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En France (878)

En tant qu'enseignant, je crois moins en la cohérence interne d'un système éducatif qu'en la cohérence de celui-ci avec le pays dans lequel il s'intègre. Autrement dit, j'ai acquis la conviction qu'une bonne méthode de travail se conçoit d'abord avec une bonne connaissance de ses élèves. Voici un exemple de mon travail en collège. J'ai, dans deux établissements différents, deux classes de troisième. L'une, d'un bon niveau, l'autre, indisciplinée, d'un niveau très faible. Dans cette classe, une bonne moitié ne connaît pas ses tables de multiplication, quatre élèves ont de grandes difficultés de lecture, et l'un n'a jamais fait de quatrième. Dans l'une de ces deux classes, je donne souvent des cours magistraux avec un cours précis et rigoureux que les élèves doivent apprendre par coeur, je fais un contrôle d'une heure chaque semaine, je distribue des dizaines de feuilles d'exercices et je m'efforce d'obtenir un silence absolu. Dans l'autre,…
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  Le président Sarkozy a évoqué en juin dernier la possibilité d'interdire la burqa en France. Au même moment, l'Assemblée nationale a diligenté une mission parlementaire sur le port de cette dernière. Le rapport de la commission devrait être connu en ce mois de décembre. Certains se demandent pourquoi faire tant de bruit pour si peu de cas recensés : 300 selon les uns, 2000 selon les autres. Et légiférer sur le port d'un vêtement à caractère religieux, n'est-ce pas contraire à la laïcité, voire à la liberté religieuse ? Avant de poursuivre la réflexion, souvenons-nous que la limitation de la "liberté individuelle" en matière vestimentaire existe déjà dans l'espace public : l'atteinte aux bonnes moeurs ne permet pas, en principe, de se promener dans les rues d'une façon indécente, ou la visite de certains lieux publics ne peut se faire qu'en tenue correcte. Le principe même d'une réglementation vestimentaire…
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  Je vais vous raconter une histoire. C'est une histoire vraie, c'est celle de quatre élèves du collège où j'enseigne les mathématiques. C'est l'histoire de Mamadou, Madjid, Fatoumata et Mohammed. Mon collège est situé dans un quartier populaire de la périphérie parisienne, dans un quartier d'immigrés venus d'Afrique, et ces prénoms y sont très répandus. Ces quatre enfants, je les vois pour la première fois au début du mois de septembre 2006. C'est leur premier jour au collège, ils entrent en sixième, ils ont onze et douze ans. Mamadou dessine remarquablement bien. Pendant les interclasses, fièrement il montre à tous, et à moi-même, ses créations qui racontent en bandes dessinées les aventures extraordinaires des personnages qu'il a imaginés. Je note qu'il fait ses dessins sur du papier blanc et qu'il parvient à tracer sans repère des cadres impeccables dont il varie les tailles et les formes pour adapter le format…
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Ce qui s'avoue quand la parole se libère : la cohabitation avec l'islam sera le défi à résoudre pour l'Europe du XXI e  siècle. La religion n'est pas en cause, ni la respectable dévotion musulmane que tout croyant ne peut qu'admirer. C'est, en revanche, la construction politique qui accompagne ce culte, dont les textes de référence ne différencient pas le spirituel du temporel, qui préoccupe les démocraties. Elles voient leurs règles utilisées par des néofondamentalistes pour tenter d'ébranler la laïcité. Pourquoi feindre encore de ne rien remarquer ? Un même panurgisme, qui assure à Copenhague que l'Occident est seul coupable du réchauffement climatique, refuse d'analyser la tentation totalitaire portée par cette conception d'une société soumise. Au nom de la non-discrimination, ce système est exempté de responsabilité dans la crise existentielle qui traverse l'Europe. Le débat sur l'identité, que le conformisme refuse, serait devenu "un déversoir et un défouloir" selon Yazid…
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  Le gouvernement a lancé une vaste consultation sur "l'identité nationale" en envoyant aux préfets, chargés d'organiser les débats à l'échelon local, un "guide" qui propose quelque deux cents questions. Pas moins ! Étrange procédure en vérité, qui révèle surtout combien cette identité ne va plus de soi aujourd'hui. Il faut vraiment que la France soit tombée bien bas pour qu'on en arrive à s'interroger sur ce qu'elle est. La réponse, au demeurant, est loin d'être facile et univoque, car la notion même d'identité renvoie, pour une personne comme pour une nation, à son être même. L'identité est une réalité qui se vit - qui change donc aussi forcément -, plus qu'elle ne se définit. L'être d'une personne est indissociable de sa vie, de son passé, mais il ne se limite pas qu'à cet aspect, son être profond s'exprimant surtout par son âme, qui est réfractaire à toute description purement…
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En inventant l'efficace slogan "Travailler plus pour gagner plus", Nicolas Sarkozy avait su rallier à lui une catégorie de Français dont on peut se demander si elle ne sera pas en définitive sa principale victime. Quelle catégorie ? Pas ceux qui ne travaillent pas, assistés de différents régimes (chômage, RMI, allocations d'adulte handicapé, etc.), ni ceux qui n'ont pas besoin de gagner plus. La cible de ce slogan n'était pas non plus d'abord les "cadres supérieurs et professions libérales" qui n'ont pas attendu le sarkozisme pour savoir qu'on pouvait gagner plus en ayant plus de clients, de patients, en consultant davantage ; tout au plus pouvaient - ils espérer que l'impôt sur le revenu écrêterait moins leurs gains : comme le bouclier fiscal ne leur profite que peu, il sont déchantés. La cible principale, c'était l'armée des travailleurs moyens ou pauvres, ceux qu'on appelait autrefois la classe ouvrière, mais qui comprend aussi beaucoup…
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Qui se souvient de cette série de dessins de Jacques Faizant en 1975 ? Huit personnages identiques, affublés de leurs vêtements nationaux, levaient fièrement le poing en criant : "Vive le Vietnam !", "Vive le Portugal !", "Vive Cuba !", "Vive l'URSS !", "Vive la Chine !", "Vive la RDA !", "Vive la Palestine !" et "Vive l'Albanie !". La légende de chaque illustration sonnait comme un leitmotiv : "Valeureux patriote !". Une dernière case montrait un Français moustachu levant son béret, et disant avec un sourire, "Vive la France !". La légende sonnait cette fois comme un glas : "Vieux con cocardier, chauvin, xénophobe et présumé facho ! " Trente-quatre ans plus tard, rien n'a changé : le glas de l'identité sonne toujours pour nous seuls. Aux yeux du politiquement correct, il est interdit de réfléchir sur l'"identité nationale" comme si l'alliance de ces mots était blessante pour les autres…
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  Les outrances de Martine Aubry laissent à penser que la gauche française souffre d'amnésie dans son approche de notre identité nationale. Pas toute la gauche, mais beaucoup de gens à gauche, et singulièrement dans la gent intello. C'est inquiétant. L'identité de la France, titre d'un beau livre de Braudel, on la connaît : quinze siècles d'histoire-géo sur des sols déterminés, le double giron de l'hellénisme et du christianisme, avec un apport substantiel de la romanité et un long magistère spirituel, moral et esthétique du catholicisme. Quarante rois, cinq républiques, deux empires et pas mal d'intermèdes embrouillent notre identité politique, mais les fondamentaux sont acquis, et admis : une démocratie laïque dotée d'un État censé réguler une économie de marché. La pente universaliste de notre héritage culturel récuse l'ethnicité : tout un chacun peut devenir français, comme le prouvent plus de cent mille naturalisations annuelles. Pour autant, la France se…
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L'exaspération populaire a remporté une victoire qui fera date contre la pensée bétonnée. À rebours des pronostics et interdits, la décision des Suisses de refuser chez eux (à 57,5%) de futurs minarets a révélé, en réaction, l'ampleur du mépris des élites. Depuis dimanche, médias et politiques se succèdent, dans un touchant entre-soi, pour dénoncer "le vote de la honte" (Libération), "une intolérance" (Bernard Kouchner), "un facteur de populisme" (Hervé Morin), "une tentation fascisante" (Daniel Cohn-Bendit), etc. Ces rejets d'un choix démocratique exemplaire signent l'abus de pouvoir d'une oligarchie spectaculairement minoritaire. Les opposants à la Constitution européenne avaient déjà essuyé, en France, en 2005, les oukases et les insultes de la caste, avant de l'envoyer paître (à 55%). C'est une même résistance aux arrogances des puissants qui s'est exprimée, au coeur du pays de la tolérance entre communautés culturelles et linguistiques. Observer la pacifique et prudente Suisse braver, outre les sermonneurs…
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Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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