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Immigration, islam : les deux sujets oubliés
 
La Haute-Macronie lit-elle les sondages qui l’ennuient ? Sur l’immigration et l’islam, les chiffres alarmants se suivent et se ressemblent. Cette fois, c’est une enquête parue dans Le Monde de mardi qui fait apparaître que 65 % des Français estiment qu’"il y a trop d’étrangers en France". 60 % des sondés déclarent que, "aujourd’hui, on ne se sent plus chez soi comme avant". 61 % des personnes interrogées jugent que "d’une manière générale, les immigrés ne font pas d’efforts pour s’intégrer en France". Concernant l’islam, 74 % des Français partagent le sentiment que cette civilisation "cherche à imposer son mode de fonctionnement aux autres". 85 % jugent l’intégrisme islamiste comme "un problème de plus en plus préoccupant". Enfin ils sont 46 % à penser que, "même s’il ne s’agit pas là de son message principal, l’islam porte malgré tout en lui des germes de violence et d’intolérance". Mais il faut croire que ces truismes, qui valent généralement à ceux qui les rappellent d’être remisés dans la "fachosphère" par la maréchaussée médiatique, ont des allures de "fake-news" pour le président de la République et son Premier ministre. Alors que les tensions identitaires raidissent la France, Emmanuel Macron a préféré broder, lundi devant le Congrès réuni à Versailles, sur son "projet humaniste pour le monde", tandis qu’Edouard Philippe, mardi devant les députés, a stigmatisé "les autruches" qui nient le réchauffement climatique. En Haute-Macronie, les autruches sont reines.
 
Je reconnais à Macron d’avoir clairement parlé de "terrorisme islamiste" et d’avoir critiqué "le déni des réalités, ce refus de voir le réel en face". Mais ses imprécisions sur la pression migratoire en cours et son ode à "l’inclusion de tous", cette braderie de l’assimilation et de l’intégration, sont autant de non-réponses à l’immigration et à l’islam. Il faut dire que des décennies durant, la première a été présentée officiellement comme "une chance pour la France" et le second comme "une religion de paix et de tolérance". C’est d’ailleurs ce registre poussif que semble poursuivre Philippe. Sur le "défi migratoire", son obscurité est celle du chef de l’Etat. Sur l’islam, le mot n’est pas même prononcé, ce qui en dit beaucoup sur la capacité du premier ministre à garder la tête dans le sable. S’il a bien décrit le "fossé" entre la France des métropoles mondialisées et la France périphérique, il n’a rien dit de la contre-société qui s’islamise et s’éloigne de la communauté nationale. Philippe s’est gardé de faire comprendre que son plaidoyer pour la laïcité s’adressait à cette civilisation nouvelle. Cette laïcité, il a dit vouloir la faire "respecter sans outrances" mais de manière "déterminée". Cette notion d’outrance est d’abord l’argument de l’islam politique, qui n’accepte aucune contrainte de la République. Il se confirme que la Haute-Macronie ne sera pas un obstacle à l’immigration ni à l’islam politique.

Paru sur blog.lefigaro.fr/rioufol, 5 juillet 2017
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La République française et l'islam
 
Le 20 juin dernier, le président Emmanuel Macron, répondant positivement à l’invitation du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM), a participé au repas de rupture du jeûne du Ramadan (iftar). Le chef de l’Etat renouvelait ainsi le geste accompli tout juste dix ans auparavant par l’ancien président Nicolas Sarkozy.
Au début de la soirée, E. Macron a prononcé un discours substantiel dont l’essentiel portait sur les conditions nécessaires à une coexistence apaisée entre les Français de confession musulmane  et leurs compatriotes non musulmans. Ce discours a été analysé par Annie Laurent dans un entretien qu’elle a accordé au FigaroVox  paru dans l’édition du 22 juin
 
Dans le discours qu’il a prononcé le 20 juin 2017 lors du repas de rupture du jeûne du Ramadan (iftar) organisé par le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM), le président Emmanuel Macron a mentionné trois combats qui, selon lui, doivent être menés conjointement par l’Etat et les représentants de l’islam en France. Nous en reprenons l’essentiel en les complétant de notre commentaire.
 
Le combat contre le fanatisme, le terrorisme et l'idéologie totalitaire qui le supporte
Pour E. Macron, ces maux relèvent d’une "perversion du message de l’islam" et la solution ne peut se limiter à l’intervention des forces de l’ordre, elle passe aussi par une réponse civilisationnelle qui incombe aux musulmans eux-mêmes.
"Il vous appartient, vous acteurs du culte [islamique], de combattre pied à pied sur le terrain théologique et religieux, de démasquer chaque fois que nécessaire l’usurpation de vos valeurs, la captation de l’histoire de votre religion, la négation de quinze siècles de travail d’interprétation réalisé par vos savants". "La République vous aidera dans cette tâche […], mais elle ne peut se substituer sur le terrain théologique et religieux de cette part de légitimité à votre indispensable travail". "Il est indispensable que nous gagnions ce combat face aux prédicateurs de haine qui, au nom de l’islam, aujourd’hui de manière clandestine, procèdent encore à des prêches contraires aux valeurs de la République, à ce qu’est le cœur de l’islam".
          Commentaire
Il faut d’abord signaler qu’il existe mille et une interprétations des textes sacrés de l’islam. Cette religion, dans sa version sunnite, ultra-majoritaire et la seule concernée par les débats actuels en France, ne possède pas d’autorité dotée d’un pouvoir d’interprétation revêtu du sceau de l’authenticité. Autrement dit, il n’y a pas de pape de l’islam habilité à trancher et à imposer sa lecture, ce qui permettrait, par la même occasion, aux non-musulmans de savoir quel est le véritable islam, celui de la paix ou celui de la haine.
En outre, les Français musulmans ne sont pas unis, du fait de la variété de leurs origines et de leurs allégeances idéologiques. Ainsi, l’islam des Turcs n’est pas celui des Maghrébins, le salafisme diffère des Frères musulmans, etc. C’est pourquoi je ne vois pas comment le président de la République ou un autre responsable politique peut dire de façon certaine ce qui constitue "le cœur de l’islam ", pour reprendre M. Macron. A quel titre la République peut-elle se prononcer sur une telle définition ? Et comment concilier de tels propos avec la laïcité propre à l’État français ?
En réalité, l’unique moyen d’en finir avec l’extrémisme serait de rayer les passages du Coran et de la Sunna (la Tradition mahométane) justifiant la violence et les atteintes aux libertés. Car, qu’on l’admette ou pas, ces textes sacrés comportent bien des incitations à la haine. Or, pour les musulmans, le Coran est un livre incréé ayant Dieu pour seul auteur. Ce dogme prévaut depuis le IXè siècle. Aucune autorité humaine ne peut donc prétendre le modifier. Tel n’est pas le cas de la Bible puisqu’elle est inspirée, non dictée. Même les intellectuels musulmans engagés dans la promotion d’un islam adapté à la modernité ne reviennent pas sur ce dogme lorsqu’ils restent attachés à leur identité et leurs croyances.
L’absence de magistère et le caractère incréé du Coran sont deux obstacles structurels qui empêchent toute évolution dans le sens d’une interprétation unique et authentique ; ils rendent aussi impossible la suppression matérielle des versets inadaptés au monde actuel et fauteurs de guerres, même si, évidemment, tous les musulmans n’appliquent pas ces derniers.
 
Le combat contre le repli identitaire
Emmanuel Macron :
"Il faut être extrêmement vigilant chacun dans ses responsabilités contre tout ce qui façonne des formes de repli identitaire parce que fonder son identité politique et sociale sur sa seule foi, c’est au fond admettre que sa foi n’est pas compatible avec la République, personne ne peut faire croire que la France et les Français rejetteraient sa composante de foi musulmane, personne au nom de cette foi ne peut demander à des Françaises et des Français de se soustraire aux lois de la République ».
          Commentaire
Pour les musulmans, les principes d’organisation sociale et politique sont d‘ordre divin. Ils s’appuient sur deux sources principales : le Coran et la Sunna. On voit bien la discordance qui existe avec le modèle démocratique lorsqu’on considère notre devise nationale : "Liberté, Égalité, Fraternité".
 
Sur la question des libertés : pour nous, Français, la liberté est universelle et également partagée. Dans l’islam, il n’y a de libertés que restreintes : ainsi en est-il, par exemple, de la liberté de conscience, qui est inexistante. Par conséquent, un musulman ne peut être reconnu comme agnostique ou se convertir à une autre religion. A cet égard, il faut souligner que, tout en interdisant l’apostasie, le Coran ne prévoit aucune peine temporelle pour punir celui qui s’en rend coupable. Le droit islamique s’appuie donc sur une sentence attribuée à Mahomet : "Celui qui quitte la religion, tuez-le". Dans ce registre, la charia (loi islamique) fait figure de Code pénal pour les musulmans. Dès lors, si une Constitution proclame la charia comme source du droit, rien n’empêche un magistrat saisi d’une telle affaire de prononcer la peine de mort.
Pour revenir au contexte français, il faut rappeler ce qui s’est passé lorsque, dans les années 1990, alors que des négociations étaient entamées entre le gouvernement et des responsables musulmans en vue de l’organisation du culte islamique, le ministre de l’intérieur de l’époque, Jean-Pierre Chevènement, avait proposé à ces derniers une charte contenant notamment une clause par laquelle ils s’engageraient à respecter la liberté de conscience, y compris le droit de renoncer à l’islam. Or, sous la pression de certains mouvements islamistes, notamment les Frères musulmans, le ministère retira cette clause de la charte. Il justifia cette reculade en rappelant que la Constitution française garantit la liberté religieuse. Ce faisant, il ignorait que, pour les musulmans convaincus, la charia est supérieure à toute loi humaine, donc à celle de la République. Cet exemple permet de prendre la mesure de l’incompatibilité entre nos principes respectifs.
 
Concernant l’égalité, le Coran instaure la supériorité du musulman sur le non-musulman et de l’homme sur la femme. Ces principes ne sont pas discutables puisqu’ils relèvent du volontarisme divin. Autrement dit, ils ne peuvent être sujets à modification. On perçoit immédiatement les problèmes que cela peut poser dans la vie sociale. Certes, l’islam reconnaît le principe de "fraternité", mais il ne s’applique qu’au sein de l’Oumma, la communauté des croyants musulmans. C’est pourquoi un musulman peut se sentir d’abord citoyen de l’Oumma avant d’être citoyen de son propre pays, même de naissance, si celui-ci n’est pas régi par l’islam. Il en résulte une grande divergence avec les fondements démocratiques.
 
Il faut ajouter que l’islam ignore le concept de "personne". D’origine biblique, celui-ci confère à tout être humain une dignité inviolable et inaliénable, puisque, selon la Genèse, Dieu a créé l’homme à son image et à sa ressemblance. Il s’agit là d’un fondement ontologique, qui est l’un des piliers structurants de notre société. Or, le Coran occulte cette mention, instaurant une distance infranchissable entre Dieu et ses créatures humaines. De tout cela résulte le fait que, dans l’islam, l’individu a des devoirs mais pour ce qui de ses droits, ils ne sont que ceux que Dieu veut bien lui donner. L’islam accorde donc la primauté au juridique, d’où la prépondérance, pour certains de nos compatriotes musulmans, de la charia sur le droit français.
 
Le combat de la formation des imams et des enseignants
Emmanuel Macron :
"Je ne saurai ici ignorer les caractéristiques théologiques et religieuses qui règlent la place et les fonctions de l’imam et procéder par analogie avec d’autres religions ne saurait fonder un raisonnement juste. Mais l’enjeu est simple : il importe de former les imams sur le sol français et de façon adaptée aux valeurs de la République. […] Pour ce qui concerne l’Etat, cette ambition vise d’abord le savoir des sciences humaines et sociales, plus largement tout l’enseignement non confessant ".
Le président a indiqué que les institutions universitaires à créer "auront le soutien de l’Etat car il n’est plus possible de se contenter aujourd’hui d’un appel massif à des imams formés dans des pays tiers […]. Dans le champ religieux, nous savons que les formations en France sont aujourd’hui très limitées et nous savons aussi que l’Etat ne peut pas en être directement un acteur. C’est pourquoi il faut permettre à des initiatives privées d’émerger dans le respect du principe de séparation".
Et il a précisé que ce projet concerne aussi "la formation des enseignants de religion […] et des acteurs administratifs".
          Commentaire
Emmanuel Macron a raison, l’imam ne peut être assimilé à un prêtre. L’islam ignorant le principe de médiation entre Dieu et l’homme, il n’a ni sacerdoce ni sacrements. Le rôle de l’imam consiste à diriger la prière et à assurer la prédication du vendredi. Celle-ci ne se limitant pas au domaine religieux, puisqu’en islam le temporel et le spirituel sont mêlés, elle peut comporter des aspects relatifs, par exemple,  à la politique, au refus de la laïcité et de la culture françaises, aux relations avec les non-musulmans, aux rapports hommes-femmes… L’imam n’a pas pour mission d’assurer un accompagnement spirituel, c’est pourquoi il se contente  souvent de veiller à l’observance des rites ou des interdits alimentaires. Ainsi, l’imam ne peut être tenu responsable des actions de ses fidèles. La difficulté est accrue si l’on sait qu’une partie importante des imams officiant en France ne parle pas notre langue.
Dans son discours, le président a salué la création, à l’initiative de l’Etat, d’une aumônerie musulmane. Il s’agissait de montrer que l’Etat français accorde le même traitement à toutes les religions présentes sur notre territoire. Or, l’aumônier n’existe pas dans la tradition islamique. Il s’agit donc là d’une erreur puisque, comme nous l’avons souligné, il n’y a pas de médiation entre Dieu et l’homme dans l’islam.
Il existe déjà des Instituts de formation d’imams, dont deux sont gérés par l’Union des Organisations islamiques de France, laquelle, étant liée aux Frères musulmans, à bien des égards ne transmet pas des valeurs compatibles avec la démocratie.
Le chef de l’Etat a dit sa conviction qu’un tel combat pour la formation des cadres musulmans est possible, se référant notamment à la « Charte de l’imam » publiée par le CFCM en mars dernier. Celle-ci comporte des aspects rassurants tels que l’attachement à la laïcité, à la liberté, au dialogue interreligieux et le rejet de toute justification de la violence au nom de Dieu. Le CFCM a demandé à toutes les instances représentatives de l’islam en France et aux mosquées d’adhérer à cette charte… mais celle-ci a immédiatement été rejetée par la majorité d’entre elles.
 
Il reste que la question de la formation des imams est pertinente si l’on considère les préoccupations liées à la sécurité publique. Mais la solution à ce problème soulève d’importantes questions à la République laïque. Qui va trancher les difficultés liées à l’interprétation des dogmes et des textes sacrés ? Comment gérer les divergences idéologiques ? L’Etat envisage-t-il de fermer les instituts de l’UOIF ? En fait, qui va contrôler l’enseignement dispensé dans les établissements de formation d’imams ? Il n’y a pas de réponse pertinente à ces questions. Imagine-t-on voir un jour, sous prétexte de traitement égalitaire entre religions et de respect de la loi républicaine, l’Etat laïque s’immiscer dans les programmes des séminaires de l’Église catholique, interdire l’enseignement de la loi naturelle (concernant notamment le  mariage et la filiation) ?
E.Macron a mis les représentants officiels de l’islam face à leurs responsabilités. Mais des actes doivent suivre. En cas de violences ou de discours haineux prononcés dans les mosquées en référence au Coran et à la Sunna, ceux-ci devraient pouvoir être poursuivis pour complicité avec les imams dangereux. L’État devrait aussi imposer la langue française lors des prêches et interdire tout financement étranger des mosquées et associations. Il faut être d’une intransigeance absolue quand il s’agit de la paix civile et ne pas hésiter à recourir à des mesures d’expulsions. Encore une fois, ces initiatives ont trouvé leurs limites face à l’absence d’autorité réellement représentative de l’islam, rôle auquel le CFCM ne peut prétendre.
 
Pour conclure
"Il nous faut toujours réaffirmer qu’il n’y a pas, dans notre pays, d’un côté les musulmans et de l’autre les Français. Mais bel et bien uniquement des Français, de tous horizons, de toutes convictions, tous citoyens au sein d’une République dont la laïcité garantit à chacun la liberté et l’égalité et offre comme projet commun la fraternité ».
Cependant, en se mêlant de l’organisation de l’islam en France, il est à craindre que l’Etat contribue, sans doute malgré lui et tout en dénonçant le communautarisme, à confessionnaliser les musulmans, alors que, selon la Constitution de notre pays, les ressortissants français sont d’abord des citoyens avant d’être chrétiens, musulmans, juifs ou autres. On risque ainsi  de donner à l’islam le statut de religion d’Etat, comme le regrettait feu le cardinal Lustiger.

Paru sur Clarifier, la Petite Feuille verte, juin 2017
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Rebelote en Centre-Afrique
 
Les campagnes électorales ont permis aux Français d’oublier ce qui se passe au Proche-Orient ou en Afrique. Soyons clair: la République Centrafricaine (RCA) est à nouveau dans l’état où les militaires français l’avaient trouvée en 2012. Un Etat failli, ravagé par les luttes entre milices musulmanes (ex-Seleka) et chrétiennes (ex-antibalaka). Les unes seraient manipulées par l’ancien président François Bozizé, les autres  par Michel Djotodia, tous deux prudemment exilés loin de la RCA. Un gouvernement ectoplasmique ne dirige rien hors de Bangui, et encore… La mission des Nations-Unies (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations-Unies pour la stabilisation en République centrafricaine, Minusca) n’a aucune efficacité policière ou militaire. Un habitant sur cinq a cherché refuge au Cameroun ou au Tchad.
Que faut-il faire ? En 2016, le gouvernement français a décidé le départ des militaires de l’opération Sangaris, à la façon dont le Président Bush avait clamé "mission accomplie" en Irak. Dans le contexte financier actuel et compte tenu de l’épuisement de nos forces, il serait dangereux de lancer une nouvelle opération Sangaris. On ne pourra stabiliser la RCA sans accepter d’y rester au moins une dizaine d’années. Apparemment, il n’y a pas de solution évidente.
Faut-il mettre la RCA sous tutelle jusqu’au rétablissement de la paix ? A qui confier ce mandat ? Faut-il accepter un démembrement de la RCA entre ses voisins, Tchad, Cameroun, Congo-Brazzaville, et donc donner le signal de la remise en cause des frontières héritées de la colonisation ?

Envoyé par l'auteur, 7 juillet 2017
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Les errances de Monsieur Hulot
 
Quand j’entends parler de Monsieur Hulot, je ne peux pas m’empêcher de penser à Jacques Tati à la différence près que "Mon Oncle" était un doux rêveur mal à l’aise dans son temps alors que Nicolas Hulot est un Khmer vert prêt à imposer aux Français un changement de mode de vie dont ils ne veulent pas.
La France a cinq millions de chômeurs, une dette colossale, un budget toujours déficitaire et une balance des payements à la peine.
Les Etats Unis dont l’économie se porte beaucoup mieux que la nôtre n’importent plus de produits pétroliers couvrant leurs besoins avec le gaz et le pétrole de schiste. On vient de s’interdire de rechercher et d’exploiter nos ressources en gaz de schiste et monsieur Hulot a déclaré qu’il n’accorderait plus aucun nouveau permis d’exploration d’hydrocarbures sur le territoire français. Va-t-il interdire les prospections dans notre Zone exclusive du canal de Mozambique qui contiendrait des réserves importantes ? M. Hulot préfère enrichir le Qatar qui rachète nos équipes de foot, nos hôtels et beaucoup d’autres choses. Si on veut relancer l’économie et en particulier l’industrie il faut disposer de l’énergie la moins chère possible et donc miser sur le nucléaire et les centrales au gaz plutôt que sur les éoliennes autrement polluantes et les panneaux solaires importés de Chine. M Hulot lui souhaite en finir avec les énergies fossiles mais aussi fermer plusieurs centrales nucléaires.

La France produit à peu près un pour cent des émissions mondiales de "gaz à effet de serre", très loin derrière les Etats Unis qui ont dénoncé l’accord de Paris, la Chine et l’Inde dont la principale source d’énergie est le charbon et encore pour très longtemps. Dans ces conditions toutes les mesures que l’on pourra prendre ont un impact dérisoire sur la supposé "réchauffement climatique" mais compromettent définitivement notre compétitivité.
M. Hulot va au delà de nos engagements  en voulant atteindre la "neutralité carbone" en  2050, c'est-à-dire que le niveau des émissions de gaz à effet de serre ne soit pas plus élevé que celui des gaz capturés.
C’est évidemment utopique, une rêverie d’écolo à moins de ramener l’économie française à l’âge de pierre. Mais ce qui ne l’est pas ce sont les mesures de contrainte qu’en bon Khmer vert Monsieur Hulot veut infliger aux Français : la vente de voitures diesel et à essence sera interdite d’ici 2040… d’ici là on va donner une prime aux propriétaires de voitures diesel ou essence anciennes pour leur remplacement par des véhicules plus propres, encore une dépense.
On va aussi investir quatre milliards d’euros pour isoler les logements "passoires thermiques"  Qui va payer ? Comme d’habitude l’impôt : la montée en puissance de la fiscalité carbone sera accélérée, passant de 30,5 € la tonne de CO2 actuellement à 140 € en 2030, ce qui fera augmenter le prix de l’essence, du gazole, du gaz naturel et du fioul.
De 2012 à 2015 d’après les calculs d’une députée socialiste, les Français ont déjà supporté une hausse de 6,7 milliards d’euros de fiscalité écologique. On veut aussi s’appuyer sur un plan d’investissement de 50 milliards d’euros, pour des mesures pas rentables, ce sera un endettement supplémentaire.
Notons que Mme Hidalgo suit le même chemin voulant rendre Paris "neutre en carbone" ce qui semble peu compatible avec le développement du "grand Paris" mais promet des lendemains qui chantent aux parisiens et banlieusards.
Nommer un présentateur TV qui d’ailleurs, autant qu’il m’en souvienne, utilisait un gros porteur ukrainien pour ses déplacements, ministre de la transition écologique, c’est nommer Nagui ministre de la culture. Plutôt que de tirer des plans sur la comète écologique, il serait plus urgent de se préoccuper de l’invasion de l’Europe. Quand la France sera une république islamique je ne pense pas que le réchauffement de la planète soit la préoccupation première des nouvelles autorités.

Envoyé par l'auteur, paru sur dejudasatartuffelettresaumonde.hautetfort.com, 7 juillet 2017
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Bombardement historique du marché de l’art !
 
Enfin ! Thierry Ehrmann, créateur d’Artprice, d’ArtMarket et de la Maison du Chaos, tient ses promesses ! Il nous avait promis pour ce 30 juin 2017 un bombardement historique du marché de l’art. C’est en cours. Pourtant ce marché vient de connaître un moment de gloire entre Biennale de Venise, Documenta et Foire de Bâle, sans compter quelques records dans les salles des ventes, après deux années de grand creux.
Son premier missile est sémantique. Il nomme aujourd’hui le marché de "l’Art contemporain": "marché traditionnel". Il le définit et le délimite comme entièrement fondé sur les grandes galeries internationales, les salles des ventes et les Institutions fabriquant la valeur en réseau.
Les œuvres de ce marché, pour être "bankables", ne peuvent pas être vendues en dessous de 50 000 euros. Avec ironie, il désigne ce marché de l’AC (1)
1 non seulement comme « traditionnel » mais comme « réactionnaire », définissant ce système comme faisant en sorte que « tout change pour que rien ne change », selon la célèbre formule du Prince de Lampedusa.
 
L’émergence de "l’Art Caché"…
Thierry Ehrmann n’en reste pas là, il fait apparaître sémantiquement l’autre marché, l’invisible, l’inexistant, plongé dans l’ombre par médias et institutions. Il le nomme, "marché OTC", "over the counter", par-dessus le comptoir.
Après une longue accumulation de "Big Data" et d’études de marché, il l’évalue, en considérant le produit des transactions comme sept à neuf fois plus élevé que "le marché traditionnel", Il emploie la métaphore de l’iceberg pour décrire cette situation : le marché traditionnel hypervisible et hypercoté de l’Art contemporain, correspond à un million de transactions en ventes publiques et 3 millions en ventes privées (galeries, etc…) alors que l’ensemble du marché de l’art mondial, invisible, est, lui de 30 millions de transactions.
Grand disrupteur devant l’Eternel, Thierry Ehrmann nous annonce aujourd’hui qu’il a rassemblé les moyens de rendre visible et commercialisable sur le marché OTC, toute la partie rejetée systématiquement par les institutions de l’Art d’aujourd’hui pour cause de non contemporanéité. Et c’est le "blast" !
 
Comment Thierry Ehrmann est devenu l’Uber de l’art
Sa stratégie est implacable. Il sait ce qu’il fait. Il connaît parfaitement à la fois le "marché traditionnel de l’art y compris contemporain" et l’expérience de la disruption puisqu’il a commencé à la pratiquer en 2015 en rendant accessibles, gratuitement, sur l’Iphone de tout un chacun, la grande majorité des données concernant les cotes des artistes.
Il sait que toute disruption court-circuitant un intermédiaire crée du profit. Encourageant ainsi les ventes en ligne, moins onéreuses, il rend les galeries non rentables et inutiles, excepté bien sur celles qui en réseau fabriquent des cotes de l’AC.
Puis il a longuement préparé l’étape suivante, celle de la disruption générale : il a créé une salle des ventes en ligne "Artmarket.com", dont le nom de domaine a été conquis définitivement en 2017. Cette appellation, de compréhension planétaire, dit tout en deux mots.
Enfin, grâce à l’achat de Xylogic puis de Blockchain, il assure la transparence de la chaîne des transactions et leur sécurité, permettant de retracer ainsi les étapes de la construction de la valeur.
Par ailleurs Thierry Ehrmann a consacré ces deux dernières années à un immense travail d’étude, de recensement et d’analyse, dans le monde entier, sans discrimination, de tous le "big data" nécessaire à l’organisation du marché OTC : réseaux sociaux, circuits parallèles, sites d’artistes, de galeries, de musées privés, d’amateurs, de critiques, d’historiens d’art indépendants. Il constate que les acteurs essentiels du marché qu’il lui reste à organiser sont bien là, présents et actifs sur Internet.
Ses recherches aboutissent à une recension sur le Net de 1,2 million d’artistes vivants, 40 millions d’amateurs potentiels, portant un intérêt à 325 courants artistiques, employant 212 techniques différentes. Ces nouveaux acteurs du marché ont un atout : ils acceptent de se plier à la concurrence et à la loi du marché et leurs prix sont plus accessibles… tant les frais de vente et de visibilité ont diminué.
Le vrai jack pot, peut enfin avoir lieu. Thierry Ehrmann, président d’Artprice et de ArtMarket.com, se sent en mesure de profiter des carences, du système fermé de l’AC, et de lancer "l’OTC market", non sans spectacle, suspens et marketing : il met aujourd’hui sous nos yeux l’offre et la demande de l’art non bankable : soit toutes les transactions allant de 50 euros à 50 000 euros, sans discrimination de genre ou de style et …c’est le Blast !
 
Son arme : une technologie de la transparence
Ses méthodes contribuent à court-circuiter non seulement les galeries moyennes, les institutions administratives et muséales, mais aussi elles mettent à mal la partie opaque du marché de l’art contemporain, c’est-à-dire le sommet de sa pyramide de Madoff ou tout est trust et entente à la fois.
En effet grâce au système de blockchain qui a fait ses preuves avec bitcoin, il peut, en appliquant au marché de l’art cette nouvelle technologie, rendre, le marché de l’art transparent.
Tout l’enchaînement des transactions créant la cote deviendrait ainsi visible. Cela ferait de lui un vrai marché où entre en jeu l’offre et de la demande (le haut marché de l’AC est essentiellement un marché de l’offre).
Le "marché traditionnel" dont le principe de fonctionnement s’en inquiète, mais Thierry Ehrmann se donne gagnant, en raison du retard et des lacunes de "l’establishment" concernant la connaissance et maîtrise d’Internet.
Le deuxième handicap étant son refus de la diversité de la création et le troisième, sa considération exclusive pour une clientèle aux moyens astronomiques. Il croit aux vertus de la concurrence… celle d’un marché d’amateurs amoureux, contre un marché de froids collectionneurs de produits financiers.
 
L’ubérisation des clercs
Thierry Ehrmann s’appuie sur une révolution culturelle en cours, observée avec attention, qui se dresse contre les fondamentaux exclusivement conceptuels, financiers, institutionnels, et bureaucratiques en France, de l’AC.
L’imposture financière, intellectuelle et artistique de l’AC est aujourd’hui largement connue. Une véritable dissidence dénonce ce "système" depuis trois décennies, en particulier en France.
Il ne faut pas oublier que la rue de Valois, avec l’argent du contribuable, a donné pendant tout ce temps comme consigne aux archivistes de sa bibliothèque des catalogues, (censée être le dépôt concernant les monographies de tous les artistes d’une époque), de mettre systématiquement à la corbeille ceux dont la "contemporanéité" officielle n’a pas été établie par eux.
Thierry Ehrmann, dans sa quête de big data, à titre privé, a fait patiemment l’inverse. Il est en mesure aujourd’hui de court-circuiter experts, médias, théoriciens de l’Université, sans oublier en France les deux cents Inspecteurs de la Création du Ministère, dont le rôle est de légitimer intellectuellement l’AC.
Il parie sur les vertus de l’écran. Devant lui, chacun se sent libre d’aimer et d’acheter ce qu’il veut, avec des moyens raisonnables, sans être ni intimidé, ni méprisé, ni moqué. Ecran qui permet aussi aux amateurs cultivés de rechercher, comparer, découvrir la pépite, dont la valeur intrinsèque pourra à nouveau être reconnue sur un futur authentique marché.
Thierry Erhmann va-t-il permettre aux artistes de réaliser, par ricochet, leur vieux rêve de liberté ? Enfin !
 
(1) AC, acronyme de "Art contemporain" utilisé par Christine Sourgins pour éviter la confusion. Cette expression ne désigne pas "tout l’Art d’aujourd’hui" comme elle le laisse croire, mais l’unique courant conceptuel. Dans "Les Mirages de l’Art
contemporain"
, (Paris 2005 Ed. de la Table Ronde).

Envoyé par l'auteur, paru dans Contrepoints, 7 juillet 2017
Publié dans De par le monde
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Simone Veil : ce que fut son intention en 1975 et ce qu'est devenue sa loi depuis
 
La législation actuelle sur l'IVG ne correspond plus à l'équilibre que la ministre de la Santé souhaitait atteindre en 1975, argumente Chantal Delsol, professeur de philosophie politique à l'université Paris-Est*.
 
La mort de Simone Veil a provoqué, dans l'opinion, une émotion légitime. Rendons à la personne publique l'hommage qui lui est dû, tout en conservant le droit à la réflexion sur la loi qui porte son nom. La "loi Veil", aujourd'hui, ne correspond plus à l'équilibre trouvé en 1975.
Un rappel, d'abord. La loi sur l'IVG ne tenait pas du tout, quoi qu'en croient beaucoup de gens, à la simple nécessité de rendre légal un acte qui de toute façon se faisait en cachette et dès lors de façon dramatique et dangereuse. Beaucoup d'actes se pratiquent en cachette, qu'on n'a pas envie de légaliser parce qu'on les juge maléfiques. Non : la décision si importante qui fut prise ce jour-là rendait compte d'une rupture de civilisation, rien de moins.
La détermination de Simone Veil de rendre légal l'IVG provenait d'un constat juste qu'elle partageait avec Valéry Giscard d'Estaing : désormais, la France n'est plus en chrétienté. Désormais (et cela s'est fait finalement assez vite au regard de l'histoire), ce n'est plus l'institution ecclésiale qui donne le ton de l'éthique générale, qui inspire les lois, qui dirige les consciences. Les chrétiens bien sûr n'ont pas du tout disparu. Mais ils constituent dorénavant une minorité, peut-être active selon les opinions, en tout cas illégitime pour commander ou arrêter à elle seule la main du législateur.
Or, cela change tout. Dans la très longue histoire des siècles et dans la très large géographie humaine, tous les peuples sans exception ont toujours supprimé des enfants à la naissance, quand pour une raison ou une autre (biologique, sociale, parentale) ils ne devaient pas vivre. Dans la longue histoire des humains, la société judéo-chrétienne est la première et la seule à l'interdire, au nom de la dignité intrinsèque de la personne. Quand, au IIe siècle après J.-C., un certain Diognète demande à un anonyme qui sont ces chrétiens dont on parle, et de les décrire, l'anonyme répond entre autres choses, résumant laconiquement tout un monde : "Ces gens-là ne se débarrassent pas des bébés surnuméraires." C'est d'ailleurs sur la pression de l'Occident, et dans le désir de se moderniser, donc de s'occidentaliser, que par exemple, en Chine, Mao Tsé-toung, ce n'est pas vieux, brisa une coutume millénaire en interdisant de "noyer les bébés filles".

S'agissant de l'interruption volontaire de grossesse, le débat n'est pas seulement, comme on l'a dit, dans le fait de savoir si le fœtus est un amas de cellules. La précision des échographies montre autre chose qu'un amas de cellules et les femmes qui ont pratiqué l'IVG savent qu'il s'agit d'un acte d'une grande gravité. D'ailleurs, en France, l'IVG peut dans les cas graves devenir une Interruption médicale de grossesse, après 22 semaines (soit près de six mois de gestation). Et il n'y a là rien de surprenant ni même de honteux mais le fait qu'une culture qui a abandonné la chrétienté se conduise de façon "païenne", sans aucune acception péjorative, c'est-à-dire tout simplement non chrétienne. Valéry Giscard d'Estaing et Simone Veil ont simplement constaté que nous arrivions à la ligne de partage des eaux, le lieu où notre société, de chrétienne, devenait "païenne", et ils en ont tiré les conséquences. Ce qui est juste. Un gouvernant n'a pas le droit de faire vivre un peuple en dehors de sa culture. Si une population dans sa grande majorité juge que la liberté individuelle (en l'occurrence celle des femmes) a davantage de valeur que la vie d'un enfant à naître, il est illégitime de lui imposer de vivre selon une loi qui impose le contraire. Voilà ce qui s'est passé.
Cependant, l'histoire ne s'arrête pas là. Simone Veil n'imaginait pas du tout que l'IVG pût devenir un acte automatique. D'ailleurs, dans les diverses civilisations, la décision de se débarrasser d'un bébé surnuméraire s'accomplissait selon des coutumes et des mœurs chaque fois différentes. Simone Veil avait mesuré la détresse des femmes qui subissaient dans leur chair une loi dont elles ne voyaient plus la légitimité. Elle savait bien en outre, parce que personne ne pouvait l'ignorer, que les chrétiens eux-mêmes campaient sur leur loi de pénalisation sans vouloir regarder en face ces femmes abandonnées, que l'on traitait de "traînées" et d' "assassines". Je veux dire que les chrétiens n'avaient pas du tout compris qu'ils étaient devenus minoritaires et continuaient de se comporter avec la jactance et parfois la cruauté de meneurs d'opinion tout-puissants (voir l'ignoble manière dont Simone Veil fut traitée par certains députés pendant les débats à l'époque) - cela n'arrangeait pas les choses, et engendrait des désirs de vengeance.

Ayant mesuré la détresse, Simone Veil réservait l'IVG aux cas de détresse. Elle pensait que cet acte, loin d'être un droit automatique, demeurerait livré à la conscience personnelle. Elle dépénalisait, mais conférait à cet acte une gravité majeure, et de ce fait le considérait comme inscrit dans une situation limite. Elle ignorait sans doute qu'elle venait d'ouvrir une boîte de Pandore. Le citoyen postmoderne ne sait plus très bien ce qu'est une situation limite, où il faut décider en conscience, dans l'effroi, et pour ainsi dire au bord des normes contradictoires. Il veut la tranquillité et l'assurance de la loi : cela est permis, cela est défendu. C'est pourquoi on est vilipendé quand on met les gens devant des cas de conscience : il ne faut pas les culpabiliser !, vous répond-on. De plus, dans la société contemporaine affolée et victimaire, n'importe quelle contrariété est devenue synonyme de détresse. Simone Veil savait que cet acte de privation de la vie d'un être sans défense, qui pouvait être justifié dans d'autres civilisations par l'autorité du père de famille ou par la pauvreté de la famille ou la démographie exponentielle, ici pouvait l'être par la conscience individuelle pesant gravement le pour et le contre. Le fait que l'IVG soit devenue un droit, une option comme une autre, comme on le voit dans le feuilleton Plus belle la vie (sorte de village Potemkine de notre temps), la rend banale et par là insignifiante, ce qu'à aucun moment Simone Veil n'avait voulu.
Mais Simone Veil n'avait pas prévu non plus un renversement des raisons et des pouvoirs qui fait de l'IVG le contraire exact de ce qu'il était : un acte qu'on se doit de défendre à tout prix, au risque d'apparaître comme un criminel en puissance. C'est-à-dire que la liberté de conscience à son égard est devenue quelque chose de très douteux. Le "délit d'entrave numérique à l'IVG", réclamé à grands cris et adopté par le Parlement en février 2017, indique que la décision de conscience devient elle-même illégitime, et qu'il est devenu "nauséabond" de se déclarer contre l'IVG en son âme et conscience. La déclaration de François Fillon au début de sa campagne électorale, selon laquelle il était "personnellement et spirituellement contre l'IVG", a provoqué un séisme qui n'est certainement pas innocent dans le meurtre politique qui a suivi. Sur ce sujet, il n'y a pas de liberté de conscience. C'est-à-dire que les contemporains se conduisent exactement comme le faisait à cet égard l'Église qu'ils fustigent : refusant d'avoir le moindre débat contradictoire avec leurs détracteurs, et les traitant dès qu'ils apparaissent comme des criminels de haut vol. À preuve : les attaques de plus en plus serrées contre la clause de conscience des chirurgiens, qui pourtant est bien le moins dans une société dite démocratique.
Ce n'est pas qu'on a désormais le droit de prôner l'IVG. C'est plutôt qu'on y est obligé. Les lois ont leur vie et évoluent comme les institutions, parfois se commuant en avatars insoupçonnables. Qu'on ne prête pas au moins l'évolution actuelle de la loi à sa fondatrice. Simone Veil valait mieux que cela.
* De l'Institut. Dernier ouvrage paru: Un personnage d'aventure. Petite philosophie de l'enfance (Éditions du Cerf, avril 2017, 208 p., 15 €).

Paru dans Le Figaro, 4 juillet 2017
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L'immense enjeu des migrations
 
La faillite de l'Union européenne à contrôler ses frontières a enclenché une gigantesque pompe aspirante envers les populations africaines.
 
Les Barbaresques sont de retour en Méditerranée. Leur business model a changé. Il ne s'agit plus de courser les navires européens afin de vendre leurs passagers comme esclaves sur les marchés du Maghreb ou d'extorquer des rançons. Leur trafic est devenu plus étendu, plus lucratif, moins périlleux. Il s'agit de racketter les jeunes Noirs d'Afrique qui veulent rejoindre l' "eldorado" des États providence de l'Europe du Nord, sans passer par le cheminement légal du visa d'entrée et du billet d'avion.
Le voyage est éprouvant, dangereux, cher. Éprouvant, car il faut traverser les vastes déserts du Sahel, entassés  à cinquante sur un camion. Comme l'Algérie a fermé ses frontières, la route du trafic passe par le Fezzan, pour aboutir sur les côtes libyennes. Là, les candidats au voyage sont parqués comme du bétail par les trafiquants, en attendant d'embarquer sur de très longs dinghies. Ces embarcations rudimentaires menacent de verser à tout moment, tant elles sont chargées de cargaison humaine, afin d'accroître au maximum le taux de profit de l'opération. Le danger est omniprésent : 1 passager clandestin sur 200 périt noyé. Le prix du passage est élevé: autour de 4 000 euros par personne.
Aujourd'hui, la très grande majorité des candidats au passage sont des migrants économiques qui appartiennent aux classes moyennes/inférieures africaines. Les plus pauvres ne peuvent même pas rêver de réunir une telle somme. Dernièrement, il y avait beaucoup de Nigérians dans les candidats au passage. Le Nigeria est un pays potentiellement très riche, qui avait un niveau de vie supérieur à celui de la Malaisie, à l'époque où ces deux colonies britanniques prirent leur indépendance. Soixante ans de mauvaise gouvernance font que les Nigérians souhaitent aujourd'hui à tout prix quitter leur pays. Ce qui n'est pas le cas de la Malaisie, pays bien mieux géré.
Gare au clandestin désargenté qui n'arrive plus à payer son racketteur : il sera bastonné jusqu'à ce que mort s'ensuive. Les Barbaresques n'éprouvent pas la moindre pitié pour ces Noirs qui étaient jadis leurs esclaves. Ils les traitent comme des animaux.

Jadis, les Barbaresques s'attaquaient aux Européens pour les voler. Mais c'était un jeu dangereux, car les Européens se défendaient vaillamment, coulant les navires pirates, canonnant leurs repaires. Aujourd'hui, les Barbaresques se livrent à un jeu plus retors et plus fructueux: ils exploitent la bonne conscience et la naïveté des Européens. Un exemple récent. Les Barbaresques emmènent sur des dinghies leur cargaison de "bois d'ébène" à 12 miles nautiques des côtes libyennes, dans les eaux internationales, où croise un navire d'une ONG allemande. Les Barbaresques poussent les dinghies (dont certains menacent de sombrer) vers le navire "humanitaire", en disant aux passagers : là est votre salut ! Dans la cohue pour monter à bord, il y a des noyades. Comme l'a souligné un juge enquêteur italien, il arrive même que les Barbaresques aillent récupérer les moteurs des dinghies vidés de leurs passagers, car il n'y a pas de petit profit.
Peut-on reprocher à un Allemand d'avoir bon cœur, de sauver des hommes risquant la noyade ? Certainement pas. Mais le droit de la mer exige que le sauveteur ramène les sauvés à proximité de leurs ports d'origine. Or le capitaine allemand employé de l'ONG ne va pas essayer de les déposer à Tunis, Djerba, Tripoli ou à Derna. Il les amène directement et gratuitement sur les côtes italiennes, ce qui correspond aux promesses faites aux passagers clandestins par les trafiquants. Le brave capitaine allemand se rend-il compte qu'il finit le sale boulot des Barbaresques ? A-t-il conscience que sa charité n'est que superficielle ? Car une fois qu'il a déposé sa cargaison humaine sur un rivage italien, il ne se préoccupe plus du sort de ceux qu'il a transportés. Aux autres de se débrouiller. Si son ONG était mue par une vraie charité, il faudrait qu'elle aille jusqu'au bout du processus: qu'elle trouve et finance emplois, logements et éducation pour ces malheureux qu'elle a contribué à faire venir en Europe.
La réalité est que la faillite de l'Union européenne à contrôler ses frontières a enclenché une gigantesque pompe aspirante envers les populations africaines. Dans son discours devant le Parlement français du 3 juillet 2017, Emmanuel Macron a montré qu'il avait conscience de l'enjeu. Il souhaite "accueillir les réfugiés politiques courant un risque réel, sans les confondre avec les migrants économiques et sans abandonner l'indispensable maintien de nos frontières". La refondation d'une "Europe forte" capable de traiter cet immense problème repose sur les seules épaules de la France. Car les Allemands sont paralysés par leur bonne conscience ; et les Anglo-Saxons, Britanniques comme Américains, ont clairement dit à l'Union : c'est votre problème, ce n'est plus le nôtre…

Paru dans Le Figaro, 4 juillet 2017
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Comment mettre fin à l’immigration transméditerranéenne ?
 
Dans Le Figaro du 3 juillet 2017, une grande photo maritime illustre un article intitulé : "Migrants : l’Italie menace de fermer ses ports". Elle a pour légende : "Des migrants approchent de la côte italienne après avoir été secourus au large de la Lybie, le 20 juin." Dans le corps de l’article il est précisé que "la majorité des nouveaux arrivants sont recueillis en mer, non loin des côtes libyennes, par des bâtiments militaires et civils de deux opérations de sauvetage de l’UE, ‘Sophia’ et ‘Triton’." Les secouristes civils agissent pour le compte d’ONG. Il est également expliqué que "les Africains débarqués au sud de l’Italie sont avant tout des migrants ‘économiques’. Ils sont voués à l’expulsion à terme, à la différence des bénéficiaires du droit d’asile comme les réfugiés de guerre syriens".
Exception faite des perspectives chimériques d’expulsion à terme, ces quelques indications exposent correctement plusieurs des données techniques du problème ; ajoutons-leur le rôle joué par les organisations mafieuses qui amènent les migrants jusqu’à la côte libyenne et les massent dans des conditions inhumaines sur des embarcations souvent aussi vermoulues que surchargées, et passons à l’analyse.
 
Clairement, les marines de guerre et les ONG sont utilisées comme auxiliaires du crime organisé : elles permettent aux mafieux de faire traverser la Méditerranée, en utilisant des rafiots, à des centaines de milliers de personnes lourdement rançonnées. Les impôts (ou les emprunts des trésors publics, puisque l’Italie et la France n’auraient pas le premier sou pour financer leurs opérations si elles ne recouraient pas au crédit) servent donc à maximiser le chiffre d’affaire et les bénéfices d’organisations que, par ailleurs, nos polices sont supposées combattre.
Ensuite, naturellement, il est plus difficile de trouver de l’argent pour subventionner les ONG qui, au lieu de travailler à faire venir les Africains en Europe, les aident à mieux vivre dans leur propre pays. Pourtant, la démonstration faite par les dirigeants de l’Œuvre d’Orient, selon laquelle aider les gens à rester sur place coûte moins cher que les aider à s’expatrier, tout en correspondant mieux à leur désir, est transposable aux pays africains. Un milliard d’euros injecté correctement – ce qui n’est hélas pas toujours le cas – dans le développement des pays d’origine permet d’améliorer davantage que l’immigration de masse le sort de personnes plus nombreuses. L’Europe a fait le choix de la solution la plus coûteuse et la moins efficace.
 
Alors, que faire ? Si les navires de guerre mobilisés pour des missions de sauvetage ramenaient les Africains sur la côte libyenne, au lieu de permettre au crime organisé de leur faire gagner l’Italie en surchargeant des rafiots qui ne valent plus rien, ce serait un grand pas en avant. S’ils étaient de plus chargés d’intercepter le plus près possible du rivage libyen les bateaux qui ne sont pas en perdition, de ramener à terre leurs occupants, et de détruire les embarcations, le problème serait réglé pour une part importante, et la croissance des budgets affectés aux migrants serait stoppée, permettant d’affecter des moyens croissants à l’aide au développement.
Comme souvent, il convient de traiter les causes pour ne plus avoir à gaspiller des fortunes à essayer de faire face aux conséquences. Une maxime militaire indique l’état d’esprit qui permet d’agir dans ce sens : "Ne pas subir". Je me souviens que l’un de mes frères, né 9 ans avant moi, avait placardé cette devise sur un mur de sa chambre quand il préparait Saint-Cyr. La même formule a récemment servi de titre à Philippe Lobjois et Michel Olivier pour un livre, publié l’an dernier chez Fayard, qui propose une résistance plus efficace au terrorisme. Actuellement, l’Union européenne a largement choisi de subir le phénomène migratoire, pour ne pas avoir à s’occuper de ses causes. C’est cet état d’esprit bécasson et résigné qu’il faut révoquer.
Il est hélas trop tard pour pouvoir diminuer fortement, à bref délai, les moyens affectés au curatif (les efforts nécessaires pour s’occuper correctement de millions d’immigrés) ; mais il n’en est que plus urgent de prendre les mesures de bon sens, proactives, qui permettront d’avancer dans le sens du développement du Sud plutôt que de l’invasion du Nord.

3 juillet 2017
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Fermons nous-mêmes la chaîne
 
Il n’est que de regarder la publicité pour constater combien nous sommes chouchoutés voire emmaillotés pour nous apprendre à bien dépenser notre argent. Mais le vide est sidéral dès que se pose la question de comment le gagner, à part quelques livres bas de gamme dont les auteurs tentent de nous grappiller quelques sous.
Si pour la dépense on fait semblant de nous prendre pour des gens responsables et raisonnables, pour le gain on nous laisse nous reposer sur "l’autre". "L’autre" évolue dans le temps. Des parents jusqu’à la caisse de retraite nous passons par l’employeur public ou privé, voire par la collectivité elle-même, pour laisser à "l’autre" la responsabilité de nous donner de quoi dépenser. Nous payons d’ailleurs le minimum vital plus cher que dans d’autres pays comme l’Allemagne, en l’achetant de plus en plus à l’étranger pour que l’impact énorme de la publicité et du soi-disant gratuit ne se fasse pas trop sentir.
 
Certains se demandent ce que veut dire le "système" dont tout le monde parle sans jamais le définir clairement. Le système, c’est prendre à la fois (en même temps !) le peuple pour responsable dans sa dépense, et irresponsable dans son gain tout en le lui reprochant car il faut bien un bouc émissaire. Le système, c’est fabriquer de plus en plus d’emplois inutiles de conseillers, d’experts et d’observateurs en tous genres dont le seul but est de le faire tenir encore un moment, lui, le système, avec leur complicité souvent involontaire car motivés pour beaucoup par le simple besoin de survivre. Mais ils rendent tous le problème de plus en plus insoluble puisque personne ne produit plus rien dans des villes qui ne savent que dépenser et dire ce qu’il faudrait faire.
De braves âmes façon Attali qui ont parfaitement compris le système pour elles-mêmes, nous proposent de nous débrouiller grâce à notre initiative personnelle entre le marché qui nous dit mensongèrement que nous ne sommes rien tellement nous sommes nombreux et la démocratie qui nous dit mensongèrement que nous sommes tout tellement nous sommes intelligents. Elles nous poussent à tenter l’aventure de la création d’entreprise alors que tout ce qu’elles ont soi-disant créé elles-mêmes a toujours été créé par d’autres. Le résultat est cette myriade d’entreprises sans avenir dont le seul but est par flagornerie de nous faire dépenser davantage notre argent. A nous de demander à "l’autre" de nous en donner "les moyens".
 
Le système a oublié que l’économie est une chaîne fermée où nous ne pouvons profiter de l’énergie des autres que parce qu’ils peuvent profiter de la nôtre. L’économie est par définition une coopération alors que le capitalisme en a fait une compétition sans enjeu où l’on nous serine que la compétitivité est une qualité alors qu’elle n’est que pousse-au-crime vers la fraude, la haine de l’autre tout en comptant sur lui, et la désespérance. Le système n’arrête pas de chercher plus ou moins inconsciemment comment refermer la chaîne ailleurs ou à un autre moment. On ne peut expliquer autrement le mondialisme, la dette et l’immigration. C’est chaque fois compter encore et toujours sur "l’autre" pour le gain. Le mondialisme va, en vendant nos emplois, chercher des marchés qui doivent, on ne sait comment, nous faire mieux vivre. La dette, en vendant nos enfants, reporte à plus tard tous les problèmes que nous sommes incapables d’affronter. L’immigration, en vendant notre culture, fait reposer le travail et le renouvellement de la population sur des arrivants peu exigeants qui acceptent de travailler et qui n’ont pas encore compris que nous avions déjà vendus leurs enfants comme les nôtres.
 
Pendant ce temps (en même temps !) nos élites papillonnent en vivant elles-mêmes fort bien. Elles s’intéressent à la parité, summum de l’individualisme et de la compétition, en laissant aux animaux et aux peuples stupides la coopération toute bête entre le mâle et la femelle. Même la procréation doit dorénavant parait-il pouvoir se faire en solitaire. Nos élites attendent la croissance qui va créer des richesses et enfin fermer cette chaîne à laquelle elles ne veulent rien comprendre. Elles s’écoutent et se retranscrivent mutuellement dans un jargon incompréhensible qui rappelle la médecine du prétendu siècle des Lumières. Faut-il rappeler qu’entre les médecins de Molière du XVIIe siècle et Semmelweis au XIXe siècle qui a sauvé des milliers de femmes en disant simplement à ses confrères médecins de se laver les mains, il s’est passé un siècle et demi de perte de bon sens et de gain de suffisance. Semmelweis a été accusé par sa corporation d’obscurantisme et de mysticisme. Quand après Semmelweis, Pasteur qui n’était, heureusement pour lui, ni médecin ni pharmacien a sorti la médecine de son ignorance crasse et arrogante, l’économie et la politique ont pris le relais de l’ignorance et s’y complaisent depuis près de deux siècles en flattant le peuple qui adore la flatterie et les idoles. La médecine pendant ce temps (en même temps!) s’est servie de l’innovation prônée par les économistes pour faire faire à l’humanité un bond quantitatif incroyable dont on se contente de se préoccuper de la survie alimentaire. La médecine a remplacé la religion dans la gestion de la peur de la mort mais elle coûte beaucoup plus cher, n’assume pas son nouveau rôle et ne réussit pas à s’intégrer dans la chaîne. Elle ne se demande jamais qui s’appauvrit pour l’enrichir.
 
S’asseoir et réfléchir, est-ce si compliqué ?
L’Union européenne s’est construite sur la fuite en avant commune de ses élites qui veulent continuer à fermer la chaîne par le mondialisme, la dette et l’immigration. Elle n’a comme avenir que l’explosion et la violence car ses élites sont tellement enfermées dans leurs prés carrés que le bon sens n’aura jamais l’unanimité requise. Elles vont se repeindre aux couleurs du temps en espérant tout de l’innovation comme la France vient de le faire. Elles vont continuer à s’entre-déchirer entre souverainistes et européanistes sur le meilleur espace pour régler le problème en continuant à faire monter le chômage, l’immigration et la dette pour ne pas avoir à dire à leurs peuples qu’ils se sont trompés toute leur vie, que le temps des weekends, des 5 semaines de congés payés, des RTT et des arrêts maladie est terminé et qu’il nous faut refermer la chaîne tous seuls en nous remettant à produire et en payant le prix auquel nous sommes capables de produire avec notre façon de vivre. La fuite en avant doit devenir l’ennemi, les agriculteurs doivent cesser de stériliser la terre pour un productivisme éphémère que le système a rendu inhérent à leur survie, chacun doit se demander l’échange qu’il a avec la société, ce qu’il lui donne et ce qu’il en reçoit. Le rôle d’un gouvernement, quelle que soit l’organisation de son peuple, est de veiller à ce que personne ne soit exclu de cet échange. Tout le reste est accessoire mais les gouvernements s’occupent pourtant de tout sauf de cet essentiel qu’ils ne font que pleurer.
 
 
Fermer la chaîne nous-mêmes c’est commencer par accepter qu’un gain d’argent est toujours une perte d’argent de quelqu’un d’autre et que vouloir la fermer par une création de richesse est toujours transporter nos fantasmes loin dans le temps ou dans l’espace pour continuer à croire à ce qui n’existe pas. Fermer la chaîne nous-mêmes c’est produire chez nous avec notre armée de chômeurs, chaque fois que cela est possible, tout ce dont nous avons besoin. Nous constaterons alors que nos prix ne sont pas compétitifs à cause de tous nos avantages acquis et qu’il faudra enfin choisir entre la coopération oubliée et la compétition sans avenir.
Que nos élites croient au fantasme de la création de richesse est le problème de fond actuel qui les fait ne pas travailler et nous emmener vers la grande violence et la guerre qui nous forcera dans l’instant à fermer la chaîne nous-mêmes et sans eux. Les communistes ont eu un mal fou à reconnaître qu’ils s’étaient trompés pendant plus d’un demi-siècle, les capitalistes ont le même mal fou à reconnaître qu’ils se trompent depuis encore plus longtemps avec une explosion vers le n’importe quoi depuis les années 70.
Ce sont les fondamentaux de bon sens qui ont été perdus. Les peuples attendent que des partis politiques en prennent conscience et ce n’est pour l’instant apparemment en gestation dans aucun d’entre eux.

Paru sur www.surlasociete.com, 1er juillet 2017
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Une France aux mains liées ?
 
Valls, toujours dans cet entretien à Libé : "Dès qu'on sort de l'explication économique et sociale, souvent la gauche est perdue. Elle est en difficulté sur les questions d'“identité” ". Cela fait belle lurette que ce constat a été fait ici, à force d'observer la lâcheté des belles âmes, y compris à droite, face aux exigences de visibilité des minorités immigrées, religieuses, sexuelles. Or le chef de l'État a, sans surprise, hérité du langage de la pensée lisse. C'est lui qui, encore candidat en janvier, remerciait Angela Merkel pour avoir "sauvé notre dignité collective en accueillant des réfugiés en détresse, en les logeant, en les formant". C'est lui qui a récemment déclaré lors d'une rupture de jeûne du ramadan : "Personne ne pouvait faire croire que l'islam n'était pas compatible avec la République". Lui encore qui, lors de la Gay Pride de dimanche, à Paris, a tweeté : "La France est arc-en-ciel. Nous sommes riches de nos diversités, soyons-en fiers ! #MarcheDesFiertés #LoveisLove". Autant de positions irréprochables pour un jury du politiquement correct, mais dangereuses dans leurs applications littérales.
Si Macron fait ce qu'il a dit, c'est une France aux mains liées toujours davantage qu'il va présider. En effet, le désastreux modèle Merkel lui interdit la moindre autorité face à la nouvelle vague annoncée de "migrants" d'Afrique subsaharienne, parmi lesquels les réfugiés économiques ne sont guère discernables des réfugiés politiques. En feignant d'ignorer que l'islam est moins une religion qu'une idéologie de droit divin fondamentalement incompatible avec une démocratie, le chef de l'État renonce à s'opposer aux élans de conquête de l'islamisme et de ses soldats, salafistes ou Frères musulmans. En se faisant le chantre de la "diversité", cet autre mot pour désigner le communautarisme (sexuel, ethnique, religieux) c'est un pays encore plus morcelé et conflictuel qu'il va persister à affaiblir. Face à ces risques potentiels, qui restent bien sûr à confirmer, la droite a le devoir de sortir de sa torpeur intellectuelle.

Paru dans Le Figaro, 30 juin 2017
Publié dans Du côté des élites
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Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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