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Actualité : l'insignifiant chasse l'important
 
Les querelles franco-françaises n’ont pas manqué en cet été 2019, s’enchaînant les unes aux autres à un rythme d’enfer : deux semaines sur l’affaire du "homard", puis la tenue vestimentaire de Mme Ndiaye et le tweet de Mme Morano, les sifflets du 14 juillet et les arrestations de "gilets jaunes", l’invitation de Greta Thunberg à l’Assemblée nationale, le départ en vacances du président pendant la canicule parisienne, le supposé sexisme de la tradition des hôtesses du tour de France, etc. Ces faits n’ont a priori aucun rapport entre eux. Pourtant, ayant accaparé l’attention des media et de la presse, jusqu’à l’obsession, pendant plus d’un mois, ils ont en commun de ne toucher qu’à la surface des choses, à l’émotion, à la colère et à l’indignation collectives.
 
En revanche, l’information et le débat d’idées sur les sujets de fond relatifs au bien commun ou au destin national, passent désormais au second plan. Les grands dossiers du jour paraissent s’effacer sous l’écume bouillonnante des polémiques quotidiennes : Le risque de guerre entre les Etats-Unis et l’Iran, les troubles en Algérie et en Russie, les enjeux réels de la ratification du CETA (traité de libre-échange), le contenu du projet de réforme des retraites, le trafic des êtres humains et la lutte contre les passeurs esclavagistes en Méditerranée, l’insécurité, la violence et la criminalité qui sévissent dans nos rues, voire l’aggravation de la dette publique ayant atteint les 100% du PIB, la persistance d’un chômage massif, la menace djihadiste, l’impuissance chronique des pouvoirs publics à régler les difficultés dont souffrent les Français…
 
Paradoxalement, la futilité et le caractère éphémère des derniers psychodrames de l’été s’accompagnent d’une intolérance et d’un fanatisme croissant. Les Français ne se déchirent plus sur l’économie, la politique sociale, internationale ou d’immigration, mais sur le menu de dîners à l’hôtel de Lassay ou la garde-robe de la porte-parole du Gouvernement, ou la date de départ en vacances de l’occupant de l’Elysée. Dès lors que l’anecdotique écrase le fond des sujets, signant la mort du débat d’idées ou de projet, l’échange d’arguments n’a plus lieu d’être. L’invective, l’insulte ou le crachat haineux se substituent à la discussion. Il n’est plus question de convaincre – en l’absence de sujet de fond – mais d’abattre le contradicteur. L’indignation, à quoi se réduit de plus en plus la vie politico-médiatique, ne souffre pas la contradiction. Les noms d’oiseau les plus éculés – raciste, fasciste, réactionnaire – prospèrent sur le vide des idées. L’emprise de la polémique sur la vie nationale est sans doute en partie spontanée mais parfois calculée : noyer les échecs, les inquiétudes et les souffrances, dans l’agitation stérile.
 
La démocratie est la grande perdante de cette évolution. Le règne de l’émotion opère par vagues d’indignation qui ne souffrent pas de contestation. Ceux qui refusent de s’y soumettre ne sont pas des opposants politiques avec lesquels il faut discuter, mais des ennemis de l’intérieur à combattre, toujours par l’insulte ou la mise à l’index. L’arme fatale, destinée à faire peur et imposer le silence, est l’humiliation, le lynchage médiatique, la honte. Et twitter est l’outil idéal de cette nouvelle inquisition. Le jeu de la majorité et de la minorité, fondement de la démocratie, n’a plus lieu d’être. Le bien se confond avec l’émotion médiatique dominante et le mal avec tout ce qui donne le sentiment de lui résister. La démocratie (pouvoir du peuple) n’est hélas plus qu’un mot, une fiction sans rapport avec le monde des réalités.
 
D’ailleurs, le glissement de la société politico-médiatique dans le futile recouvre des phénomènes qui se présentent comme les échos lointains, même édulcorés et adoucis, de logiques bien peu démocratiques : césarisme élyséen poussant à l’extrême le présidentialisme des institutions ; anéantissement de l’autorité du Parlement ; mise en cause des libertés publiques (loi Avia réintroduisant une possibilité de censure préalable) ; goût du lynchage médiatique de personnalités ayant dévié du "droit chemin"; discours de la table rase (le "nouveau monde") ; anti-intellectualisme (suppression du concours pour être admis à Sciences po) ; obsession du jeunisme et de la gloriole sportive ; banalisation de la délation à base d’enregistrements ou de photos volés ; effacement de la frontière entre vérité et mensonge (affaire Geneviève Legay) ; psychiatrisation des avis divergents (opposition à la PMA sans père qualifiée "d’hystérie"); vérités scientifiques ne souffrant aucune expression de doute (écologie) ; mépris du peuple (connotation honteuse du terme "populiste") et du suffrage universel.
 
La question centrale n’est pas celle de "l’humilité" des dirigeants du pays, nouvelle variante d’une communication, mais celle de la démocratie, c’est-à-dire de la prise en compte de la volonté de la nation à travers ses représentants ou le referendum, et de l’efficacité de l’Etat au service des Français face aux véritables problèmes de l’heure. Le sujet du mode de gouvernement de la France dans l’intérêt général, enterré à l’issue de la crise des Gilets jaunes et du Grand Débat, conditionne pourtant les autres. L’opposition qui se cherche, aurait tout intérêt à s’en saisir.

Paru dans Le Figaro, 2 août 2019
Publié dans En France
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PMA, le “progrès” comme fatalité
 
ANALYSE - Du pacs à la PMA et demain la GPA, le supposé progrès est comme une roue crantée qui jamais ne retourne en arrière
 
On a l’impression d’un énorme rouleau compresseur. Ceux qui se sont opposés au pacs sous le gouvernement de Lionel Jospin non seulement ont été débordés et marginalisés, mais se sont vus imposer dix ans plus tard le mariage entre deux personnes de même sexe. Face à cette loi, ils se sont mobilisés comme jamais : des manifestations monstres, dont le pouvoir a eu beaucoup de mal à minimiser l’ampleur. Or, la loi Taubira a pourtant été adoptée. La suite logique est la PMA : nous y sommes, et nul doute que rien ne l’empêchera. Nous aurons ensuite la GPA, au nom de l’égalité et de la non-discrimination. Viendront un peu après, qui peut encore en douter ?, les catalogues d’enfants à choisir sur mesure, c’est-à-dire l’eugénisme. Mais cette fois programmés non par un État totalitaire mais par la volonté individuelle, donc légitimés de ce fait.

Chaque fois, les défenseurs de la loi adoptée jurent sur l’honneur qu’ils n’iront pas plus loin : mais l’expérience nous montre qu’ils vont au contraire toujours plus loin, et qu’à chaque fois la loi suivante est bien prévisible. L’extraordinaire est le caractère irrésistible du processus, au nom de ce qu’on appelle le progrès, soit d’une amélioration dans le sens de la liberté individuelle. Nous avons l’impression que rien ne peut arrêter ce processus, que ledit progrès est comme une roue crantée qui jamais ne retourne en arrière. D’où l’abattement des conservateurs, et plus encore des réactionnaires, qui ressentent vivement l’inutilité d’une opposition à ce mouvement irrésistible. Le caractère irréfrénable de l’avancée émancipatrice effrayait déjà les conservateurs du XIXe siècle, et leur sentiment d’inutilité face à ce qu’ils considéraient comme un péril toujours croissant, les désespérait jusqu’au nihilisme, comme Antoine Compagnon l’a bien montré dans ses ouvrages.

Le café du commerce dit qu’on n’arrête pas le progrès. La phrase est ironique et elle ne veut pas dire grand-chose : le progrès pour aller où ? Et comment expliquer cette espèce de fatalité qui fait que les opposants à ces lois progressistes sont toujours perdants, quoi qu’il arrive ? Il est possible que l’histoire humaine avance inéluctablement vers toujours plus d’individualisme et donc de liberté individuelle. Le passage très lent et millénaire du holisme à l’individualisme et, chez les pays holistes qui restent, l’attirance indubitable pour l’individualisme occidental, est là pour le démontrer. Qu’on lise par exemple les romans du Turc Orhan Pamuk pour y trouver la description inoubliable de ce mélange d’envie, de mépris, de fascination, que les Turcs musulmans restés holistes ressentent pour la liberté individuelle occidentale.

Pourtant, le processus "fatal" que nous observons aujourd’hui n’est pas spécifique à l’Occident : nanti d’autres contenus, il peut se reconnaître avant et ailleurs. Quand une société dans sa grande majorité se voit habitée par un principe sacré, une religion ou une idéologie jugée absolument vraie qu’il s’agit d’appliquer coûte que coûte et aussitôt, elle est entraînée fanatiquement vers cette application, sans distance ni mesure. Nous avons affaire alors à un processus aveugle et irrésistible parce que porté par des mentalités à tendance religieuse. C’est une sorte d’entraînement qui pousse une société à courir dans un seul sens, ivre de pureté, en se radicalisant de plus en plus. Certains pays musulmans d’aujourd’hui édictent des lois et mesures qui vont toujours vers davantage d’interdictions et moins de libertés - ainsi en allait la Florence de Savonarole. La radicalisation de la terreur révolutionnaire, sous Robespierre ou sous Pol Pot, s’abîmait dans le vertige de l’égalité par le crime qu’elle multipliait jusqu’à l’ivresse et toujours plus. Ainsi l’histoire de toute société connaît-elle des processus qui peuvent paraître inéluctables et ressembler de loin au destin grec, à la divine providence ou à l’Esprit de Hegel, dans leur apparente inéluctabilité, parce qu’ils concrétisent jusqu’à la folie des passions idéologiques.

La modernité occidentale veut la liberté individuelle et elle la veut entière, sans limitation d’aucune sorte sinon la liberté du voisin - ce que signifie l’adage "Ma liberté s’arrête là où commence celle de l’autre". La liberté individuelle n’est en rien limitée par sa propre responsabilité ni par aucune barrière extérieure (anthropologique, politique, économique, familiale). Elle s’envole jusqu’au territoire de l’autre et ne se pose aucune question. D’où les lois sociétales : tout est possible si mon désir le veut. La modernité occidentale s’est entièrement affranchie de l’éthique fondatrice, chrétienne, qui par exemple se demanderait si la liberté individuelle doit poser la question de sa responsabilité de produire des enfants sans père. Elle n’est pas privée d’éthique, mais elle a ressaisi le paganisme immémorial pour lequel l’éthique répond seulement aux nécessités sociales et certainement pas à la responsabilité d’une "personne", concept spécifiquement chrétien. C’est pourquoi, dans cet esprit, Marlène Schiappa peut dire que "rien éthiquement ne s’oppose à la PMA". L’effacement de la chrétienté, qui a commencé au XVIIIe siècle, en arrive aujourd’hui à son terme : l’éthique chrétienne, qui avait irradié ce continent pendant deux millénaires, n’a plus voix au chapitre.

Il est d’ailleurs probable que la montée des populismes dans l’Occident tout entier exprime la volonté de s’opposer ici ou là à ce progressisme compris comme un destin. On voit dans l’Amérique de Trump des tentatives de limiter les droits à l’IVG - ce qui déclenche des indignations véhémentes chez les progressistes, car aller contre le "progrès" est considéré comme une faute morale.
On a envie de poser la question : comment ce genre d’affaire se termine-t-elle ? Probablement par une sorte de dégoût de l’excès, qui finit par saisir même les plus fanatiques. Il est probable qu’un jour, après avoir fait beaucoup de dégâts et cassé beaucoup de choses précieuses, nous serons excédés de ces bacchanales individualistes où se perd la simple mesure du bon sens.

Paru dans Le Figaro, 2 août 2019
Publié dans A tout un chacun
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Pour l’homéopathie

L’argumentation produite par les Instances officielles, notamment la "haute autorité de la santé" (dont la hauteur donne le vertige), pour justifier le déremboursement des remèdes homéopathiques, est d’une médiocrité presque fascinante.
A cette argumentation je puis opposer, fort de trente ans de pratique, des faits. A mainte reprise des maux de gorge qui résistaient aux remèdes prescrits par le généraliste ont été guéris par des granules ou des comprimés homéopathiques. Par deux fois une intervention chirurgicale, conseillée par la médecine traditionnelle, exclue par l’homéopathe, s’est révélée inutile. (La Sécu n’y a-t-elle pas gagné ?). Un généraliste au vu du taux légèrement excessif de mon "mauvais" cholestérol m’ordonnait des statines. Mon homéopathe, au vu du taux exceptionnel de mon "bon" cholestérol, se récria. Deux décennies se sont écoulées depuis, sans statines, avec un cholestérol stable.

Puisqu’il existe une "commission de la transparence", je lui soumets ces transparents résultats.
(Est-il interdit de guérir si ce ne sont pas eux qui guérissent ?)
L’idée, sous-entendue dans le discours de la "haute autorité", que les "traitements conventionnels" seraient, à l’épreuve, plus efficaces que les traitements homéopathiques, est, si j’en juge par mon expérience personnelle, dans nombre de cas erronée sinon mensongère.
En vérité la "science", si on en forme un concept rigoureux, n’a rien à faire dans ce débat. L’homéopathie ne peut fournir des "arguments scientifiques convaincants", c’est probable, mais la "haute autorité" non plus. La médecine, ordinaire ou extraordinaire, est un art, très admirable ; ce n’est pas une science.

Mais le fanatisme n’est pas réservé à la politique ou à la religion. J’ai entendu sur "France Culture" voilà une couple d’années, une sommité parisienne de la médecine se prononcer contre l’homéopathie avec une hargne telle que je me suis demandé de quelle lubie elle était la victime, ou de quel lobby l’agent.
Lobbies ! J’interrogeai Internet, voilà quelques jours : "les lobbies contre Boiron ?" Ma question, je le confesse, était tendancieuse. Je fus puni par une volée de plomb rétorsive : lobbies ? Mais ils ne travaillent que pour Boiron, et il faut, paraît-il, féliciter le gouvernement qui n’a pas cédé à leur pression. La candeur ou le cynisme, le candide cynisme d’une telle mitraillade de réponses me rappela l’enquête, naguère, du journal La Croix sur la responsabilité humaine, écrasante aux dires des "experts" (le GIEC), dans le réchauffement climatique, et l’insinuation que les climato sceptiques (eux seuls !) étaient soupçonnables de soudoyer des lobbies.

Il me revient un épisode comique de l’Evangile selon saint Jean. L’aveugle né, une fois guéri par l'homéopathe Jésus, est assiégé par la "haute autorité de santé" pharisaïque, laquelle a dans le nez ce placier en placebos : "Donne gloire à Dieu (c’est-à-dire à Agnès Buzyn, Ministre des solidarités et de la santé), cet homme (l’homéopathe Jésus) est un pécheur. Il répondit (je réponds) : "S’il est un pécheur, je ne sais, ce que je sais, c’est que" je suis guéri.

Envoyé par l'auteur, 1er août 2019
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Plaidoyer pour l’énergie nucléaire
 
"En France on n’a pas de pétrole mais on a des idées". Dès les années 50 des gouvernants visionnaires décident de faire appel à l’énergie nucléaire pour accroitre l’indépendance énergétique de la France. A partir de 1957 on développera une filière nationale dite "graphite gaz" qui avait pour avantage de fonctionner à l’uranium naturel. Les six réacteurs de cette filière sont maintenant arrêtés.
La France choisit alors d’exploiter une licence Général Electrique de réacteurs PWR -Pressurised Water Reactor – qui nécessite de l’uranium enrichi. Celui ci sera produit par l’usine d’enrichissement de Tricastin.
58 réacteurs à eau pressurisée seront construits de 1971 à Fessenheim à 1991 à Civaux, ce réacteur étant terminé en 1997. La filière a évolué, les premiers réacteurs produisaient 900 MW, les derniers 1400 MW.
 
La filière PWR est la filière la plus exploitée, il y a plusieurs centaines de réacteurs PWR au monde, la France en exploitant 58 produisant 72 % de l’électricité française.
Remarquons que depuis le début de leur fonctionnement, il y a près de 50 ans les réacteurs français n’on jamais eu d’avarie mettant en jeu la sécurité des personnes. Le seul accident important sur un PWR a eu lieu aux Etats Unis à la centrale de Three Mile Island en 1979, il a entrainé la perte du réacteur mais n’a provoqué aucune victime et une faible émission de radioactivité.
A une époque où on se préoccupe de l’émission de CO2, constatons que le nucléaire est la seule source d’électricité continue qui ne produit pas de "gaz à effet de serre". Les filières dites renouvelables, éoliennes et panneaux solaires nécessitent des centrales à gaz pour les suppléer pendant qu’elles ne produisent pas. Une éolienne ne produit que 25 % de ce qu’elle produirait si elle fonctionnait toujours à pleine puissance.
 
Pour des raisons inexpliquées les écologistes veulent "sortir du nucléaire". C’est la raison pour laquelle la loi de transition énergétique a prévu de ramener à 50 % la part du nucléaire dans la production française d’électricité et d’arrêter prématurément des réacteurs pouvant encore fonctionner de nombreuses années moyennant une refonte. Le site le plus emblématique est la centrale de Fessenheim sur le Rhin.
La sortie allemande du nucléaire a entrainé une augmentation de la consommation de charbon et une hausse importante du coût de l’électricité, il en sera de même en France.
Si on veut prolonger la vie des réacteurs en service, il faut leur faire subir un "grand carénage". Le coût de ce programme est estimé à 51 milliards d’euros soit pour une prolongation de 20 ans, 2,5 milliards d’euros par an, alors que les surcouts supportés par les consommateurs pour le développement des éoliennes et des panneaux solaires a été de 3,7 milliards d’euros en 2016 pour produire 5,5 % de l’électricité française.
 
Areva et Siemens ont développé un réacteur de 3° génération, l’EPR, tirant les leçons des accidents sur les centrales nucléaires notamment Three Mile Island et Fukushima. Ce réacteur très puissant 1600 MW est prévu pour résister au terrorisme, y compris la chute d’un avion commercial. Les deux premiers réacteurs en construction, Oikiluoto en Finlande mis en chantier en 2005 n’est pas encore en service ce qui provoque des surcoûts importants et le réacteur français de Flamanville souffre de nombreuses malfaçons, dans le béton, des anomalies dans la fabrication de la cuve, des soudures pas aux normes ce qui entraine là aussi surcoût et retard. Par contre deux réacteurs construits en Chine à Taishan n’ont pas rencontré de grandes difficultés et produisent maintenant. Ajoutons aussi que EDF construit deux EPR en Grande Bretagne à Hinkley Point. Les contempteurs de l’énergie nucléaire voudraient profiter de ces difficultés pour abandonner la construction de nouveaux réacteurs. En fait nous sommes restés quinze ans sans en construire et nous avons perdu notre savoir-faire. Les difficultés de construction des réacteurs finlandais et de Flamanville nous permettent de cerner les problèmes. La France a besoin d’un vrai programme industriel comme dans les années 1970 lorsque l’on a mis en œuvre le parc actuel. EDF travaille sur un projet de réacteur EPR "optimisé", plus simple et moins cher que la version actuelle.
 
Le GIEC lui-même reconnait que les objectifs de réduction de production de CO2 ne pourront être tenus sans faire appel à l’énergie nucléaire. Les énergies dites renouvelables sont intermittentes et la construction de milliers d’éoliennes entraine de graves nuisances et défigurent des paysages qui font l’attrait de notre pays.
Il faut reconstruire de nouveaux réacteurs pour assurer notre sécurité en approvisionnement car beaucoup d’unités atteindront 60 ans en 2040
La France est le seul pays à maîtriser toute la filière nucléaire de la production du combustible à son retraitement. Avec un peu de volonté et de constance on peut regagner l’expérience acquise et continuer à produire une électricité continue et bon marché.

Envoyé par l'auteur, 1er août 2019
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Le Macronisme est-il une pathologie œdipienne ?
 
Toutes les lois les plus volontaristes et les plus clivantes de l’ère macronienne sont à analyser sous l’angle de l’analyse psychiatrique. Celles-ci  renvoient étonnamment aux ouvrages des docteurs Haas et Schenk sur les pathologies obsessionnelles des dignitaires du III° Reich. Tout ce qui appartient à la logique naturelle de la création est remis en cause. Il existe depuis l’origine du monde un combat du Mal contre le Créateur. La haine qui bouleverse l’ordre de la nature si hier s’exprimait par des guerres et des génocides aujourd’hui s’attaque à ce qui définit l’Homme, créature spirituelle, incarnée et sexuée, inscrite dans une filiation.  
Cette détestation s’est exprimée de façon violente par la négation de la maternité (l’avortement encouragé), ensuite par le floutage des sexes (parent 1-parent 2)  par un acharnement contre la paternité (mariage homosexuel) enfin par l’achèvement du plus faible (l’affaire Lambert, l’avortement jusqu’au 9ème mois pour les enfants trisomiques).

Le psychiatre italien Adriano Segatori  décrit le caractère transgressif et  la volonté de puissance des gouvernants français. Il considère que nous sommes confrontés à des personnes certaines de leur pouvoir  illimité. Leur volonté d’imposer des idéologies transgressives avec des moyens scientifiques extraordinaires nous renvoient  "aux heures les plus sombres de notre histoire".    
La loi permettant la PMA prépare la légalisation de la GPA. Certains parlementaires favorables à celle-ci contrairement à plusieurs de leurs camarades du même parti le disent tout haut. Macron dont la structure psychologique est transgressive ne retiendra pas cette loi dans un cadre fermé. Il poussera  avec l’habileté dialectique qu’on lui reconnaît le glissement de celle-ci vers la GPA. Proclamant à tous que la liberté de vote est totale il fait "en même temps" exclure manu militari la députée Agnès Thill. Celle-ci le prenant au mot à l’intérieur de son parti avait osé militer contre toute légalisation qui détruit l’identité d’un enfant ! Malgré la légitimité de celle ci à demander sur un sujet qui la touche un débat intellectuel et scientifique le gouvernement le  lui interdit avec une brutalité qui laisse songeur. La phrase très pertinente et qui suffit à tout argumentaire rappelle la porté de la Loi : "Ce n’est pas parce qu’une femme ou un homme souffre qu’on va lui donner comme médicament un enfant !" L’avoir dit l’a expulsé du parti présidentiel.

On se souvient que dans son apparente magnanimité le président avait lancé une consultation nationale où dans chaque département un comité de consultation sur la bioéthique s’était réuni pour exprimer après un débat libre  la position de son groupe de travail. Le rapport de synthèse des états généraux de la bioéthique  a condamné l’utilisation de la PMA à 80% ! Mais la loi passera et certains de ses promoteurs de moins en moins audibles promettent que celle-ci sera encadrée suffisamment  pour ne pas la voir prolonger par la GPA. C’est la technique de l’ours soviétique "deux pas en avant, un coup sur la truffe, un pas en arrière et c’est un pas de conquis !" et on recommence.
L’enfant se voit refuser un père d’entrée de jeu. Il sera sélectionné comme on peut le voir dans le film "Bienvenue à Gattaca". On aurait pu voir lors de sa réalisation (1998) un film de science fiction ; il décrit aujourd’hui une réalité contemporaine. L’enfant objet de marchandisation, l’homme réduit en comptabilité matière ! On touche l’ivresse prométhéenne des fous géniaux qui nous gouvernent et l’abyssale lâcheté de ceux qui au gouvernement ont conscience des enjeux et ont changé d’avis (Le 1er ministre). Hier ils étaient contre aujourd’hui ils sont pour - La plupart des parlementaires avouent candidement aux experts qui  les interrogent en réunion privée  être totalement  inexpérimentés, dépourvus de toute réflexion critique et de  connaissance scientifique sur ce sujet. Parlementaires sur lesquels le jugement de l’éminent recteur de la faculté  de Lyon avoue être désolé. L’éminent docteur en sciences physiques et en plusieurs autres disciplines aussi prestigieuses reconnaît que ces hommes ou femmes politiques ne savent rien, votent sur ce qu’ils ignorent, arrivent en séance sans l’ombre d’une culture scientifique ou bioéthique, sans avoir lu aucune note. Ils votent "par discipline" et font confiance à priori à leurs camarades du parti qui, eux sont des militants idéologues et forcenés. Lorsque l’une des députées lit, se renseigne, étudie, se fait sa propre opinion et crie au fou elle se fait virer. Ce qui calme toute velléité de démarche intellectuelle autonome. On ne demande pas d’étudier mais d’obéir. N’est ce pas la démarche de toute organisation totalitaire ?

Les enjeux sont pourtant considérables. La France est actuellement en eugénisme pré natal en avance sur tous les autres pays. Elle a largement dépassé les possibilités offertes par la loi du 14 juillet 1933 "Gestz zur Verhütung erbkranken Nachwuchses" voulue par Hitler et mise en place par le docteur Flak Ruttke.
On le sait certains hôpitaux des plus prestigieux tuent déjà des enfants au neuvième mois d’une grossesse sous prétexte d’élimination d’enfant à handicap lourd. En sélectionnant qui doit vivre et qui ne doit pas vivre on peut dire haut et fort que si la victoire de 1945 a été gagnée contre la barbarie dont l’eugénisme était un marqueur essentiel aujourd’hui la vision remarquable de l’homme défendue lors du procès de Nuremberg a reçu un sérieux coup de canif. Le 8 mai 1945 a t’il existé ? L’ombre d’Hitler recouvre l’Occident.
 
Scandalisant nos logiques cartésiennes et judéo-chrétiennes cette vision est beaucoup plus présente dans la conscience des puissants de ce monde et dans des sociétés de pensée très influentes sur ces sujets qu’on ne peut l’imaginer. Les puissances qui s’installent sont beaucoup plus centrées sur des idéologies transgressives et métaphysiques que sur une vision réaliste, concrète d’un gouvernement sage des biens pour la paix des hommes.
Cette nouvelle guerre contre l’Homme sert deux causes liées l’une à l’autre : des enjeux financiers considérables et une idéologie démiurgique ; l’homme surpuissant veut être le créateur  pour prendre la place de Dieu. La volonté d’effacer les pères est en vérité le combat apocalyptique de Satan qui hait le Père.

Envoyé par l'auteur, 29 juillet 2019                                                                   
Publié dans Du côté des élites
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Préserver l’exception marocaine
 
Ce mardi 30 juillet 2019, le Maroc fête les vingt ans de règne de Mohammed VI. Son père Hassan II avait connu un règne mouvementé, échappant de peu à plusieurs complots et tentatives d’assassinat. C’était un roi cultivé, sûr de lui, jouisseur, cruel, despote gouvernant à l’instinct, admiré pour sa "baraka" dans tout le monde arabe. À la mort d’Hassan II, peu de gens donnaient de grandes chances de survie au système monarchique. On disait que Mohammed VI, aussi discret que son père était exhibitionniste, ne tarderait pas à être avalé tout cru par le premier Oufkir venu. Cet officier brillant avait été aide de camp de Mohammed V, puis ministre de la Défense d’Hassan II, avant de comploter contre son roi en 1972.
 
À la surprise générale, le régime monarchique a bel et bien survécu au Maroc. Il fonctionne, et la prospérité de ce royaume de 35 millions d’habitants n’a cessé de progresser. Quelle différence avec les autres pays du Maghreb ! L’Algérie n’arrive pas à choisir entre dictature militaire et démocratie civile, avec une population de plus en plus ulcérée par l’incroyable gâchis de richesses dont le FLN s’est montré responsable depuis l’indépendance. La Libye est en plein chaos, victime d’une guerre civile entre les milices de Tripolitaine et celles venues de Cyrénaïque. La Tunisie traverse une expérience démocratique unique, mais brouillonne, où elle est loin d’avoir récupéré le dynamisme industriel et touristique qui était le sien sous le régime Ben Ali, avant le printemps arabe de 2011. En fait, le Maroc est le seul pays du Maghreb où les investisseurs internationaux se sentent à la fois en sécurité et chaleureusement accueillis. Peugeot a ouvert en juin 2019, à Kenitra, une usine d’une capacité de 90.000 véhicules par an. PSA n’a fait que suivre son concurrent Renault-Nissan, dont le site de Tanger produit quelque 340.000 véhicules par an.
 
Le cancer islamiste fait toujours des ravages au Yémen, en Irak, en Syrie, en Libye, en Tunisie, en Algérie et dans toute la bande sahélienne. Mais il semble relativement bien bloqué aux frontières du Maroc. Est-ce parce que le roi porte le titre de "Commandeur des croyants" ? Une chose est sûre : l’enracinement de la dynastie alaouite dans la culture marocaine est facteur de stabilité. Venus du Hedjaz, appelés au XIIIe siècle par des pèlerins berbères du Tafilalet (sud-est du Maroc actuel et porte vers le Sahara et l’Afrique noire), les chérifs alaouites sont appelés ainsi car ils descendent directement d’Ali, gendre du Prophète. Au XVIIe siècle, alors que le Maroc est la proie des divisions, c’est un chérif alaouite, le prince Moulay Rachid, qui va réussir à unifier le territoire marocain et à le doter d’un pouvoir central fort.
 
Après avoir constaté que l’arabisation des études dans le primaire et le secondaire avait été une catastrophe, le gouvernement marocain a eu le courage de décider il y a quatre ans de réintroduire le français. Aujourd’hui, le Maroc envoie ses étudiants les plus brillants étudier dans les grandes écoles françaises. La force du Maroc est qu’il n’entretient pas de ressentiment envers l’ancien protecteur français (de 1912 à 1956), en grande partie grâce à l’intelligence de Lyautey, premier résident général du protectorat français. En 1941, Mohammed V avait forcé le respect des Français libres, en prenant la défense de ses sujets juifs, que Vichy cherchait à persécuter. Le sultan avait été fait compagnon de la Libération par le général de Gaulle.
 
Le maintien d’excellentes relations avec la France n’a pas été le seul geste stratégique réussi par Mohammed VI. En 2011, le roi a su parfaitement amortir la vague des printemps arabes, en promulguant une Constitution plus démocratique, où les pouvoirs sont clairement séparés entre le gouvernement et le Palais (qui garde la haute main sur la défense, la politique étrangère et la justice). Auparavant, Mohammed VI avait eu l’intelligence de lancer une audacieuse politique d’investissement en Afrique noire. La réintégration du Maroc dans l’organisation de l’Unité africaine n’a pas été qu’un symbole : elle incarne une réalité de terrain. La préservation de l’exception marocaine est aujourd’hui de l’intérêt pas seulement de l’Europe mais aussi de l’Afrique.
Est-ce à dire que le royaume est parfait ? Bien sûr que non. Les inégalités restent criantes et l’éducation nationale ne progresse pas assez vite. Sans progrès de l’instruction laïque, gratuite et obligatoire, il est illusoire de croire qu’on vaincra l’islamisme et qu’on ouvrira la société à la modernité. Toute la question est de savoir si le roi, qu’on dit parfois las, a encore suffisamment d’énergie pour continuer à réformer son royaume. Le problème des monarchies, c’est qu’à la longue, elles ne reposent toujours que sur un seul homme…

Paru dans Le Figaro, 30 juillet 2019
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Libéralisme classique et néolibéralisme sont deux doctrines qui n’ont rien à voir !
 
Chichement approuvé le 23 juillet à l’Assemblée nationale, le projet de loi autorisant la ratification du traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (Ceta en anglais) et les débats qui l’ont accompagné ont mis en lumière le problème que le concept de libéralisme pose aujourd’hui à la droite. Sur les cent quatre députés qui composent le groupe des Républicains (apparentés compris), quatre-vingt-dix-huit ont voté contre, cinq se sont abstenus et un a voté pour…
Chiffres spectaculaires qui étonnent et interrogent celui qui penserait encore que la droite est, avec des nuances mais par destination, favorable au libre-échange et à la globalisation. En réalité, raisonner ainsi serait mal connaître l’histoire de la droite (il faudrait dire "des droites") et ne pas voir deux réalités déterminantes, à la fois intellectuelles et politiques: celle d’une droite qui a changé et celle d’un libéralisme qui a muté, au point que leurs trajectoires se croisent avec de moins en moins d’évidence.
 
En trente ans, la droite a changé car les promesses de la "mondialisation heureuse" des années 1990 ont viré au mauvais rêve. Historiquement plutôt étatiste et interventionniste (pour sa principale composante en tout cas), la droite française a assisté impuissante, et en y prenant même sa part de responsabilité, au spectacle de la désindustrialisation, de la mise à la casse de secteurs entiers de l’économie nationale, de l’appauvrissement des classes moyenne et modeste - ceux qu’on appelle les perdants de la mondialisation.
Tout n’est certes pas la faute de la mondialisation dans l’échec économique et social français qui incombe pour une bonne part aux responsables politiques qui n’ont su qu’augmenter les impôts, favoriser l’extension sans fin du domaine de l’État et "gérer" le déclin. Mais les grandes tendances économiques à l’œuvre depuis trente ans s’observent ailleurs en Occident : c’est bien qu’il y a eu une lame de fond.
 
Sur le plan extérieur, ces trois décennies qui devaient voir triompher la démocratie libérale et les valeurs occidentales, après l’effondrement de l’idéologie soviétique, aboutissent à un grand désordre international, au chamboulement des puissances et à la contestation du leadership occidental. La Chine, la Russie, l’Iran et d’autres pays cherchent à bâtir un ordre alternatif qui séduit de plus en plus. Illibéralisme et modèles autoritaires trouvent des supporters dans les rangs de la droite française, au moins parmi les militants et les électeurs. La brillante victoire idéologique d’il y a trente ans, lors de la chute du mur de Berlin, se révèle une victoire à la Pyrrhus comme si, sans ennemi déclaré, la démocratie libérale ne pouvait se soutenir elle-même. Totalitarisme de notre temps, le péril islamiste, qui ronge au-dehors comme au-dedans, ne semble pas suffire à convaincre la droite de la défendre à tout prix.
 
Mais pendant que la droite perdait sa boussole, le libéralisme muta quant à lui et muta sous ses deux espèces : le libéralisme économique s’est transformé en idéologie de la mondialisation et le libéralisme politique en défense de la "société liquide" (Zygmunt Bauman). La pensée libérale classique, politique comme économique, concevait la liberté et son exercice dans des cadres établis et respectés : cadres politique (la nation), juridique (l’État de droit), social (la famille) et culturel (l’anthropologie occidentale). Ces structures abattues, reste un "laisser-faire" dogmatique et ravageur.
 
Ce néolibéralisme économique et le progressisme sociétal forment désormais ce que beaucoup entendent par libéralisme. Obama ou Macron peuvent dès lors être considérés comme plus libéraux que Trump ou Fillon, par exemple. Le Ceta traduit un libre-échangisme sommaire et plat qui déréalise les marchandises, les hommes et les territoires qui les produisent - seul compte l’échange qui "crée de la valeur". Le progressisme sociétal témoigne d’une vision sèche et brutale qui désincarne l’homme de son levant (PMA, GPA) à son couchant (euthanasie) - seul compte l’accomplissement des désirs individuels grimés en droits nouveaux.
Si l’on agrée cette lecture, sans doute un peu schématique, on comprend mieux le problème que le libéralisme pose à la droite. Suivre la pente du néolibéralisme et du progressisme sociétal, c’est rallier Macron. Certains ont fait ce choix et d’autres y seront immanquablement conduits. En revanche, laisser libre cours à la tentation dirigiste, voire autoritaire, c’est amenuiser l’esprit de liberté et fragiliser la société de confiance qu’il faut regarder comme l’un des fruits, précieux mais fragiles, de la civilisation européenne.
 
Que faire ? Faire confiance à la liberté en l’enracinant. Promouvoir l’initiative en la décentralisant. Protéger les Français en posant des limites. Le néolibéralisme et le progressisme sociétal sont des systèmes qui se nourrissent de la tentation de la démesure, du toujours plus et du "no limit". C’est une pensée de la mesure qu’il faut leur opposer : mesure politique, économique, sociale, environnementale et culturelle. Une mesure fondée en raison. Car ce qui choque dans le Ceta, c’est sa déraison : déraison à faire faire des milliers de kilomètres à des produits qu’on peut produire ici (ou dont on peut apprendre à se passer), déraison des OGM à outrance ou des farines animales.
Ses partisans auront beau jeu de traiter ses opposants de protectionnistes ou d’archaïques. Le circuit court ne résoudra certes pas tous les problèmes et ne saurait être vu comme une panacée universelle. Mais il recèle une vision du monde et des relations entre les hommes, une manière d’être et d’avoir qu’il est urgent de réapprendre. Il témoigne d’une anthropologie prudente et humaine, humaine parce que prudente. L’homme n’y est pas un isolé. Et cette vision est celle qui inspira certains courants libéraux. Qu’on songe au communalisme français, dont Tocqueville notamment témoigna si bien, ou à l’ordolibéralisme allemand qui sut conjuguer dynamisme économique et cohésion sociale. Si la droite savait retrouver ces accents, elle saurait retrouver sa voie.

Paru dans Le Figaro, 30 juillet 2019
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La folie perverse du gagnant-gagnant
 
Le gagnant-gagnant est la base du commerce mondial qui affirme que l’échange enrichit. C’est la trouvaille que le capitalisme a réussi à mettre dans les esprits fragiles pour retarder son écroulement par des soins palliatifs de plus en plus coûteux. Il est important de bien le comprendre pour ne pas s’en laisser endormir. Il est habilement fondé sur deux constats avérés et non discutables, sur un montage intellectuel assez simple et sur la capacité des peuples à croire que l’habit fait le moine et l’expert, la vérité.
 
Le premier constat est que lorsqu’un client a acheté son pain, il y a deux heureux, le client et le boulanger. Sans ce double contentement, pas de commerce possible et ce double contentement est chiffré par une augmentation du PIB qui additionne tous les achats sans aucune distinction. L’idée même de chiffrage du contentement devrait déjà pousser à la vigilance, voire à la prudence.
 
Le second constat est que le pire des imbéciles ou le dernier des demeurés peut toujours être utile à quelque chose dans un groupe organisé. Le bon sens le sait depuis toujours mais si l’on veut paraître savant, il faut appeler cela "l’avantage comparatif" de David Ricardo et dire que, comme tout le reste, nous ne le savons que depuis que le siècle des Lumières a enfin éclairé l’humanité.
Le montage intellectuel consiste simplement à décaler le premier constat et à négliger une condition essentielle du second pour pouvoir aussi le décaler.
 
Le décalage du premier constat consiste à transformer discrètement et arbitrairement le plaisir de deux individus en augmentation de la richesse collective. La "science" économique n’a jamais intégré que le contentement est une richesse terriblement volatile qui disparait très vite. Le rôle du PIB que l’on insère en permanence dans les esprits, est de faire croire à une création durable de richesse par la sacro-sainte "valeur ajoutée" qui claque comme une vérité indiscutable alors qu’elle n’est qu’illusion. En effet si l’échange de l’achat de pain a satisfait deux personnes à qui cet échange a donné du temps pour atteindre demain, si le travail du boulanger a été reconnu et récompensé, si le pain a été consommé ou jeté, si le boulanger a un euro de plus et le client un euro de moins, on cherche l’augmentation de la richesse collective aussi vainement qu’Aristote avait cherché les organes reproducteurs d’une pièce de monnaie. Quand les économistes accepteront-ils de reconnaître qu’il n’y a de valeur ajoutée d’une entreprise que parce qu’un client est venu s’appauvrir pour la créer ? C’est bon pour l’entreprise mais c’est totalement neutre pour la société…. sauf si le client lui est extérieur. Comme on dit en cuisine "Réservez !", mettez de côté en attendant de s’en servir plus tard.
 
Le décalage du deuxième constat est beaucoup plus pervers car il se fonde d’abord sur l’oubli que l’emploi de l’idiot du village n’est possible que dans un village organisé ou au moins structuré par une notion commune du bien. Il faut en effet bien avoir en tête ce que dit le bon sens à tout le monde depuis toujours et ce que dit l’avantage comparatif de Ricardo à ceux qui croient que c’est le siècle des Lumières qui a rendu le monde intelligent : Même si quelqu’un est plus mauvais en tout, il est utile au groupe qu’il fasse ce qu’il sait faire le moins mal. C’est là où le bât commence à blesser sérieusement car le capitalisme a complètement renoncé à appliquer ce principe évident à l’intérieur d’une même nation, ce qui est pourtant la seule façon de lutter efficacement contre le chômage. Il préfère sous-traiter ce problème aux entreprises dont ce n’est pas la vocation première et faire geindre les politiques sur leur inefficacité. Ayant abandonné l’application de l’avantage comparatif à l’intérieur des nations, le capitalisme tente de le rendre vivant à l’extérieur par une seule civilisation mondiale (la nôtre bien sûr même si elle est très malade) et une vision méprisante des autres peuples et de leurs civilisations. Ils deviennent nos idiots du village. Pendant que le capitalisme laisse se développer dans les nations de notre civilisation, le chômage qui est l’exacte négation de l’avantage comparatif de Ricardo, il décale ce principe vers l’ensemble des nations en voulant les voir unies et harmonieuses dans le groupe factice et fort coûteux de la mondialisation, de l’ONU, de la banque mondiale, du FMI, de l’OMC, de l’UNESCO, de l’OCDE, etc etc…. C’est la raison fondamentale de la volonté de détruire les nations de l’intérieur comme de l’extérieur, et d’imposer une seule civilisation mondiale parfaitement organisée pour que l’avantage comparatif devienne en effet une réalité au bénéfice de ceux qui l’organisent sous le merveilleux prétexte hypocrite de sauver de la pauvreté sur toute la Terre, ces êtres qui disparaitraient sûrement si nous ne leur donnions pas de quoi dépenser. C’est ce dont se vante Pascal Lamy, ex patron de l’OMC, dans la logique d’un monde à la Jacques Attali fondé, à entendre ce dernier, sur les marchés, la démocratie et l’initiative personnelle. Ce trépied "attalien" qu’il nous rabâche depuis 30 ans n’est que la domination des marchés qui achètent le vote des peuples et leur illusion par la démocratie et qui laisse les individus se débrouiller comme ils le peuvent. Heureusement ces être prétendument supérieurs, très contents d’eux-mêmes et fiers de sauver "la planète" comme ils disent et font dire à leurs affidés, seront bien évidemment remis à leurs places par la réalité et par l’Histoire. La réalité est que la Terre est composée d’une multitude de minéraux, de végétaux, d’animaux et d’humains et que la biodiversité s’applique aussi au genre humain, ce qui explique très heureusement la diversité des civilisations et des races.
 
Il faut maintenant comprendre comment on fait gober aux peuples toutes les fadaises nécessaires au capitalisme et comment le système tourne tout de même apparemment encore.
Il faut pour cela reprendre le constat dont j’avais demandé la réserve : la valeur ajoutée d’une entreprise n’existe pour la société que si le client lui est extérieur. Il est donc essentiel de faire payer les autres peuples. Cela s’est toujours fait par la guerre, la razzia, la mise à sac, le pillage, voire même par mariage entre familles royales. Mais le capitalisme a inventé la balance commerciale excédentaire ou/et l’émission de fausse monnaie apparemment vraie comme Law l’avait déjà fait pour permettre au Régent de payer les dettes de Louis XIV peu après sa mort en 1715 et comme la bourgeoisie l’a fait avec les assignats pour récupérer, à la révolution française, les biens de la noblesse et du clergé. Les Politiques s’agitent beaucoup pour que la balance commerciale de leur pays soit excédentaire. Ils ont beaucoup de mal à reconnaître qu’il faut qu’elle soit déficitaire chez d’autres pour qu’elle puisse être excédentaire chez eux. Alors ils inventent le gagnant-gagnant qui va convaincre les imbéciles et donc eux-mêmes en premier. Comme évidemment cela ne marche pas et comme aucun pays n’accepte de reconnaître qu’il paye pour les autres, la création de fausse monnaie par les banques centrales permet de faire discrètement endosser par la dette, la reconnaissance de ce paiement pour autrui à régulariser plus tard. On va jusqu’à voir les banques allemandes créer de l’argent pour le prêter aux pays du sud pour qu’ils achètent allemand. Les banques, centrales ou commerciales, se gardent bien de dire qu’elles compensent toujours leur création de monnaie par des créances sur les peuples qu’elles recouvrent à leur rythme avec la complicité des Politiques qu’elles fabriquent ; d’où la paupérisation des classes moyennes. Mais les créances pourries des banques augmentant nettement plus rapidement que l’appauvrissement des peuples pour permettre aux kapos du système de très bien vivre, tout le monde connait l’issue et tout n’est fait actuellement que pour la retarder quitte à la rendre encore plus abominable.
 
Mais en démocratie les vrais responsables sont les peuples à qui l’on fait croire qu’ils sont intelligents parce qu’ils dépensent le tiers de leur vie à se faire remplir le cerveau d’un savoir choisi par les marchés et souvent inutile. Perdant toute spiritualité et n’ayant plus de sens à donner à leurs vies, ils préfèrent s’évader dans le plaisir et laisser l’addition aux suivants.
Qui se présentera au peuple pour lui dire qu’il enfouit beaucoup trop par lâcheté son intelligence ? Le capitalisme se meurt. A cheval sur les États-Unis et sur la City, il ne survit provisoirement que par l’asservissement des peuples et des civilisations, par la fabrication scolaire et universitaire de demeurés prétentieux ainsi que par la profusion de fausse monnaie qu’il utilise à son seul escient en la plaçant n’importe où, et même à taux négatifs, pour la blanchir et en récupérer peut-être demain une partie.
Il est temps que les peuples, et pourquoi pas le peuple français en premier, retrouvent une organisation sociale qui ne soient pas de simples sublimations de rêves adolescents comme le sont le fascisme, le communisme et le capitalisme.

Envoyé par l'auteur, paru sur www.surlasociete.com, 18 juillet 2019
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Quelques mots atroces

Les florilèges de mots drôles ne manquent pas. Je ne sais s’il existe des florilèges de mots atroces. Certains d’entre eux sont célèbres, d’autres moins ; il en est de tout récents qui valent leur pesant d’ordure.

Politique
Célèbre, le mot du général Sébastiani, le 29 novembre 1830 : "l’ordre règne à Varsovie", s’écrie-t-il, alors que les troupes du tsar massacrent les Polonais. L’Etude op. 10 numéro 12 de Chopin, dite "révolutionnaire", est la sublime dégelée musicale infligée à ce larbin de la monarchie de juillet.
Déjà célèbre, quoique encore tout chaud, le mot de Laurent Fabius, dont la teneur est en vain contestée par ses peu fiables affidés, sur "le bon boulot" fait par les islamistes d’Al Nosra.
Leurs crimes de guerre ont été dénoncés par Amnesty International.

Religion
Le 8 novembre 1906 René Viviani, ministre du travail dans le cabinet Clémenceau, profère sur un ton sinistrement emphatique : "Nous avons éteint dans le ciel des lumières qu’on ne rallumera plus". Péguy a mouché comme il faut ce fanatique "allumeur de réverbères".
Le Grand Maître du Grand Orient de France, Jean-Philippe Hubsch, profitait tantôt de l’incendie de Notre-Dame de Paris (allumé par qui ??) pour déclarer que "ce monument historique national est un lieu de culture", "nous n’y voyons pas", ajoutait-il, "un lieu de culte".
Monsieur Hubsch devrait consulter un ophtalmologue. Il devrait aussi se cultiver et apprendre du Diable, puisque le Bon Dieu n’a pas son agrément, que la culture (je cite Doktor Faustus), depuis qu’elle s’est "détachée du culte et s’est faite culte elle-même, n’est plus qu’un déchet".

Anthropologie
"Tout est dit, et l’on vient trop tard /…/ ", énonçait La Bruyère, confirmé par Gide.
C’est faux. Les formidables acquêts de nos techno-sciences ont permis même en anthropologie des énoncés absolument originaux, ainsi cet immondice verbal (mental) de Pierre Bergé : "Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l’usine, quelle différence ?" Le plus ignoble barbare, dans la plus barbare des tribus les plus réfractaires à l’esprit, n’aurait pu proférer une telle insulte à la maternité.
(Mais La Bruyère précisait que "le plus beau et le meilleur est enlevé" ; il ne se prononçait pas sur le plus laid et le pire, où excelle notre époque, à preuve cette excrétion de Pierre Bergé).

L’idée de cette petite recension, je la dois à un mot sublime en apparence, frivole en vérité, sonnant creux, ne valant pas un pet, proféré par le Président Macron dont tout invite à penser que la finance l’intéresse infiniment plus que la France. "La France", s’écriait-il, "est une nation qui n’abandonne jamais ses enfants" : pastiche du grand style patriotique ("gloire à notre France éternelle… "), rodomontade qui ne serait que ridicule si deux "enfants" de la France ne l’avaient démentie au Burkina Faso par leur sang absurdement versé.

Il est assez plaisant de noter que ces mots atroces devraient assurer à leurs auteurs voués autrement à la déchetterie des destinées communes une sorte d’immortalité. Car qu’est-ce même, sauf exception (un de Gaulle), qu’un Président de la République ? Je ne me souviens, moi qui passe cependant pour un homme cultivé, que de Paul Deschanel, non pour ses actes politiques mais pour l’acte ferroviaire gratuit qui fut sa surréelle et très réelle réplique au Lafcadio (le héros de l’acte gratuit dans Les Caves du Vatican ; Lafcadio éjecte hors du train un vieux bonhomme.

Envoyé par l'auteur, 29 juillet 2019
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La mort du père
 
À maintes reprises, nous avons évoqué les dangers de la repentance historique, et particulièrement de la repentance coloniale qui fait des ravages parmi les populations récemment installées en France et précisément issues de nos anciennes colonies. Cette repentance, aussi absurde et nocive qu’injustifiée, semble s’inscrire dans un dessein beaucoup plus vaste que celui de l’étude historique, un dessein qui touche au cœur de notre civilisation : l’élimination du père.
 
La repentance s’attaque en effet à nos pères : c’est le rejet absolu de tout ce qu’ont réalisé nos anciens. Leurs personnes comme leurs actes sont à jamais couverts d’un voile de réprobation et de honte. Une fois leur image flétrie, souillée à longueur de médias, de fictions romanesques et d’études universitaires tendancieuses, le champ est libre pour attaquer le père d’aujourd’hui. Nous y sommes. Les fossoyeurs avancent maintenant à visage découvert. La "PMA pour toutes" est une nouvelle arme des sapeurs de l’autodestruction française. Il y en a beaucoup d’autres, comme cette récente loi imbécile qui interdit la fessée et les réprimandes des parents envers leurs enfants. Tout cela, y compris le plus ridicule, procède d’une même stratégie pour un même objectif. Ne parlons pas de complot, les acteurs de cette démolition sont au pouvoir et agissent à visage découvert. Mais la concordance des attaques contre la même cible est trop évidente pour n’être que le fruit du hasard.
 
Une déstructuration sociétale sans précédent s’accomplit donc sous nos yeux : après plusieurs décennies de coups de boutoirs plus ou moins directs, le père est en passe d’être purement et simplement éliminé. Après de petites touches insidieuses comme l’appellation administrative "parent 1 — parent 2" à la place de père et mère, on arrive maintenant à la fiction juridique d’un enfant qui aurait deux mères. Le père disparaît ainsi d’un système devenu fou à force de se déconnecter du réel.
 
Car le réel demeure, tenace, en dépit des artifices imposés par le totalitarisme LGBT et la lâcheté de ses suiveurs. Quels que soient les détours empruntés pour fabriquer un bébé à deux mères, celui-ci est toujours issu de la fécondation provoquée par la semence d’un père au contact de l’ovule d’une mère. Nul n’a encore trouvé le moyen de faire autrement. La disparition du père, dans la nouvelle langue PMA, est donc un mensonge, une fiction, un tour de passe-passe destiné à satisfaire les tenants d’une idéologie d’apprentis sorciers, dans le déni le plus complet de la réalité.
 
D’un geste thérapeutique – déjà sujet à réflexion éthique – en faveur des couples hétérosexuels infertiles, la PMA devient l’exercice d’un "droit à l’enfant" en faveur de gens qui ne veulent pas de relation hétérosexuelle. Qui plus est, ce nouveau "droit" qui n’aura plus rien de thérapeutique sera remboursé par la Sécurité sociale. La chosification de l’enfant, devenu simple objet de désir (PMA) ou de rejet (IVG), ouvre évidemment la porte à sa commercialisation (GPA). Jusqu’où va s’opérer la bascule entre l’être humain sujet de droit, et le même être humain devenant un simple objet ? La boîte de Pandore est ouverte. Après de telles manipulations et de tels mensonges, et dans la perspective des bouleversements attendus, les générations futures auront de beaux sujets de repentance à étudier. Mais au fait, dans la future société sans pères qui nous est promise, sur le dos de qui seront-elles autorisées à battre leur coulpe ?...

Envoyé par l'auteur, 26 juillet 2019
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Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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