fourni un formidable souffle de liberté qui correspond aujourd’hui à un vrai changement de mentalité et d'attitude par rapport à l’emploi. S'ils doivent être sanctionnés, les abus qui ont émergé autour de ce régime ne sauraient cacher le fléau du coût du travail pour les chefs d'entreprise.
Il y a dix ans, le 1er janvier 2009, le régime de l'auto-entrepreneur (désormais baptisé micro-entrepreneur) entre en vigueur grâce au secrétaire d’Etat en charge des PME, Hervé Novelli (dans le cadre de l'article 1 de la Loi de modernisation de l'économie). Il est destiné aux personnes physiques exerçant une activité d’agent commercial, de commerçant, d’artisan, d’artisan-commerçant ou une activité libérale en entreprise individuelle.
On peut considérer que c'est la réforme la plus importante de ces dix dernières années, permettant de se "mettre à son compte", une belle formule du passé qui indiquait que l'on prenait le risque de devenir entrepreneur. Un formidable souffle de liberté pour l’emploi qui s'avérait prémonitoire, car cela correspond aujourd’hui à un vrai changement de mentalité et d'attitude par rapport à l’emploi. Hervé Novelli peut être fier et il le dit: "Dix ans après, ce régime compte 1,3 million d'inscrits actifs. Ils ont en 2018 déclarés 10 milliards d’euros de chiffre d'affaires et fait rentrer 2 milliards d’euros dans la Caisse Primaire d’Assurance Maladie !"
45 % d'auto-entrepreneurs 
dans le total des entreprises créées au cours des 12 derniers mois... Mais attention à ne pas être victime du succès. Ce régime en effet permet de fuir toutes les contraintes d'un côté et de l'autre. Une forme de dévoiement était inévitable. On pense en particulier à des artisans ou à certaines PME qui, pour ne pas payer trop de charges patronales, demandent à leurs salariés d’utiliser cet outil. L’externalisation abusive des salariés est de plus en plus fréquente, elle permet à certains employeurs de se soustraire à leurs obligations salariales.

Salariat déguisé
Par ailleurs, de nouveaux services sous forme de plateformes indépendantes est apparue. L’ubérisation (du nom des premiers chauffeurs de VTC bravant le monopole des taxis) pullule au sein de notre économie, 
on parle de salariat déguisé (Deliveroo, Uber, Glovo, Frichti, Taxify, Kapten, etc.). Le contrat de travail classique suppose la subordination du salarié à son employeur dans la réalisation de ses objectifs. En opposition, le contrat de mission implique une indépendance et une autonomie complète dans la gestion du temps de travail.
Les anomalies commencent 
quand l’auto-entrepreneur se voit être contraint par des horaires. À partir de ce moment-là, le statut n’est plus le bon. Or, certaines entreprises en abusent
. Elles n’ont plus de charges à payer car ce ne sont pas leurs salariés... Rappelons que plus de 70 % des auto-entrepreneurs sont peu ou ne sont pas assurés.
"Dans un monde de services régi par le numérique, il nous faut un nouveau contrat de travail, hors cadre salarial, pour permettre à ces auto-entrepreneurs d’exercer demain leurs activités dans les entreprises, sans risque de requalification bien protégés socialement et en bonne intelligence avec des travailleurs salariés. C'est ce que j'appelle l'acte 2 de l'auto-entrepreneur", reconnaît Hervé Novelli.
 
Réduire le coût des charges patronales
La vérité, c'est que les chefs d'entreprise, malgré une bonne volonté affichée de lutter contre le chômage et d'inciter à la création d'emplois, sont toujours dans un carcan législatif et souffrent du coût du travail. Un salarié payé 2.500 euros brut, touche 1.950 euros net et cela coûte 3.400 euros à l’employeur. Une différence beaucoup trop importante. Dans l'acte 2 annoncé par Hervé Novelli, ne faudrait-il pas finalement que le coût de recrutement pour l’employeur soit à peu près équivalent aux charges liées à l'auto-entrepreneur ?
Ensuite, il faut réfléchir à des statuts totalement différents et adaptés au monde du travail vers lequel nous nous dirigeons. L'auto-entrepreneur et l'entrepreneur sont face à des plateformes de service qui cassent le marché, mais il faut comprendre la nécessité d’ouverture 24h/24, le besoin de saisonnalité de plus en plus fort avec une réactivité instantanée, etc. C'est un sujet qui ne figure pas dans la liste des grandes réformes. Ce n'est pas à l'Etat de se montrer créatif mais à ceux qui sont concernés. Cela mérite vraiment une concertation des employeurs, des auto-entrepreneurs, des indépendants, des artisans, etc.
Si l'on aligne et unifie ces systèmes, il faut bien sûr que ce soit vers le plus petit dénominateur commun en termes de charges et de cotisations ! On nous a plutôt habitués au contraire... L’enjeu est fondamental et les emplois de demain ainsi que la sécurité des travailleurs dépendent d’une meilleure compréhension du monde du travail et de ses besoins.
 
Les auto-entrepreneurs les plus présents en 2018 par secteur 
33 % dans le transport et l’entreposage
22 % dans les activités immobilières
18 % dans les activités de soutien aux entreprises
15,9 % dans les services aux ménages et à la personne
13,8 % dans les activités de communication
5,1 % dans le bâtiment

Envoyé par l'auteur, paru dans Challenges, 14 février 2019
MENTHON de Sophie


Chef d’entreprise
Présidente d'ETHIC  (depuis 1995)  (Entreprises de taille Humaine Indépendantes et de Croissance)
Membre du Conseil économique, social et environnemental (CESE)
 

   
Crée la "Fête des Entreprises", sur le thème : "J’aime ma boîte !"
     qui se renouvelle chaque année au mois d’octobre (depuis 2003).

A son initiative,
 1ère édition du congrès ETHIC FIRST au Palais des Nations Unies de Genève (2009)
     (512 participants issus de 23 pays,
     autour du thème : La Responsabilité Sociale des Entreprises en période de crise économique.
3ème édition du congrès ETHIC FIRST à Novancia (21 juin 2012)

S’est toujours investie dans la vie associative pour promouvoir l’entreprise privée.
A 21 ans, crée sa première entreprise de marketing téléphonique Multilignes Conseil (1969)
     Présidence jusqu’en 2004.
Lance le premier Syndicat du Marketing Téléphonique (SMT) (1979)
Rédige un code déontologique
     qui régit aujourd'hui la profession en France et dans plusieurs pays d’Europe.

Admise dans la réserve citoyenne avec le grade de Colonel
     Rattachée au corps des Officiers de la Gendarmerie Nationale (2007).

Nommée par le Président de la République au Conseil Economique, Social et Environnemental
     au titre de personnalité qualifiée (depuis 2010)
Membre de l’Observatoire Français des Conjonctures Economiques (OFCE) (depuis 2010)
Mission sur la Responsabilité Sociétale et Environnementale des entreprises (RSE)
     à la demande de Xavier Bertrand, Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé
     qui a donné lieu à unguide pratique illustré à destination des PME (20 000 exemplaires)
A souhaité présenter
     20 mesures d’urgence à prendre par le nouveau Président de la République (2012).
 
Intervient dans l’émission
     "Les Grandes Gueules" sur RMC
     "Les Experts du 9h-10h" sur BFM.
 
Ouvrages
Dans la collection Le monde d'aujourd'hui expliqué aux enfants 
(Editions Gallimard Jeunesse, qu’elle fonde avec sa fille Alexia Delrieu et avec qui elle écrit en tandem)
Illustrations : Clotilde Perrin puis Alice Charbin puis Henri Fellner :
La Police(2006)
L'Argent(2006)
     Prix de la Presse des jeunes au Festival de Montreuil 2007.
La Politique(2006)
La Publicité(2006)
L'Europe(2007)
La Justice(2008)
L'Entreprise(2008)
Le Supermarché(2009)
La beauté(2010)
Dangers (2010)
L'Armée (2011)

Distinctions
Officier de l'Ordre de la Légion d'Honneur
Commandeur de l’Ordre National du Mérite

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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