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Gilets jaunes, boucs émissaires

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Les “gilets jaunes”, ces boucs émissaires

Révolution confisquée
Non, ce ne sont pas les "gilets jaunes" qui cassent, pillent, brûlent. Ils ne sont pas davantage antisémites. Ceux qui accablent ces Français qui redressent la tête s'épargnent d'avoir à dire, à la façon d'un people parlant peuple : "Moi, depuis le début, ils me font chier les black blocs." L'insolence de Berléand pourrait aussi se décliner, plus courageusement, en désignant les islamistes, tueurs de juifs et de mécréants. L'Allemagne, ouverte en 2015 à une massive immigration musulmane, découvre la "hausse effrayante" des actes antijuifs. En France, faut-il rappeler les tueries dans une école juive de Toulouse (2012) et un Hyper Cacher de Paris (2015), ou les assassinats de Sarah Halimi (2017) et de Mireille Knoll (2018), à Paris ? Faut-il évoquer l'épuration ethnique opérée dans les cités par la pression islamique, qui fait fuir les juifs et les chrétiens ? Faut-il rappeler les profanations des églises ? L'Église catholique et les Églises chrétiennes détiennent le record des atteintes aux lieux de culte : 878 sur 978 actes en 2017, soit deux actes par jour !
En réalité, les "gilets jaunes" paient leur manque d'organisation, de programmes, de leaders. Ils se font confisquer leur révolution, par la gauche et par le pouvoir. Cela fait quelques semaines que les premiers "gilets jaunes" ont cédé la place à un mouvement plus structuré, syndicalisé, politisé. C'est un militant de la CGT qui a enfoncé la porte du porte-parolat du gouvernement avec un transpalette, le 5 janvier. L'extrême gauche est identifiable dans les défilés, avec ses drapeaux, son savoir-faire, ses slogans illustrant la lutte des classes. Parallèlement, Macron a réussi lui aussi à s'approprier une partie de la révolte, en transformant en long monologue présidentiel le besoin d'expression de la société oubliée. Le pouvoir a du mal à cacher un sentiment de victoire. Pourtant, l'impuissance qu'a montrée Édouard Philippe face à des Français furieux, mercredi sur LCI, rappelle que le pays vit sur un volcan.

Paru dans Le Figaro, 15 février 2019

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Publié chez l'Artilleur, 2019





RIOUFOL Ivan

Né le 12 septembre 1952
Marié – 2 enfants
 

Journaliste


Université de Nantes
Diplôme d"études approfondies (DEA) de droit maritime et aérien
 
Au Figaro:
            Grand chroniqueur et Membre du comité éditorial (depuis 2000)
            Rédacteur en chef - informations générales (1995-2000)
Rédacteur en chef adjoint (1992-1994)
Chef de service (1990-1992)
Responsable de la rubrique Confidentiel (1988-1990)
Grand reporter (1985-1987)
Correspondant du Quotidien de Paris (1976-1984)
                        Du Journal du Dimanche
                        De Forum international
Journaliste à Presse-Océan
 
Ouvrages
La Tyrannie de l'impudeur (2000) - La République des faux gentils (2004) - Chroniques d'une résistance (2005) - La fracture identitaire (2007) - Où va la France ? (2008) - Chronique d’une année de crise (2009) - La démocratie d’apparence (ouvrage collectif) (2009) - Allez-y sans nous (ouvrage collectif) (2009) - De l'urgence d'être réactionnaire (2012) - A la recherche du peuple perdu (2011) -  Touche pas à ma France (2014) - Poings sur les i (2015) - La Guerre civile qui vient (2016) - La nouvelle révolution française (2016) -

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