Magistro Beta

Switch to desktop Register Login

Carlos GHOSN "prisonnier de guerre" économique
 
Le Mouvement patronal ETHIC (Entreprises de taille Humaine Indépendantes et de Croissance) salue la tribune des députés à l’initiative de Christian JACOB et de Bruno RETAILLEAU qui demandent à l’exécutif de faire rapatrier Carlos GHOSN afin qu’il soit jugé en France.
Les entrepreneurs d’ETHIC estiment en effet que Carlos GHOSN, présumé innocent avant d’être (ou non) jugé coupable, reçoit au Japon un traitement inadmissible au regard de la justice française, pour ne pas dire européenne.
Une forme déguisée d’incarcération peu soucieuse de ce que nous considérons en France comme relevant des Droits de l’Homme.
En effet tout citoyen français est en droit d’attendre de l’État qu’il agisse pour que les pays censés être nos plus grands partenaires économiques garantissent un niveau de respect des droits humains équivalent au nôtre. A quoi servent les conventions internationales ?
Est-ce parce que c’est un "grand patron" que le gouvernement français s’est montré bien peu empressé jusqu’alors de réagir ? Rappelons quand même qu’il a été un capitaine d’industrie exceptionnel qui a redressé Renault et a su en faire un emblème de l’industrie automobile française.
Les chefs d’entreprise eux-mêmes, en dehors d’une réaction de Geoffroy ROUX de BEZIEUX au départ, sont silencieux craignant probablement d’être accusés de cautionner des abus éventuels de biens sociaux s’ils venaient au secours de ce "prisonnier de guerre économique" !
Un citoyen lambda traité de cette façon aurait suscité bien plus de compassion… En dehors du Président Nicolas SARKOZY qui lui a rendu visite à l’ambassade de France.
ETHIC lance donc un appel à l’ancien Président de la République, pour qu’il intercède afin que Carlos GHOSN soit jugé sur notre territoire.

Communiqué de presse envoyé par ETHIC, 19 novembre 2019
Publié dans Du côté des élites
Écrit par
En savoir plus... 0
L'honneur pour guide
 
Je condamne, nous condamnons fermement, le saccage du monument dédié au Maréchal JUIN, place d’Italie à Paris. Au-delà de sa personne, compte tenu de son parcours, ce saccage est aussi l’expression d’une haine envers bon nombre de symboles. En particulier, envers l’Armée d’Afrique qui, après la campagne d’Italie, a débarqué en Provence pour libérer la France. 
Je fustige aussi tous ceux que l’on voit ou entend sur les antennes s’exprimer avec des "larmes de crocodile" pour masquer leur part de responsabilité plus ou moins importante ou lointaine dans ces faits.
 
Notre condamnation est d’autant plus affirmée que le Maréchal JUIN a eu une proximité avec le Maréchal LYAUTEY. Il a travaillé à son cabinet militaire à Rabat. Il est rentré avec lui du Maroc en octobre 1925 et l’a servi ensuite, comme capitaine, au Conseil supérieur de la guerre. En 1946, il a longuement préfacé une réédition de "Le rôle social de l’officier dans le service universel" écrit par LYAUTEY, en 1891, alors capitaine au 4ème Chasseurs qui fut traité de révolutionnaire.
 
Sur une photo, mise en ligne sur @presencedelyautey les quatre généraux : JUIN, de LATTRE, de MONSABERT, LECLERC, dont trois futurs maréchaux, étaient des disciples de LYAUTEY. Le Maréchal JUIN s’est toutefois écarté de la ligne tracée par LYAUTEY à partir du moment où il s’est opposé politiquement à l’indépendance du Maroc préparée en douceur par LYAUTEY. 
 
En tant que pied-noir, JUIN se serait exprimé - on n’en doute pas - haut et fort quand la colonisation a été traitée, sans nuance de contexte entre le bien et le mal, de "crime contre l’humanité". Cette apostrophe qui condamnait aussi les ministres des colonies, dont Jules FERRY, oubliait que les pieds-noirs sont venus, en nombre, nous libérer au sein de l’Armée d’Afrique. Cette armée, où la bravoure s’est nourrie de la fraternité, de la sueur et du sang de ses soldats d’origines variées - ce qui dérange certains - reflétait la qualité de ses chefs.
Elle a été, dans sa majorité, sous les ordres du valeureux Général, futur Maréchal Alphonse JUIN (1888-1967), notamment pendant la campagne d’Italie (Rome, Monte Cassino, …etc.). Son nom a d’ailleurs été choisi par une promotion (1966-68) de Saint-Cyr.
Envoyé par l'auteur,19 novembre 2019
Publié dans Devant l'histoire
Écrit par
En savoir plus... 0
Les bases de l’économie sont bafouées dans un silence général
 
L’économie n’est que l’étude des rapports entre la production, la richesse et la monnaie. Elle ne peut être crédible qu’en étudiant globalement les trois y compris leur interaction. Et pour ce faire il faut d’abord comprendre précisément ce qu’est chacun des trois pieds de l’économie avant d’étudier leurs relations. Il ne faut pas se contenter de définitions vagues, de fausses évidences et de soumissions sécurisantes à de prétendus sachants. Si les détails peuvent être délicats, l’épine dorsale de l’économie est à la portée de tous et d’une simplicité biblique. Seuls les montages que l’on fait partout pour faire tenir un système impossible sont évidemment complexes.

Une production est une fabrication de produit, que ce soit un pain, un fruit, un dessin d’enfant, une bouse de vache, un soin, une voiture, un résidu nucléaire ou une machine. C’est quelque chose de totalement objectif, une réalité incontournable. Une production peut être une richesse, un déchet ou un problème. Elle peut même changer de catégorie avec le temps comme le dessin d’enfant ou l’automobile, tellement richesse, déchet et problème sont des notions totalement subjectives qui évoluent avec le temps, ou avec l’espace, voire même avec les gens avec lesquels on se trouve.
Une richesse est en effet le regard totalement subjectif qu’une collectivité porte sur une chose ou sur une idée qu’elle trouve belle ou bonne. Toute civilisation tend à rendre ce regard objectif car elle considère sa vision du beau, du bien et du vrai comme la seule vision sérieuse. Elle croit sa justice juste puisqu’elle y voit l’addition de ce qui est bien et de ce qui est vrai pour elle. Elle croit que sa clarté est limpide puisqu’elle y rassemble ce qu’elle croit beau et ce qu’elle croit vrai. Et elle croit aussi que sa richesse est objective puisque tout le monde la trouve belle et bonne ; tout le monde… de cette civilisation. Une bière est richesse à Munich, pas du tout sur une autoroute suédoise. De même que la justice de Daesh n’a rien à voir avec la justice occidentale, la richesse d’un Malien qui est riche de la famille, n’a rien à voir avec la richesse d’un Américain.
 
La monnaie a une histoire et c’est toujours la même sur toute la Terre et elle est en général assez mal racontée. La monnaie n’arrive pas toute seule et au début il n’y a jamais eu le troc. Au début tout groupe humain se constitue autour du donner-recevoir-rendre que l’on constate dans les familles, dans les tribus et dans les groupes d’amis. C’est une sorte d’échange des êtres, de ce qu’ils font de mieux ou de moins mal. Ce donner-recevoir-rendre a été admirablement étudié par l’ethnologue et professeur au Collège de France Marcel MAUSS (1872-1950). Il y a vu un "fait social total" au service du lien social et le nourrissant. Ce fait social est total parce qu’il est à dimensions culturelle, économique, sociale, religieuse, symbolique et même juridique. Cette réalité dans la constitution des groupes humains est fondamentale et renvoie aux oubliettes la notion ridicule de troc au départ des groupes humains. Qui, à part les idéologues de l’économie, voit du troc dans la vie familiale ?
La monnaie n’est pas venue remplacer le donner-recevoir-rendre ni bien évidemment le troc qui n’a jamais existé que très exceptionnellement entre particuliers, elle est venue résoudre le problème créé par certains qui partout oubliaient de donner et de rendre et se contentaient de recevoir. Cela posait un problème que les familles connaissent et règlent en interne. Mais quand le groupe devient important, il ne peut plus être résolu par le simple regard ou la remarque d’une autorité reconnue. C’est alors l’introduction de la monnaie qui partout résout le problème. Le groupe prend d’abord acte du fait qu’un individu a donné, qu’il a contribué à la richesse collective. Il lui donne en reconnaissance un titre de créance sur n’importe quel autre membre du groupe. Ce titre de créance transmissible et facilement transportable, s’appelle la monnaie en souvenir du travail qu’il a effectué et qui a été reconnu utile. Le mot monnaie comme le mot monument vient en effet de moneo, forme latine causative de la racine grecque men de la mémoire. La cause de la monnaie comme celle du monument est de se souvenir. La monnaie circule, transportant l’énergie qui a permis sa création, mais par définition le pouvoir ne peut la créer que si une nouvelle richesse a été constatée. Sans cela c’est de la fausse monnaie qui ne fait que dévaloriser la monnaie existante en augmentant sa quantité sans augmenter la richesse. C’est l’énergie humaine qui a créé une nouvelle richesse, qui se retrouve dans la monnaie. Il n’y a de vraie monnaie qu’en constat d’une richesse existante. C’est un titre de créance sur n’importe quel membre du groupe qui l’utilise.
 
Très curieusement depuis des siècles personne ne semble avoir pris la peine de définir la monnaie d’une façon simple et claire et on entend le désaccord des économistes. Certains disent que c’est une marchandise, d’autres un signe, Adam SMITH la voyait comme un voile et tous ceux qui n’ont surtout pas envie de savoir ce qu’elle est, vont dire que ce n’est qu’une convention. Ce qui est sûr, c’est que la monnaie, n’ayant jamais été définie sérieusement, est devenue comme la langue d’Esope la meilleure et la pire des choses.
La meilleure car elle permet de faire le lien à l’intérieur d’une civilisation entre les productions objectives et les richesses subjectives. Ce lien très naturel et pourtant très complexe s’appelle la valeur ou le prix. Le prix immobilise pour un groupe sur une production donnée, à un moment donné et en un lieu donné, la notion très variable de richesse. Grâce à ce lien ARISTOTE a pu écrire, sans malheureusement jamais définir la monnaie, qu’elle pouvait avoir trois utilités : faciliter les échanges, être une réserve et chiffrer la valeur.
Mais la monnaie est aussi devenue la pire des choses car les hommes ont pris conscience de la force énergétique de la monnaie qui transporte de l’énergie humaine et ils ont joué sur la force énergétique de la monnaie pour fabriquer de la fausse monnaie en feignant d’oublier que cette fausse monnaie ne faisait que dévaloriser la vraie, lui diluer son énergie. Tant que les faux monnayeurs étaient des délinquants, le problème n’a pas été trop grave car ils étaient pourchassés et donc peu nombreux. En France ils ont été d’abord condamnés à mort par ébouillantage au marché aux pourceaux puis simplement guillotinés jusqu’en 1832 date à partir de laquelle les peines ont diminué du bagne à la réclusion et de la perpétuité à 30 ans. Mais le scandale, dénoncé par le prix Nobel Maurice ALLAIS et qui a généré un embrouillamini indescriptible, c’est quand l’État a reconnu que le faux-monnayage pouvait être acceptable intellectuellement et qu’il est devenu légal pour les banques par l’acceptation de la monnaie scripturale, celle que l’on crée par un jeu d’écritures. Ce sont les banques elles-mêmes réunies dans Bâle 3 qui limitent leur création de fausse monnaie par des normes autoproclamées et très aisément contournables. Essayons tout de même de décrire l’indescriptible folie actuelle qui fait croire aux braves gens que l’économie est compliquée et qui n’est là que pour ne plus voir l’essentiel.
 
D’abord l’historique. Les accords de Bretton Woods de 1944 avaient lié les monnaies au dollar en liant le dollar à l’or et donc à une richesse préexistante. Mais NIXON ayant en 1971 déconnecté le dollar de l’or, il a ipso facto déconnecté les autres monnaies de toute richesse précédemment créée. L’euro a donc été créé en équivalence à des monnaies qui n’avaient plus aucune équivalence avec une richesse reconnue, et ce depuis le 15 août 1971. Aujourd’hui la monnaie n’est plus créée par l’État en constat d’une richesse précédemment créée mais par les banques qui équilibrent cette création par une créance sur le futur, c’est-à-dire par un espoir de création de richesse future. D’une création de tous temps de la monnaie sur le constat d’une richesse existante et reconnue, on est passé, pour la première fois dans toute l’histoire de l’humanité avec l’euro, à une monnaie créée sans vraies limites sur l’espoir d’une richesse future, ce qui autorise tous les fantasmes.
C’est pour faire passer cette ignominie intellectuelle que l’université, les experts, l’INSEE et les médias sont tous mis à contribution pour faire croire à la création de richesse pendant que les politiques font rentrer par l’impôt les créances des banques. Au XXIe siècle la manipulation se met en marche et les impôts se mettent à monter.
Pour faire croire à la création de richesse, on crée le PIB, fabuleux outil inverseur, qui appelle produit la somme de toutes les dépenses. Plus on dépense plus on est riche. On a même appelé sans rire "croissance économique" l’augmentation des dépenses. Les experts ne travaillent plus que sur des pourcentages de PIB. Les critères de Maastricht sombrent dans un ridicule qui ne dérange même plus. Le déficit budgétaire ne peut être supérieur à 3 % de ce que l’on a dépensé l’année d’avant. Dépensez plus et il deviendra intelligent d’augmenter le déficit ! L’emprunt ne doit pas dépasser 60 % de ce que l’on a dépensé l’année précédente. Dépensez plus et vous pourrez emprunter encore davantage ! Ubu est roi dans l’Union européenne.
Dans le même temps les banques fabriquent la monnaie qu’il faut pour que toutes les productions soient achetées et deviennent des richesses justifiant a posteriori la fabrication de monnaie. Et on en arrive à la stupidité absolue que toute production est réputée richesse. Cette erreur entraîne toutes les autres car tout se met au service de la production qui s’emballe grâce aux machines que les banques financent, qui doit être vue comme une richesse grâce à la publicité que les banques financent, qui doit être achetée par des consommateurs que les banques financent. La spirale infernale est lancée. On fabrique de plus en plus de monnaie pour justifier la création aberrante précédente.
 
Les conséquences sont multiples comme celles d’une bombe à fragmentation. Les contradictions s’enchaînent et s’entraînent :
Il faut dépenser pour faire du PIB mais ne pas dépenser pour respecter les critères de Maastricht.
Le peuple ne doit pas être trop payé pour que les productions restent à un niveau de prix raisonnable en dépit des montagnes d’argent dépensé en machines et en publicité, mais il doit tout de même avoir l’argent pour acheter les productions et en faire des richesses. La solution ? L’emprunt. Demain paiera.
Le peuple qui se croit en démocratie doit laisser en place la pseudo élite qui depuis 50 ans détruit la civilisation pour rester en place sous différentes couleurs évolutives, mais en même temps on augmente perpétuellement ses impôts. Les campagnes électorales sont de plus en plus compliquées pour embobiner le peuple et cela coûte de plus en plus cher. La solution ? L’emprunt. Demain paiera.
Malgré cela le peuple met des gilets jaunes pour dire que cela ne va pas. Il faut bien alors trouver des électeurs pour rester en place. On en arrive au racolage de toutes les minorités que l’on flatte, à une dictature des minorités que l’on finance. Comment faire ? L’emprunt. Demain paiera.
Dieu ! Qu’il est devenu compliqué et dispendieux de faire croire que la bêtise est intelligente ! Et si on en revenait à ce qui a été vrai de l’aube de l’humanité à 1971, à une monnaie constatant une richesse existante et reconnue, monnaie dont seule la rareté évite toutes les dérives ?

Envoyé par l'auteur, paru sur www.surlasociete.com, 15 novembre 2019
Publié dans Du côté des élites
Écrit par
En savoir plus... 0
Retour sur la question du voile
 
Des mères voilées accompagnant des enfants lors de sorties scolaires, un gouvernement divisé sur la manière de réagir, un élu RN demandant la sortie d’une femme voilée présente au conseil régional de Bourgogne, et voici la question du voile à nouveau sur le devant de la scène. Et à nouveau, notre impuissance à endiguer la visibilité de plus en plus étendue et revendicative de l’islam en France est patente.
C’est une vieille affaire puisqu’elle remonte à trente ans, à l’automne 1989 précisément, avec l’exclusion du collège de Creil de deux élèves musulmanes qui avaient refusé d’enlever leur voile. Il faudra attendre 2004 pour que l’État légifère et interdise à l’école publique tout signe manifestant ostensiblement une appartenance religieuse, visant donc aussi bien le christianisme et le judaïsme (pourtant l’un et l’autre étrangers à tout problème) que l’islam. Il y a eu ensuite la loi anti-burqa de 2010… mais tout cet arsenal semble finalement peu efficace (1).
Certes, il faut reconnaître que le juste traitement de l’islam dans un pays de tradition chrétienne et démocratique, dès lors où il atteint certaines proportions, est tout sauf simple. Mais peut-être éviterait-on au moins les échecs les plus cuisants si nous commencions par prendre la mesure de ce qu’est réellement l’islam, sans nullement chercher à le diaboliser, mais sans l’irénisme non plus qui caractérise la vision de ceux qui légifèrent à côté de la plaque depuis trente ans et plus.
 
Connaître l’islam
Fondamentalement, l’islam n’est pas une "religion" au sens où nous l’entendons pour le christianisme (2) : il est plus que cela, ne connaît pas la distinction du temporel et du spirituel ("Rendez à César… ") et, par la charia, englobe tous les aspects de la vie des musulmans (culturels, sociaux, moraux…). Minoritaires dans une société aux valeurs affirmées, ils se plient aux lois, respectent la fermeté appuyée sur une force juste. Mais lorsque leur nombre augmente, au point de devenir majoritaires dans certains quartiers, et que le tissu d’accueil est lui-même en déliquescence, incapable de proposer une alternative à leur communautarisme, alors ils revendiquent toujours plus ce que commande la charia. L’islam s’étend d’abord par la pratique des mœurs qu’il impose.
C’est dans ce contexte qu’il faut appréhender la question du voile. Évidemment, pour beaucoup de celles qui le portent, il est plus qu’un vêtement, le signe bien visible et revendiqué de l’appartenance à l’Oumma. Et pour nombre d’entre elles, sans doute l’ont-elles choisi ou accepté librement. Mais, dans ce milieu communautariste fermé, quelle liberté pour celles qui ne veulent pas le porter ? De même, plus généralement et plus gravement encore, quelle liberté pour les musulmans qui veulent s’émanciper de l’islam, le quitter, se convertir au christianisme ?
 
L’interprétation du Coran
Là est le vrai problème qui a sa source dans le Coran lui-même : c’est le Coran qui contient des versets appelant à la violence contre les juifs et les chrétiens, qui leur impose le statut de dhimmi, qui relègue la femme à un statut inférieur… Le voile est ici certes très symbolique mais somme toute secondaire, il agit comme un effet d’une situation non maîtrisée, mais il n’en est pas la cause. Il est au demeurant paradoxal que l’État veuille, d’un côté, empêcher les femmes de se voiler et, d’un autre, permette qu’elles se dénudent sous nos yeux dans des campagnes publicitaires qui la ramènent au rang de vulgaire objet de plaisir.
Il est enfin absurde, en raison du problème spécifique que pose l’islam, de mettre toutes les religions sur le même plan, d’ignorer le rôle historique du christianisme en Europe et d’avoir une vision quelque peu sectaire de la laïcité en interdisant tout signe religieux dans l’espace public, comme si les religions, a priori suspectes, n’avaient aucune dimension sociale. Faudra-t-il interdire demain aux religieuses de sortir dans la rue en habit ?
L’islam est confronté à un problème qui exige des musulmans le courage de voir la réalité en face, sans esquive, et d’affronter la question fondamentale de l’interprétation du Coran, seule façon de réformer leur religion et de lui permettre d’être "intégrable" dans nos sociétés occidentales. Nier les difficultés intrinsèques à l’islam empêche cette réforme nécessaire et n’aide pas les musulmans courageux qui y travaillent.
Mais cela n’est pas suffisant si nous-mêmes ne nous réformons pas aussi : si nous n’avons à offrir aux musulmans qu’une société matérialiste, consumériste et sans Dieu, reniant ses propres racines, sa culture et déconstruisant un à un tous les repères anthropologiques les plus attestés, alors pourquoi feraient-ils l’effort de se réformer eux-mêmes ?

(1) En France, la loi réglait le cas de la burqa ou du voile intégral avant même la loi de 2010, puisqu’il est interdit d’avoir le visage masqué dans l’espace public, il suffisait de faire respecter cette loi.
(2) Cf. Annie Laurent, L’islam pour tous ceux qui veulent en parler (mais ne le connaissent pas encore), Artège, 2017.

Paru dans La Nef, éditorial, novembre 2019
Publié dans A tout un chacun
Écrit par
En savoir plus... 0
Quand les entreprises ne se sentent plus du tout en sécurité
 
On peut toujours se féliciter d'avoir un taux de chômage qui baisse, une économie qui se tient, des entreprises qui ont encore plutôt le moral, des Start-up en quantité mais il ne faut pas se leurrer le climat actuel est économiquement suicidaire. Les entreprises sont arrivées tant bien que mal à surmonter les samedis festifs des gilets jaunes, mais certainement pas les commerçants qui ont vu leurs vitrines fracassées par des barbares et leur chiffre d'affaires réduit à néant certains week-ends pour cause de fermeture préventives. Et ça menace de recommencer.
 
On a surmonté les grèves des transports en particulier en région parisienne, remonté le moral de nos salariés qui subissent dans les transports en commun quasi toutes les semaines des arrêts sauvages, des retards inexpliqués, des "retraits" à chaque incident qui mérite soi-disant la solidarité de tout le personnel de la SNCF. Certes, nous sommes habitués, salariés et entrepreneurs français, à vivre professionnellement entravés de boulets aux pieds, qu'ils soient fiscaux, administratifs ou sociaux, mais l'ambiance se dégrade au rythme des alertes dans tous les secteurs, le moral aussi. On nous annonce en permanence que les politiques sont inquiets, que la confiance s'érode, que l'impuissance gagne, les médias en font des tonnes.
La grève annoncée du 5 décembre prochain pour lutter contre la réforme des retraites serait le début d'une longue révolte, révolte qui réjouit les "quartiers" et les extrémistes qui ne cherchent que des occasions pour casser et effrayer le bourgeois. Tout cela finit par être vrai, y compris parce que les prédictions sont souvent auto-réalisatrices. Lesdits "bourgeois" (réacs) même s'ils sont plus de 60 % à vouloir le bien du pays dans la tranquillité et souhaitent des réformes, sont insignifiants face à des minorités dites agissantes, et impunies au nom de la démocratie qu'elles bafouent. Si certaines revendications sont très légitimes, on ne pourra pourtant rien changer dans ce climat de tension.
Même les réformes économiques en discussion actuellement sont menacées par les risques de violence, comme les problèmes de sécurité posés par la vente d'alcool dans certains commerces alimentaires avec un risque de trouble à l'ordre public. Un pays où la sécurité n'est plus assurée, ni le soir, ni dans les transports en commun, ni dans la rue, est un pays économiquement et profondément menacé. Qui va investir en France si ce chaos permanent perdure ?
 
Il faut protéger nos boîtes !
 
La liberté de circuler entravée menace les entreprises : impossibilité de respecter certains contrats dans les temps, absences du personnel, engagements non sécurisés, retards accrus des paiements ... et lassitude chronique. Dans cette ambiance, la direction de l'entreprise freine sa propre croissance, on repousse les investissements, on brise l'acceptation à l'impôt qui finit par ne plus avoir de sens, on recule le recrutement "ce n'est pas le moment...".
Enfin les méfaits impunis de toutes sortes, sur la voie publique ou ailleurs, font naître un véritable sentiment d'injustice pour des entrepreneurs auxquels "on ne passe rien". La justice ne remplit plus sa fonction, la santé vacille, la police est agressée, les seules réactions ministérielles sont souvent de s'indigner sur les réseaux sociaux comme de simples spectateurs ! Nous en sommes là.
 
L’entreprise, seul socle de stabilité après avoir été inlassablement fustigée se révolte elle aussi, silencieusement. La sécurité est une nécessité économique, répétons-le et cela va loin : lorsqu'on refuse par exemple à un chef d’entreprise classée Seveso de lui communiquer les fichés S. ! Les menaces viennent de partout. Elles peuvent se classer en 8 familles : atteintes physiques sur site, atteintes à la réputation, fragilisation, désorganisation, atteintes aux savoir-faire, intrusions non consenties, fragilités humaines, risques financiers, et bien sûr
risques informatiques *
La Gendarmerie (DGGN) est d'ailleurs très active sans qu'on le sache et désamorce des cyber-attaques visant nos entreprises. Un des trois piliers de ladite Intelligence Economique avec la veille et l’influence vise notamment à identifier risques et menaces et à protéger les actifs matériels et immatériels, il s'agit de diffuser au sein de toute entité une culture de sécurité du patrimoine économique. Il faut protéger nos boîtes ! Et cela concerne tous les métiers et tous les collaborateurs de demain.
 
En attendant, c'est aussi la responsabilité de chacun d'entre nous de rétablir une "ambiance "de sécurité, il faut adopter une vigilance, se sentir concerné par tout, oublier le "c'est pas mon problème" rétablir l'autorité nouvelle sans complaisance y compris et surtout avec nos propres enfants : étudiants qui détruisent des livres et boycottent des personnalités de haut niveau. Non aux faux alibis démocratiques, non à la censure et non à l’idéologie galopante d'un politiquement correct ravageur. Le droit de grève comprend aussi un devoir : la responsabilité de ne pas en jouer sans vergogne pour des intérêts strictement personnels.
Il va falloir prendre conscience enfin que la stabilité économique de notre pays est très fragile et qu'elle est menacée. Tout ce qui a pu être fait dans la première partie de ce mandat présidentiel pour encourager la croissance, peut être anéanti en quelques semaines. N'abîmons pas notre pays comme des enfants gâtés, aidons-le à se réformer, même lorsqu’on n’est pas forcément d’accord avec la politique menée, l'urgence est là.
 
* Le mouvement ETHIC organise un colloque sur la cybersécurité le mardi 26 novembre prochain entre 8h30 et 12h00. (Informations :
https://www.ethic.fr/portfolio/cyber-securite-entreprises-a-de-jouer/
)
Invitations gratuites pour les lecteurs de Magistro
Envoyé par l'auteur, paru dans Challenges, 14 novembre 2019
Publié dans En France
Écrit par
En savoir plus... 0
Pourquoi les Français sont tristes
 
(...) France, France réponds à ma triste querelle…
 
Et à chacun de mes retours j’ai fait la même constatation : les français devenaient de plus en plus tristes. Et cette lente disparition de la joie de vivre en ce pays béni des Dieux est quelque chose de nouveau, car la France, aux yeux du monde entier a toujours représenté le pays où il faisait bon vivre, ce que souligne le dicton allemand/yiddish "heureux comme Dieu en France". De l’avis général, la France avait toujours été le pays le plus gai d’Europe, ce qui, hélas, n’est plus le cas aujourd’hui.
La question est donc : mais qu’est qui nous est arrivé pour que nous soyons saisis, nous Français, par cette dépression nerveuse collective ?
Et c’est à cette question que je vais essayer de répondre dans la mesure de mes moyens.
(...) En tout cas, voilà mes explications sur ce qui m’apparait comme difficilement niable.
 
Les soi-disant élites et le système d’enseignement ont tout fait pour détruire dans notre pays ce que RENAN appelait "la volonté de vivre ensemble". Depuis la présidence de GISCARD, tous les dirigeants nous expliquent que nous sommes un pays vieux, petit, fatigué, chargé de crimes historiques et qu’il est urgent d’abandonner notre identité pour nous fondre dans une nouvelle réalité "l’Europe". Dans le fond "on" ne cesse de nous expliquer qu’il est totalement ringard d’être fier d’être français. Et du coup, les Français se sentent un peu dans la situation de celui ou celle qui aime beaucoup Dalida mais qui n’ose pas le dire en bonne compagnie tant cela le classerait socialement. Jamais dans notre histoire, si ce n’est peut-être à l’époque de l’évêque CAUCHON qui jugea Jeanne d’ARC il n’y a eu un tel effort de la part des élites pour détruire l’identité française.
Depuis 1974 (encore GISCARD), la France a connu une très forte immigration, et tout le monde sait qu’il est très difficile d’intégrer une population nouvelle, surtout si elle est de civilisation différente, s’il n’est pas fait un effort constant d’assimilation de ces populations à la culture locale. Nos élites, toujours elles, guidées par ce qu’il faut bien appeler la haine de leur propre pays, ont cependant tout fait au nom du multiculturalisme pour que ces nouveaux entrants ne s’assimilent jamais. Et du coup les français ne se sentent plus chez eux et voient pointer des risques de guerre civile.
 
Et pour mieux détruire les solidarités locales, condition essentielle pour que cette volonté de vivre ensemble perdure, nous sommes devenus une société complètement étatisée. Plus rien n’est décidé à l’échelle locale. Durant les 50 dernières années (encore et toujours GISCARD), la part de l’État dans le PIB est passée d’un peu plus de 30% à plus de 57 %, ce qui veut dire en termes simples que nous sommes devenus un pays socialiste. Et le socialisme et le communisme amènent toujours et partout à une insupportable tristesse accompagnée d’une totale laideur. Je me souviens de l’atmosphère qui régnait en Allemagne de l’Est, en Hongrie, en Russie, en Roumanie avant la chute du mur de Berlin et elle était d’une pesante tristesse. Et qui plus est, tout était laid, les nouveaux immeubles, l’art officiel, les habits des hommes et surtout des femmes, les vitrines des magasins, tout était hideux et puait la pauvreté. Vivre sans espoir d’amélioration et dans des lieux qui sont laids engendrent rarement une grande gaieté. Et il faut bien dire qu’une grande partie de la population française, chassée de ses terres d’origine, vit dans la laideur et sans espoir que son sort s’améliore et cela tout simplement parce qu’une partie gigantesque de notre économie vit sous un régime socialiste et ou communiste…
 
Ce qui m’amène à une autre question : pourquoi le socialisme et le communisme engendrent ils toujours pauvreté et laideur ? La réponse est toute simple : parce que les décisions y sont prises de façon collective, en général par des comités. Et comme le disait CHURCHILL : "un chameau est un cheval pur-sang dessiné par un comité". Et le chameau est un animal abominablement laid, qui n’est utile que si vous avez à traverser un désert, ce qui n’arrive pas tous les matins.
Mais la réalité est simple : Il n’est de bonheur que dans la prise de risque individuelle, qui sera suivi par la réussite ou par l’échec, cela n’a aucune importance. Car seul l’individu crée, il n’y a pas de création collective et il n’y en a jamais eu. En fait, le collectivisme lui empêche toute création et donc tout sentiment de bonheur puisque créer c’est être l’égal de Dieu. Les Français ne peuvent plus créer de beauté là où ils sont, le socialisme ambiant les en empêche. Et cela les rend malheureux.
 
Ce qui m’amène bien sûr à une autre constatation. S’ils ne peuvent plus créer, il faut leur offrir un autre sentiment de remplacement. Et ce sentiment c’est la recherche éperdue de l’égalité entre tous qui est une impossibilité puisque nous sommes tous différents. Et donc, le socialisme et le communisme reposent sur une force et une seule : l’envie. La société que prône les PIKETTY de ce monde est une société moralement immonde, car, de tous les péchés capitaux, "l’envie" est le seul qui ne connaisse pas de satisfaction objective. Pour les autres, il existe des satisfactions : le glouton peut bouffer à s’en faire exploser la sous ventrière, l’avare accumuler autant d’or qu’il le peut, le dissolu connaitre autant d’aventures qu’il trouve de volontaires, pour l’envieux, rien ne le satisfera, jamais, et son cri de guerre est "Ce n’est pas tout de réussir dans la vie, encore faudrait-il que mes amis échouent", car il trouve sa satisfaction dans l’échec des autres. Et même si celui que vous enviez connait les pires malheurs, vous ne vous en sentirez pas mieux pour autant…
Mais il y a plus.
Comme l’a montré le sociologue allemand Helmut SCHOECK dans son livre "L’envie, ou l’histoire du mal", une société fondée sur l’envie ne peut pas ne pas se désagréger car l’envie comme principe organisateur de la vie en commun empêche tout lien social de se créer, et du coup, tout le monde est malheureux…Car l’envie enchaine les gens et les empêche d’être libres et donc de créer. Et une société qui ne crée plus, meurt, toujours et partout.
 
Ce qui m’amène à une troisième constatation fort bien mise en lumière par SOLJENITSYNE.
"Dans une société, si les hommes sont égaux, ils ne sont pas libres et s’ils sont libres, ils ne sont pas égaux". Et donc, les pauvres français, sous la conduite de leurs élites ont changé leur cri de guerre de "de l’Audace, toujours de l’Audace" en "Celui qui est au-dessus de moi est haïssable et celui qui est en dessous méprisable".
En termes clairs, et pour reprendre les analyses de SCHOECK, les français sont tombés sous l’emprise du Mal, car l’envie a toujours été le péché du plus beau des archanges, Lucifer. Il était le plus beau, mais Dieu lui était supérieur et cela était insoutenable Et ce n’est pas par hasard si le Mal est au cœur de l’œuvre de René GIRARD qui mit à jour les deux phénomènes structurants par lesquels le Mal se propage, le mimétisme d’appropriation (je veux avoir ce que possède celui que j’admire) et la crise du bouc émissaire (où toute la société se ligue contre un seul homme pour le tuer ou l’exiler alors même qu’il est innocent et que tout le monde le sait). Mais cette exécution, toujours violente, permet à la société de retrouver temporairement une unité factice (Voir "la violence et le sacré" ou "J’ai vu tomber Satan comme l’éclair" du même auteur).
 
Quelque part, les Français sont malheureux parce que l’on a remplacé dans leur société le dixième commandement : Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain ; tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni rien de ce qui est à ton prochain", par le cri de guerre du socialisme : "à l’origine de toute fortune, il y a un crime, et ce crime c’est l’exploitation de l’homme par l’homme". 
La sagesse millénaire du Peuple Juif nous dit : "Ne regarde pas ce que les autres ont dans leur assiette.". Le Marxisme nous dit lui : non seulement tu dois regarder ce que les autres ont dans leur assiette, mais tu dois créer un groupe, un parti, pour reprendre violemment si nécessaire ce que ton voisin en a trop dans son assiette.
Voilà qui est en contradiction directe avec les dix commandements qui définissent les règles pour qu’une société puisse fonctionner pour les remplacer par d’autres fondées sur l’envie et qui elles permettront bien sûr de mentir, de voler, de tuer, de spolier et tout cela avec les meilleures intentions du monde…
 
Ce que je veux dire est encore une fois très simple : Ce dixième commandement est unique, car aucune législation au monde n’a encore émis une loi qui condamne les mauvais désirs ou les projets néfastes, qu’une personne peut cultiver ou élaborer dans son cœur. Cet ordre condamne le désir d’intention, c’est à dire la préparation avant le passage à l’acte, en d’autres termes les projets conçus ou mis en place dans la pensée d’un individu pour s’approprier ce qui ne lui appartient pas. Et ce que nous dit le décalogue est que c’est moi et moi tout seul qui doit lutter contre ce sentiment ignoble et que mon bonheur sur cette terre est à ce prix. Et ce que nous dit le socialisme c’est tout le contraire : que ce sentiment dégradant entre tous est légitime.
L’envie fait perdre à chacun sa Liberté individuelle et son Libre Arbitre. Le but de ma vie n’est plus de me "connaitre moi-même", comme le voulait SOCRATE mais de me définir par rapport à un autre, que je ne serai jamais. Et cela ne peut engendrer que le malheur et la stérilité.
Et là, comme JF REVEL, j’en veux beaucoup aux intellectuels occidentaux.
 
Le XXème siècle a engendré deux idéologies épouvantables le nazisme et le marxisme.
Après la défaite du nazisme, nous avons procédé à une vraie décontamination intellectuelle de cette maladie mentale.
Pour le Marxisme, qui a fait au moins autant de morts, nous n’avons jamais connu l’équivalent du procès de Nuremberg et du coup, les esprits faux qui le professent continuent à empoisonner tous ceux qui les écoutent.
Mais leur objectif a changé et pour le comprendre, il faut revenir à l’essence du Marxisme : la liberté individuelle, le libre arbitre n’existe pas, ma pensée est créée par mon environnement social et par lui seul. Autrefois, si j’étais riche, je pensais comme un riche et donc ma pensée était irrecevable. Aujourd’hui ce n’est plus être riche qui compte mais être blanc. Si je suis blanc, je n’ai rien à dire. Car, si je suis un homme blanc et éduqué, je continuerai à défendre les institutions qui ont permis aux hommes blancs éduqués de dominer le monde, comme la liberté d’expression par exemple ou le refus du crime de blasphème. Et si je suis un homme noir qui pense que ces idées ne sont pas si mauvaises, alors je me ferai traiter "d’Oncle Tom" par tous ces gens dont l’âme est laide. Et si je suis une femme, on me dira que je trahis la cause de l’égalité entre homme et femme…
Dans tous les cas de figures, mes idées deviennent irrecevables et doivent être censurées pour me contraindre au silence.
Et donc les idées qui ont dirigé ma vie : acceptation de la contradiction, méthode scientifique, laïcité, égalité de l’homme et de la femme, interdiction de l’esclavage, responsabilité des élites devant le pays et que sais-je encore cessent de ce fait d’être des absolus qui nous ont permis de sortir de la misère et de la tyrannie pour devenir des idées contingentes qui ne sont après tout que celles développées par quelques vieux mâles blancs il y a bien longtemps.
Et comme une bonne part de ces idées a été développée en France à un moment ou à un autre de son Histoire, le peuple de France, sans très bien comprendre pourquoi sans doute se sent d’une tristesse infinie tant il a l’impression que dans le fond, la France, ce n’est rien de bien spécial.
Et les français meurent de désespoir parce qu’ils sont tombés sous l’influence du Mal.

Paru sur institutdeslibertes.org, 4 novembre 2019
Publié dans A tout un chacun
Écrit par
En savoir plus... 0
Quand Voltaire s’efface devant Mahomet et les Lumières devant la Soumission
 
On s’émeut. On se scandalise. On s’invective. L’étoile jaune avec l’inscription "Muslim" collée sur la veste d’enfants fait parler d’elle. C’était le but recherché. La manifestation contre l’islamophobie avait pour objectif de faire du musulman d’aujourd’hui l’équivalent du juif d’hier. Stigmatisé, ostracisé, persécuté par le "racisme d’État" de Vichy hier, de Paris aujourd’hui. Les protestations et les émois ne serviront à rien et ne feront que conforter les convaincus. Les minables justifications d’Esther BENBASSA, la sénatrice verte qui pose, hilare, à côté d’une de ces enfants, ressemblent à un pied de nez, voire à un bras d’honneur à ses détracteurs. Les Frères musulmans à la manœuvre tiennent là leur arme principale : la victimisation et la diabolisation de l’État français associé à Vichy et, par-delà, au régime nazi. Ils ne vont pas la lâcher.
 
Cette arme, ils ne l’ont ni inventée ni découverte. Ils l’ont trouvée en évidence dans les bagages de cette gauche qui, pour une partie, les rallie aujourd’hui au cri de "Allah Akbar". C’est la gauche antiraciste, et son aréopage d’acteurs et d’associatifs qui, en 1995, se rendit en pyjama rayé de déporté à la gare du Nord pour protester contre les expulsions de clandestins décidées par le ministre de l’Intérieur Jean-Louis DEBRE. C’est SOS Racisme, adoubé par l’Élysée sous François MITTERRAND, qui arbora une petite main de fatma, qui n’était pas par hasard de couleur jaune. C’est le même SOS Racisme qui avait alors pour slogan : "Qui touche à un musulman touche à un juif". Ce sont les leçons d’histoire données à l’école républicaine qui réduisirent la Seconde Guerre mondiale à l’extermination des juifs, et le régime de Vichy à l’Allemagne nazie. Et ce sont des historiens de gauche qui passèrent leur temps à montrer que la IIIe République avait la même politique discriminatoire à l’égard des étrangers que Vichy à l’égard des juifs.
 
Et c’est toute la gauche, qu’elle soit médiatique, universitaire, ou politique, jusqu’au président MACRON, qui ne cesse d’expliquer que nous sommes revenus dans les années 1930, et que les musulmans sont les nouveaux juifs de l’époque, et que ceux qui osent critiquer l’islam et montrer son incompatibilité avec la France et la République sont désignés à la vindicte sous le terme de nazis. C’est enfin toute une époque, la nôtre, qui privilégie l’émotion et le "ressenti" sur la raison et le savoir. Les musulmanes voilées se sentent stigmatisées et persécutées ? C’est qu’elles le sont ! Peu importe qu’elles s’autostigmatisent en portant leur voile quand les juifs étaient contraints de porter l’étoile jaune. Peu importe que personne n’assiste au départ de France de cohortes de musulmans persécutés par le racisme d’État quand de nombreux juifs ont quitté leur pays ces dernières années à cause des violences, et même des meurtres, commis dans des banlieues à majorité musulmane. Peu importe qu’au "palmarès" des actes racistes, ceux visant des catholiques arrivent largement en tête.
Les faits doivent s’effacer devant le "ressenti". La réalité devant la propagande. Les convictions devant l’électoralisme. Les Lumières devant la Soumission. Voltaire devant Mahomet. Et la gauche jadis bouffeuse de curés devant la gauche qui crie "Allah Akbar".

Paru dans Le Figaro Magazine,15 novembre 2019
Publié dans Du côté des élites
Écrit par
En savoir plus... 0
Retraites : le grand cafouillage
 
Le journalLes Echos de ce matin 8 novembre consacre toute sa "deux" à ce qu’il appelle le "Nouveau cafouillage gouvernemental autour de la réforme des retraites". Jean-Paul DELEVOYE, nommé Haut-commissaire à la réforme des retraites, puis ministre, pour préparer et ensuite réaliser cette réforme, est sur la sellette : l’interview qu’il a donnée hier au Parisien déplait à l’Elysée, car elle montre que l’application du projet de réforme aux seuls nouveaux entrants dans le monde du travail, la "clause du grand-père", lancée par le Président, est une atteinte au bon sens. Ce diagnostic est partagé par tout véritable connaisseur du dossier, mais il déplait au chef de l’Etat, qui veut en fait se débarrasser d’un problème dont il comprend enfin qu’il est délicat.
Au vu du soutien énergique et continu apporté à Emmanuel MACRON par Les Echos, le changement de pied de la rédaction de ce journal est significatif : l’état de grâce est terminé, le président de la République n’a plus l’aura du jeune homme hyper doué dont l’intelligence pénétrerait tous les sujets.
 
Il y a quelques semaines, le Chef de l’Etat avait pris position en faveur d’une prise en compte de la durée de cotisation, et j’avais signalé ici même que cela manifestait sa mauvaise connaissance du dossier : en effet, quantifier les droits à pension par des "points" est précisément le moyen de sortir des absurdités et des injustices auxquelles aboutit un calcul en trimestres.
DELEVOYE l’avait compris ; il avait bâti son projet de réforme sur l’abandon du calcul par trimestres ou annuités, et son remplacement par les points, système bien connu des Français puisqu’il est en vigueur à l’ARRCO-AGIRC et dans la plupart des régimes complémentaires. Et voilà que son "patron" mettait les pieds dans le plat, torpillait le projet présenté dans le rapport DELEVOYE au terme d’un an et demi de consultations et de travaux, et de plus tout-à-fait conforme à la formule utilisée par le futur président lors de sa campagne présidentielle : chaque euro cotisé doit ouvrir les mêmes droits, quel que soit le métier du cotisant !
 
Comme si cela ne suffisait pas, voilà que notre nouveau Lucky Luke, l’homme qui dégaine plus vite que son ombre, a tiré une nouvelle balle : la "clause du grand-père", consistant à n’appliquer la réforme qu’aux nouveaux entrants sur le marché du travail. Déjà au tapis, le rapport DELEVOYE est désormais ad patres, tué d’une balle dans la nuque. J’ignore ce que fera le Haut-commissaire devenu ministre, s’il avalera cette couleuvre ou s’il tirera sa révérence, ou encore s’il acceptera un compromis boiteux, mais ce qui est certain c’est que la réforme des retraites est mal partie. Il aurait fallu à la tête de l’Etat, ou au minimum à Matignon, un homme qui ait des idées claires et justes sur le sujet. Une fois de plus, la France attendra !...
 
Voilà qui nous met sous le nez une triste réalité : s’il s’est révélé être un stratège et un tacticien des plus doués en ce qui concerne la conquête du pouvoir, Emmanuel Macron est un amateur dans la conduite des affaires de l’Etat, particulièrement en ce qui concerne la conduite des grandes réformes nécessaires pour doter notre pays d’une protection sociale efficace et juste. 

Envoyé par l'auteur, 9 novembre 2019
Publié dans Du côté des élites
Écrit par
En savoir plus... 0
Une amnésie française : l’art engagé
 
La revue
Ligeia (1) vient de faire paraître un article auquel j’attache la plus grande importance : "Loin des Gilets Jaunes : l’Art politisé de la France des années 60/70". Attention, pas un article purement rétrospectif, encore moins nostalgique. Il a l’ambition de combler une lacune ou plutôt une amnésie collective, un vide de la pensée soigneusement entretenu par nos actuels médias : que s’est-il vraiment passé entre l’Ecole dite de Paris, où régnaient les PICASSO, MATISSE, CHAGALL etc. et la période actuelle, en gros celle qui commence avec Jack LANG au ministère de la culture ? Comment, d’une époque où Paris dominait l’art contemporain (au plein sens chronologique) et même l’art au niveau planétaire, est-on arrivé à une France culturellement à la traîne, voire assistée : pour restaurer notre patrimoine, il faut désormais faire appel aux compétences… des chinois, ce fut annoncé cette semaine pour Notre-Dame ; tant mieux pour le monument, (bravo aux chinois !) mais où est passée notre expertise ? Bref, il s’agit de la période qui précède immédiatement celle couverte par "Les mirages de l’Art contemporain" voir la vidéo de présentation cliquer (2).
Comment un monde où la Peinture-peinture était en pointe, prestigieuse, a pu faire place à l’indécrottable art bureaucratique d’aujourd’hui qui soutient essentiellement les productions conceptuelles et/ou mainstream, d’essence américaine, transformant nos centres d’art en tête de gondole de l’Art mondialisé ? Entre-temps, la peinture a été ringardisée et les quelques rares peintres qui sont tolérés aujourd’hui en avant de la scène française, sont comme les arbres qui cachent la déforestation où tous les autres végètent.
 
La conclusion de mon article donne une explication… inavouable. Car il fut un temps, les années 60/70, où les peintres crurent pouvoir faire bouger les choses à coups de pinceaux. Si on sait encore leur implication, en mai 1968, dans l’Atelier Populaire des Beaux-Arts avec les fameuses affiches, on a oublié leurs luttes pour défendre le patrimoine (sauvegarde de la Cité fleurie, contre les bulldozers des promoteurs) ou pour acquérir des droits sociaux : bien des artistes qui bénéficient de la sécurité sociale, par exemple, pensent qu’il en a toujours été ainsi et ne savent plus qu’ils doivent cette avancée sociale aux luttes de leurs aînés. Les artistes étaient sur tous les fronts y compris juridiques : en procès contre la Cavar, caisse de retraite spoliatrice imposée par l’Etat aux artistes, et dont le directeur partit sans laisser d’adresse… Contrastant avec l’actuelle atonie, (la crise des Gilets Jaunes, exceptées une pétition et quelques œuvres de Street Art, n’a guère ébranlé le milieu culturel), la France connaissait alors un art politisé, dont un des axes était le Salon de la Jeune Peinture,(3) longtemps installé au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris. Or ce Salon remuant est aujourd’hui méconnu au point même d’être difficilement concevable…
 
Ces luttes ont été mises sous le boisseau car elles ont probablement inquiété le pouvoir qui, lui, a de la mémoire et décida d’une mise au pas des trublions culturels (ce sera le fameux subvention/subversion où la subvention musèle, apprivoise la subversion) mais aussi la réalisation du Centre Pompidou (contre lequel les artistes d’alors menèrent une bronca, qui s’en souvient ?). Ce courant artistique fut vigoureux jusqu’au début des années 80, mais au moment où, suite à l’élection de MITTERRAND, ces artistes crurent avoir gagné la partie, la situation fut habilement retournée. Raconter cette vingtaine d’années trépidantes dépasse le cadre de ce blog : je vous renvoie donc vers Ligeia, revue courageuse, qui a osé publier un article … censuré ailleurs ! Or c’est un travail d’historienne, qui examine pour tenter de comprendre. Mais il semble que quelques implications, disons "géopolitiques", aient apeuré (on rêve !) certains. Ce genre d’avanie prouve que la liberté d’expression est en grand danger en France et je crains, hélas, d’avoir à en reparler à propos de la récente publication d’une autre analyste mais n’anticipons pas … à suivre…
 
(1) Ligeia : N°173-176 juillet-décembre 2019 
http://www.revue-ligeia.com/contenu.php
(2) Christine SOURGINS, "Les mirages de l’Art contemporain", La Table Ronde, 2018. voir la video.
(3) A ne pas confondre avec l’appellation "jeune peinture" désignant un courant pictural de l’entre-deux-guerres dans le sillage de DERAIN…L’histoire de ce salon est éclairée par l’ouvrage de Francis PARENT, Raymond PERROT ; Pierre BOUVIER, François DERIVERY, Claude LAZAR, "Le Salon de la Jeune Peinture, une histoire", Patou, 2016 ; réédition augmentée de l’ouvrage de 1983.

Envoyé par l'auteur, paru sur www.sourgins.fr, 12 novembte 2019
Publié dans Du côté des élites
Écrit par
En savoir plus... 0
Emmanuel Macron : au-delà des mots
 
Le 7 novembre, Emmanuel MACRON a donné un interview à The Economist. Chacune des deux parties est resté dans son rôle. Le président s’est présenté en Européen convaincu dans une vision française de l’Europe, c’est-à-dire une Europe dirigée en sous-main par la France, en raison de sa force de frappe nucléaire, de son siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU, de son armée et de sa capacité à se projeter à l’étranger. De son coté, The Economist a soulevé les questions habituelles sur les divisions européennes et la réalité de l’Europe en tant qu’entité politique.
 
La déclaration du président sur la mort cérébrale de l’OTAN a suscité beaucoup de commentaires, y compris à l’étranger. Elle n’est étayée par aucun fait, hors l’attitude ambigüe de la Turquie, et les déclarations de Donald TRUMP. Elle vise à donner corps à son projet d’Europe de la défense. C’est une chimère. Une défense commune n’est possible que s’il existe une politique étrangère commune, définie sur la base d’intérêts ou d’ennemis communs. Ce n’est pas le cas. Les intérêts des pays européens, bien que proches, ne sont pas identiques. La Russie n’est pas l’ennemi de l’Union européenne. Elle est diabolisée par les néoconservateurs parce qu’elle se met en travers de leur projet hégémonique. Le complexe militaro-industriel s’en sert comme chiffon rouge pour justifier l’augmentation du budget américain de la défense. Une politique étrangère exige aussi une industrie de l’armement indépendante. A nouveau, ce n’est pas le cas. L’Europe s’approvisionne pour partie aux Etats-Unis. Les trois premiers importateurs sont la Grande-Bretagne, la Norvège et l’Italie. On sait les pressions exercées par Washington pour obliger un certain nombre de nations à acheter le F-35 – un avion au coût exorbitant dont le sénateur John McCAIN, ancien de l’aéronavale, avait demandé à ce qu’il soit abandonné !
 
A ce sujet, notons qu’aucune nation européenne n’achète d’armes à la France – l’un des cinq premiers exportateurs au monde. L’Allemagne – autre grand exportateur - fait mieux avec deux acheteurs : les Pays-Bas et la Grande-Bretagne, pour un montant modeste en ce qui concerne ce dernier. Une fois encore, la tant vantée solidarité européenne fait défaut.
Une industrie de l’armement indépendante suppose une industrie nationale. Or, la France ne cesse de voir disparaître ses champions nationaux : Alstom, Technip, Lafarge, Dentressangle, etc. et demain Latécoère ! Ne faudrait-il protéger ces entreprises avant de parler de défense européenne ?
 
Emmanuel MACRON justifie la nécessité d’une défense européenne par l’émergence d’une nouvelle guerre froide sino-américaine qui n’existe pas encore, et qui n’existera sans doute jamais tant les liens économiques et financiers entre les deux nations sont forts. Les Etats-Unis ont tout autant besoin de la Chine que la Chine des Etats-Unis. La relation sino-américaine est l’histoire d’un pari américain qui a mal tourné. Les Etats-Unis ont parié que l’inclusion de la Chine dans les relations économiques occidentales au travers de l’Organisation mondiale du commerce et du Fonds monétaire international, transformerait le système politique chinois. Ils se sont trompés. Les dirigeants chinois se sont servis de cette ouverture pour moderniser leur pays, en se gardant bien de reléguer leur pouvoir au peuple. C’est un pari de dupes. Les Américains ont été dupés par les Chinois qu’ils pensaient duper ! La politique de Donald TRUMP est un combat d’arrière-garde, une guerre économique mal conçue qui ne peut conduire qu’à des résultats désastreux pour les deux protagonistes, et pour le reste du monde, s’il n’y est pas mis fin rapidement.
 
Revenons à la défense européenne. Les Etats-Unis qui considèrent l’Europe comme un sous-continent à leur main, ne toléreront jamais une défense européenne indépendante. Qu’arriverait-il si cette Europe s’alliait à la Russie ? Les Etats-Unis seraient marginalisées. La crainte exprimée jadis par Halford MACKINDER (1) se réaliserait. Précisons enfin que le souhait du président d’inclure la Grande-Bretagne dans la défense européenne ne fait pas sens. Ce pays a délégué pour partie sa défense aux Etats-Unis. Elle en serait donc le cheval de Troie.
 
En matière de politique étrangère, le discours du président a des accents gaullistes avec cependant une dose de néoconservatisme, comme l’indique ses remarques sur Bachar al Assad, la Turquie et la Russie. La présence de la France en Syrie est illégale. Rappelons qu’il n’a jamais été démontré que le président syrien avait utilisé des armes chimiques en 2013. C’est pourquoi Barack Obama a considéré que la "ligne rouge" n’avait pas été franchie, et a renoncé aux frappes aériennes. Emmanuel MACRON est tout aussi gaullien lorsqu’il déclare vouloir améliorer les relations de la France avec la Russie, mais son analyse s’appuie sur une vision néoconservatrice de ce pays.
En revanche, il est tout à fait dans son rôle lorsqu’il souligne la nécessité pour l’Europe d’être à la pointe des nouvelles technologies, en particulier dans le domaine des télécommunications avec la venue du 5G.
 
Au-delà des mots échangés lors de l’interview, il apparaît que dans sa définition de la politique étrangère de la France, Emmanuel MACRON fait face à un double dilemme. Il ne peut être Européen et gaulliste, et il ne peut être l’un ou l’autre sans irriter l’ami américain. C’est le dilemme de la France.
 
(1) Halford Mackinder postule que qui contrôle les plaines s’étendant de l’Europe centrale à la Sibérie – région qu’il appelle l’île-monde – contrôle l’Eurasie, et donc le reste du monde.
Envoyé par l'auteur, 12 novembre 2019
Publié dans Avec l'Europe
Écrit par
En savoir plus... 0

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

Top Desktop version