Magistro Beta

Switch to desktop Register Login

En France (910)

  Le gouvernement a lancé une vaste consultation sur "l'identité nationale" en envoyant aux préfets, chargés d'organiser les débats à l'échelon local, un "guide" qui propose quelque deux cents questions. Pas moins ! Étrange procédure en vérité, qui révèle surtout combien cette identité ne va plus de soi aujourd'hui. Il faut vraiment que la France soit tombée bien bas pour qu'on en arrive à s'interroger sur ce qu'elle est. La réponse, au demeurant, est loin d'être facile et univoque, car la notion même d'identité renvoie, pour une personne comme pour une nation, à son être même. L'identité est une réalité qui se vit - qui change donc aussi forcément -, plus qu'elle ne se définit. L'être d'une personne est indissociable de sa vie, de son passé, mais il ne se limite pas qu'à cet aspect, son être profond s'exprimant surtout par son âme, qui est réfractaire à toute description purement…
Publié dans En France
Écrit par
En savoir plus... 0
En inventant l'efficace slogan "Travailler plus pour gagner plus", Nicolas Sarkozy avait su rallier à lui une catégorie de Français dont on peut se demander si elle ne sera pas en définitive sa principale victime. Quelle catégorie ? Pas ceux qui ne travaillent pas, assistés de différents régimes (chômage, RMI, allocations d'adulte handicapé, etc.), ni ceux qui n'ont pas besoin de gagner plus. La cible de ce slogan n'était pas non plus d'abord les "cadres supérieurs et professions libérales" qui n'ont pas attendu le sarkozisme pour savoir qu'on pouvait gagner plus en ayant plus de clients, de patients, en consultant davantage ; tout au plus pouvaient - ils espérer que l'impôt sur le revenu écrêterait moins leurs gains : comme le bouclier fiscal ne leur profite que peu, il sont déchantés. La cible principale, c'était l'armée des travailleurs moyens ou pauvres, ceux qu'on appelait autrefois la classe ouvrière, mais qui comprend aussi beaucoup…
Publié dans En France
Écrit par
En savoir plus... 0
Qui se souvient de cette série de dessins de Jacques Faizant en 1975 ? Huit personnages identiques, affublés de leurs vêtements nationaux, levaient fièrement le poing en criant : "Vive le Vietnam !", "Vive le Portugal !", "Vive Cuba !", "Vive l'URSS !", "Vive la Chine !", "Vive la RDA !", "Vive la Palestine !" et "Vive l'Albanie !". La légende de chaque illustration sonnait comme un leitmotiv : "Valeureux patriote !". Une dernière case montrait un Français moustachu levant son béret, et disant avec un sourire, "Vive la France !". La légende sonnait cette fois comme un glas : "Vieux con cocardier, chauvin, xénophobe et présumé facho ! " Trente-quatre ans plus tard, rien n'a changé : le glas de l'identité sonne toujours pour nous seuls. Aux yeux du politiquement correct, il est interdit de réfléchir sur l'"identité nationale" comme si l'alliance de ces mots était blessante pour les autres…
Publié dans En France
Écrit par
En savoir plus... 0
  Les outrances de Martine Aubry laissent à penser que la gauche française souffre d'amnésie dans son approche de notre identité nationale. Pas toute la gauche, mais beaucoup de gens à gauche, et singulièrement dans la gent intello. C'est inquiétant. L'identité de la France, titre d'un beau livre de Braudel, on la connaît : quinze siècles d'histoire-géo sur des sols déterminés, le double giron de l'hellénisme et du christianisme, avec un apport substantiel de la romanité et un long magistère spirituel, moral et esthétique du catholicisme. Quarante rois, cinq républiques, deux empires et pas mal d'intermèdes embrouillent notre identité politique, mais les fondamentaux sont acquis, et admis : une démocratie laïque dotée d'un État censé réguler une économie de marché. La pente universaliste de notre héritage culturel récuse l'ethnicité : tout un chacun peut devenir français, comme le prouvent plus de cent mille naturalisations annuelles. Pour autant, la France se…
Publié dans En France
Écrit par
En savoir plus... 0
L'exaspération populaire a remporté une victoire qui fera date contre la pensée bétonnée. À rebours des pronostics et interdits, la décision des Suisses de refuser chez eux (à 57,5%) de futurs minarets a révélé, en réaction, l'ampleur du mépris des élites. Depuis dimanche, médias et politiques se succèdent, dans un touchant entre-soi, pour dénoncer "le vote de la honte" (Libération), "une intolérance" (Bernard Kouchner), "un facteur de populisme" (Hervé Morin), "une tentation fascisante" (Daniel Cohn-Bendit), etc. Ces rejets d'un choix démocratique exemplaire signent l'abus de pouvoir d'une oligarchie spectaculairement minoritaire. Les opposants à la Constitution européenne avaient déjà essuyé, en France, en 2005, les oukases et les insultes de la caste, avant de l'envoyer paître (à 55%). C'est une même résistance aux arrogances des puissants qui s'est exprimée, au coeur du pays de la tolérance entre communautés culturelles et linguistiques. Observer la pacifique et prudente Suisse braver, outre les sermonneurs…
Publié dans En France
Écrit par
En savoir plus... 0
On n'a pas de gêne à être cocardier quand les Bleus de Dusautoir ratiboisent les Springboks à la régulière. Mais ...quand les Bleus d'Henry filoutent leur qualification grâce à l'incurie de l'arbitrage, il y a quelque indécence à pavoiser. D'autant que l'adversaire, bien meilleur sur les deux matches, portait casaque d'un pays dix fois moins peuplé que la France, et où le football n'est pas le sport le plus couru. Pourtant le public du Stade de France baignait dans le ravissement, les joueurs se congratulaient avec ostentation, Domenech affichait son bonheur, et Sarkozy de même. Certes l'enjeu économique, symbolique et politique était énorme : une coupe du Monde de foot engendre du fric, exorcise des fantasmes et si "ça gagne", procure à l'exécutif des bonus dans les sondages. On est loin, très loin de l'éthique sportive conçue par la gentry victorienne, relayée par Coubertin. Elle eût suggéré à Henry de…
Publié dans En France
Écrit par
En savoir plus... 0
Le moins qu'on puisse dire est que le grand emprunt populaire annoncé annoncé à grand fracas par le chef de l'Etat à Versailles le 22 juin 2009 ne fait pas l'unanimité. Les uns soulignent qu'il vient aggraver un déficit courant de l'Etat déjà abyssal ; les autres que cet argent coûtera plus cher, d'environ 2 %, que celui auquel l'Etat trouve aujourd'hui sur les marchés financiers. Sur le plan de la procédure, le fait que le Parlement soit tenu à l'écart des réflexions sur son utilisation est critiqué, à commencer par les parlementaires eux-mêmes. Quant au fond, son utilisation est, elle aussi, problématique. Deux ex-premiers ministres, inspecteurs des finances l'un et l'autre, Michel Rocard et Alain Juppé, phosphorent pour faire des propositions à ce sujet. Les nouvelles règles de la concurrence européenne interdisent de l'employer directement à des investissements industriels, comme on le faisait dans les années cinquante et soixante, ce…
Publié dans En France
Écrit par
En savoir plus... 0
  L'égalité des conditions est une belle chose : que le système éducatif permette à chacun de s'élever selon ses mérites, même s'il vit dans un environnement familial et social décourageant. On en a tiré la conclusion (pensée linéaire) que tous doivent recevoir en fin de compte les mêmes diplômes : pas de classes de niveaux, le bac pour 80% des élèves, l'entrée à l'université pour tous. Et dès qu'on parle de sélection, les banderoles se préparent déjà : le ministre, fusible du chaos, peut faire ses bagages. Dès lors une masse d'élèves parviennent au bac confondant le nom et l'adjectif, et prenant le Pirée pour un homme. Une masse d'étudiants terminent leurs études supérieures sans avoir lu sérieusement un seul livre classique. Au bout du compte, au moment d'entrer dans le monde professionnel, c'est la vie qui sélectionne, et violemment, laissant des victimes ahuries et frustrées. Quant au 20%…
Publié dans En France
Écrit par
En savoir plus... 0
Les parents d'un soldat français mort au combat en Afghanistan portent plainte contre l'armée. Ils estiment que leur fils a été abusivement exposé par sa hiérarchie et exigent réparation. On comprend leur douleur, on peut comprendre leur colère. Il est fort possible que leur fils ait été victime de l'incurie d'un gradé : il y a des précédents, hélas, en nombre presque illimité. C'est le principe même de la plainte qui paraît contestable et à terme dangereux. Un soldat professionnel accepte par définition de risquer sa vie et d'obéir à ses chefs, quelque jugement qu'il puisse porter en son for sur leurs ordres. L'air du temps incite à la judiciarisation tous azimuts, elle harcèle les médecins ; les sportifs et les enseignants sont dans sa ligne de mire. En avalisant cette démarche, la justice créerait un précédent fâcheux pour nos forces armées. Elles sont engagées en Afghanistan, auprès de nos…
Publié dans En France
Écrit par
En savoir plus... 0

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

Top Desktop version