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En France (776)

Ayant dirigé pendant dix-huit ans une maison d'édition sur la rive gauche de la Seine, j'ai fréquenté pas mal d'êtres à la marge, voire franchement irréguliers, en m'abstenant de juger leur moralité. Mais je sais jusqu'où un certain snobisme prétendument libertin, ou libertaire, peut légitimer par fausse bravade la transgression la plus nauséeuse. Je ne connais pas le neveu de Mitterrand, j'ai lu le chapitre "exotique" du récit autobiographique dont il est question ici et là. La prose vaut ce qu'elle vaut sur le plan littéraire ; en l'occurrence, elle ébauche les contours d'une personnalité peu compatible avec la dignité d'une fonction ministérielle. Peu m'importe que les passages les plus glauques (euphémisme) aient suscité l'indignation de tels responsables du FN ou du PS : le ton de sincérité que l'on perçoit dans l'évocation fiévreuse des bordels thaïlandais suffit à me convaincre que cette nomination aura été une bévue. Et les…
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La 'votation' concernant le futur statut de La Poste, ouvertement soutenue par les partis, syndicats et élus de gauche, ouvre une porte fâcheuse au populisme. La France n'est pas la Suisse. Si on habitue nos compatriotes à conjurer ainsi leurs hantises, ou à valoriser leurs fantasmes, elle s'enlisera immanquablement dans l'inertie. En période de crise, les Français rêvent tous de caser leur progéniture dans la fonction publique, État ou collectivités territoriales. Organisez une votation sur la nécessité - ou pas - d'embaucher davantage de fonctionnaires ; ils répondront oui, comme ils l'ont fait sur le thème du maintien en l'état du service postal. Or, nul n'ignore qu'il faut réduire la voilure, sous peine de faillite. Demandez aux mêmes, par le même biais démagogique, leur avis sur la politique d'immigration : ils seront nettement plus radicaux que Le Pen. La démocratie représentative souffre déjà de maux imputables à la pression du…
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Il est devenu aujourd'hui banal pour celui qui entre dans une église, en fidèle ou en touriste, d'y voir des installations d'Art contemporain. La question surgit invariablement que signifient-elles ? Quel rapport avec le lieu, son histoire et sa fonction ? Toute personne un peu cultivée sait aujourd'hui que "l'installation" est une pratique conceptuelle inspirée de Marcel Duchamp. Son principe est le "détournement" d'objets et de lieux dans le but de déstabiliser "le regardeur" et de modifier le sens du lieu et de l'objet détourné, dans le meilleur des cas à des fins "critiques". Cette démarche définit "l'AC" (1) Petite histoire d'une prise de pouvoir L'on sait que l'Etat et les communes ont en charge le patrimoine que constituent les églises construites avant la loi de 1906 de séparation de l'Eglise et de l'Etat. Mais depuis les années quatre-vingts le Ministère de la Culture s'intéresse tout particulièrement aux commandes d'art sacré. A…
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M. G.P. était professeur de dessin dans un collège d'enseignement privé sous contrat fort imprudemment, il fit dessiner ses élèves et, pour aggraver son cas, accrocha sans vergogne leurs oeuvres sur les murs de la classe. Une première fois, le 15 janvier 1979, une inspectrice, Mme M., IPR, (inspectrice pédagogique régionale), découvre les preuves de cette activité réactionnaire gravissime : le dessin. Elle commence ainsi son rapport d'inspection. "Dans une classe de 4ème Monsieur P. tenant compte de la saison enneigée propose à ses 24 élèves, une étude d'observation sur le parc alentour…". Voilà le corps du délit : non seulement les élèves dessinent mais en plus, ils peignent sur le motif ! "Monsieur P. demeure par trop ancré dans le désir de "réaliser" au détriment de la sensation-individuelle" (...) c'est encore au niveau de l'illustration qu'il se situe, (...) et les croquis, tracés au tableau, par un élève manifestent…
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J'étais ce matin à la Poste. Tout y était chamboulé : plus de guichet ; si vous voulez acheter un timbre à 0,56 €, on vous mène à la machine automatique : le client doit s'adapter. Le préposé tient une boutique où il  vend des boîtes "Colissimo" à 10,50 €. Pour acheter une boîte simple à 3,5 €, on me dit d'aller à la librairie d'en face. On vend aussi dans cette boutique de beaux livres de cuisine, des albums photos. Je cherche un formulaire d'envoi en recommandé avec accusé de réception, il n'y en a que sans. Je fais la queue pour en demander, non pas au guichet mais autour d'une sorte de banque où se pressent de manière inorganisée quelques clients ; l'esprit-clientèle se développe à La Poste : avant moi, un vieux monsieur un peu sourd accapare l'employé douze minutes ; je me dis égoïstement que du temps où un employé grincheux, bien calé…
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J'ai de l'amour pour mon clocher (...) (site endommagé en 2013) ... piailler quelques enfants sous le préau de l'école, d'avoir à demeure une postière (à mi-temps) et une autorité municipale (deux cents habitants dans la commune). De même, j'ai une tendresse pour ces départements qui jusqu'alors annonçaient leur couleur sous la forme de plaques minéralogiques. La Corrèze n'a qu'un peu plus de deux siècles au compteur et le mot englobe des "pays", au sens braudélien du terme, fort dissemblables. Il n'en a pas moins une résonance : on est corrézien, ça situe sur la carte semi-imaginaire de nos attachements. Mais trente-six mille communes, quatre-vingt-seize départements métropolitains et vingt-deux régions, c'est déraisonnable. Sans compter les communautés urbaines et autres avatars de l'intercommunalité. Sans compter les Dom et les Tom. Cette architectonique administrative, dans un pays saturé de fonctionnaires, semble avoir été conçue par un émule d'Alphonse Allais, après boire. C'est…
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Il faut avoir habité une ville, fût-elle de dimension modeste, pour apprécier la douceur de vivre dans un village de la campagne française. Surtout aux approches de l'automne, quand les estivants sont rentrés à l'école. Les grillons chantent encore dans les prés jaunis, le bleu du ciel a des pâleurs d'une suavité inouïe. Les feuilles commencent à tomber, les fougères à roussir, c'est le temps des girolles, des noisettes et des mûres, un temps qui coule avec lenteur autour d'un clocher plusieurs fois centenaire. Ici, le bonheur semble aller de soi. Pas de délinquance, ni de vraie misère ; juste la ritournelle des aubes givrées, des crépuscules langoureux et des nuits étoilées qui semblent des prémices d'éternité. Du coup, les tracas évoqués dans la presse que j'effeuille sont entachés d'irréalité. Pour un peu, j'oublierais que je vis à l'intérieur d'une parenthèse, dans un sursis de ruralité. La France contemporaine ne ressemble…
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  Comme ces revenants familiers d'un vieux château, le spectre du déficit de la Sécurité sociale, qui atteint aujourd'hui les 18 millions d'euros, revient au premier plan de l'actualité française avec son cortège de lamentations. Pour en cerner les causes, il suffirait sans doute de pointer des évolutions lourdes et inévitables, mais relativement récentes, comme celle de la pyramide des âges, ou des facteurs plus conjoncturels comme la baisse des cotisations dues à la crise. On pourrait même mettre en cause les nouveaux avantages accordés par le gouvernement Jospin ou la timidité de la loi Fillon de réforme des retraites du 21 août 2003 et surtout celle de la loi Douste-Blazy du 13 août 2004 de réforme de l'assurance maladie. Mais la propension bien française à l'emphase fait remonter au déluge : il faut à tout prix que sur ce sujet soit une nouvelle fois mis au pilori le prétendu "modèle social français", issu de ce qui serait…
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  A peine trentenaire, le jeune Cioran regarde l'armée allemande remonter le boulevard Saint-Michel. Et écrit ce texte, bientôt achevé par une date portée au crayon : 1941.C'est l'éloge d'un amoureux fou de la France, comme on le sait du grand Roumain qui allait écrire le français si parfaitement. Mais c'est aussi un texte qui en décrit la décadence et ses raisons.  Texte d'une lucidité et d'une intelligence hors du commun, si l'on regarde la jeunesse de l'auteur et sa qualité d'étranger, sa vision du de­hors Au fond, Cioran, qui, on le sait, n'aime rien ni personne, n'aime que deux choses : la France et la décadence. Le voilà comblé. Il y eut au monde deux cultures parfaites : la grecque et la française. Cultures de l'intelligence et de la forme portées au plus haut degré, c'est-à-dire surtout pas à l'incandescence mais à l'équilibre le plus fin, le plus élégant,…
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