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Le maillon d’une chaîne (SNU)

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Le maillon d’une chaîne
 
Depuis quelques jours, les 2000 premiers volontaires du service national universel ont revêtu un uniforme tricolore appelé à devenir familier de tous les jeunes Français de 15-16 ans. Le SNU intervient un quart de siècle après la suppression historique du service militaire. Vingt-cinq ans : une génération a été privée d’un creuset, sans qu’aucune initiative pour le remplacer ne soit vraiment mise en place.
La conscription d’hier, la levée en masse, la patrie en danger, et le SNU d’aujourd’hui, la comparaison entre les deux dispositifs est-elle opportune ? La première avait été conçue pour défendre nos frontières ou nos intérêts. C’était le but vers quoi tendaient tous les Français. Les vertus de ce système, la cohésion nationale, le patriotisme qui en résultaient n’étaient que sa conséquence.
Le SNU est d’une autre essence. La fonction de défense est aujourd’hui assurée par une armée de professionnels ; la guerre moderne est ainsi faite que la sécurité de la France ne tient plus seulement à la solidité de la ligne bleue des Vosges mais à la présence d’unités expérimentées au Mali ou en Irak.
Initiation au bien commun, incitation à l’engagement, découverte du goût de l’effort, le SNU a sa raison d’être, et peut-être aujourd’hui plus que jamais. On sait la place que tiennent dans la mentalité contemporaine l’individualisme, le communautarisme, le consumérisme, souvent encouragés par le discours dominant.
Il ne sera efficace que s’il est le maillon d’une chaîne d’éducation commencée en famille, et poursuivie dans l’Éducation nationale et dans les divers services socio-éducatifs. Il devra être leur prolongement sinon leur parachèvement. S’il restait isolé, ou s’il était critiqué, contredit par d’autres pôles d’éducation, le service national universel ne resterait qu’une sympathique démarche aux effets limités : "Une colonie de vacances de l’État", craignent déjà ses détracteurs.
Mais qu’il tienne ses promesses de réunir et de former une jeunesse fragmentée, marquée par l’inégalité, avant son entrée dans la vie active, alors il méritera pleinement son nom de SNU: service nécessaire et utile.

Paru dans Le Figaro, 24 juin 2019
MONTETY de  Etienne

Né le 2 mai 1965
Marié – 5 enfants
 
Journaliste,

Ecrivain
 

Maîtrise de droit et sciences politiques
DESS de sciences politiques
 
Directeur adjoint de la rédaction du Figaro
Directeur du Figaro littéraire (depuis 2006)
Dirige également les pages "Débats Opinions" du quotidien depuis 2008
Anime une chronique quotidienne intitulée "Encore un mot".
 
Ouvrages
- Thierry Maulnier (biographie) (1994) -  Salut à Kléber Haedens (1996) - Honoré d’Estienne d'Orves, un héros français (2001)     Prix littéraire de l'armée de terre - Erwan Bergot en 2001 - Des Hommes irréguliers (2006) - L’Article de la mort (2009) - Encore un mot : billets du "Figaro" (2012) - La Route du salut (2013) -

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