Magistro Beta

Switch to desktop Register Login

En France (910)

Interrogé récemment par la rédaction de Marianne, Bernard-Henri Lévy tient des propos qui, à y bien réfléchir, sont étonnants. "Comment se manifeste le pétainisme aujourd'hui ?" dit Marianne. Réponse : "Dans le souverainisme par exemple".  Et au cas où nous n'aurions pas bien compris, l'illustre publiciste précise : "Qui est souverainiste aujourd'hui ? Je veux dire au sens où je l'entends ? Et par la même occasion pétainiste ? Jean-Pierre Chevènement. Il en a tous les réflexes et l'armature intellectuelle". Propos étonnants si l'on considère que le pétainisme fut voué à l'opprobre à l'issue de la seconde guerre mondiale parce qu'il s'était trop facilement accommodé de la perte de la souveraineté nationale. Les pétainistes furent condamnés, pour "intelligence avec l'ennemi" : non point parce qu'ils avaient défendu pied à pied le sol de la patrie mais parce qu'ils ne l'avaient pas fait. Pour défendre sa souveraineté, il faut combattre. Or que dit aux Français le vieux…
Publié dans En France
Écrit par
En savoir plus... 0
Qui peut imaginer le peuple satisfait ? Aux États-Unis, un mouvement protestataire se développe, hors des partis. Il est d'autant plus puissant que Barack H. Obama "a suscité des attentes immenses auxquelles il ne répond pas", explique l'historien Michael Kazi (Libération). Or une même frustration se consolide, en France, chez ceux qui estiment n'être pas entendus. "Nous avons voulu écouter ce que le peuple a à dire et en tirer les conséquences en matière d'action publique", a expliqué François Fillon, lundi, en clôturant vite fait la consultation sur l'identité nationale. Mais il est devenu risqué de claquer la porte au nez de l'opinion. La gauche et ses médias jubilent de voir l'initiative gouvernemen­tale, lancée en octobre accoucher d'une souris. Le clergé de l'antiracisme aura tout fait pour tenter de rendre le débat inabordable. Il est vrai que les clercs avaient intérêt à taire leurs responsabilités dans l'ensauvagement de l'école, laissée…
Publié dans En France
Écrit par
En savoir plus... 0
(...) (site endommagé en 2013) Parce que le tonitruant président du conseil régional de Languedoc-Roussillon a dit de lui, le 22 décembre : il a "une tronche pas catholique", l'ancien premier ministre socialiste a estimé, lundi sur RTL, que ces propos avaient "évidemment un caractère antisémite" : une accusation rejoignant celles des ligues de vertu, PS en tête, qui auront mis plus d'un mois avant de réagir aux provocations du potentat. Or, l'instrumentalisation de l'antisémitisme, à travers de dérisoires réquisitoires, permet au virus de se répandre au nez des prétendus indignés. Le grotesque est atteint, en effet, quand l'usage d'une expression anodine, dénuée de considération religieuse, devient une cause mobilisant les pavloviens. En l'occurrence, l'affaire a incité le PS à lâcher Frêche, mardi, pour tenter de s'allier aux Verts, voire à l'extrême gauche. Mais ces formations sont celles qui, en janvier 2009 à Paris et sous couvert d'antisionisme, avaient participé aux manifestations…
Publié dans En France
Écrit par
En savoir plus... 0
Un des paradoxes du gouvernement Sarkozy est qu'en prétendant mépriser ouvertement l'énarchie et la technocratie, il se trouve sans doute, dans sa politique de réforme, plus que tous ses prédécesseurs, tributaire des idées de celles-ci, parfois pour le meilleur, généralement pour le pire. On savait déjà que si les énarques étaient peu nombreux au gouvernement, ils peuplaient plus que jamais les cabinets ministériels. Mais le fond du problème n'est pas là : l'affaiblissement intellectuel de la classe politique la rend désormais incapable de contrôler la qualité des projets issus des services, d'autant qu'au sein de ceux-ci - même à l'Elysée -, on ne trouve plus guère de ces grands serviteurs de l'Etat qu'un bon sens supérieur armait jadis contre les idéologies et les modes. Quand on demande aux services des ministères un projet de réforme par jour, il faut s'attendre à ce qu'ils sortent des placards tous les rossignols accumulés au cours des années,…
Publié dans En France
Écrit par
En savoir plus... 0
Une nation appauvrie ; un État faible : ce constat ressort, cette semaine, d'une série de faits alimentant le récurrent pessimisme des sondés face à l'avenir. Lundi soir, sur TF1, onze Français, la plupart confrontés aux difficultés des fins de mois, ont pu interpeller le chef de l'État au nom de l'opinion publique. Plus tôt, la République venait d'être mise en échec par 124 clandestins, Kurdes de Syrie, débarqués par des négriers sur une plage corse avant d'être libérés par des juges pour être soignés, nourris, logés aux frais de la collectivité. "Je ne laisserai pas la France désarmée", a promis Nicolas Sarkozy. Désarmé : le mot juste. Le sentiment d'abandon, souvent rappelé ici à fin de mise en garde, est devenu palpable. La critique présidentielle contre les banquiers, mercredi à Davos, n'éteindra pas si vite les ressentiments. Ils se liront, aux régionales, dans les abstentions et les votes protestataires.…
Publié dans En France
Écrit par
En savoir plus... 0
Il l'a expliqué vendredi : "Tout jeune Français, au moment où il bascule dans sa majorité à 18 ans et va recevoir sa carte d'électeur, pourrait se voir proposer de signer un serment, une charte, quelque chose qui l'attache à la République". Cette charte contiendrait "les principes à la fois moraux et politiques qui constitueraient un ensemble de règles et de droits". Il aurait été intéressant que ce sujet soit discuté entre lui et ses contradicteurs, la veille sur France 2. Mais son débat avec Marine Le Pen s'est mué en pugilat sans intérêt, dans lequel la responsable du FN n'a pas donné le sentiment de maîtriser son sujet. Quand à la ruse de Vincent Peillon, qui s'est décommandé in extremis dans le but de "faire un coup" se prévalant d'une prétendue éthique, elle a surtout révélé l'imposture des donneurs de leçons, incapables de respecter leur parole et d'avancer des…
Publié dans En France
Écrit par
En savoir plus... 0
Se résoudre à brader la culture française ? Et quoi encore ! Parce que la Conférence des grandes écoles s'oppose aux quotas de boursiers, elle a eu droit au sermon de Richard Descoings, le directeur de Sciences Po Paris, qui y a vu "la réaction antisociale dans toute sa franchise". Le choeur des indignés a embrayé, entraînant même Nicolas Sarkozy, lundi, à juger ces réticences "invraisemblables". Mais ce n'est pas la mixité sociale qui inquiète les dirigeants de ces établissements: ils disent craindre un abaissement du niveau des concours au nom d'une discrimination positive n'osant dire son nom. Ils ont raison. Le débat sur l'identité nationale révèle, chez de nombreux hauts responsables, leur indifférence face au processus de déculturation qui gagne ce vieux pays littéraire. Éric Besson lui-même, ministre de l'Immigration, voit la France comme "un agrégat de peuples". Alors que la réponse attendue devrait être, au minimum minimorum, de…
Publié dans En France
Écrit par
En savoir plus... 0
Commençons par écarter les malentendus et dissiper les hypocrisies. Les adversaires du débat sur l'identité française dénient toute pertinence à la question posée en la jugeant infondée, illusoire ou dangereuse. Ils ne font ici que justifier doublement ce même débat. D'une part, en y participant par leur opposition, ce qui relève de la définition du débat d'idées. D'autre part, en montrant, par leurs réticences, sinon leurs craintes, que ce débat est d'autant plus nécessaire qu'ils ne savent plus ce qu'est l'idientité française, ou, plus encore, qu'ils s'en désintéressent. Or, l'identité d'un peuple manifeste l'acte politique par excellence, celui que Rousseau appelait, dans une formule précisément identitaire, "l'acte par lequel un peuple est un peuple". Que cet acte fondateur et permanent soit aujourd'hui oublié par ceux qui, pourtant, tirent leur identité de citoyen de l'identité nationale, témoigne, par son paradoxe, de la nécessité de s'interroger sur lui. Aux yeux des censeurs,…
Publié dans En France
Écrit par
En savoir plus... 0
Il va être difficile, en 2010, de ­faire taire le peuple. Les censeurs, qui insultent à tours de bras ceux qui, de plus en plus nombreux, refusent d'emprunter leurs parcours fléchés, ne stopperont pas la libération de la parole, dont s'effrayent SOS-Racisme et ses élèves. La glasnost tant attendue s'impose comme l'acquis politique de 2009. Les pandores ont raison de craindre cette révolution: ils y laisseront des plumes. Les épurateurs éthiques vont beaucoup hurler, en agitant Vichy, la Shoah et autres outrances. Mais ils n'empêcheront plus de penser autrement. Cela ressemble déjà à une délivrance. Drôles de démocrates que ces "progressistes" qui ne supportent pas la parole des autres. Après avoir injurié les Suisses, coupables de s'être prononcés par référendum contre les minarets, ils réclament l'arrêt du débat sur l'identité nationale, qualifié de nauséabond, raciste, islamophobe. Éric Besson, ministre de l'Immigration, a eu beau jeu de leur faire remarquer, mardi,…
Publié dans En France
Écrit par
En savoir plus... 0

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

Top Desktop version