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Pour un débat de fond sur les "minorités islamistes"

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qui éclatent aujourd’hui au sud de la Méditerranée, une seule force politiquement significative est tapie, patiente et violente à la fois, organisée pour la prise du pouvoir et la confiscation progressive de toutes les libertés : celle des "organisationsislamistes", qui y travaillent dans l’ombre depuis près de trois générations, qu’on le veuille ou non
On nous dira avec raison que 99,9% des musulmans ne sont pas "islamistes", au sens totalitaire et guerrier du terme, comme l’ont prouvé les sympathiques et dynamiques Tunisiens sous le régime de Bourguiba et de Ben Ali, dont l’effondrement chaotique fait bêtement pleurer de joie (chez nous) les puissances qui fabriquent l’opinion. Et comme le prouvent aujourd’hui les révoltes nouvelles qui se lèvent en Egypte, en Algérie, au Yémen et jusque dans la dictature du Colonel Khadafi … – Mais les un pour mille qui restent, mêlés aux braves manifestants,  vous en faites quoi ? vous les tenez comment ? La détermination d'un pour mille reste largement suffisante pour imposer sa loi d’airain aux autres, comme l’ont établi de façon définitive les précédents jacobins, bolcheviques, nazis, maoïstes, iraniens ou talibans !
… Depuis quand les minorités actives et militantes mènent-elles ainsi le monde, pour le meilleur ou pour le pire ? Réponse indiscutable de tous les historiens : depuis la nuit des temps.
On nous objectera aussi que nombre d’autorités spirituelles de l’Islam (en Europe) prêchent la charité en actes, le dialogue et la coexistence pacifique avec l’Occident. – Mais pouvons-nous vraiment les croire, lorsque des peuples entiers, intelligents et instruits, comme à travers toute la République iranienne, sont maintenus ou ramenés de force contre leur volonté à l’obscurantisme et la violence de la Charia ?
Pouvons-nous encore les croire, lorsqu’un enfant de quinze ans se fait exploser au milieu de la plus grande concentration possible de ses frères humains, de façon à provoquer le plus grand nombre possible de victimes innocentes, et qu’il n’a pas manqué d’imams, de mères et de sœurs musulmanes pour l’encourager dans ce suicide et dans ce crime, au nom d’Allah ?
C’est un vrai, un grand problème de fond que celui de cette minorité religieuse" qui méprise la liberté de conscience, abomine la liberté d’expression, terrorise ou assassine les femmes, enfin échappe à tous les critères occidentaux du bien et du mal, de la relation personnelle au divin et de la séparation des pouvoirs… Un problème qui commence sérieusement d’être soulevé, en France, par des penseurs indépendants de toutes catégories, quitte à se faire couvrir d’insultes par les "idiots utiles" qui animent nos plateaux de télévision.
Tant mieux. Expliquons-nous franchement. Sans tabous suicidaires. Battons-nous sur nos valeurs. Il est temps d’ouvrir sur ce sujet crucial pour la survie de notre propre culture un grand débat de fond.
Pourquoi cette minorité historique déteste-t-elle le monde entier ("mauvais musulmans" inclus) ? Pourquoi nous fabrique-t-elle encore des preneurs d’otages et s’enthousiasme-t-elle pour ses candidats au suicide terroriste ?
Ces questions peuvent nous sembler lointaines, tant qu’elles se confinent, sur nos écrans de télévision, au Proche et au Moyen-Orient… Faut-il vraiment attendre qu’elles sévissent en banlieue parisienne pour s’interroger sur les causes, les filiations, les remèdes, entre hommes de bonne volonté, de droite comme de gauche, croyants ou non croyants ?
Sedcontra.fr 1er mars 2011

ABEL Olivier

Né en 1953
 
Philosophe
 

Etudie la philosophie à Montpellier puis à Paris.
Soutient un DEA sous la direction conjointe de Paul Ricœur et Emmanuel Lévinas
     (sur "la passivité selon Husserl").
Maîtrise sous la direction de P. Ricœur sur "la fonction imaginaire de la parole"
Entame une seconde ligne de formation autour de l'histoire de la philosophie
     (Platon, Spinoza, Leibniz, Kant, Ravaisson, Bergson, Schopenhauer particulièrement à l’agrégation)
     centrée sur la question "Qu’est-ce que penser l’être vivant, habitant et mouvant ?"
Prépare ensuite son doctorat de philosophie sous la direction de Paul Ricœur sur
     "le statut phénoménologique de la rêverie chez Gaston Bachelard "
Obtient son habilitation à la direction de recherche en philosophie sur
     "l'intervalle du temps éthique entre le courage et le pardon".
Enseigne la philosophie au Tchad en tant que volontaire du service national (lycée de Bongor)
     puis à Montpellier et à Istanbul (lycée Galatasaray devenu Université de Galatasaray)
Professeur à la Faculté de théologie protestante de Paris  depuis 1984
 
Ouvrages
La justification de l'Europe, Genève : Labor et Fides, 1992 (collection Entrée Libre).
Avrupa'da etik, din, ve laiklik(avec Serif MARDIN et Mohamed ARKOUN) Istanbul : Metis, 1995.
Paul Ricœur, la promesse et la règle - Michalon, 1996
     (traduit en portugais A Promessa e a Regra Paul Ricœur, Sao Paulo : Instituto Piaget,  
     2004).
L'éthique interrogative - Presses Universitaires de France, 2000.
L’amour des ennemis et autres méditations sur la guerre et la politique- Albin Michel, 2002.
Le mariage a-t-il encore un avenir ?- Bayard, 2005, collection "Le temps d’une question"
     (traduit en italien Il matrimonio avrà un futuro ? Torino : Ananke 2007).
La conversation - Gallimard, 2006.
Vocabulaire de Paul Ricœur, avec J.Porée, in Vocabulaire des philosophes Volume 5 -
     Ellipses, 2006, p. 1017-1079. Et en livre séparé, Ellipses, 2007.
 

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