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État "super Nanny" : où est notre liberté individuelle ?
 
Qu’est devenue la liberté individuelle des Français ? Il nous faut des guides pour élever nos enfants, ranger la maison, quitter son mari, gérer sa cheffe, maîtriser son portable et atteindre le bonheur...
 
L'Etat veut tellement notre bien à tous qu'il finit par nous nuire considérablement, et de plus en plus, en étouffant la responsabilité individuelle des Français. Un Etat "super Nanny" à plein temps qui se veut nourricier et protecteur au nom de notre mère à tous la République.
 
Une République dont on perd le sens, qu'incarne- t- elle ?
S'agit-il de la fierté d'un régime politique démocratique coiffé du bonnet phrygien de notre histoire ? Sachant qu'il convient de ne pas trop le revendiquer, sauf à risquer de devoir faire repentance !
Une terre de libertés de plus en plus réduites (alors que le pays de la liberté d'expression et de l'insolence est aujourd'hui muselé au nom de la bien-pensance) ?

Le pays de la liberté de la presse ? Tellement, que ce sont les médias auto-censurés qui dictent quoi penser ou plutôt quoi croire, car penser et douter finissent par être une forme de dissidence par rapport à la norme que constitue "l'opinion" politiquement correcte.
Une République d'égalité à laquelle on sacrifie la véritable équité au nom de laquelle on veut partager les richesses avant de les créer et en les prenant aux riches coupables dont la seule rédemption réside dans l'impôt salvateur (du coup on est riche avec de moins en moins de revenus) ?
Quant à la Fraternité du "slogan" républicain elle n'a plus de réalité que sur les estrades dans les discours électoraux.
Nous sommes tous des assistés en le regrettant à peine... Pire, en le réclamant. On nous met à chaque occasion des cellules d'assistance psychologique, niant ainsi le devoir et la présence de l'entourage et de la société. Nous assistons à une mendicité nationale légitimée qui touche tout le monde, chaque catégorie, chaque secteur d'activité, chaque parti politique. L'Etat nous doit tout, souvenons-nous de François Hollande rétorquant lors d'un débat à une intervenante qui se plaignait du coût d'une prestation : "...mais c'est gratuit puisque c'est l’Etat qui paie". Tout était dit, lui-même avait oublié que l'Etat c'est nous ! Economiquement, nous sommes irresponsables avec constance et satisfaction sachant que la gauche en particulier nous berce en nous rassurant : l'argent ? "Quand il n'y en a plus, il y en a encore, il suffit de le prendre là où il est".
 
Le libéralisme-étatiste : un concept franco-français
L'Etat s'occupe de tout. On pensait avoir voté pour un président de la République libéral. Il se révèle libéral-étatiste : un concept franco-français. C'est à dire que l'on comprend bien l'économie de marché et chacun de nous doit se comporter en entrepreneur, mais sous le joug de l'Etat avec ses injonctions ses contraintes et ses taxes.
De surcroît, pour notre bien toujours, car il faut bien comprendre que nous sommes incapables de prendre soin de nous, incapables de consommer le nombre de fruits et de légumes nécessaires par jour à notre santé, incapables de calculer le nombre de pas qu'il faut faire quotidiennement, incapables d'
arrêter de fumer sans l'Etat : vapoteurs un jour mais interdits de vapotage le lendemain, incapables de volonté et l'Etat nous rembourse notre effort de volonté sous forme de patchs.
Un Etat si compétent qu'il défie les lois de la parentalité et nous indique sur l’Etat civil qui doit être mère ou père, dans quel ordre et sous quelle terminologie.
Super Nanny a gagné : après avoir fourni gratuitement le petit-déjeuner à l'école de parents supposés incapables de nourrir leur progéniture et de comprendre l'importance de la nourrir le matin, on atteint l'apothéose : il faut désormais nous prendre en charge avant notre naissance ! Et c'est émerveillées que les femmes viennent de découvrir que l'instinct maternel est infiniment moins efficace que la République nourricière... Sully ne parlait-il pas déjà des deux mamelles de la France. Ainsi est né, si j'ose dire le "parcours des 1.000 jours de l'enfant" avec un plan (sic) commençant aux quatre premiers mois de grossesse. Tout cela pour pallier au déficit de vocabulaire de certains enfants... "On ne s'improvise pas parents "nous a-t-on affirmé péremptoire. Il conviendra entre autres dans ce parcours parental de "mieux définir la place du père" (sic) alors qu’au même moment on nous explique qu'il est naturel et normal de fabriquer des bébés sans pères. On en reste sans voix, même les plus étatistes d'entre nous n'auraient osé en rêver, eh bien la France l'a fait...
En fait, nous avons le libéralisme communiste : cette tentative d'encadrement dans tous les domaines n'est pas sans rappeler l'idéologie collectiviste.
 
Dispensés de responsabilité individuelle
Ainsi pour les régimes de retraite a-t-on confondu volontairement les "régimes spéciaux" et les "régimes spécifiques". On a considéré que ceux qui bénéficiaient entièrement des faveurs de l’Etat, c'est à dire de celles des contribuables, devaient avoir le même sort que ceux qui avaient cotisé et géré sans aucune aide leurs propres cotisations pour leurs propres retraites (les spécifiques) C'est un abus de confiance, du lavage de cerveau pour le bien commun et l'alignement des injustices.
Le résultat sur les Français est là, concomitant, nous sommes tous des écervelés en puissance et ne méritons-nous pas ce qui nous arrive ? Ainsi nous nous repaissons de modes d'emploi à vivre à travers les "how to" dits de "bénéfice personnel". Il nous faut des guides pour élever nos enfants, pour ranger la maison, pour quitter son mari, pour gérer sa cheffe au bureau, pour maîtriser son portable et atteindre le bonheur... Nous en sommes au stade ou dans la rue des affiches nous disent qu'il ne faut pas faire pipi partout, merci maman
Hidalgo.

Un vocabulaire débilitant nous renvoie à nos ados à peine pubères, on se tutoie au premier regard et on s'embrasse avant même de se connaitre, c'est ça le vivre ensemble. Même dans les entreprises jeux vidéo et flash-ball de motivation compétitive sont en vogue, baby-foot, fraises Tagada en réunion, T-shirts pour adultes avec inscriptions de cours de récré "peux pas j'ai piscine"... et confiscation de portables avant les réunions. On ne peut pas faire d’effort, c'est acté : nous sommes addicts ou ignorants donc dispensés de responsabilité individuelle.
On régresse et on aime ça.
C'est grave et nous devons nous reprendre en main au lieu de défiler sans cesse pour réclamer "toujours plus". Au pays des "responsables pas coupables" nous ne sommes plus ni l'un ni l'autre.
Et finalement on a la nounou qu'on mérite...

Envoyé par l'auteur, paru dans Challenges, 26 septembre 2019
MENTHON de Sophie


Chef d’entreprise
Présidente d'ETHIC  (depuis 1995)  (Entreprises de taille Humaine Indépendantes et de Croissance)
Membre du Conseil économique, social et environnemental (CESE)
 

   
Crée la "Fête des Entreprises", sur le thème : "J’aime ma boîte !"
     qui se renouvelle chaque année au mois d’octobre (depuis 2003).

A son initiative,
 1ère édition du congrès ETHIC FIRST au Palais des Nations Unies de Genève (2009)
     (512 participants issus de 23 pays,
     autour du thème : La Responsabilité Sociale des Entreprises en période de crise économique.
3ème édition du congrès ETHIC FIRST à Novancia (21 juin 2012)

S’est toujours investie dans la vie associative pour promouvoir l’entreprise privée.
A 21 ans, crée sa première entreprise de marketing téléphonique Multilignes Conseil (1969)
     Présidence jusqu’en 2004.
Lance le premier Syndicat du Marketing Téléphonique (SMT) (1979)
Rédige un code déontologique
     qui régit aujourd'hui la profession en France et dans plusieurs pays d’Europe.

Admise dans la réserve citoyenne avec le grade de Colonel
     Rattachée au corps des Officiers de la Gendarmerie Nationale (2007).

Nommée par le Président de la République au Conseil Economique, Social et Environnemental
     au titre de personnalité qualifiée (depuis 2010)
Membre de l’Observatoire Français des Conjonctures Economiques (OFCE) (depuis 2010)
Mission sur la Responsabilité Sociétale et Environnementale des entreprises (RSE)
     à la demande de Xavier Bertrand, Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé
     qui a donné lieu à unguide pratique illustré à destination des PME (20 000 exemplaires)
A souhaité présenter
     20 mesures d’urgence à prendre par le nouveau Président de la République (2012).
 
Intervient dans l’émission
     "Les Grandes Gueules" sur RMC
     "Les Experts du 9h-10h" sur BFM.
 
Ouvrages
Dans la collection Le monde d'aujourd'hui expliqué aux enfants 
(Editions Gallimard Jeunesse, qu’elle fonde avec sa fille Alexia Delrieu et avec qui elle écrit en tandem)
Illustrations : Clotilde Perrin puis Alice Charbin puis Henri Fellner :
La Police(2006)
L'Argent(2006)
     Prix de la Presse des jeunes au Festival de Montreuil 2007.
La Politique(2006)
La Publicité(2006)
L'Europe(2007)
La Justice(2008)
L'Entreprise(2008)
Le Supermarché(2009)
La beauté(2010)
Dangers (2010)
L'Armée (2011)

Distinctions
Officier de l'Ordre de la Légion d'Honneur
Commandeur de l’Ordre National du Mérite

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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