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En France (835)

  Les outrances de Martine Aubry laissent à penser que la gauche française souffre d'amnésie dans son approche de notre identité nationale. Pas toute la gauche, mais beaucoup de gens à gauche, et singulièrement dans la gent intello. C'est inquiétant. L'identité de la France, titre d'un beau livre de Braudel, on la connaît : quinze siècles d'histoire-géo sur des sols déterminés, le double giron de l'hellénisme et du christianisme, avec un apport substantiel de la romanité et un long magistère spirituel, moral et esthétique du catholicisme. Quarante rois, cinq républiques, deux empires et pas mal d'intermèdes embrouillent notre identité politique, mais les fondamentaux sont acquis, et admis : une démocratie laïque dotée d'un État censé réguler une économie de marché. La pente universaliste de notre héritage culturel récuse l'ethnicité : tout un chacun peut devenir français, comme le prouvent plus de cent mille naturalisations annuelles. Pour autant, la France se…
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L'exaspération populaire a remporté une victoire qui fera date contre la pensée bétonnée. À rebours des pronostics et interdits, la décision des Suisses de refuser chez eux (à 57,5%) de futurs minarets a révélé, en réaction, l'ampleur du mépris des élites. Depuis dimanche, médias et politiques se succèdent, dans un touchant entre-soi, pour dénoncer "le vote de la honte" (Libération), "une intolérance" (Bernard Kouchner), "un facteur de populisme" (Hervé Morin), "une tentation fascisante" (Daniel Cohn-Bendit), etc. Ces rejets d'un choix démocratique exemplaire signent l'abus de pouvoir d'une oligarchie spectaculairement minoritaire. Les opposants à la Constitution européenne avaient déjà essuyé, en France, en 2005, les oukases et les insultes de la caste, avant de l'envoyer paître (à 55%). C'est une même résistance aux arrogances des puissants qui s'est exprimée, au coeur du pays de la tolérance entre communautés culturelles et linguistiques. Observer la pacifique et prudente Suisse braver, outre les sermonneurs…
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On n'a pas de gêne à être cocardier quand les Bleus de Dusautoir ratiboisent les Springboks à la régulière. Mais ...quand les Bleus d'Henry filoutent leur qualification grâce à l'incurie de l'arbitrage, il y a quelque indécence à pavoiser. D'autant que l'adversaire, bien meilleur sur les deux matches, portait casaque d'un pays dix fois moins peuplé que la France, et où le football n'est pas le sport le plus couru. Pourtant le public du Stade de France baignait dans le ravissement, les joueurs se congratulaient avec ostentation, Domenech affichait son bonheur, et Sarkozy de même. Certes l'enjeu économique, symbolique et politique était énorme : une coupe du Monde de foot engendre du fric, exorcise des fantasmes et si "ça gagne", procure à l'exécutif des bonus dans les sondages. On est loin, très loin de l'éthique sportive conçue par la gentry victorienne, relayée par Coubertin. Elle eût suggéré à Henry de…
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Le moins qu'on puisse dire est que le grand emprunt populaire annoncé annoncé à grand fracas par le chef de l'Etat à Versailles le 22 juin 2009 ne fait pas l'unanimité. Les uns soulignent qu'il vient aggraver un déficit courant de l'Etat déjà abyssal ; les autres que cet argent coûtera plus cher, d'environ 2 %, que celui auquel l'Etat trouve aujourd'hui sur les marchés financiers. Sur le plan de la procédure, le fait que le Parlement soit tenu à l'écart des réflexions sur son utilisation est critiqué, à commencer par les parlementaires eux-mêmes. Quant au fond, son utilisation est, elle aussi, problématique. Deux ex-premiers ministres, inspecteurs des finances l'un et l'autre, Michel Rocard et Alain Juppé, phosphorent pour faire des propositions à ce sujet. Les nouvelles règles de la concurrence européenne interdisent de l'employer directement à des investissements industriels, comme on le faisait dans les années cinquante et soixante, ce…
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  L'égalité des conditions est une belle chose : que le système éducatif permette à chacun de s'élever selon ses mérites, même s'il vit dans un environnement familial et social décourageant. On en a tiré la conclusion (pensée linéaire) que tous doivent recevoir en fin de compte les mêmes diplômes : pas de classes de niveaux, le bac pour 80% des élèves, l'entrée à l'université pour tous. Et dès qu'on parle de sélection, les banderoles se préparent déjà : le ministre, fusible du chaos, peut faire ses bagages. Dès lors une masse d'élèves parviennent au bac confondant le nom et l'adjectif, et prenant le Pirée pour un homme. Une masse d'étudiants terminent leurs études supérieures sans avoir lu sérieusement un seul livre classique. Au bout du compte, au moment d'entrer dans le monde professionnel, c'est la vie qui sélectionne, et violemment, laissant des victimes ahuries et frustrées. Quant au 20%…
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Les parents d'un soldat français mort au combat en Afghanistan portent plainte contre l'armée. Ils estiment que leur fils a été abusivement exposé par sa hiérarchie et exigent réparation. On comprend leur douleur, on peut comprendre leur colère. Il est fort possible que leur fils ait été victime de l'incurie d'un gradé : il y a des précédents, hélas, en nombre presque illimité. C'est le principe même de la plainte qui paraît contestable et à terme dangereux. Un soldat professionnel accepte par définition de risquer sa vie et d'obéir à ses chefs, quelque jugement qu'il puisse porter en son for sur leurs ordres. L'air du temps incite à la judiciarisation tous azimuts, elle harcèle les médecins ; les sportifs et les enseignants sont dans sa ligne de mire. En avalisant cette démarche, la justice créerait un précédent fâcheux pour nos forces armées. Elles sont engagées en Afghanistan, auprès de nos…
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  Je suis sidéré par les réflexions de certains sur l'identité nationale : pour eux, il faut mettre en avant l'identité républicaine ; pourquoi pas ? Cette identité républicaine se constitue à partir des années 1840 : elle est anticléricale et nationale, peut-être même nationaliste. Elle défend un ordre moral laïc qui n'est pas moins rigoureux que celui de la République des Ducs. Elle promulgue des lois dures, telles celles du 8 août 1893 ou du 10 août 1932 sur "le séjour des étrangers en France" et "la protection du travail national" ou encore interdisant la mendicité ou encore sur la francisation des noms et prénoms des naturalisés, ou encore sur les prénoms autorisés.  La IIIème République, c'est aussi la politique de colonisation dont le but est d'apporter la civilisation à des peuples sous-développés (J. Ferry); La IIIème République, c'est encore la politique de la canonnière louée par tous les…
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  Deux bonnes nouvelles : le débat sur l'identité nationale passionne les Français. Du coup, il affole les gardiens de la pensée officielle. Ses mécanismes, qui reposent sur la table rase, la diabolisation des idées dissidentes et la négation des faits, n'arrivent plus à étouffer les témoignages sur Internet. Le site du ministère de l'Immigration, initiateur de la consultation, a dû préciser : "Il n'y a pas de censure", face aux soupçons qui émergeaient. Les idéologues, qui crient au fantasme quand les réalités dérangeantes sont décrites, sont les premières victimes de cette libération des esprits. "Fantasme", est le mot qu'emploie Yazid Sabeg, commissaire à la Diversité, quand il dénonce (Le Monde, 7 novembre) ceux qui constatent la montée des communautarismes, qui, en substituant parfois une population à une autre et en exigeant des droits spécifiques, ébranlent la cohésion nationale. Le gouvernement n'est guère plus sensible à ces fractures, puisqu'il vient…
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Etre français. Cela ne va plus de soi. Ce lien non choisi est devenu difficile à admettre. Beaucoup voudraient trier leur France. En premier lieu, être français, c'est assumer tout le passé de la France : se sentir et se savoir l'héritier des rois et des abbayes bénédictines, des guerres de religion, de l'espérance et de l'intolérance révolutionnaires, de quarante millions de pétainistes, et de l'intelligentsia stalinienne. Autrement dit, ce ne serait rien comprendre à la patrie que de vouloir choisir en elle ce qui, aujourd'hui, plaît, et pire encore, de tenter de réécrire le passé qui nous chagrine ou nous indigne : la France sans les racines chrétiennes, voire l'invention de racines musulmanes, pour faire plaisir au temps présent Quand on reçoit un héritage, on n'accepte pas le château sans les dettes. Et il en va de même pour le présent. Etre français, c'est se sentir et se savoir…
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Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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