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Présidentielle 2017 : Le vote de la mauvaise humeur !
 
Va-t-il falloir encore subir une campagne de dénigrement de caniveau ? C'est bien parti, le ton a été donné et les médias recommencent illico à chercher la petite bête, le scoop people et le tir à bout portant. Cela a commencé dans l'heure qui a suivi les résultats avec le dit "scandale" du restaurant" la Rotonde" où 
Emmanuel Macron a remercié ses soutiens et fêté le fait d'avoir réussi une percée hors du commun à laquelle personne ne croyait. Quelle divine occasion : les Sarkozistes ricanent en se vengeant du Fouquet's, les chasseurs de people et les 100 photographes glosent sur ceux qui étaient présents, les Fillonnistes qui digèrent mal font feu de tout bois contre celui pour lequel ils s'apprêtent à voter (ou pas). Une curée inutile, non démocratique et qui tire tout le monde vers le bas.
Les médias de droite dénigrent le candidat qu'ils jugent de gauche, et en profitent pour en remettre une louche sur François Hollande qui aurait tout manigancé (beaucoup d'honneur) et qui installerait son fils à l'Elysée ; ceux de gauche récupèrent tant bien que mal celui qui à leurs yeux a trahi et n'est pas de gauche...
Pire, le seul argument sur lequel  tout le monde est d'accord c'est encore une fois de voter contre, contre Marine Le Pen, à laquelle par la même occasion on rend service.
 
De programme nenni ! C'est beaucoup plus drôle de continuer dans ce système politico médiatique dont on vous a pourtant bien dit qu'il exaspérait les Français au point d'avoir provoqué l'éclatement des partis en place. On a donc droit aux prévisions cataclysmiques des législatives à venir : les nouveaux seront forcément nuls puisque sans expérience, et en même temps, c'est le cas de le dire, on veut la société civile et du renouvellement à l'Assemblée Nationale.
On raille les ralliements, on critique les consignes de vote, ceux qui en donnent et ceux qui n'en donnent pas. On dépèce ce qui reste des partis en guettant les divisions. On croque à pleines dents la pomme de discorde. Toutes les émissions n'ont qu'un but c'est de faire se contredire les invités ou les pousser dans leurs derniers retranchements.
 
Pourrait-on essayer de voir pour une fois la bouteille à moitié pleine ? Même si on a follement aimé Fillon ou d'autres. Le vote démocratique a décidé du résultat ; on craignait le pire, il n'est pas arrivé. On pourrait s'en féliciter au moins 2 ou 3 jours comme le monde entier qui soupire soulagé. Nous sommes en passe d'avoir le plus jeune Président de la République, il a quand même réussi, seul, sans parti à fédérer autour de lui, à créer une immense ferveur et sans dénigrer vraiment qui que ce soit ; il déclare nous aimer et avoir confiance en nous et clairement les Français avaient un peu besoin de cela.
Il assume d'être libéral dans un monde libéral, d'être Européen, d'aimer les entreprises et leurs créateurs, de ne pas détester les riches et ceux qui gagnent de l'argent, il veut réformer et vite... Les oiseaux de mauvaise augure prédisent l'échec avec une jouissance infinie. Et si on nous laisse un peu souffler et espérer ? Mais non, quiconque espère en ce candidat est un traître aux autres partis, aux autres candidats, à sa condition... et ce sont les mêmes qui ne veulent pas de Marine Le Pen. Bravo.
Il y a un moment où il faudra savoir ce que nous voulons !

Paru dans Challenges, 26 avril 2017
Publié dans Du côté des élites
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La recomposition politique s'impose à la droite
 
Emmanuel Macron n’a pas attendu le second tour pour célébrer son élection à la présidence de la République. Dès dimanche soir, le jeune homme pressé s’est comporté en vainqueur final, multipliant les V de la victoire devant les caméras. Après s’être montré, avec son épouse Brigitte, sur la scène du Parc des Expositions, porte de Versailles, c’est à La Rotonde, restaurant chic du quartier Montparnasse, que le leader d’En Marche !, suivi d’une horde de médias, a choisi de fêter son succès avec ses soutiens et ses amis célèbres. Deux sorties du métro voisin avaient été pour l’occasion fermées par les forces de l’ordre, ainsi que le trottoir longeant l’établissement. QuandNicolas Sarkozy avait commis son faux pas bling-bling en sablant le champagne au Fouquet’s, sur les Champs Elysées, au moins venait-il d’être élu. Mais si les journalistes n’avaient pas manqué de relever la faute de goût, on peut compter sur eux, cette fois, pour passer outre l’impudence de leur favori.
La victoire de Macron au premier tour (23,87 %) est aussi celle du pouvoir médiatique qui l’a porté et dorloté. La droite vaincue (François Fillon arrive en troisième position avec 19,94 % des voix, talonné par Jean-Luc Mélenchon, 19,60 %) a, dès hier soir, fait connaître sa volonté de "faire barrage" à Marine Le Pen qui, avec 21,43 % des voix, échoue dans son espoir de sortir en numéro un. Demeure évidemment, ce lundi, un sentiment de frustration chez ceux qui considéraient - j’en étais - le projet libéral conservateur de Fillon comme le plus abouti. Toutefois les affaires ne suffisent pas à expliquer son élimination. Elle est également due à son incapacité de s’adresser aux gens les plus vulnérables.

La destitution de Fillon, mais aussi celle de Benoît Hamon pour le PS (6,35 % !) s’ajoutent à celles de Sarkozy, Juppé, Duflot, Hollande, Valls... C’est bien un monde ancien que les Français ont décidé de mettre à bas. La remarquable percée de Macron s’inscrit dans cette logique de renouvellement, et je reconnais m’être trompé pour avoir vu chez lui, ici, une bulle sans lendemain. Mais Les Républicains sont retombés dès hier soir dans le travers des tambouilles en voulant reconstituer contre Le Pen un énième "front républicain". Quand Fillon appelle à voter Macron après avoir dit vouloir "vaincre le totalitarisme islamique", son ralliement à celui qui ne jure que par "l’apaisement" révèle le drame de cette droite sans convictions durables. Mélenchon est plus conséquent quand il préfère ne pas donner de consigne de vote. En fait, la nécessaire recomposition politique va s’imposer aussi à la droite la plus bête du monde. Elle ne peut plus se permettre le luxe d’une division, en pointant encore les fantômes du vieux FN. C’est cette formation recentrée qui, que cela plaise ou non, est devenue le premier parti d’opposition. Marine Le Pen a deux semaines pour tenter d’attirer ceux qui n’entendent pas laisser la France brader sa souveraineté et dériver dans le multiculturalisme que cautionne Macron, cornaqué par Terra Nova et sa flatterie des minorités. Mais si Fillon a échoué par manque de sensibilité sociale, Le Pen échouera si elle persiste dans un antilibéralisme absurde. Sortir de l’euro est également moins urgent que sauver la nation de sa dislocation engagée.

Paru sur blog.lefigaro.fr/rioufol, 24 avril 2017
Publié dans Du côté des élites
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Départementalisation
 
Les évènements récents en Guyane font une fois de plus ressortir l’ineptie du statut de département appliqué à nos territoires d’outremer. On fait d’eux des "Lampedusa"  exotiques en but à une immigration incontrôlable, pour ce qui est de la Guyane venant d’Haïti, du Brésil et du Surinam : il est impossible de fermer nos frontières ouvertes à tous les vents. De plus on empêche tout développement économique.
Pour faire lever le blocage du département, après avoir offert 1,86 milliard d’euros notamment pour construire des lycées et des collèges, une citée judiciaire à Cayenne, une prison à Saint-Laurent-du-Marony et des routes, on a fini par céder aux exigences du collectif et promettre 2,1 milliards de plus.
Il est vrai que les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent
 
La Guyane est avec Mayotte, le territoire français où l’impact migratoire est le plus fort. Au dernier recensement, plus de 84 000 étrangers étaient présents sur le sol guyanais, soit le tiers de la population totale. Cette immigration est avant tout régionale et s’explique par le niveau de vie attractif pour les ressortissants des pays environnants. La population est passée de 20 000 habitants en 1950 à 230 000 de nos jours
Les avantages sociaux attirent comme un trou noir, augmentent le coût de la main d’œuvre si bien qu’aucune activité économique ne subsiste sauf celle du béton pour construire des infrastructures : écoles, routes, hôpitaux.
En Guyane il y a bien le centre spatial de Kourou qui a certes des retombées sur les finances locales mais comme le fut le cas pour le Centre d’Essai en Polynésie, fonctionne à part dans son enclave et n’est là qu’à cause de la proximité de l’équateur.
En fait la Guyane vit surtout de transferts de la métropole : salaires des fonctionnaires, subventions, aides sociales. La fonction publique fournit la moitié des emplois qui sont surpayés y compris les agents recrutés sur place.
Et l’on vous dira, ce qui est vrai, que les Français de Guyane ne vivent pas aussi bien que ceux de la métropole.
 
Le statut de département entraine de curieuses aberrations, la Guyane étant sensée faire partie de l’Europe, on n’y applique les normes européennes, par exemple on n’importe pas de viande du Brésil où elle n’est pas chère, les abattoirs n’étant pas aux normes européennes. En fait tout est importé notamment de métropole.
On retrouve à Mayotte la même situation, en pire, du fait de la différence culturelle d’une population à 95 % musulmane et pour beaucoup ne maitrisant pas le français. Une immigration constante à partir des autres iles des Comores où le niveau de vie est très bas, mais aussi de Madagascar et de l’Afrique de l’Est, entraine une croissance démographique explosive : plus de la moitié des résidents sont d’origine étrangère dont la moitié des clandestins. Pourtant on expulse plus de 20 000 clandestins par an autant qu’en métropole. On compte actuellement 500 habitants au km2, la croissance est telle qu’il faudrait construire une classe par jour pour scolariser les enfants, actuellement 33 % des enfants de plus de 15 ans n’ont jamais été scolarisés.
Les investissements sont pourtant croissants : 117 millions d’euros en 2003, 337 en 2015.
Un récent rapport sur le système éducatif mahorais montrait que le taux de réussite au bac était à Mayotte de 74 % contre 93 % en Guyane ou à la Réunion, et encore on doit être indulgent puisque 85 % des élèves mahorais échouent en première année d’études supérieures.
Ce qui est intéressant c’est ce que le conseil économique et social (CESEM) propose comme solutions : développer l’internat, mais aussi apprendre dans le primaire à lire et écrire en langue maternelle shimaoré ou kibuschi - des formes locales du swahili -  et développer l’enseignement privé musulman au primaire puis au secondaire. On ne pourra que constater l’échec de l’intégration des Mahorais dans le moule français.
Pour le reste on trouve les mêmes tares qu’en Guyane : économie dépendant des transferts - salaires d’une fonction publique surabondante et surpayée, aide sociales, subventions. Etant donné le coût de la main d’œuvre on ne produit plus rien à Mayotte sauf du béton pour les équipements. Et en plus la situation sociale est explosive.
 
Le choix du statut de département est totalement inadapté, il aurait fallu adopter des statuts spécifiques donnant aux territoires une certaine autonomie, permettant leur développement dans le contexte de la zone. Les autres anciennes colonies Guyanaises ont toutes reçu leur indépendance et le statut de Mayotte attire inexorablement les populations voisines.
Quand on compare les deux îles sœurs de la Réunion et de Maurice, on ne peut que constater que l’ile française dépend pour une grande part de la métropole, alors que Maurice indépendante se suffit à elle-même et dispose d’une économie autonome, production sucrière, banques, industrie et tourisme.
Peut-être conviendrait-il de desserrer la tutelle de la métropole et de donner à la Réunion une large autonomie. On peut faire la même réflexion au sujet de la Guadeloupe et de la Martinique.

dejudasatartuffelettresaumonde.hautetfort.com
Publié dans En France
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La Rotonde, Fouquet's de Macron 
 
Est-il nécessaire de se pencher sur les cartes de ces deux grands établissements parisiens pour en comparer les prix ?
Ce qui compte c'est l'esprit et ...  c'est le geste.
 
Emmanuel Macron, le soir du 23 avril s'est très vite comporté en vainqueur. En vainqueur, non pas du premier tour de l'élection présidentielle mais en vainqueur du second tour de ladite élection. "V" de la Victoire, "contact" avec la foule du haut du sixième étage de son quartier général, traversée de Paris à la Chirac en 1995 avec motards, journalistes et feux verts... mais Chirac était déjà élu, lui, et Sarkozy au Fouquet's l'était aussi !
 
A Montparnasse, quartier de la fête s'il en est, à la Rotonde, l'attendaient ses petites mains mais surtout des représentants de différents réseaux, de la finance, des médias, du "show biz" ; l'embrassade avec Stephane Bern, notamment, n'a échappé à personne.
Pendant ce temps, à Hénin-Beaumont, bien loin de Paris, les télévisions nous montraient "les petits et les sans grade" qui dansaient et faisaient la "chenille".
D'un côté un "entre-soi" et de l'autre le peuple, les "travailleurs", comme dirait Madame Arthaud.
 
Au même moment, la classe politique qui se croit encore propriétaire de ses voix donne ses consignes et fait ses comptes sur ses calculettes... Les résultats sont là !!! Elle n'a toujours pas compris que le peuple ne l'écoute plus, qu'il a déjà rejeté Hollande, Juppé, Sarkozy, Valls, Dufflot, Fillon et qu'il risque de vouloir continuer avec leurs héritiers. Comme l'ont fait les Italiens une première fois et comme ils sont en train de le faire de nouveau, comme l'ont fait les Grecs, comme l'ont fait les Américains, comme ont failli le faire les Autrichiens.
Il est possible de supposer que les images projetées de l'épisode de la Rotonde et des premiers pas de Macron qualifié pour le second tour, auront plus d'impact sur les électeurs de Mélenchon, et même sur bien des électeurs de Fillon, que les mots d'ordre qu'ils auront reçus.

24 avril 2017                                          
 
Publié dans Du côté des élites
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Gagner les législatives
 
Le vote du premier tour des présidentielles ne doit pas être interprété comme un résultat traditionnel que la "droite" viendrait de perdre face à la "gauche" incarnée par M. Macron. Cette vision est superficielle et fausse. Nous sommes, me semble-t-il, dans une autre logique, celle de l’apocalypse générale de la classe politique. Le parti socialiste au pouvoir est écrasé, broyé, détruit avec 7 % des voix. La "droite" est balayée elle aussi, avec 19 % des voix alors qu’elle disposait d’un boulevard après 5 ans d’opposition. Elle est victime de l’impasse des primaires, de la succession des scandales et de la médiocrité d’une génération finissante. Enfin, la France d’en haut, tout l’aéropage des experts bienpensants, annonçaient une fulgurante percée du parti lepéniste, en première position, dépassant 30, voire 40 % des suffrages, emportant tout sur son passage. Or, ce dernier n’accomplit qu’un score dérisoire de 21 %, loin derrière M. Macron, avec la certitude d’un écrasement au final qui lui sera peut-être fatal. Aucune force politique ne sort indemne de l’apocalypse du 23 avril, sinon peut-être un revenant : le parti communiste français, à travers M. Mélenchon.
 
Quel est ce président de la République que la France vient sans doute de se donner le 23 avril avec un résultat de premier tour faiblard, qui ne marque aucun engouement aucune adhésion populaire ?
Il est un homme de 39 ans, sans expérience de l’Etat ou presque, ni de la vie politique, n’ayant jamais de sa vie été confronté au suffrage universel, n’ayant jamais fait la moindre preuve d’une efficacité quelconque au pouvoir, à deux exceptions près : la libéralisation du transport par car et l’ouverture des magasins le dimanche. Il semble de prime abord dépourvu de vision historique. Adulé par le monde médiatique qui en a fait son idole, il doit son succès à un étrange effet de mode qui va s’accentuer dans les jours avenir, jusqu’à l’extase, avant de se transformer, au fil des déceptions, en mise à mort rituelle.
Le second tour annoncé de ces présidentielles est le pire cas de figure que nous pouvions imaginer : nous sombrons dans un affrontement idéologique grotesque entre "mondialisme" et "nationalisme" alors que la France a tant besoin de sérieux, d’un gouvernement d’action et de réforme. A travers lui, les Français n’ont pas voulu prolonger le mandat de M. Hollande. Ils ont voulu voter pour un visage nouveau. Ils ont fait le choix d’une sorte de vide, de néant qu’ils ont voulu porter à l’Elysée, dans un contexte de discrédit absolu de la fonction présidentielle.
 
Nous n’avons pas le droit de désespérer face à cette apocalypse matinée de béatitude. M. Macron, porté par un fantastique effet médiatique, n’a pas d’orientation politique précise ni de projet clair, encore moins de force politique structurée susceptible de lui fournir une majorité stable. Le vote du 23 avril est avant tout celui de la neutralisation du pouvoir élyséen. De fait, même si cela est extrêmement difficile à admettre pour nos esprits intoxiqués au présidentialisme, l’Elysée a perdu l’essentiel de sa puissance et de son autorité morale. Est-ce définitif ou provisoire ? C’est ce que j’ignore. Tout dépend de la capacité du système politique français à engendrer un nouvel homme d’Etat dans l’avenir. Mais en attendant, les cinq années qui viennent ne dépendent désormais plus que d’une chose : la lucidité des Français dans leur vote aux législatives de juin. Celui-ci sera infiniment plus difficile à manipuler. Il est facile pour la propagande médiatique de matraquer un candidat aux présidentielles et d’en magnifier un autre. Sur un scrutin réparti en 577 circonscriptions, la manœuvre est plus complexe. C’est pourquoi, comme je le répète depuis des mois ou des années, le vrai rendez-vous démocratique sera celui de juin 2017. Il n’était pas celui de ces présidentielles truquées. Ceux qui veulent sauver leur pays doivent impérativement se mobiliser et saisir cette occasion inespérée de bousculer le cours des choses et de rompre avec la fatalité.

Paru sur maximetandonnet.wordpress.com
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"L'école, cette grande absente de la campagne présidentielle"
 
Malika Sorel est conseillère de François Fillon sur les questions liées à la nation, à son unité et à son avenir. Ingénieur de l'École polytechnique d'Alger, diplômée de Sciences Po Paris, elle est ancien membre du Haut Conseil à l'intégration, institution rattachée au Premier ministre. Elle est l'auteur de Décomposition française (éd. Fayard, 2015) qui a reçu le prix "Honneur et Patrie" des Membres de la Société de la Légion d'honneur et qui vient de paraître en édition "poche".
 
La campagne pour l'élection présidentielle s'achève. Selon l'enquête d'Harris Interactive pour la Fondation pour l'innovation politique, elle déçoit une majorité d'électeurs. 80 % d'entre eux la jugent "décevante", et 76 % "ratée". En réalité, nous n'avons pas eu de vraie campagne présidentielle. Nous avons été dépossédés par les médias de l'élection qui est à nos yeux la plus importante, car elle dessine les contours de la société française que nous voulons pour demain.
Parmi les sujets qui auraient dû être versés à la délibération collective aux côtés de la résorption de notre dette abyssale figure celui de l'école, car c'est à l'école que se construit l'avenir de la France. C'est à l'école qu'incombe la délicate mission de former les citoyens de demain à partir des enfants qui lui sont confiés et qui ne sont pas tous éduqués, loin s'en faut, avec le même référentiel de principes et de valeurs. C'est aussi à l'école qu'incombe la lourde responsabilité de préparer les adultes qui participeront demain à créer de la valeur pour assurer la croissance, dans un monde en rapide évolution où plus que jamais, la maîtrise des savoirs devient un enjeu pour épouser les mutations du marché de l'emploi.
 
Il existe un grand impensé de l'école, c'est la rapide augmentation de la proportion des jeunes d'origine étrangère dans la démographie scolaire et ses conséquences sur l'école et sur l'ensemble de notre société. Cette évolution démographique a été analysée par les démographes Michèle Tribalat et Bernard Aubry. Entre 1968 et 2011, cette proportion est passé de 13,1 à 26,8 % pour les communes de 10 000 à 30 000 habitants ; de 14,2 % à 36 % pour les communes de 30 000 à 50 000 habitants ; de 14,3 % à 36,5 % pour les communes de 50 000 à 100 000 ; et pour les communes dont la population excède 100 000 habitants, cette proportion des jeunes de moins de 18 ans d'origine étrangère est passée de 14,8 % à 33,5 %. Ces chiffres ne sont qu'une photographie. Dès 2011, on notait que 46,2 % des enfants qui naissaient en Île-de-France avaient au moins un parent né à l'étranger. En Provence-Alpes-Côte-d'Azur ces naissances représentaient 32,5 %, et en Alsace 31,2 %.
 
À l'automne 2016, l'Insee communique les chiffres qui dessinent le nouveau visage de la France: depuis 2011, les naissances d'enfants issus de deux parents nés en France ont diminué de 7,8 %, tandis que celles d'enfants dont l'un ou les deux parents sont nés à l'étranger ont augmenté de 6 %.
Selon le politologue Jérôme Sainte-Marie, "l'immigration est devenue un enjeu total. Il ne s'agit pas, dans l'esprit de plus en plus de citoyens, d'une question isolée des enjeux économiques, sociaux et culturels, mais d'un sujet qui synthétise un rapport au monde". Je n'ai eu de cesse d'en faire la démonstration au long de mes publications. Non pour porter quelque accusation que ce soit contre les immigrés et leurs descendants, qui deviennent souvent eux-mêmes otages d'une situation qui les dépasse ; mais pour tracer la voie qui permettra à la France de relever les redoutables défis auxquels elle se trouve confrontée. Penser que l'évolution de la démographie scolaire n'a qu'une incidence mineure sur notre devenir, c'est gravement sous-estimer ces défis que notre société, et en première ligne ses enseignants, doivent relever si l'on souhaite éviter la partition de la France. "Car c'est quand même ça qui est en train de se produire : la partition", constate le Président François Hollande, qui s'en inquiète dans ses confidences aux journalistes Davet et Lhomme.
 
Lorsque l'enfant rencontre ses premiers instituteurs, ses parents, premiers éducateurs qu'il trouve sur son chemin, lui ont déjà imprimé leur marque. L'élève n'entre jamais à l'école à l'état d'une page blanche sur laquelle son enseignant peut librement écrire, et ses parents continueront d'écrire sur cette page même lorsque le corps enseignant aura entamé la mission qui lui est confiée par la République. Pour l'élève, les problèmes surgissent dès lors que les valeurs de sa culture familiale sont "contraires aux traditions de la société du pays d'accueil", pour reprendre les mots d'un rapport des instances européennes de 1987. En 2007, la commission du linguiste Alain Bentolila qui planche sur l'école maternelle évoque à son tour l'existence d'un "risque transculturel pour tout enfant de migrant ou pour les enfants venus d'ailleurs" et soulève pour ces derniers la question de la compatibilité culturelle entre l'école et la maison.
 
Longtemps, l'attention du plus grand nombre s'est focalisée sur le collège. Avec les piteux résultats que nous connaissons: le déclassement de la France dans le programme international PISA qui mesure les acquis des élèves, auquel il convient désormais d'ajouter un sentiment de honte: la France est au dernier rang des pays de l'OCDE pour le respect de la discipline en classe. Les conditions de la transmission des savoirs ne sont plus réunies. Pourtant les données étaient déjà connues, qui attestaient du fait que les élèves se trouvant en difficulté à l'entrée au collège l'étaient déjà en quasi-totalité dès leur entrée au CP. L'égalité des chances se prépare dès la maternelle. Le collège n'est que l'heure de vérité. C'est l'étape de la scolarité où explosent tous les problèmes qui se sont accumulés. Celle où il n'est plus possible de dissimuler le fait que les apprentissages ne peuvent réussir sans la maîtrise des prérequis.
 
Dès la petite enfance, de nombreuses actions doivent être conduites simultanément. Il est primordial d'aider chaque enfant à se construire des attaches affectives et culturelles avec notre société. Cela se fait par la lecture de contes qui permettent de se construire un imaginaire qui plonge ses racines dans la culture franco-européenne. Par l'acquisition d'un répertoire de comptines et de chansons enfantines françaises. Cela passe également par un apprentissage exigeant de la langue française basé sur des écrits de bonne qualité littéraire. Comme l'avait fort bien pensé le professeur Michel Zorman, le dictionnaire de mots maîtrisé par le très jeune enfant va jouer un rôle décisif, de même que sa maîtrise du code alphabétique de la langue. D'où la nécessité d'instaurer, dès la grande section et jusqu'à la fin du CE1, un entraînement soutenu dans l'apprentissage de la lecture puis de l'écriture. Aujourd'hui, le plus souvent, seuls les enfants qui ont eu le privilège d'évoluer dans un milieu familial dont l'usage de la langue française n'est pas atrophié, disposent d'une chance d'aborder les apprentissages de l'école primaire sur leurs deux jambes. Les autres trébuchent dès les premières semaines. Parmi eux, certains se relèveront. D'autres seront traînés de classe en classe en attendant l'âge légal de fin de la scolarité obligatoire.
 
Combien de parents ou de grands-parents savent-ils qu'en une poignée de décennies, les élèves du primaire ont perdu l'équivalent d'une année d'enseignement du français? Les volumes horaires d'enseignement de la langue française doivent être rétablis à l'école primaire aussi bien qu'au collège. Alain Viala, qui présidait la commission chargée de réformer les programmes d'enseignement du français, avait reconnu que la modification des programmes d'enseignement du français introduite en 2000 avait pour préoccupation première le public de l'immigration extra-européenne. Cette réforme tant décriée avait été accusée, à juste titre, d'empêcher un grand nombre d'élèves de parvenir à habiter et investir une langue désormais le plus souvent présentée comme un simple corps inerte à disséquer. L'approche des linguistes, qui a toute sa place dans le cycle de l'enseignement supérieur, doit être pourchassée et éliminée de tous les cycles précédents. Il en va de l'appropriation de la langue française par le plus grand nombre d'enfants. La langue n'est pas un banal outil de communication: elle est le véritable véhicule de la pensée, de la vision et de la représentation des autres et du monde.
 
Il nous faut également écarter la querelle éducation/instruction, tant elle est devenue, au fil de la transformation de notre société, surréaliste. L'esprit de responsabilité commande la conjugaison des efforts de la famille et de l'école, d'autant qu'éducation et instruction s'entremêlent étroitement. Les parents doivent comprendre que leur intérêt et celui de leurs enfants est d'accompagner le travail des enseignants, de le faciliter. Il n'est pas nécessaire de comprendre soi-même le contenu des programmes scolaires. Seulement de s'acquitter, avec esprit de responsabilité, de son rôle de parent de préparer son enfant à être réceptif et toujours respectueux des enseignants, des autres élèves et de son environnement.
Les remises en cause de nos principes républicains de liberté individuelle, d'égalité homme-femme et de laïcité sont le plus souvent, à tort ou à raison mais là n'est pas le sujet, le fait de commandements religieux qui se retrouvent placés au-dessus des lois de la République. Comme le disait Régis Debray au Père Jean-Michel Poffet lors d'une discussion au Salon du livre de Paris en mars 2008, "l'intrusion de Dieu dans cette bagarre est une catastrophe. Pourquoi? Parce qu'on transige sur des intérêts, on négocie en ce qui concerne un territoire. Sur le sacré, on ne transige pas." Ceux qui préconisent l'enseignement du fait religieux à l'école se comportent, sans nécessairement en avoir conscience, en apprentis-sorciers qui jouent avec la paix dans notre société. L'enfer est souvent pavé de bonnes intentions ; les problèmes auxquels nous sommes confrontés ne résultent en aucune manière d'une ignorance à laquelle la simple pédagogie serait à même de remédier.
 
Pour remettre nos enseignants en capacité d'assurer pleinement leur mission, l'école doit être impérativement de nouveau protégée des querelles des hommes. La laïcité est la digue qui protège la France. Ceux qui travaillent à l'affaiblir porteront une responsabilité face à l'Histoire. Les hommes passent ; leurs écrits et prises de position au sein de la cité demeureront.
La question de la liberté est vitale, car elle conditionne l'innovation et la croissance de demain. C'est la liberté de pensée qui permet de repousser sans cesse les portes de l'imaginaire et du possible. La liberté est le sein nourricier de l'innovation. Le doute, avec son questionnement sous-jacent, éveille la curiosité, qui libère la pensée et incite à aller de l'avant. La capacité à douter est une des caractéristiques fortes de l'esprit occidental auquel l'écrivain Édouard Glissant rend un vibrant hommage : "La pensée occidentale s'allie somptueusement à la puissance et au désir de découverte. La passion de la découverte est une spécificité occidentale". Je confirme.
Le tsunami des flux migratoires de cultures non européennes a placé l'école face à des difficultés inédites, auxquelles elle n'était pas préparée. Remettre les savoirs au centre du système éducatif permettra à une grande partie des enfants d'accepter de saisir la main de l'enseignant, y compris lorsque ce dernier diffère de son propre parent de par les connaissances qu'il transmet. C'est là que se situe le nœud du problème, d'autant que, comme le note la sociologue finlandaise Jouni Välijärvi dans un rapport de l'Unesco, "on sait que les performances des élèves ont pour moteur le capital culturel et les centres d'intérêt qu'ils apportent de chez eux à l'école". Lorsque l'enfant rejette la main de l'enseignant, la réussite de l'élève relève alors du miracle.

Paru sur Figarovox, 19 avril 2017
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Pour qui je vote et pourquoi
 
A moins de deux semaines du premier tour de la présidentielle, voici pour qui je vote et pourquoi.  
 
1° La situation internationale est préoccupante. Nul ne sait jusqu’où ira l’hubris américaine pour rétablir son leadership. Nul ne sait ce que nous réserve l’opportunisme du Président Trump. L’intérêt premier de notre nation est la paix. Ne pas se laisser entraîner dans des aventures militaires, en Ukraine, en Syrie, en Corée ou Dieu sait où. Fillon, Le Pen, Mélenchon sont les trois candidats de la paix. C’est moins le cas de Macron qui est plutôt le candidat du suivisme atlantiste. La paix est la question qu’on pose le moins. Pourtant c’est la plus importante.
 
2° Relativement à la situation nationale, il y un candidat conservateur, un candidat réformiste, et deux candidats révolutionnaires. Chacun d’eux (aux incertitudes près) est en passe de bénéficier du soutien d’un quart de l’électorat.
Le candidat conservateur est Macron. Il représente largement la continuité de la politique Hollande, avec un changement de visage. "Si nous voulons que tout reste pareil, il faut que nous changions tout."
Les candidats révolutionnaires, sont Le Pen et Mélenchon. Il est peu probable qu’ils aient le pouvoir de révolutionner le pays. Ces deux candidats sont en revanche bien capables de nous mettre dans l’anarchie et de donner une image désastreuse de notre pays. Leurs réformes reviendront toutes à charger la barque de la dépense publique tout en dégradant la compétitivité. S’il est possible de gagner une élection sur des thèmes qui divisent, il est plus difficile de gouverner sur cette base. Sauf à abolir les libertés, ce qui est le véritable risque de ce genre d’expérience indigne d’un grand peuple.
Le seul candidat réformiste est Fillon. Avec mesure et sur la durée, il veut rétablir la compétitivité du pays, équilibrer notre système social, moderniser la sphère publique, arrêter l’évolution délirante dans l’Education nationale. Ce sont les dossiers qui sont en attente depuis plus de trente ans et qu’il faut impérativement faire avancer. Ce programme est très travaillé et se veut le premier chapitre du redressement national. Une fois réformée, la France peut alors retrouver un rôle moteur en Europe.
 
La campagne électorale a été décevante. Elle est un pur exemple de superficialité et d’arrogance à la française. Chez les dirigeants politiques, chez les journalistes, chez les juges, et peut-être chez beaucoup d'entre nous, les Français. Et cela alors qu’il s’agit des intérêts vitaux de la nation. Dans notre histoire, avons-nous jamais été aussi proche d’avoir l’extrême gauche au pouvoir ? Avons-nous jamais été aussi proches d’avoir au pouvoir ce mélange instable de jacobins et de réactionnaires qu’est le FN ?
Notre pays a absolument besoin de paix et de réforme. Le futur président ne peut se proposer que des objectifs modestes, mais indispensables à toute ambition ultérieure. Il ne faut pas en attendre des merveilles, mais de bons et loyaux services permettant à la France de retrouver sa forme.
Fillon seul a longuement travaillé son programme. Il a fait preuve d’une résistance exceptionnelle.  
Pour ces motifs, je voterai Fillon.
www.henrihude.fr, 12 avril 2017
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Propositions d'ETHIC pour réduire les dépenses de l'État :
en exclusivité, les réponses des candidats !
 
Les entrepreneurs d’ETHIC (Entreprises de Taille Humaine, Indépendantes et de Croissance), dans leurs vœux, classent en premier la réduction des dépenses de l’État qu’ils perçoivent comme une opportunité majeure d’une stratégie de croissance. C’est donc sous un angle de réforme entrepreneuriale que le mouvement ETHIC a réuni un groupe de travail composé d’économistes et de chefs d’entreprise.
Le fruit de leurs travaux  a pris place dans un "livret rose" de la réduction des dépenses publiques, envoyé aux responsables politiques de tous bords se présentant à l’élection présidentielle avec un questionnaire destiné à recueillir leur évaluation.
 
Les axes principaux de ce rapport sont fondés sur des valeurs (les valeurs d'ETHIC !), au nom de la Liberté, l'Equité et la Responsabilité Individuelle.

 
5 candidats, Nicolas DUPONT-AIGNAN, François FILLON, Marine LE PEN, Emmanuel MACRON et Jean-Luc MELENCHON, ont répondu aux 14 mesures proposées par ETHIC : SMIC, statut des fonctionnaires, Education Nationale, chômage... 
 
Voici leurs réactions...
 
 

                                                                                                 LIBERTE
 
                               FAIRE DES PARTENAIRES SOCIAUX DES ACTEURS LIBRES, LEGITIMES ET RESPONSABLES

ETHIC propose de sortir des 35 heures en octroyant aux partenaires sociaux la faculté de fixer librement et contractuellement le temps de travail et les conditions de rémunération par des accords de branches ou d’entreprises.

 
 
1 - Fixer un SMIC selon la négociation collective de branche à l’initiative des commissions paritaires, pour les conventions n’en prévoyant pas.
 
      FAVORABLE     DEFAVORABLE       à étudier  INAPPLICABLE
Nicolas DUPONT-AIGNAN                X    
François FILLON                X    
Marine LE PEN                X    
Emmanuel MACRON                X    
Jean-Luc MÉLENCHON                X    

Commentaires :
Nicolas DUPONT-AIGNAN Je ne suis pas opposé aux accords de branche tels qu’ils existent aujourd’hui mais je considère inenvisageable une négociation du niveau du SMIC au sein des branches. Le SMIC est national et doit le rester. La première exigence doit être de définir une stratégie de croissance pour notre pays, pas de revoir le salaire minimum des Français qui enferme les Français dans une trappe à bas salaire.
François FILLON  Je suis naturellement favorable à ce que les conventions collectives puissent toujours définir leurs classifications et leurs grilles de rémunération. Néanmoins, je ne prévois pas de remettre en cause le SMIC qui doit demeurer le salaire minimum applicable pour tous.
Emmanuel MACRON  Le Code du travail doit définir un socle de droits et de règles qui s’impose à toutes les entreprises. Le salaire minimum, aux côtés de la durée légale du travail ou de l’égalité professionnelle, en fait partie : il ne sera pas susceptible d’être négocié au niveau des branches.
 


  2 - Négocier au niveau de chaque entreprise, entre les dirigeants et les salariés ou leurs représentants
le temps, la durée du temps de travail et la rémunération en fonction des besoins et de la situation de chaque entreprise.
 

      FAVORABLE    DEFAVORABLE      à étudier   INAPPLICABLE
Nicolas DUPONT-AIGNAN                   X  
François FILLON             X      
Marine LE PEN                 X    
Emmanuel MACRON             X      
Jean-Luc MÉLENCHON                 X    
 
Nicolas DUPONT-AIGNAN  Je veux libérer les entreprises des contraintes de l’Etat. Concernant le temps de travail je préconise la défiscalisation complète des heures supplémentaires, ainsi les salariés et les chefs d’entreprise pourront ensemble adapter le temps de travail et la rémunération selon leurs besoins. Etre libéral ne signifie pas réformer et libéraliser l’économie par décret mais de compter sur le bon sens des entrepreneurs et des salariés.
François FILLON  La suppression de la durée légale de 35 heures est au cœur de mon programme pour améliorer la compétitivité du pays. Dans le secteur privé, le passage au-delà de 35h se fera par le biais d’accords d’entreprises ou de branches qui définiront le seuil effectif de déclenchement des heures supplémentaires et les modes d’organisation du temps de travail.
Marine LE PEN  Je ne suis pas favorable à la renégociation au niveau des entreprises. Cela crée une concurrence déloyale à l'intérieur même d'une branche. Je suis en revanche favorable aux négociations sur la durée du temps de travail au niveau des branches à condition d'une compensation salariale intégrale
Emmanuel MACRON  Au delà du socle de principes définis par le Code du travail, la primauté sera donnée aux accords d’entreprises et de branches. Les conditions de travail et les salaires doivent être négociés au plus près du terrain. Nous souhaitons donc que les accords d’entreprises priment sur les accords de branches.
Jean-Luc MÉLENCHON  Nous abrogerons la loi El Khomri, qui remet en cause le principe fondamental de la hiérarchie des normes. Le Droit du Travail doit redevenir la norme de base, applicable par tous en France. Les accords d'entreprise ne peuvent se révéler moins favorable que le droit du travail ou les accords de branche.
 
 
                                                                
REDUIRE LES SUBVENTIONS AUX ENTREPRISES 
Les subventions octroyées aux entreprises représentent près de 130 milliards d’euros. La tradition française d’économie administrée taxe d’un côté et subventionne de l’autre. Ce système est coûteux pour nos finances publiques et son efficacité est contestée régulièrement par la Cour des comptes ; il entretient les rentes et les phénomènes de capture.

 

 
3 - Réduire de 20 milliards d’euros par an les subventions aux entreprises. La contrepartie est une baisse de leurs charges et de l’impôt, notamment l’IS.
Reconstruire une économie compétitive et non masquer la réalité du chômage par des subventions (contrats aidés, formations, etc.)
 

      FAVORABLE    DEFAVORABLE       à étudier   INAPPLICABLE
Nicolas DUPONT-AIGNAN                   X  
François FILLON                   X  
Marine LE PEN                   X  
Emmanuel MACRON                   X  
Jean-Luc MÉLENCHON                 X    
 
Nicolas DUPONT-AIGNAN  Je veux cibler et simplifier les 20 milliards d’euros des dispositifs existants (CICE, pacte de responsabilité) vers des baisses de charges patronales en direction des entreprises exposées à la concurrence internationale. Nous devons aussi exonérer de charges pendant 5 ans le recrutement en CDI d’un chômeur de longue durée. Pour favoriser la production en France, je veux aussi baisser de moitié le taux de l’Impôt sur les Sociétés (IS) pour les bénéfices réinvestis sur le sol français.
François FILLON  Je m’engage à baisser les charges qui pèsent sur les entreprises de 40 milliards d’euros et souhaite ramener progressivement le taux d’IS à 25% durant le prochain quinquennat. Ces mesures d’allègement, d’une ampleur inédite, vont libérer l’économie et accélérer le retour de la croissance. Cet engagement sera notamment financé par 100 milliards d’euros d’économies sur la dépense publique. Plus fondamentalement, je souhaite simplifier considérablement les normes qui s’appliquent aux entreprises, pour que ces dernières puissent se consacrer au développement de leur activité plutôt qu’à des tâches administratives qui mettent à mal leur compétitivité.
Marine LE PEN  Certaines subventions aux entreprises trouvent à se justifier. Je suis néanmoins favorable à une baisse de l'impôt sur les sociétés pour les PME (24 % au lieu de 33 %) et à une diminution de charges (transformation du CICE en baisses pérennes de charges conditionnées au maintien de l'emploi).
Emmanuel MACRON  Nous relancerons la compétitivité et l’attractivité de notre économie en transformant le CICE en baisses définitives de charges, en supprimant toutes les charges sociales générales au niveau du SMIC, et en rapprochant la fiscalité des entreprises de la moyenne européenne, en la portant à terme à 25 %. Cette baisse de la fiscalité pourra s’accompagner d’une rationalisation de certaines aides et subventions. Néanmoins, les aides qui ciblent des problématiques spécifiques, comme le Crédit Impôt Recherche pour les dépenses de R&D, devront être et seront maintenues.
Jean-Luc MÉLENCHON  Les subventions aux entreprises relève d'initiatives ciblées. L'IS est une contribution aux besoins de la collectivité nationale confondre les deux est préjudiciable aux deux.
 
 
       
                                               SORTIR ET LIBERER LES FONCTIONNAIRES ET LES SALARIES DU SECTEUR PUBLIC 
                                                                    DU CARCAN DE LEUR STATUT ET LEUR OFFRIR LA LIBERTE D'ADOPTER
                                                             UN "CONTRAT DE DROIT PRIVE" PERMETTANT DE VALORISER LEURS TALENTS

 

  4 - Faire de l’embauche sous contrat de droit privé le régime de droit commun pour tous les prochains recrutements.
          à l’exception des policiers, des militaires, des diplomates et des magistrats.

         
     FAVORABLE    DEFAVORABLE       à étudier   INAPPLICABLE
Nicolas DUPONT-AIGNAN                 X    
François FILLON                 X    
Marine LE PEN                 X    
Emmanuel MACRON           X
(pour certains recrutements)
     
Jean-Luc MÉLENCHON                 X    
 
Nicolas DUPONT-AIGNAN  Le statut de la fonction publique doit être maintenu. En revanche, il faut moderniser la fonction publique pour récompenser davantage le travail et sanctionner certains abus.
François FILLON  Je n’ai jamais envisagé de supprimer le statut des fonctionnaires. Pour autant, on ne peut se satisfaire du statu quo. Je prends donc deux engagements. Premièrement : appliquer le statut général des fonctionnaires conformément aux objectifs qui ont prévalu à sa création. Il sera donc le mode de recrutement privilégié pour les missions qui le justifient pleinement. Deuxièmement : il n’est pas interdit de revoir progressivement le périmètre de ce statut, en assumant que le contrat puisse constituer un mode de recrutement complémentaire au statut. Les militaires, qui travaillent pour un ministère régalien par excellence, sont majoritairement sous contrat. De même, de nombreux organismes exerçant des missions sensibles (Pôle emploi, Commissariat à l’énergie atomique, agences sanitaires…) recrutent déjà ordinairement des contractuels. Il convient de privilégier la recherche constante des modes de recrutement les plus pertinents et les plus efficaces pour satisfaire les besoins, au plus près du terrain.
Marine LE PEN  Le statut de la fonction publique doit être préservé. Il est aujourd'hui menacé par la politique de dérèglementation européenne. Il faut garder l'impératif de service public au-dessus de l'impératif de rentabilité.
Emmanuel MACRON  Sans en faire le régime de droit commun, nous proposons de développer le recrutement sur contrat dans les fonctions non-régaliennes, afin de permettre au service public d’attirer des professionnels d’expérience en fonction des besoins. Par ailleurs, nous recruterons un quart au moins des directeurs d’administration centrale en dehors de la fonction publique sur la base d’appels à candidatures ouverts visant à identifier les meilleures compétences techniques et managériales.
Jean-Luc MÉLENCHON  Livrer les fonctionnaires aux risques d'arbitraire de la logique du secteur lucratif privé est une aberration. Les fonctionnaires servent l'intérêt général. Leur statut le prend en compte et doit être préservé.
 
 
                              
REDUIRE LE NOMBRE DE FONCTIONNAIRES : UN IMPERATIF DE REFORME DE LA FONCTION PUBLIQUE 

  5 - Ne pas remplacer un 1 salarié sur 3 partant à la retraite.
Cette règle se substitue à celle du 1 sur 2. Elle s’accompagne d’une vraie gestion des ressources humaines, qui fait cruellement défaut aujourd'hui, avec une valorisation des cursus. L’objectif n’est pas de supprimer les tâches effectuées ou les missions mais d'améliorer le statut des fonctionnaires ou bien de sous-­traiter au privé.
 

     FAVORABLE    DEFAVORABLE       à étudier   INAPPLICABLE
Nicolas DUPONT-AIGNAN                  X  
François FILLON             X      
Marine LE PEN                    X
Emmanuel MACRON                  X    
Jean-Luc MÉLENCHON                  X    
 
Nicolas DUPONT-AIGNAN  Je veux redéployer 150 000 fonctionnaires, dont 50 000 poste dans les Armées, 40 000 dans la police et 60 000 dédiés aux crèches et à la dépendance. Ce redéploiement sera possible par le non-renouvelle de 150 000 départs à la retraite.
François FILLON  Mon projet propose de moderniser les fonctions publiques par un pacte de progrès avec les agents publics en améliorant le service aux usagers, les conditions de travail, et en réduisant les coûts. Cette modernisation se traduira par une baisse du nombre de postes d’agents publics de 500 000 sur la durée du quinquennat. Le nombre de départs en retraite (pour les fonctionnaires) et par fin de contrat (pour les contractuels) étant de 1,1 million sur la durée du quinquennat, nous continuerons à recruter des agents publics en remplaçant un départ sur deux.
Emmanuel MACRON  Nous ne proposons pas de règle uniforme. Les ministres se verront attribuer des objectifs d’économies et devront ensuite proposer une stratégie spécifique pour l’atteindre (dans certains cas, la priorité sera la baisse des effectifs, dans d’autres la réduction des dépenses de fonctionnement ou d’intervention, …). Nous fixons une référence de suppression de 50 000 emplois au sein de l’État et des agences, et de 120 000 emplois au total dans la fonction publique en incluant les collectivités locales, sur 5 ans.
 


 6 - Instaurer un plan de départs volontaires en échange d'une indemnité (calculée sur les mêmes bases que dans le privé).
 
     FAVORABLE     DEFAVORABLE        à étudier   INAPPLICABLE
Nicolas DUPONT-AIGNAN              X      
François FILLON                  X  
Marine LE PEN                 X    
Emmanuel MACRON        
Jean-Luc MÉLENCHON                  X  

Nicolas DUPONT-AIGNAN   Si un fonctionnaire souhaite quitter la fonction publique, il va de soi qu’une indemnité doit être déterminée sur les mêmes bases que celles du privé.
François FILLON  Il faut faciliter les conditions de réaffectation ou de transfert à l’intérieur et entre les fonctions publiques pour permettre l’affectation des agents publics là où ils sont utiles.  Le pacte de progrès passera donc par la mise en place d’une réelle gestion des Ressources Humaines à l’échelle des trois fonctions publiques. Les mécanismes permettant une gestion plus flexible de la fonction publique seront étudiés. De ce fait, les dispositifs de départs volontaires en échange d’une indemnité, qui existent déjà dans la fonction publique territoriale, constitueront l’un des mécanismes que nous devrons examiner pour améliorer la gestion des Ressources Humaines et le service public dans l’intérêt des Français.
Marine LE PEN  La réforme territoriale que j'engagerai permettra de supprimer les doublons. Ainsi, ceci permettra de dégager des postes disponibles qui seront réaffectés aux autres fonctions publiques.
Jean-Luc MÉLENCHON  Éventuellement dans certaines situations, sans cautionner pour autant ce qui pourrait dériver vers une politique non avouée de coupes aveugles dans des effectifs qui sont déjà souvent insuffisants pour répondre aux besoins.
 
 
                  
DONNER LA LIBERTE AUX CITOYENS ET AUX ENTREPRISES DE SOUTENIR LES ASSOCIATIONS DE LEUR CHOIX
                                                                        (suppression des subventions d’Etat)

Les subventions aux associations représentent 32 milliards d’euros à l’échelle nationale. A Paris, elles s’élèvent à 2 milliards d’euros (25% du budget de la Ville !)
 
 

 7 - Réduire puis supprimer les subventions aux associations par l’État et les collectivités locales.
La contrepartie est de permettre aux contribuables de déduire leurs dons de leurs impôts locaux ou généraux.
 

     FAVORABLE     DEFAVORABLE       à étudier   INAPPLICABLE
Nicolas DUPONT-AIGNAN        
François FILLON                  X    
Marine LE PEN                   X
Emmanuel MACRON                  X    
Jean-Luc MÉLENCHON                  X    
 
François FILLON  Notre pays bénéficie de nombreuses associations caritatives et sociales. Ces dernières regroupent des milliers de professionnels, de bénévoles et de militants associatifs qui, dans les villes comme en milieu rural, agissent jour après jour. Ces associations constituent un précieux moteur de notre solidarité nationale.
Mais toutes les associations ne jouent pas le même rôle auprès de nos concitoyens. C’est pourquoi l’allocation des aides aux associations par l’Etat et les collectivités territoriales doit être effectuée avec justesse.

Emmanuel MACRON  Si des économies peuvent être dans certains cas réalisées, un principe d’interdiction des subventions par l’État et plus encore par les collectivités ne serait pas justifié. Elles constituent souvent un relais nécessaire de l’action publique (en matière d’éducation, d’aide aux personnes âgées, de culture, d’intégration, d’environnement…).
Marine LE PEN  S'il faut supprimer les subventions aux associations communautaristes, il faut les préserver pour celles qui entretiennent le lien social (petites associations sportives, etc.).
Jean-Luc MÉLENCHON  Les associations jouent un rôle irremplaçable dans de nombreuses situations.
 
 

                                                                                                    EQUITE - JUSTICE
 
                                                               UN REGIME DE RETRAITE OBLIGATOIRE ET IDENTIQUE POUR TOUS
 
  8 - Procéder au transfert de toute la population active vers un régime général de retraite.

L’unification de la gestion des régimes obligatoires permettrait d’économiser chaque année 2,5 milliards d’euros.
 

      FAVORABLE    DEFAVORABLE       à étudier   INAPPLICABLE
Nicolas DUPONT-AIGNAN               X      
François FILLON             X      
Marine LE PEN                    X
Emmanuel MACRON               X      
Jean-Luc MÉLENCHON                 X    
 
Nicolas DUPONT-AIGNAN   Je veux moderniser notre système de retraites en instaurant un unique organisme pour tous et un système unique à points pour les nouveaux cotisants
Aujourd’hui, plus de 30 caisses de retraite gèrent les données de carrière des actifs et les pensions des retraités ! Ce système est extrêmement complexe, coûteux et inadapté à notre époque. Les retraités sont victimes de cette complexité car ils subissent dans de nombreux cas des retards de paiement et des erreurs dans les montants de pension.
Il faut fusionner progressivement les caisses de retraite et nous simplifierons les règles de calcul : à terme, un unique organisme de retraite et un système unique à points pour les nouveaux entrants. Ce système sera rapide, simple, moins coûteux, pour des pensions versées aux retraités en temps et en heure et sans erreur. Un principe : la cotisation fait la retraite mais l’État module les points et accorde des avantages pour les retraités ayant fait face à des situations difficiles (travail pénible, handicap, etc.) et les familles nombreuses. Il s’agit de mesures de solidarité et de cohésion prises en charge, à ce titre, par l’État.

François FILLON  Cette proposition fait partie du projet que j’ai porté lors de la primaire de la droite et du centre et que je présenterai devant tous les Français à l’occasion de l’élection présidentielle. Je me suis engagé à poursuivre l'harmonisation des règles entre les régimes publics et privés.
Marine LE PEN  La fusion des régimes publics et privés de retraite pose des problèmes d'ordre technique : il serait en effet demandé à l'Etat d'importantes soultes par les régimes complémentaires privés pour prendre en charge la gestion des fonctionnaires.
Emmanuel MACRON  Nous souhaitons mettre en place un système de retraite universel, où chaque euro de cotisation apportera le même droit à tous, indépendamment des statuts. Des droits continueront à être financés par la solidarité nationale et les taux de cotisation pourront rester différenciés selon les régimes.
Jean-Luc MÉLENCHON  Économisez signifie-t-il aligner vers le bas les prestations ? Si oui, nous y sommes résolument opposés.
  

 9 - Instaurer une participation uniforme des fonctionnaires et salariés à l’assurance chômage.
Réforme d'équité et de bon sens puisque la fonction publique échappe aux cotisations d’assurance-­‐ chômage.
 

Nicolas DUPONT-AIGNAN              X      
François FILLON                  X    
Marine LE PEN                  X    
Emmanuel MACRON              X
(à une logique de solidarité nationale)
     
Jean-Luc MÉLENCHON                  X    
 
François FILLON Compte tenu des règles régissant la fonction publique (le "statut général"), les agents des trois fonctions publiques n’ont pas vocation à bénéficier du régime d’assurance chômage ; il est donc légitime de ne pas faire contribuer les fonctionnaires à un système assurantiel qui couvre un risque auxquels ils ne sont pas exposés.
Il doit par ailleurs être relevé que les agents publics sont en revanche assujettis à la contribution de solidarité, qui finance l’allocation de solidarité spécifique (ASS) versée aux chômeurs en fin de droit. Les agents publics contribuent donc au financement de la solidarité nationale.
Enfin, un assujettissement des fonctionnaires aux cotisations d’assurance chômage représenterait une hausse significative des prélèvements obligatoires (jusqu’à 6 milliards d’euros en cas d’alignement avec le secteur privé) qui serait contraire aux engagements que j’ai pris en la matière.

Marine LE PEN  Je ne pense pas qu'il faille faire contribuer les fonctionnaires à un système qui ne leur ouvre aucun droit.
Emmanuel MACRON Nous souhaitons mettre en place une assurance-chômage pour tous. Cette universalisation des droits s’accompagnera d’une participation par l’impôt (en l’occurrence la CSG) de tous les revenus (à l’exception des retraites modestes et des allocations chômage) au financement du risque chômage
Jean-Luc MÉLENCHON  Votre question ignore le bon sens le plus élémentaire…
Le statut de la fonction publique écarte le risque de chômage. Pourquoi obliger les fonctionnaires à cotiser ? Ce serait ici une mesure vexatoire et nous la combattrons.
 
 

                                                                          RESPONSABILITE INDIVIDUELLE
 
                                              REDEFINIR LES MISSIONS DE L'ETAT ET DES COLLECTIVITES TERRITORIALES 

Selon deux prismes : - Performance des services publics - Principe de subsidiarité
 
 

 10 - Transférer la gestion de l’éducation aux collectivités locales.
Régions et communes pour : plus de proximité, plus de responsabilité, plus de performance.
 

      FAVORABLE     DEFAVORABLE        à étudier   INAPPLICABLE
Nicolas DUPONT-AIGNAN                 X    
François FILLON             X      
Marine LE PEN                 X    
Emmanuel MACRON                 X    
Jean-Luc MÉLENCHON                 X    
 
Nicolas DUPONT-AIGNAN  Je suis opposé à la tendance actuelle qui consiste à régionaliser et autonomiser le plus possible les établissements. Ceci aboutit à une inégalité territoriale, en rupture complète avec le principe d’égalité républicaine. Ce sont ainsi les zones rurales et les banlieues qui ont le plus souffert de la réforme des rythmes scolaires et de la suppression des classes bi langues, ou du latin et du grec au collège.
François FILLON  Notamment pour la détermination des rythmes scolaires à l’école primaire, et pour l’enseignement professionnel de façon à assurer la cohérence de l’action des régions en matière d’apprentissage et d’emploi des jeunes.
Emmanuel MACRON Le besoin de proximité ne trouve pas sa réponse dans un désengagement de l’État, garant de la cohérence de la politique d’éducation nationale et de l’équité territoriale, mais dans la plus grande autonomie donnée aux établissements et aux collectivités (rythmes scolaires par exemple), ainsi que dans la différenciation des moyens, afin de faire plus pour ceux qui en ont le plus besoin (par exemple, par notre mesure de dédoublement des classes de CP et CE1 en zone REP / REP+).
 
 
 
11 - Laisser aux régions et aux communes le soin de fixer les programmes d’après un tronc commun, les conditions de recrutement et de 
          rémunération des enseignants ainsi que le calendrier des périodes de vacances.

Objectif : vaincre la spirale de perte de confiance des enseignants, qu’il s’agisse de leurs rémunérations ou des charges particulières qui leurs incombent.
 

      FAVORABLE    DEFAVORABLE       à étudier   INAPPLICABLE
Nicolas DUPONT-AIGNAN                X    
François FILLON             X
 En ce qui concerne les programmes dans l’enseignement professionnel : je propose d’octroyer 25% de liberté régionale dans la définition des programmes.
 
             X
En ce qui concerne les programmes à l’école et au collège : les élèves français doivent tous acquérir un socle commun de connaissances.
 
            
X
En ce qui concerne la rémunération des enseignants : elle est définie au niveau national, même si une part « mérite » peut être attribuée par les autorités locales de l’Education nationale.
             X
En ce qui concerne le calendrier des périodes de vacances, en raison du nécessaire besoin de coordination des différentes académies.
Marine LE PEN                X    

Emmanuel MACRON                   X  
Jean-Luc MÉLENCHON                X    
 
Nicolas DUPONT-AIGNAN  L’État doit donner des lignes directrices claires et constantes et que ses représentants locaux veillent à l’unité de l’offre d’enseignement.
Hors de ce cadre général essentiel, il faut faire confiance aux équipes pédagogiques et aux enseignants. Les programmes ne doivent ne plus être imposés par des prétendus experts. Il est inconcevable, bien que significatif, qu'ils soient définis en l'absence de tout enseignant des niveaux concernés.

François FILLON  Les enseignants sont au cœur de l’Education nationale. Il est important pour eux que la mission qui leur est confiée soit clairement définie. Je souhaite en finir avec cette tendance qui consiste à les infantiliser avec des programmes et des directives technocratiques. C’est pourquoi je m’engage à réduire drastiquement le nombre des circulaires et instructions ministérielles et académiques, ainsi qu’à supprimer le Conseil supérieur des programmes dont les choix et le langage jargonnant ne contribuent pas au redressement de notre système éducatif. Ce qui est le plus important pour le système éducatif, c’est de faire confiance aux établissements scolaires et à leurs équipes.
Marine LE PEN  Cette proposition est de nature à rompre avec le principe d'égalité sur l'ensemble du territoire. L'éducation et les programmes scolaires doivent demeurer de la compétence de l'État.
Emmanuel MACRON Nous souhaitons renforcer l’autonomie des établissements pour favoriser une meilleure adaptation aux besoins de leurs élèves et aux situations locales et stimuler l’innovation. Par exemple, pour les écoles primaires, nous laisserons aux communes – en lien étroit avec les écoles de leur territoire – le soin d’organiser le temps périscolaire sans contrainte. Dès la rentrée scolaire 2018-2019, nous souhaitons également rendre possible l’expérimentation d’une part d’autonomie de recrutement pour des établissements pilotes – volontaires –, principalement en éducation prioritaire. Les programmes, les objectifs à atteindre en fin de cycle comme le contenu des examens (passés en épreuve terminale) resteront définis nationalement.
Jean-Luc MÉLENCHON  La République française est une et indivisible. L'éducation, de par sa mission fondamentale de formation et de transfert de connaissances ou générations suivantes, est le premier devoir de la nation.
 
 

                                                                                SOLIDARITE – RESPONSABILITE
 
                                                                       REDONNER LA PREFERENCE A L'EXERCICE D'UNE ACTIVITE 

 
L'assurance chômage
 
  12 - Renouveler le système d’assurance-chômage pour donner la priorité à la reprise de l’emploi.

Il s’agit là d’introduire un principe d’une durée égale, fixant à un an de cotisation le droit à une année d’indemnisation.
 

      FAVORABLE    DEFAVORABLE       à étudier   INAPPLICABLE
Nicolas DUPONT-AIGNAN             X      
François FILLON                   X  
Marine LE PEN                 X    
Emmanuel MACRON                 X    
Jean-Luc MÉLENCHON                 X    
 
François FILLON Avec un déficit annuel de l’Unédic compris, depuis 2013, entre 3,5 et 4,5 milliards d’euros, un déficit structurel (c’est-à-dire le déficit qui serait observé en cas de disparition du chômage conjoncturel) de 1,6 milliard d’euros et près de 40 milliards d’euros de dettes accumulées, des réformes ambitieuses sont impératives pour sauver de la faillite notre régime d’assurance chômage.
Afin d’encourager à la reprise d’activité et de limiter certains abus, je propose d’introduire une dégressivité dans l'attribution de l'allocation.

Emmanuel MACRON  Notre projet vise à universaliser l’assurance chômage. Il faut en revanche permettre aux individus de maintenir de manière raisonnable leur niveau de vie lors des périodes d’inactivité : c’est un besoin social et un impératif macroéconomique. Ni la durée, ni le montant des indemnités ne seront revus.
Afin d’encourager à la reprise d’activité et de limiter certains abus, je propose d’introduire une dégressivité dans l'attribution de l'allocation.
 
 
 
13 - Faire obligation au demandeur d’emploi d'accepter la 3ème des propositions d’embauche (si le salaire n’est pas inférieur de 30% à celui de
           son ancien emploi).

Cette loi existe pour le RSA mais n’est pas appliquée : pourquoi ? L’État fait preuve de sa faiblesse en étant incapable de faire respecter des lois qu’il multiplie.
 

      FAVORABLE     DEFAVORABLE       à étudier   INAPPLICABLE
Nicolas DUPONT-AIGNAN                   X  
François FILLON             X      
Marine LE PEN                   X  
Emmanuel MACRON             X      
Jean-Luc MÉLENCHON                  X    
 
Nicolas DUPONT-AIGNAN  Il suffit d’appliquer effectivement la loi du 1er aout 2008 relative aux droits et aux devoirs du demandeur d’emplois. Je privilégie une approche complémentaire pour combattre le chômage de longue durée. Je veux exonérer de charges pendant 5 ans le recrutement en CDI d’un chômeur de longue durée. Il faut aussi cibler les formations sur ceux qui en ont vraiment besoin, les chômeurs de longue durée notamment, et ainsi consacrer un budget plus important par personne formée.
François FILLON  Afin de mettre un terme à une situation où des centaines de milliers d’emplois ne sont pas pourvus, et pour responsabiliser les demandeurs d'emplois, je suis favorable à ce qu’un refus d’emploi soit désormais obligatoirement motivé et qu’il soit sanctionné en cas de répétition dès lors qu’il ne serait pas justifié.
Marine LE PEN  Cette proposition laisse croire que le chômage est volontaire. S'il faut veiller à ce que les personnes sans emploi n'abusent pas du système d'assurance chômage, il faut d'abord recréer les conditions d'une véritable reprise des créations d'emploi.
Emmanuel MACRON Nous souhaitons universaliser l’assurance chômage et l’ouvrir sous conditions aux salariés démissionnaires. La contrepartie de ses nouveaux droits passe par un contrôle accru de la recherche d’emploi, pour lequel les moyens de contrôle de Pôle Emploi seront renforcés et les sanctions rendues justes et crédibles. À l'arrivée à Pôle Emploi, un bilan de compétence sera réalisé dans les 15 jours. Si plus de deux emplois décents, selon des critères de salaire et de qualification sont refusées, ou que l'intensité de la recherche d'emploi est insuffisante, alors les allocations seront suspendues.
Jean-Luc MÉLENCHON  Ce n'est pas en harcelant des personnes qui sont déjà en situation fragilisée, que l'on va régler le problème du chômage.
 
 
La retraite
 
  14 - Reculer d’un mois chaque année l’âge de départ pour obtenir une retraite à taux plein afin de s’aligner sur la norme européenne qui place l’âge
           de départ à la retraite à au moins 65 ans.

Il s’agit par ‐là de mettre fin aux réformes irrégulières et brutales qui provoquent l’affrontement. Garantir un financement des retraites chaque année.
 

      FAVORABLE    DEFAVORABLE       à étudier   INAPPLICABLE
Nicolas DUPONT-AIGNAN                X    
François FILLON             X      
Marine LE PEN                X    
Emmanuel MACRON                X    
Jean-Luc MÉLENCHON                X    
 
Nicolas DUPONT-AIGNAN Je veux maintenir l’âge de départ à la retraite et la durée de cotisations aux niveaux actuels. Les Français méritent de la stabilité et des perspectives pour leur retraite. Ils sont aujourd’hui dans le flou : une réforme tous les 4 ans en moyenne ces 20 dernières années, pour une efficacité quasi nulle.
Nous maintiendrons l’âge minimum de départ à la retraite et la durée de cotisations actuelle (issue de la réforme de 2010). Notre conviction : le recul de l’âge minimum de départ à la retraite n’est pas le levier adapté pour assurer la survie de notre système car le taux de chômage de 63/67 ans serait très élevé. Dans cette situation, les soi-disant économies réalisées seraient reversées sous forme d’allocation chômage ou de prestations sociales. Nous ne transformerons pas les retraités en allocataires sociaux. Le système sera financé par l’augmentation du nombre de cotisants : nous mènerons une politique volontaire destinée à créer 2 millions d’emplois et nous renforcerons la politique familiale afin d’assurer notre dynamisme démographique. En outre, nous récupérerons les cotisations des travailleurs détachés dont nous ne bénéficions pas à l’heure actuelle.

François FILLON  Je ferai passer l'âge légal à 65 ans par palier, à partir du 1er janvier 2018.  Un dispositif de départ pour carrières longues, à partir de l'âge de 63 ans, sera prévu pour les personnes ayant commencé à travailler jeune et justifiant de longues durées de cotisation. L'âge du taux plein sera maintenu à 67 ans. L'âge de la retraite sera ainsi compris entre 63 et 67 ans.
Marine LE PEN  Aujourd'hui, l'âge de l'annulation de la décote est fixé à 67 ans pour les personnes nées à partir de 1955. Or, la part des pensions publiques dans le PIB en France est de 14,4 % soit au même niveau qu'en Autriche qui dispose d'un système comparable. Quand on prend en compte l'ensemble des pensions publiques et privées après impôt, le niveau de pension est plus faible que la moyenne de l'OCDE. Enfin, la moitié des personnes qui partent à la retraite ne sont pas en situation d'emploi à ce moment là. Repousser l'âge légal serait une mesure d'injustice sociale surtout pour les ouvriers et les employés.
Emmanuel MACRON La soutenabilité de notre système de retraite est assurée par les réformes qui se sont succédé ces dernières années. Notre projet vise à rendre le système plus transparent, plus juste et plus fluide. L’âge légal de départ ne sera donc pas modifié.
Jean-Luc MÉLENCHON  Nous proposons de revenir au départ à la retraite à taux plein à 60 ans. Votre proposition va à l'encontre des aspirations légitimes des travailleurs, est inefficace budgétairement, humainement et socialement.
 
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Une seule unanimité sur un thème d’ailleurs inattendu : la proposition de supprimer les aides et subventions aux entreprises et de compenser par une baisse générale de leurs charges.
Logiquement, on retrouve dans les réponses les principales différences existant depuis toujours entre réformistes et conservateurs.
Pour ETHIC, les réponses marquent une réelle timidité (ou un manque d'imagination) malgré la volonté affichée de réformer. Le plus favorable aux propositions d'ETHIC est F. Fillon, suivi d' E. Macron et N. Dupont Aignan. M. Le Pen et J.-L. Mélenchon partagent exactement les mêmes positions.
Les candidats acceptent dans certains cas de tester certaines mesures
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La menace islamiste s'invite dans la campagne
 
Surtout, ne pas dire le mot ! Ce mercredi matin, sur Europe 1, François Bayrou a évoqué une "radicalisation", une "menace", un "terrorisme", un "drame", un "risque". Mais ni l'allié d'Emmanuel Macron ni son intervieweur n’ont mis en cause la motivation djihadiste des deux Français musulmans (dont un converti) arrêtés mardi à Marseille. La découverte de leur arsenal, à leur domicile, laisse peu de doute sur leur détermination à passer rapidement à l’acte. Cette naturelle prudence du journaliste et de l’homme politique en dit beaucoup sur la difficulté du Système à nommer les choses, dès lors que l’islam politique peut être mis en cause. Cette réserve est d’autant plus choquante que les accusations en fascisme sont souvent lancées sans retenue dès lors qu’il s’agit d’alerter contre le populisme. Il est vrai que l’expression du simple bon sens a le tort d’appeler un chat un chat et Rolet un fripon.
Parler de radicalisation pour désigner à la fois le mouvement Sens Commun, la formation issue de La Manif pour Tous qui a rejoint François Fillon, et le totalitarisme islamique en guerre contre la démocratie revient évidemment à édulcorer la dangerosité des fanatiques ayant fait allégeance à l’Etat islamique. Ceux-là peuvent se satisfaire de cette soumission en marche. Les intimidations des islamistes, qui sont les premiers à se réclamer du vivre ensemble, de l’antiracisme et des droits de l’homme pour consolider leur impunité, semblent malheureusement efficaces. Sinon Bayrou, qui connait le sens des mots, aurait employé les bons.
Fillon semble être d’ailleurs celui que les deux illuminés, fichés S, entendaient atteindre, au vu de sa photo épinglée au mur de la planque et d’un dossier retrouvé, contenant des coupures de presse. A ce stade, le procureur de la République, François Molins, n’a cependant pas confirmé l’identité de la cible. Pour autant, le candidat des Républicains se distingue de ses concurrents par un discours sans fard contre l’islam radical. Outre son livre au titre sans ambiguïté - Vaincre le totalitarisme islamique -, Fillon est celui qui s’est le plus engagé dans la défense des Chrétiens d’Orient, victimes d’une épuration par l’islam sunnite. Lors de son meeting du 9 avril, à Paris, il avait appelé les Français musulmans "à se soulever contre l’obscurantisme et à nous aider à faire le nettoyage". Il persiste ce mercredi dans Le Parisien : "Je veux combattre l’intégrisme avec les musulmans". Quand Macron dénonce, lui, l’obscurantisme, il parle de celui de Donald Trump. Et si Marine Le Pen n’épargne pas non plus l’islamisme, elle le fait parfois d’une manière oblique. Lors d’un meeting à Lyon, le 5 février, elle avait cru bon de dénoncer à la fois le totalitarisme djihadiste et le totalitarisme affairiste, présentés comme deux effets de la mondialisation. Ce relativisme saugrenu n’aide évidemment pas à hiérarchiser les dangers. Il faut néanmoins remarquer que la présidente du FN a, depuis quelques jours, repositionné plus clairement son discours. Seuls les candidats de la collaboration et de l’islamo-gauchisme sont à l’abri du courroux des islamistes.
blog.lefigaro.fr/rioufol, 19 avril 2017
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Mes six vérités sur les élections de mai/juin
 
Jamais des élections n’ont aussi peu suscité d’espérance. Selon les sondages, plus d’un tiers des Français devraient s’abstenir. Les favoris du premier tour ne dépassent pas 23 ou 24 %, soit 16 ou 17 % des Français en âge de voter (compte tenu des abstentionnistes): ceci est dérisoire.
 
L’homme en position de favori, M. Macron se présente comme le plus petit commun dénominateur qui réunit gauche caviar bien pensante et droite chiraquienne. Il correspond à une sorte d’idéologie creuse, celle de l’homme infiniment malléable, le culte du "je" narcissique, du jeunisme et de l’apparence. Personnellement, je n’ai rien contre lui mais je n’ai rien pour non plus : il y a chez lui quelque chose de transparent, de parfaitement neutre. Cependant, il ne fait aucun doute, à mes yeux, que la chute de son fragile piédestal, son lynchage médiatique quelques semaines après son élection éventuelle, sera d’une violence et d’une perversité inouïe.
 
Aucune poussée lepéniste n’est en voie de se produire. Les politiciens, et les acteurs du monde médiatique qui s’entortillent depuis des mois sur le danger de l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite, nous ont menti. Dans le climat chaotique qui règne sur la France (massacres terroristes, violence, chômage massif, scandales) une vague de révolte aurait pu survenir lors de ce scrutin, atteignant 40 à 50 % des électeurs. Le parti lepéniste, surmédiatisé, a une fonction bien précise dans le système politico-médiatique : étouffer dans l’œuf une révolte populaire en neutralisant un cinquième de l’électorat autour d’un parti viscéralement condamné par une immense majorité de Français en raison de sa nature, son identité, son histoire et dont l’accession au pouvoir est inconcevable et définitivement exclue.
 
Le lynchage médiatique de M. Fillon a largement réussi. La presse et les médias sont parvenus à donner de lui une image délétère dans l’opinion, au-delà de toute espérance. Les faits qui lui sont reprochés font partie de mœurs d’une partie de la "France d’en haut", mais ils sont largement partagés. L’opération de déstabilisation, d’où qu’elle vienne, avait une finalité politicienne et non morale puisque relative à un seul candidat, au pire moment pour lui, et non à l’ensemble des mœurs d’une partie de la classe dirigeante. Dès lors que l’électorat est ainsi devenu l’otage des fureurs médiatiques, la reconquête de l’Elysée devient mission quasi impossible dans l’avenir. Le pli est pris. Désormais, tout candidat Républicain à la présidence, quel qu’il soit, subira inévitablement le même sort, sur un prétexte ou sur un autre.
 
Les Républicains donnent aujourd’hui le sentiment de ne pas vouloir reprendre le pouvoir. L’élection éventuelle de M. Macron pourrait leur ouvrir le boulevard d’une victoire aux législatives. M. Macron n’a pas de parti politique et encore moins de ligne directrice, soutenu par un aéropage de personnalités des horizons les plus divers. Son élection serait celle de l’arrivée du néant à l’Elysée, la consécration de l’effacement de la présidence de la République, un phénomène de long terme qui s’est accéléré avec M. Hollande et trouverait là son achèvement suprême. Pourtant, les Républicains ne semblent pas préparer ces législatives qu’ils pourraient aisément gagner, ni la suite, le gouvernement de la France : absence de programme législatif, absence d’un leader susceptible de devenir Premier ministre, chef de Gouvernement, absence de dynamique, de souffle d’espérance. Bref rien est prêt. Tout se passe comme si, en voie de perdre à nouveau le hochet élyséen, plus rien ne les intéressait…
 
Pire que tout: le déroulement de cette campagne présidentielle se présente comme le signe des progrès de la crétinisation de la France, la destruction des repères de l’histoire, de la littérature, de la philosophie, du bon sens et de l’esprit critique. Les voix potentielles de M. Mélenchon, de M. Hamon, de M. Poutou, et de Mme Artaud, additionnées, dépassent un tiers de l’électorat. Les Français n’ont plus la moindre idée de ce qu’a donné l’extrémisme de gauche dans le passé, l’étatisme, l’isolationnisme, l’assistanat, le rejet de l’économie de marché, l’égalitarisme, le nivellement, la haine de l’entreprise et du capitalisme financier : la ruine, le chaos, la misère absolue, partout où ils sont passés. La mémoire collective semble s’arrêter à 1990. Avant, les ravages du socialisme d’Etat, de la "propriété collective des moyens de production", du communisme, Lénine, Staline, Mao, Pol Pot, plus personne ne semble en avoir entendu parler. L’abêtissement de masse s’accélère.
maximetandonnet.wordpress.com, 18 avril 2017
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Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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