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PMA, retraites, voile... Stop aux débats permanents, place enfin aux actes
 
On agite des hochets que sont le référendum d'initiative populaire, le mythe de la démocratie directe ou participative et bien sûr le "débat" lancé à tout propos, en réponse à l'indécision du pouvoir ou face à la peur des décisions à prendre. Mais il serait plus que temps de passer aux actes. 
 
Le titre du livre de François Mitterrand Le coup d'Etat permanent était prémonitoire mais, aujourd'hui, il faudrait plutôt parler du "coup du débat" permanent et de son coût. A priori, on devrait se réjouir des débats et de cette possibilité d'exprimer son avis car ce pourrait être un progrès sociétal. Point du tout : le débat supposé calmer les esprits est en réalité donné en pâture à l'opinion publique pour éviter de décider et donner la preuve que l'on consulte dans un bel esprit démocratique. Cela rejoint un peu la pratique du "ballon d'essai" consistant à lancer une idée et à attendre de voir la réaction qu'elle suscite. Le débat est, hélas, actuellement la meilleure façon de réduire les réformes à une peau de chagrin. Nous nageons en plein contresens, les Français ne veulent plus être représentés par leurs représentants car ceux-ci sont tous, semble-t-il, discrédités à leurs yeux : politiques, élus (sauf peut-être les maires), syndicats, gouvernants et représentants de l'État sous toutes ses formes (certains révoltés de banlieues en veulent même à ceux qui les secourent). L'exemple des 
Gilets jaunes qui ne voulaient être représentés par aucun des leurs, en est la parfaite illustration.
 
“En même temps " (le mal démocratique ?), les citoyens exigent d'être toujours plus écoutés. S'agit-il d'un narcissisme républicain ? D'une haute idée de soi-même ? D'un égoïsme de classe ? D'ignorance de la complexité des sujets et du monde ? Ou encore de la responsabilité des réseaux sociaux qui sont un outil d'appropriation du débat extrêmement puissant où chacun peut y exprimer ce qu'il veut, quand il veut, comme il le veut ! Plus aucun filtre. Le terreau de la bataille des opinions : le média c'est moi, la liberté c'est la mienne, c'est mon opinion et je la partage ! La norme, c'est mon bon vouloir. Toute une éducation à revoir. Et des mentalités à faire évoluer.
Face à cela, que faire lorsqu'on est Premier ministre ou président de la République sinon nous demander notre avis ? Ainsi on agite des hochets que sont le référendum d'initiative populaire, le mythe de la démocratie directe ou participative (participation à tout et à rien) et bien sur le fameux "débat" lancé à tout propos, tous les jours, en réponse à l'actualité, aux révoltes, à l'indécision du pouvoir ou encore face à la peur des décisions à prendre.
Nos compatriotes ne sont pas à une contradiction près qui veulent, en même temps, de l'autorité tout en fustigeant la police dès qu'il y a une pseudo "bavure", de la liberté tout en exigeant des lois sur n'importe quoi, des règles mais en refusant de les respecter (le cinéma autour des 80km/heure est un roman en soi).
 
Le bon sens n'est pas le sujet
Ainsi fructifie le règne du débat, et nous en arrivons même à débattre de l'opportunité de débattre. Car les Français ne sont pas tous d'accord sur le principe, dans la mesure où la conclusion risque d'être contraire à leur propre opinion : on souhaite un débat mais entre gens à peu près du même avis.
C'est en tous les cas la nouvelle poule aux œufs d'or des médias dont les émissions de "débats contradictoires" se multiplient : il faut clasher et mettre les débatteurs les uns face aux autres. Ils ne s'écoutent pas, et c'est le principe car ils ne doivent en aucun cas être d'accord pour que chaque auditeur y retrouve ses petits. Simultanément et en contradiction avec ce modèle audiovisuel soi-disant impartial, la liberté d'expression est de plus en plus restreinte : il faut rester dans les clous du politiquement correct, il est mal vu de réfléchir par soi-même en s'éloignant des autoroutes de la pensée. Le bon sens n'est pas le sujet...
Nous avons ainsi un débat sur le voile qui sévit avec virulence depuis des mois, renforcé et ravivé régulièrement par des faits divers, le débat est sans fin et ne devrait pas trouver de solution, on brandit la perspective d'une loi sur laquelle personne n'est d'accord et qui sera de toute façon qualifiée d' "islamophobe" et "discriminatoire".
Le débat sur la laïcité a des variantes surtout dans l'Education Nationale. Le débat sur la fiscalité, lui, est permanent, entre autres sur le regretté ISF : il faut punir les riches et on mélange tout : les exilés fiscaux, l'abus de droit, les dividendes etc.
Débat sur les retraites : on en a pour 30 ans et on nous prévient d'ailleurs. Mais nous sommes prêts à débattre 30 années entrecoupées de grèves. Cela ne nous fait pas peur.
 
Les Français réclament plus d'autorité
Débat sur la "théorie du genre" accaparé par les féministes et la gauche, il s'est transformé en débat sur la PMA. Le plus hallucinant des débats sur le sujet a été mené à l'Assemblée Nationale par la ministre de la Santé et la Garde des Sceaux, elles-mêmes s'emmêlant les pédales au sujet de la PMA pour les transgenres : qui dans ce cas a droit à la PMA ? Le père qui est en fait une femme ?  Ou la mère qui a été transformée physiologiquement en père (sic) Une chatte n'y retrouverait pas ses petits... Pas de bon sens on vous dit, c'est une perversion des idéologies.
Je vous passe les débats sur l'écologie, le climat, les gaz à effet de serre, l'agriculture bio, l'immigration et les fameux quotas dont on débat depuis des lustres et dont le sujet est reparti cette semaine comme en 40.
Le débat a un corollaire : la manif. En effet, lorsqu'on lance un débat il est bon de manifester de façon préventive, et d'anticiper le fait que le résultat du débat pourrait ne pas vous satisfaire personnellement et collectivement.
Tout cela devient insupportable et générateur de clivages, de caprices et de mauvaise volonté nationale. Le faux débat permanent rend notre pays chaotique, l'attente de décisions qui n'arrivent pas à émerger fait monter les tensions. Comment en vouloir à quelque gouvernement que ce soit qui, bien sûr, finit par reculer à l'idée de mettre le feu aux poudres sur n'importe quel sujet. Nous en sommes donc arrivés à vouloir nous mettre un frein à nous-mêmes, en appelant de nos vœux un régime autoritaire. Entre autorité et liberté, encore un débat de fond qui agite les esprits des citoyens, des décideurs publics, des patrons face à leurs salariés, des parents face à leurs enfants, des professeurs face à leurs élèves... etc.
 
Selon un sondage, les Français veulent plus d'autorité : à 60 % les valeurs militaires sont perçues comme efficaces, on réclame également plus d'autorité pour les enfants en classe : 56 % des Français se disent satisfaits de l'école mais attendent plus de discipline (sondage de L'Obs.). Cela n'empêche pas d'insulter les profs quand le petit est puni.
Tout ça pour dire que nous rêvons qu'un beau matin quelqu'un enfin nous dise enfin... “Y'a pas débat !" 

Envoyé par l'auteur, paru dans Challenges, 7 novembre 2019
MENTHON de Sophie


Chef d’entreprise
Présidente d'ETHIC  (depuis 1995)  (Entreprises de taille Humaine Indépendantes et de Croissance)
Membre du Conseil économique, social et environnemental (CESE)
 

   
Crée la "Fête des Entreprises", sur le thème : "J’aime ma boîte !"
     qui se renouvelle chaque année au mois d’octobre (depuis 2003).

A son initiative,
 1ère édition du congrès ETHIC FIRST au Palais des Nations Unies de Genève (2009)
     (512 participants issus de 23 pays,
     autour du thème : La Responsabilité Sociale des Entreprises en période de crise économique.
3ème édition du congrès ETHIC FIRST à Novancia (21 juin 2012)

S’est toujours investie dans la vie associative pour promouvoir l’entreprise privée.
A 21 ans, crée sa première entreprise de marketing téléphonique Multilignes Conseil (1969)
     Présidence jusqu’en 2004.
Lance le premier Syndicat du Marketing Téléphonique (SMT) (1979)
Rédige un code déontologique
     qui régit aujourd'hui la profession en France et dans plusieurs pays d’Europe.

Admise dans la réserve citoyenne avec le grade de Colonel
     Rattachée au corps des Officiers de la Gendarmerie Nationale (2007).

Nommée par le Président de la République au Conseil Economique, Social et Environnemental
     au titre de personnalité qualifiée (depuis 2010)
Membre de l’Observatoire Français des Conjonctures Economiques (OFCE) (depuis 2010)
Mission sur la Responsabilité Sociétale et Environnementale des entreprises (RSE)
     à la demande de Xavier Bertrand, Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé
     qui a donné lieu à unguide pratique illustré à destination des PME (20 000 exemplaires)
A souhaité présenter
     20 mesures d’urgence à prendre par le nouveau Président de la République (2012).
 
Intervient dans l’émission
     "Les Grandes Gueules" sur RMC
     "Les Experts du 9h-10h" sur BFM.
 
Ouvrages
Dans la collection Le monde d'aujourd'hui expliqué aux enfants 
(Editions Gallimard Jeunesse, qu’elle fonde avec sa fille Alexia Delrieu et avec qui elle écrit en tandem)
Illustrations : Clotilde Perrin puis Alice Charbin puis Henri Fellner :
La Police(2006)
L'Argent(2006)
     Prix de la Presse des jeunes au Festival de Montreuil 2007.
La Politique(2006)
La Publicité(2006)
L'Europe(2007)
La Justice(2008)
L'Entreprise(2008)
Le Supermarché(2009)
La beauté(2010)
Dangers (2010)
L'Armée (2011)

Distinctions
Officier de l'Ordre de la Légion d'Honneur
Commandeur de l’Ordre National du Mérite

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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