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Taxer les riches, ... ?

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Taxer les riches, une bonne affaire ?
 
Taxer les riches est-il si rentable ? Pas vraiment lorsqu'on apprend que 48.2% des chefs d’entreprise interrogés ont déjà pensé à quitter la France à cause de l'ISF ou assimilés Ils sont interrogés sur ce sujet brûlant par ETHIC.
 
On ne s'étonnera pas d'un fort unanimisme quant à " l'exaspération fiscale " manifestée. Le mouvement Ethic, que dirige l'auteur de ces lignes, a questionné précisément ceux qui ont été assujettis à l’Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF) et désormais à l'Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI).
 
Il est temps d'arrêter cette folie d'impôts en France " s'indignent les interviewés. Ils rappellent, désolés, navrés, la particularité française historique du pays le plus taxé au monde (source : OCDE). En effet, la récente suppression de l'ISF et l'avènement de l'IFI remettent au goût du jour l'impossible consensus politico-économique sur la taxation des plus riches. Ces questions suscitent de vifs ressentiments chez nos contribuables les plus fortunés, même si on ne les entend jamais… Il était d'autant plus intéressant de les interroger.
Ce n'est pas particulièrement leur cas personnel qui les indigne : ils en appellent surtout à un changement de référentiel, c'est-à-dire à cesser d'utiliser la fiscalité comme méthode de gouvernance. A propos de l'IFI, ils dénoncent une "cosmétique politique", une mesure transitoire pour éviter le coût politique de la suppression totale de l'ISF. Pour eux, l'IFI ne permet pas de créer les conditions d'une stabilité fiscale ni un changement de mentalité.
Plus grave, ils constatent comme l'ont d'ailleurs fait remarquer des grands spécialistes de l'immobilier, que tripatouiller indéfiniment la fiscalité et les lois en la matière contribue à déstabiliser le secteur et à la rareté des logements souhaités, donc au manque de mobilité des salariés français, donc au chômage.
72.5% des dirigeants interrogés dénoncent un système fiscal global qu'il s'agit de repenser en profondeur : passer à une autre fiscalité avec un impôt contributif et non confiscatoire qui permettrait notamment une pleine entrée dans la mondialisation, "il faut viser l'alignement européen", disent-ils.
Ils sont plus des 2/3 à regretter l'absence de vision claire du rôle de la fiscalité, soulignant à cette occasion la liberté du contribuable américain qui verse ses impôts à qui bon lui semble.
 
Manque de considération 
Ajoutons que les contribuables américains sont remerciés (si ! si !) de leur contribution et pour les plus importants d'entre eux, on leur dit ce que leurs impôts ont servi à financer, ainsi on vous écrirait que le montant de vos impôts a servi à payer 2 chambres d'hôpital, un tronçon de route ou encore une salle de classe...
La générosité de nos milliardaires français en faveur de Notre-Dame de Paris pourrait constituer l'exemple d'une autre mentalité consistant à choisir ce qu'ils financent ... au lieu de les insulter au nom de leur fortune. On pourrait les remercier et les encourager à rester et à être généreux envers leur pays - et beaucoup ne demandent que ça ! ... N'oublions pas qu'en annonçant qu'il n'utiliserait pas la défiscalisation de son don, François-Henri Pinault a montré l'exemple, largement suivi ensuite par les grands donateurs. Cela nous rappelle l'importance du consentement à l'impôt qui est la base d'une harmonie républicaine, fondement de la citoyenneté et marqueur de l'appartenance à la société et à une communauté sociale hexagonale.
Dans le sondage ETHIC, les chefs d'entreprise blâment justement ce qui est le résultat d'une idéologie "On demeure dans la logique de taxer les riches alors que cela ne résout pas le problème des pauvres ".
Il est à noter, face à ces propos, le caractère raisonnable des réactions, non dénué d'un certain fatalisme. Le devoir fiscal n'est jamais remis en question par la quasi-totalité des assujettis : l'acceptabilité à l'impôt est forte, voire générale. Toutefois, les interviewés ont le sentiment de n'avoir aucune influence ni aucun droit à la parole. Et c'est ce manque de considération à tous les niveaux qui les pousse à partir, plus encore que le montant de l'impôt lui-même ! "Partir", ce ne fut le cas aujourd'hui "que" pour 3.6 % de notre échantillon, en revanche 48.2 % des chefs d'entreprise interrogés ont déjà pensé à quitter la France à cause des impôts.
 
En France, tout se mélange
Quand cessera donc l'histoire tourmentée de l'impôt sur la fortune en France ? Rappelons d'abord sa création sous François Mitterrand, il fut abrogé par Jacques Chirac puis rétabli par le gouvernement Rocard. Nicolas Sarkozy renforce le bouclier fiscal des victimes de l'ISF jusqu'en 2011… Après, plus de bouclier mais on rehausse un peu le seuil d'entrée au club des riches (1,3 million d'euros). C'est alors que François Hollande entre en jeu… Il n'aime pas les riches et le déclare - on lui doit l'instauration du barème progressif avec un passage de 2 à 5 tranches. Emmanuel Macron, lui, ose ce que personne n'avait osé : supprimer l'ISF, mais il a l'audace prudente car aussitôt l'IFI vient panser inutilement les caisses vides de l'État et les âmes meurtries de ceux qui veulent que les riches le soient beaucoup moins.
En France, tout se mélange : la place de l'État, l'idéologie, les promesses inconsidérées, la lutte des classe, la redistribution avec les allocations en tous genres et les prélèvements...
Le procès Balkany est en cela exemplaire, c'est le procès du riche qui a voulu le rester puisque finalement il ne semble pas s'agir d'argent public, mais bien de fuite devant l'impôt, ce qu'affirme et assume de façon étonnante l'intéressé lors d'une interview sur BFM TV face à Apolline de Malherbe. Un récit qui tient à la fois de Balzac et d'Audiard. Le plus paradoxal dans tout cela est que la révolte fiscale est venue des pauvres, révoltés eux aussi par l'impôt indirect. Finalement, la crise que vit notre pays : gilets jaunes, exilés fiscaux, bagarres idéologiques et haineuses n'est qu'une gigantesque affaire de poisons… fiscaux !
Source : enquête menée par le Mouvement ETHIC auprès de ses chefs d'entreprise et de ceux de Top Management.
Envoyé par l'auteur,
paru dans Challenges, 27 juin 2019
MENTHON de Sophie


Chef d’entreprise
Présidente d'ETHIC  (depuis 1995)  (Entreprises de taille Humaine Indépendantes et de Croissance)
Membre du Conseil économique, social et environnemental (CESE)
 

   
Crée la "Fête des Entreprises", sur le thème : "J’aime ma boîte !"
     qui se renouvelle chaque année au mois d’octobre (depuis 2003).

A son initiative,
 1ère édition du congrès ETHIC FIRST au Palais des Nations Unies de Genève (2009)
     (512 participants issus de 23 pays,
     autour du thème : La Responsabilité Sociale des Entreprises en période de crise économique.
3ème édition du congrès ETHIC FIRST à Novancia (21 juin 2012)

S’est toujours investie dans la vie associative pour promouvoir l’entreprise privée.
A 21 ans, crée sa première entreprise de marketing téléphonique Multilignes Conseil (1969)
     Présidence jusqu’en 2004.
Lance le premier Syndicat du Marketing Téléphonique (SMT) (1979)
Rédige un code déontologique
     qui régit aujourd'hui la profession en France et dans plusieurs pays d’Europe.

Admise dans la réserve citoyenne avec le grade de Colonel
     Rattachée au corps des Officiers de la Gendarmerie Nationale (2007).

Nommée par le Président de la République au Conseil Economique, Social et Environnemental
     au titre de personnalité qualifiée (depuis 2010)
Membre de l’Observatoire Français des Conjonctures Economiques (OFCE) (depuis 2010)
Mission sur la Responsabilité Sociétale et Environnementale des entreprises (RSE)
     à la demande de Xavier Bertrand, Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé
     qui a donné lieu à unguide pratique illustré à destination des PME (20 000 exemplaires)
A souhaité présenter
     20 mesures d’urgence à prendre par le nouveau Président de la République (2012).
 
Intervient dans l’émission
     "Les Grandes Gueules" sur RMC
     "Les Experts du 9h-10h" sur BFM.
 
Ouvrages
Dans la collection Le monde d'aujourd'hui expliqué aux enfants 
(Editions Gallimard Jeunesse, qu’elle fonde avec sa fille Alexia Delrieu et avec qui elle écrit en tandem)
Illustrations : Clotilde Perrin puis Alice Charbin puis Henri Fellner :
La Police(2006)
L'Argent(2006)
     Prix de la Presse des jeunes au Festival de Montreuil 2007.
La Politique(2006)
La Publicité(2006)
L'Europe(2007)
La Justice(2008)
L'Entreprise(2008)
Le Supermarché(2009)
La beauté(2010)
Dangers (2010)
L'Armée (2011)

Distinctions
Officier de l'Ordre de la Légion d'Honneur
Commandeur de l’Ordre National du Mérite

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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