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L'art de profiter des sinistres
 
On connaissait les "profiteurs de guerre", l’ère de la globalisation multiplie les "profiteurs de sinistres" actifs dans la culture.
La Biennale d’art contemporain de Venise a ouvert avec en vedette l'épave d'un bateau ayant sombré en avril 2015 : mille morts, soit le pire naufrage de migrants en Méditerranée. La carcasse, en l’état, est exposée à Venise jusqu’au 20 novembre par l'artiste suisse Christoph Buchel, livrée aux voyeurs, sans installation autour, ni explication non plus. Un grand humaniste, ce Buchel, pas du tout provocateur ; lors de la Biennale 2015, il avait transformé en mosquée une ancienne église vénitienne. La thématique du pire entre dès les années 90 dans la carrière du commissaire de la Biennale, l’américain Ralph Rugoff, avec ses expositions "Just Pathetic" et "Scene of Crime". C’est lui qui a invité 79 artistes contemporains "à créer des œuvres sur les drames du monde moderne". La Coréenne Lee Bul dédie une installation au naufrage du ferry Sewol, au large de la Corée du Sud en 2014 : 304 morts, des lycéens pour la plupart, ont droit à "une montagne de vieux chiffons (qui) se gonfle pour représenter la douleur, la peur, l'étonnement et l'impuissance". C’est sûr leurs parents iront mieux après, mais notre Boltanski pourrait en revendiquer le concept. Lee Bul, une femme sensible et délicate : au Moma de New-York en 1997, son installation "Majestueuse splendeur" composée de poissons morts ornés de bijoux clinquants et se décomposant, puait tellement que le musée dut la retirer. A Venise on trouve une autre thanatologue : la Mexicaine Teresa Margolles qui "expose un mur érigé de barbelés et constitué de blocs de ciment d'une école où l'on peut voir les impacts de balles, là où quatre personnes ont été tuées.". Une artiste qui frise la sainteté : en l’an 2000, la mère d’un punk décédé n’avait pas de quoi payer un cercueil. L’artiste, charitable, le fournit contre une partie du cadavre qu’elle exposa "comme un ready-made" sic : la langue du jeune punk mort. Il y eu même un évêque, Mgr Rouet, pour applaudir (voir "Les mirages de l’Art contemporain", La Table Ronde, 2018, p.226, 227).
 
Les "profiteurs de sinistres" voudraient aussi accrocher Notre-Dame à leur tableau de chasse. Marianne a révélé que, dès 2016, un rapport du CNRS avait alerté le gouvernement sur l’état désastreux de la sécurité de la cathédrale. Le rapport a  été classé "confidentiel défense" et rien n’a été fait. On sait l’emballement suspect déployé par le gouvernement Macron pour "reconstruire" (alors qu’il faudrait seulement restaurer) ; tout s’éclaire à la découverte du projet de refonte globale de l’ile de la Cité, présenté au président Hollande, toujours en 2016. Ce rapport Perrault et Bélaval s’attaquait au vrai problème de Notre-Dame : elle reçoit de 13 à 14 millions de touristes "qui ne seraient pas bien accueillis". Traduisez en marketing : il y a là une manne financière insuffisamment exploitée et qui ne retombe pas dans les bonnes poches ! D’où 35 propositions et un projet révolutionnaire : une gigantesque dalle transparente à la place du parvis de Notre-Dame, au-dessus de la crypte archéologique, avec débarcadère, plates-formes flottantes, piscine, cafés, restaurants, salles de concerts. Certains se plaignent de la muséification des villes européennes : mais avec l’Hôtel-Dieu qui part, les policiers du quai des orfèvres qui ont déménagé, l’île de la Cité est vidée peu à peu de sa sève (administrative) et pourrait devenir un juteux centre touristique. Les dessins de ce projet futuriste sont glaçants. Seul détail enquiquinant pour ses promoteurs : les 22 hectares de l’île de la Cité sont classés au patrimoine mondial de l’Unesco et protégés par des nombreuses contraintes règlementaires. On s’étonne donc moins que M. Macron ait préparé une loi d'exception pour accélérer la reconstruction de Notre-Dame, déroger au code du patrimoine, s’affranchir des procédures en vigueur pour les monuments historiques sur un site qui n’en compte pas moins de 35 (1) ! Jusqu’à prendre ses distances avec le Code des marchés publics. Le rapport en concluait, à l’époque, qu’un tel projet "n’a aucune chance de voir le jour" sauf évènement "inattendu et improbable » qui autoriserait le bouleversement d’un des sites architecturaux les plus protégés de France…Comme les sinistres attendus et probables font bien les choses, non ? Vous avez aimé Koons à Versailles ? Vous allez adorer la privatisation de l’île de la Cité !
(plus d’infos cliquez)
 
A propos de Koons, le 16 mai son Rabbit, a été vendue 91,1 millions de dollars à New York, chez Christie's. Koons redevient ainsi l'artiste vivant le plus cher au monde. Dans la construction de la valeur de ce  "lapin" l’exposition à Versailles en 2008 a compté, mais, depuis, Jeff et son bouquet de tulipes avait été contestés à Paris par les milieux culturels. Il fallait d’urgence raffermir l’étalon du marché new-yorkais. Les financiers et les politiques viennent de remettre les pendules du marché à l’heure américaine…
(1) l’État est propriétaire du site à 57 % et la Ville de Paris à 43 %.

Paru sur www.sourgins.fr, 21 mai 2019
Publié dans Du côté des élites
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New York a sauvé le soldat Koons
 
Ce 16 mai 2019, la cote de Jeef Koons est passé de 58 à 91 millions de dollars. Le marteau vient de tomber lors d’une des prestigieuses ventes du soir d’art contemporain chez Christie’s. Rabbit devient l’œuvre la plus chère "in the world" d’un artiste vivant. Pourquoi une telle somme ?
Entre 2009 et 2017, l’Amérique n’est pas souvent en tête du marché de l’art contemporain. Elle est, le plus souvent, derrière la Chine, parfois à égalité ou très peu devant. Le fait est peu commenté par les grands médias : la domination de New York dans ce domaine ne se discute pas. Cependant, il n’échappe pas aux observateurs attentifs que, si le dynamisme de ce marché ne semble pas avoir faibli pendant les années 2010, une contestation de l’hégémonie américaine dans l’international est un fait qui relativise les diktats de New York en matière d’art. La raison principale est le doute né de l’effondrement financier planétaire, dont l’Amérique porte la responsabilité… on s’interroge : et si l’expertise occidentale n’était pas si fiable ?
Même si cette évolution est dissimulée par le jeu des illusions médiatiques internationales, domaine où l’Amérique domine sans concurrence depuis 1945, la possibilité d’une baisse de confiance est prise très au sérieux : la crédibilité envers la place de New York est à la fois l’effet et la condition des très hautes cotes. En réaction à cette mauvaise image qui s’installe, il était impérieux de profiter du fait qu’en 2018, New York passe largement en tête du marché, pour proclamer la suprématie enfin rétablie. Les bilans du marché, comme il est d’usage, sont publiés le 15 mars de l’année suivante. C’est le moment, pour les trompettes médiatiques, de sonner la victoire : n° 1 New York, n° 2 Londres, n° 3 Chine.
Pour affirmer que l’Amérique n’a jamais cessé d’être hégémonique, il faut cependant fournir quelques arguments. Ils sont exposés dans un livre, paru le 15 mars en même temps que les bilans : Géopolitique de l’art contemporain – Une remise en cause hégémonique ? Il explique : "L’Amérique est hégémonique parce qu’elle a pris en charge, avec l’art contemporain, les grandes causes de l’humanité.". La place de New York est légitime en raison de sa haute moralité.

Reste, alors, à illustrer cette affirmation par une cote hypermédiatisée. Ce sera chose faite aux ventes du printemps 2019 à New York. Koons, descendant de Warhol, ambassadeur de New York, leader du global-kitsch-pop-conceptuel, a battu d’un petit million de dollars David Hockney, anglais, peintre. Il reprend ainsi sa place au sommet du marché.
Restaurer l’image de New York était urgent et cela passe par la cote de Jeef Koons. Il connaît une grave remise en cause de sa cote et de son aura. À Paris, il est rejeté et ce, non seulement par les "populistes" – ce qui est bon pour la cote -, mais aussi par l’intelligentsia parisienne de gauche comme de droite – ce qui est plus grave. Elle est réputée pour son "arrogance". Les protestataires unanimes contre le Bouquet de Tulipes ont été néanmoins vaincus par le diktat des politiques et financiers.

Paru sur levadrouilleururbain.wordpress.com, 18 mai 2019
Publié dans Du côté des élites
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L’engagement de Macron, obtenir un "non à Le Pen" plus qu’un "oui à l’Europe"
 
CONTRE-POINT - Emmanuel Macron espère réveiller son propre électorat en agitant l’épouvantail de l'extrême droite et admet ainsi l’incapacité à mobiliser sur sa vision européenne.
 
Dramatisation de l’enjeu, simplification du message, personnalisation de la campagne. C’est le triptyque d’Emmanuel Macron pour arracher une victoire aux élections européennes. L’entretien qu’il accorde à la presse quotidienne régionale en est une nouvelle illustration. Alors que les sondages les plus récents placent la liste RN de Jordan Bardella sensiblement devant celle de son parti, LREM, conduite par Nathalie Loiseau, le chef de l’État prend un risque : celui de surdimensionner l’impact d’une éventuelle seconde place. Mais a-t-il d’autre choix que de prendre ce risque ?
Même si le chef de l’État ne s’était pas impliqué à ce point dans la campagne, le résultat de la liste Loiseau aurait été lu comme un baromètre de sa popularité. Comprenant qu’il n’échapperait pas à la dimension de référendum sur sa présidence, l’occupant de l’Élysée a préféré assumer jusqu’au bout cette logique. En tentant de transformer cette contrainte en outil de mobilisation. Dans un scrutin marqué par une forte abstention, la seule stratégie utile pour une force politique est en effet de parvenir à faire se déplacer ses sympathisants hésitants. Et, avec un dispositif de la majorité de faible envergure, seul Macron peut réveiller les macronistes.

Cet engagement personnel a un triple prix. Pour la fonction présidentielle d’abord. En ciblant directement un parti politique, le RN, Emmanuel Macron met à mal sa vocation à incarner l’unité nationale. Chef de l’État et chef de campagne appartiennent à deux registres différents. Même si, foin d’hypocrisie, tous ses prédécesseurs sont descendus d’une manière ou d’une autre dans l’arène électorale durant leur mandat. Le second prix est payé par le débat européen. Car la mise en scène du match entre les listes LREM et RN ramène cette campagne à un simple défi arithmétique. D’ici au 26 mai, il y a fort à parier que la préoccupation politique et, par ricochet, l’écho médiatique ne tourneront qu’autour de cette seule question : qui décrochera la première place ? La confrontation des visions s’effacera derrière la comparaison des sondages. La bataille des courbes plutôt que le choc des idées.

Le président de la République pourra légitimement prétendre que, loin de vouloir échapper à la confrontation idéologique, il la provoque en pointant la menace que représente à ses yeux une percée des "populistes". Mais, et c’est le troisième prix de cette implication frontale contre le parti lepéniste, le choix de la dramatisation le conduit à jouer en contre plutôt qu’à attirer sur un projet positif. Le pari initial d’Emmanuel Macron était de convaincre les Français de la pertinence et du pouvoir attractif d’un idéal européen. En agitant l’épouvantail de l’extrême droite, il admet implicitement l’incapacité à mobiliser sur sa vision européenne. Il voulait que le débat, en France et dans toute l’Union, s’organise autour de ses propositions à lui ; c’est en mettant Marine Le Pen et ses alliés au centre du jeu, qu’il espère réveiller in fine son propre électorat.
Par son entretien à plusieurs quotidiens régionaux, le chef de l’État s’efforce, cette fois, de mieux valoriser les apports de la construction européenne. Mais, parce qu’il reste moins d’une semaine, le mouvement naturel de la campagne conduira plus certainement à la simplification du duel qu’à l’explication de l’action ou d’une vision. C’est en obtenant un "non à Le Pen" plus qu’un "oui à l’Europe" que Macron peut encore remporter la bataille du 26 mai.

Paru dans Le Figaro, 21 mai 2019
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La Chine ne dominera jamais l’Asie
 
CHRONIQUE - Ce sont tout à la fois des raisons idéologiques, géopolitiques et économiques qui vont empêcher la Chine d’assujettir ses voisins asiatiques.
 
La Chine du XXIe siècle dominera-t-elle un jour l’Asie ? Réussira-t-elle dans son voisinage ce que les États-Unis des XIXe et XXe, guidés par la doctrine Monroe, ont réalisé dans les Amériques? Prenons, ici, le pari que non.
Ce sont tout à la fois des raisons idéologiques, géopolitiques et économiques qui vont empêcher la Chine d’assujettir ses voisins asiatiques.
Idéologiquement, la Chine présente un modèle, nouvellement caréné par Xi Jinping, reposant sur deux piliers : la prééminence d’un parti unique, le Parti communiste chinois (PCC), dans l’organisation de la société et de la vie économique ; le retour du culte de la personnalité, hérité du maoïsme, autour de la personnalité du chef du parti, chef de l’État et des forces armées. Ce modèle a-t-il une chance de séduire les publics asiatiques ? Après tout, le PCC, organisation de masse très hiérarchisée, regroupant quelque 90 millions de membres, peut se targuer d’être devenu un parti adulte, responsable de plus de quarante ans de croissance économique ininterrompue, après qu’il eut réussi, en 1976, à se débarrasser de son aile gauchiste, représentée par la Bande des Quatre.

La réalité est que ce modèle chinois - pas de liberté politique mais une vaste liberté d’entreprendre dans un système concurrentiel encadré par le parti - compte beaucoup plus d’adeptes en Afrique qu’en Asie. Les Asiatiques ont en effet pu observer de près les errements du système maoïste. C’est un régime totalitaire où aucune entité ne peut plus écarter le "Grand Timonier", même lorsqu’il se met à commettre les pires erreurs stratégiques. Au départ, Mao Tsé-toung sut s’appuyer sur la paysannerie, sauver le noyau du PCC grâce à la Longue Marche (1935), laisser ses rivaux du Kuomintang s’épuiser dans leur guerre contre les Japonais, récupérer les armes abandonnées par l’armée nippone, profiter à partir de 1949 de l’aide soviétique, sans s’inféoder à Staline.
Mais il commit ensuite l’erreur calamiteuse des collectivisations agraires forcées du Grand Bond en avant (1958-1960), qui firent mourir de faim des dizaines de millions de Chinois. Parce que son étoile avait pâli et pour purger le parti de ses potentiels détracteurs, il lança en 1966 la Révolution culturelle, cette barbarie des jeunes "Gardes rouges", qui désorganisa gravement le pays. Pour que ces errements du pouvoir personnel ne puissent se reproduire, les successeurs de Mao (mort en 1976) avaient décidé de limiter le pouvoir présidentiel à deux mandats de cinq ans. Mais Xi Jinping vient de faire sauter cette clause. Les élites asiatiques n’ont pas été formées à l’école de Montesquieu ; elles estiment néanmoins que le gouvernement d’un pays a toujours besoin d’un minimum de contre-pouvoirs - ce qui n’existe plus à Pékin.

Politiquement, la Chine de Xi Jinping est ressentie comme une menace par ses voisins. Ils n’ont pas accepté son accaparement par la force des récifs et des eaux de la mer de Chine méridionale (grande comme la Méditerranée). Le 19 mai 2019, sont tombés en Asie deux résultats électoraux importants : les victoires du nationaliste hindou Narendra Modi en Inde et du conservateur Scott Morrison en Australie. Les deux premiers ministres ont été réélus sur un programme de fermeté absolue à l’égard de la Chine. Face à elle, les deux pays ont considérablement modernisé leurs marines et leurs armées de l’air.

Le 22 mai s’achèveront des manœuvres navales entre l’Inde et Singapour (qui contrôle le détroit stratégique de Malacca, par où transitent un tiers du trafic mondial et 90 % de celui de la Chine). Bien que peuplée de Chinois, la démocratie singapourienne a choisi son camp : celui de l’alliance des quatre grandes démocraties d’Asie-Pacifique (Inde, Japon, Australie, États-Unis).
Le destroyer lance-missiles de l’US Navy Preble vient de longer les côtes du récif Scarborough, pour montrer aux Chinois que l’Amérique n’accepte pas leur expansionnisme en mer de Chine méridionale. En affirmant trop brutalement et trop tôt sa puissance, Xi Jinping a été contre-productif : il a ressoudé pour longtemps les liens stratégiques entre l’Amérique et toutes les puissances asiatiques apeurés par la Chine.

Économiquement, on se dirige vers une partition technologique du monde au détriment de la Chine. Très emblématique est la décision de Google du 20 mai de ne plus faire d’affaires avec le géant chinois des télécommunications Huawei, pour se conformer à un décret de l’Administration Trump. Dans la course à la 5G, le sud-coréen Samsung est prêt à relever en Asie le défi, dans le camp de l’Occident.
Il y a un principe de la modernité que la Chine de Xi Jinping n’a pas compris : il n’est pas d’influence durable dans le monde sans un minimum de soft power.

Paru dans Le Figaro, 21 mai 2019
Publié dans De par le monde
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Pour qui allez-vous vraiment voter lors des Elections Européennes ?
 
Dans moins d’un mois, les élections européennes vont avoir lieu, et comme toujours en France, les media essayent de vous faire croire qu’il s’agit d’une élection comme une autre, où vont s’opposer une fois encore Madame Le Pen et le Président Macron, les Républicains jouant leur rôle habituel de cocu enfermé dans le placard et qui loupe les moments intéressants à chaque élection.
Bien entendu, il s’agit-là d’une foutaise totale.
Les Français vont voter à la proportionnelle pour des députes dont la plupart feront partie ensuite de groupes au Parlement Européen. Et je peux avoir envie de voter pour le groupe de monsieur Salvini ou monsieur Orban en tant que citoyen français puisqu’il s’agit d’une élection européenne et que ces hommes se sont alliés dans ces groupes à des partis politiques français. Ce qui me force à voter pour cet allié, si j’aime bien monsieur Salvini… Dans ce cas de figure, je ne vote pas pour le Rassemblement National, mais pour le groupe auquel appartiennent et le RN et la Ligue du Nord.
 
Dans le papier de cette semaine, je veux donc d’abord rappeler à quel groupe vont se rattacher les différentes listes qui vont se présenter aux suffrages des français pour ensuite préciser très brièvement quels sont les pouvoirs dudit Parlement et en quoi ces élections sont importantes.
Commençons par les groupes représentés au Parlement sortant, par ordre d’importance.
 
En italiques, mon commentaire sur ce que j’en pense, au cas où cela intéresserait le lecteur.
 
Le premier en nombre est le parti populaire européen ou PPE
qui compte 217 élus soit 29 % des députés.
Les principaux partis nationaux représentés sont l’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne (CDU), avec 29 membres auxquels il faut rajouter 5 membres de la CSU, la Plate-forme civique (PO) polonaise avec 18 membres, le Parti populaire (PP) espagnol avec 17 membres, les Républicains (LR) français avec 16 membres et le Fidesz-Union civique hongroise (Fidesz-MPSz) avec 11 membres. Il est bien entendu présidé par un allemand. Voilà un groupe qui va perdre nombre d’élus tant on ne voit pas très bien pourquoi les Hongrois devraient y rester et tant il est certain que CDU, CSU, Républicains et le PP espagnol vont perdre de nombreux sièges.
Si vous votez pour la liste Républicaine menée par Bellamy, c’est pour ce groupe que vous voterez. Or les députés PPE ont toujours soutenu avec enthousiasme tous les transferts de souveraineté de chaque pays vers les institutions européennes. Ils ont aussi voté en faveur de toutes les lois portant sur les changements sociétaux touchant à la famille, la filiation, l’immigration etc… Le dernier exemple en date de ces trahisons ayant été le Traité de Marrakech, approuvé par 17 des 18 députés européens dits Républicains (Seule Nadine Morano votant contre). Dans le fond, monsieur Bellamy sert de faux nez pour maintenir l’électorat "Versaillais" chez les Républicains et dès qu’il sera élu, on lui dira de laisser travailler les grandes personnes et il fera ce que lui diront les allemands.
 
Vient ensuite l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen (S&D) : le centre gauche
Les Sociaux-Démocrates.
Deuxième force politique au Parlement européen avec 187 sièges (25% des eurodéputés), le groupe S&D compte lui aussi des députés européens issus des vingt-huit Etats membres. Également présidé par un allemand. Les cinq formations politiques qui y sont les plus représentées sont les suivantes : le Parti social-démocrate d’Allemagne (SPD) avec 27 membres, le Parti démocrate (PD) italien avec 26 membres, le Parti travailliste britannique (Labour) avec 20 membres, le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) avec 13 membres, le Parti social-démocrate (PSD) roumain et le Parti socialiste français (PS) avec 10 membres chacun.
Le S&D va sans doute connaitre un véritable effondrement du nombre de ses députés tant les partis socialistes nationaux se sont ratatinés partout. J’imagine que peu de lecteurs de l’IDL s’intéressent à monsieur Glucksman, et donc mes commentaires seront limités au fait qu’il ne faut pas tirer sur une ambulance.  
 
Conservateurs et réformistes européens (CRE) : la droite eurosceptique
Avec 75 membres siégeant au Parlement européen (10% des eurodéputés), le CRE est le troisième groupe le plus important de l’hémicycle. Il regroupe un ensemble d’eurodéputés provenant de partis européens d’orientation eurosceptique du point de vue politique et libérale d’un point de vue économique. Co-présidé par le Britannique Syed Kamall (Parti conservateur) depuis juillet 2014 et le Polonais Ryszard Legutko (PiS) depuis juillet 2017, ses membres sont originaires de 19 pays de l’UE. Les principaux partis représentés y sont les suivants : le Parti conservateur britannique (Tories) avec 18 membres, le parti polonais Droit et justice (PiS) avec 14 membres, l’Alliance néoflamande (N-Va) belge (4 membres) et le Parti populaire danois (DF, 3 membres). Aucun parti français n’y siège.
Le poids des Conservateurs britanniques va s’effondrer, peut-être remplacés par des bataves ou des Polonais. Certainement mon groupe préféré avec monsieur Hannan, brillantissime. A ma connaissance, ces idées n’intéressent personne en France. 
 
Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ADLE) : Les Fédéralistes
L’ADLE regroupe 68 eurodéputés (9% de l’ensemble) issus de 21 Etats membres de l’UE. Depuis juillet 2009, l’ADLE est présidée par l’ex-Premier ministre belge Guy Verhofstadt C’est là que siège le Modem. Et c’est là que siègeront les élus "En Marche"
Les fanatiques de la construction européenne, présidé par un ex premier ministre Belge.
Les deux parties de la Belgique sont incapables de se mettre d’accord sur quoi que ce soit, et Mr. Verhofstadt veut exporter ce désastre au reste de l’Europe. Comprenne qui pourra…
Le groupe de ceux qui pensent que notre Président a tout compris, que Madame Loiseau a du charisme et que monsieur Barnier a servi son pays avec beaucoup de compétence.
 
Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique (GUE/NGL) : Les anciens cocos
Tous, ou presque, soutiens enthousiastes de Cuba, du Venezuela. C’est la que siège notre France insoumise. Se disent de gauche mais sont plutôt…ailleurs, surtout dans leurs têtes. En général, ils ont un rapport très difficile à la réalité.
 
Verts/Alliance libre européenne (Verts/ALE) : Le groupe des pastèques
Verts à l’extérieur, rouges à l’intérieur.  Les garçons de plage et les diplômés en sociologie qui sont contre le progrès technique. Pas ma tasse de thé.
 
Europe de la liberté et de la démocratie directe (ELDD) :  Les souverainistes presque fréquentables… 
L’ELDD compte 41 membres (5% des eurodéputés) issus de la droite populiste de 7 Etats membres. Le groupe est présidés par Nigel Farage (indépendant, ex-UKIP) depuis janvier 2017. Les principales formations politiques de l’ELDD sont le Mouvement 5 Etoiles (M5S) (Italie, 12 membres), le Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP, 3 membres), Debout la France (DLF, 2 membres) et Les Patriotes (LP, 2 membres). Le Royaume-Uni y compte par ailleurs 10 eurodéputés auparavant membres de UKIP, qui l’ont quitté après la démission de son ancien président Nigel Farage fin 2018.
Je ne sais pas trop quoi dire sur ce groupe qui n’existait que grâce à Farage. Pourrait bénéficier d’une hausse des élus chez cinq étoiles. Le parti des patriotes ne devrait pas avoir d’élu quant à monsieur Dupont-Aignan qui ne représente guère que lui-même, il est loin d’être certain qu’il aura des élus. Logiquement ce groupe devrait disparaitre et ses membres rejoindre l’ENL ou le CRE.
 
Europe des Nations et des Libertés (ENL) : les Méchants, dont le nombre devrait s’accroitre énormément. 
Il s’agit du plus petit groupe du Parlement européen avec 37 membres (5% des députés européens) originaires de 8 pays de l’UE. Co-présidé par le Néerlandais Marcel de Graaf (PVV) depuis juin 2015, rejoint par le Français Nicolas Bay (RN) en septembre 2017 en remplacement de Marine Le Pen (devenue députée française), ce groupe devrait surfer sur la vague populiste. Les principaux partis politiques qui y siègent sont le Rassemblement national (RN) (France, 14 membres), la Ligue du Nord (LN) (Italie, 6 membres), le Parti pour la liberté (PVV) (Pays-Bas, 4 membres), le Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ, 4 membres) et le Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP) avec 3 membres qui ont rejoint l’ENL en janvier 2019.
C’est ce groupe dont le nombre devrait exploser et qui pourrait changer une fois pour toutes les rapports de puissance entre le Parlement et la Commission surtout s’il s’allie avec le CRE.
 
Non-inscrits (NI)
Au nombre de 22 (3% de l’hémicycle européen) originaires de 9 Etats membres, ces eurodéputés n’appartiennent à aucun groupe au Parlement européen (un groupe politique doit comprendre au moins 25 députés élus dans au moins sept pays.
Rien à dire. 
 
Résumons-nous
- Les chrétiens-démocrates, les fromages blancs, comme les appelait de Gaulle vont perdre beaucoup.
- La gauche sociale-démocrate va s’effondrer.
- Les fanatiques européens de l’ex premier ministre Belge n’ont pas le vent en poupe.
 
Or la somme de ces trois groupes assurait une majorité au Parlement pour la technostructure Bruxelloise puisque ces braves gens ne votaient pour ainsi dire jamais contre ce qui était proposé, le risque étant trop grand pour chaque député de ne plus être sélectionné pour la mandature suivante. Hélas, cette fois-ci seront élus ceux qui se sont opposés à la Commission, et non plus les béni oui-oui.  Les élus dociles vont être battus, voilà un mauvais signe pour la technostructure.
Et donc, les élections qui sont toutes proches sont extraordinairement importantes car nous allons avoir en fait l’un ou l’autre de ces trois résultats.
- Les trois groupes qui dominent l’Europe depuis ses débuts gardent la majorité. Si cela se produit, nous aurons une intense poussée des milieux trans-nationaux pour imposer le fédéralisme maintenant et sans possibilité de retour. Ce qui me fait penser à la phrase de Dante sur les portes de l’enfer "abandonnez tout espoir, vous qui entrez ici". Je repars pour Londres.
- Le parlement est scindé en trois, fromages blancs, gauchistes, populistes et tout se bloque. Plutôt sympathique comme résultat, mais rien n’est acquis.
- Les "populistes" sont majoritaires et là, la situation devient intéressante, puisque le Parlement devra élire le successeur de monsieur Juncker, qui pour une fois ne sera pas désigné par la Commission. Au dernier vote, il n’y avait qu’un seul candidat, Mr. Juncker, ce qui ressemblait beaucoup à l’élection du Président du Soviet Supreme.  Imaginons que le Parlement élise monsieur Farage, ce serait à mourir de rire…
Ou mieux encore que le Parlement décide qu’il est temps d’organiser au niveau Europeen un referendum sur l’immigration. On voit mal monsieur Macron refuser…
Le Parlement pourrait aussi retirer à la Commission le privilège de fixer l’ordre du jour du Parlement ainsi que le quasi-monopole de la rédaction des directives et la Commission se retrouverait au chômage technique, c’est-à-dire que nous aurions atteint le but désiré, faire sortir Bruxelles de l’Europe, pour se retrouver entre nous en dehors de la présence de ces sinistres technocrates qui veulent nous empêcher d’être différents.
 
Dans le fond, la seule chose à faire en Europe est le BRUXIT : Il ne faut pas sortir de l’Europe, il ne faut pas détruire l’Europe, il faut simplement sortir Bruxelles et la technocratie de l’Europe, et c’est tout. Virer les technocrates et se retrouver entre citoyens, voilà le but.
Et donc, chaque citoyen qui votera pour les Républicains votera pour ceux qui trahissent la Démocratie et la Nation depuis toujours, tandis que s’il vote pour LAREM, il votera pour ceux qui veulent à la fois trahir la Démocratie, la Nation et le Peuple.
 
Une étude récente vient en effet de montrer que ceux qui méprisent le plus la Démocratie sont les centristes, tandis que ceux qui la défendent sont les gens d’extrême droite ou d’extrême gauche. En tout cas, c’est ce que montre les élections en France depuis longtemps puisque le but du "centre" depuis toujours a été de s’allier avec la droite de la gauche pour empêcher la droite d’être représentée.
Puisque la gauche de gouvernement n’existe plus en France, ce serait une bonne chose pour la Démocratie si le centre n’allait pas voter cette fois ci. On se retrouverait entre gens intelligents.

Paru sur institutdeslibertes.org, 6 mai 2019
Publié dans Avec l'Europe
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Enigme européenne
 
Le Parlement européen vient de diffuser une brochure qui célèbre son quarantième anniversaire. Les auteurs des articles sont des députés ou d’anciens députés. Tous expriment deux sentiments contradictoires. Quand ils examinent le passé, ils disent leur fierté d’avoir participé à une œuvre extraordinaire : la construction de l’Union européenne. Grâce à elle, les vingt-huit Etats qui en sont membres, bénéficient de bienfaits dont leurs citoyens osaient à peine rêver avant que leurs gouvernants signent l’acte d’adhésion : la paix garantie entre nations ; une prospérité presque ininterrompue ; les droits de l’homme efficacement protégés ; l’Etat de droit solidement établi. Mais quand ils se tournent vers l’avenir, députés sortants et anciens députés sont remplis d’inquiétude. "L’espérance européenne" intéresse de moins en moins les citoyens de l’Europe ; les opinions publiques sont rongées par l’euroscepticisme ;  les partis opposés à l’Union ont de plus en plus d’audience. Les auteurs des articles pressentent que l’élection du 26 mai va confirmer leurs craintes, sous la double forme d’une abstention massive et d’une progression des "populistes" en nombre de voix et de sièges. Ils ressentent douloureusement l’injustice probable du verdict à venir. Ils déplorent l’ingratitude des électeurs mais, surtout, les raisons de la désaffection populaire leur paraissent absurde : comment les citoyens européens peuvent-ils voter contre ce qui est leur intérêt évident ? Cette énigme les laisse désemparés. Faute de mieux, ils se rallient aux raisons que propose la plus haute autorité de l’Union, le Président du Conseil européen Donald Tusk : le recul attendu des "progressistes" a pour cause, dit-il, une conjonction confuse de peurs, de doutes et d’irritations aussi passagères qu’insaisissables. Les "populistes" s’emploient à les attiser, avec l’appui de Moscou qui répand partout ses "fake news". Tusk n’innove pas. Il reprend, Poutine à part, les arguments par lesquels Giscard avait expliqué, il y a quinze ans, l’échec du référendum concernant la Constitution européenne : d’un côté, un choix raisonné d’ouverture et de progrès ; de l’autre, un ramassis de crispations instinctives et de passions obscures. Heureusement la raison finit toujours par l’emporter. Elle doit seulement être patiente et déterminée.
   
Je doute que l’interprétation de Tusk soit la bonne. Je vais me hasarder ici à en proposer une autre, que j’avais déjà opposée à l’argumentation de Giscard. Si j’ose récidiver, c’est parce que les évènements ont démenti les conclusions de notre ancien président et ratifié les miennes.
 
Pour comprendre les difficultés dans lesquelles l’Union européenne se débat, il faut regarder de haut ses institutions, sa gouvernance, ses réalisations pratiques. Toutes sont animées par une ambition qui transcende notre époque, notre siècle et même tous les siècles à venir : L’Union se voit comme rien de moins qu’une fin heureuse de l’histoire de nos nations. Avec elle nous entrons dans un temps définitif de paix générale, de prospérité partagée, de respect scrupuleux des droits de l’homme. Ce n’est pas moi qui invente une telle ambition. Elle est exprimée par tous les "progressistes". Tusk vient de le rappeler à sa manière : "En 2004 beaucoup en Pologne ont cru comme moi que notre adhésion à l’Union européenne serait la fin heureuse de notre histoire".
     
Cette ambition gigantesque repose entièrement sur la puissance de la raison humaine. De fait, l’Union européenne est un chef d’œuvre de rationalité en marche. Elle est par excellence le "palais de cristal" dont Dostoïevski pressentait la réalisation en Europe. Elle s’appuie sur quatre piliers si nettement découpés qu’ils ne laissent place à aucune obscurité - les quatre libertés fondamentales de l’Union - ; sa charpente est constituée par trois institutions, la Commission, le Parlement, la Cour de justice, agencées selon les règles de la raison et vouées à la transparence ; ses "compétences" sont installées dans les nombreuses pièces du palais ; toutes sont sous la lumière de directives dont la nécessité est démontrable par des raisonnements. Dans chacune, l’Union a installé des experts, appelés aussi technocrates ; ils rédigent des règlements qui se veulent parfaitement clairs parce que rationnels. Celui qui cherche le cœur de cet immense édifice, doit monter tout en haut. Il découvrira avec émerveillement un "temple du bonheur" annoncé aussi par Dostoïevski, dans lequel  mes collègues députés célèbrent, entre des murs de verre, la fin de l’histoire européenne et le culte annexe des droits de l’homme européen.
 
La question est de discerner si le citoyen européen est aussi à l’aise dans ce palais de cristal que les technocrates et les députés. Les auteurs de la brochure n’en doutent pas. Tout a été fait pour lui rendre la vie agréable. Il y dispose des droits les plus étendus du monde (Giscard). C’est un endroit où la stabilité et la prévisibilité sont données à chacun (Tusk). La Commission veille à satisfaire tous ses désirs de bien-être, notamment en organisant une concurrence acharnée entre producteurs de biens et de services. Que pourrait-on raisonnablement faire de plus ?
Un autre grand philosophe européen, Nietzsche, n’aurait pas manqué de ricaner devant le citoyen que l’Union prétend façonner : "dernier homme" aurait-il dit avec mépris, c'est-à-dire individu réduit au statut de consommateur compulsif.  Il prédirait certainement, comme il l’a fait pour la démocratie libérale de son époque, que l’aventure européenne se terminera en catastrophe. Dostoïevski arriverait à la même conclusion par d’autres chemins : "aucune société" a-t-il écrit "n’a jamais pu s’édifier sur les seuls principes de la raison et de la technique ; de tous temps l’un et l’autre n’ont rempli que des fonctions subalternes". Il reprocherait à l’Union européenne d’ignorer "l’homme souterrain", que la lumière de la raison est incapable de saisir.  Cet homme-là, qui est intérieur à chacun de nous, est mené par les forces mystérieuses de l’instinct, du sentiment, du sens commun. Il est dangereux de sous-estimer sa puissance. Elle peut devenir explosive. Or, pour l’homme souterrain, le palais de cristal qu’a édifié l’Union européenne n’est pas un lieu de liberté mais une prison. Il n’a qu’une envie : s’en échapper. Qui sait quel ébranlement en résultera si on l’en empêche ?
 
L’Union européenne se croit encore capable de dominer "l’homme souterrain" à force d’obstination dans ses injonctions de raison. Elle n’aboutit qu’à l’exaspérer et le braquer contre elle. Rien ne le montre mieux que la relation compliquée entre Union, citoyens et nations. Chaque nation est une réalité mystérieuse dont l’origine, l’histoire et la fin échappent complètement à l’analyse rationnelle. Elle s’accroche à nous par la force du sentiment bien plus que par la rigueur d’un raisonnement. C’est pourquoi elle est la communauté à laquelle se rattache spontanément l’homme souterrain. Depuis sa création, l’Union se méfie de la nation. Elle y voit une concurrente qui divise les allégeances et gène ses plans. Elle ne cesse de dénoncer les nationalismes, fauteurs des rivalités et des guerres du passé ; elle démontre leur inaptitude à relever les grands défis de la mondialisation ; elle stigmatise leur logique néfaste, qui entraîne les peuples vers l’intolérance et le repli sur soi. Qu’à cela ne tienne : l’esprit national abandonne le terrain du rationnel à l’Union mais c’est pour être plus fort dans le domaine de l’instinct et du sentiment. Les "nationalistes" deviennent des "populistes". Et ils sont plus prospères que jamais. 
Voyez comme Macron, ce "progressiste" tout dévoué à "l’espérance européenne" échoue à imposer ses vues aux nations qui résistent sourdement à ses arguments rationnels. Quand il dit aux Anglais que "quitter l’Union a un coût et qu’ils doivent le payer", il n’aboutit qu’à renforcer le sentiment "pro-Brexit" outre-manche. Lorsqu’il menace les Etats qui refusent les immigrés musulmans de diminuer leurs droits à subventions, il attise la méfiance populaire, profondément enraciné dans l’histoire des nations d’Europe de l’est, vis-à-vis de l’Islam. Enfin, quand il invite les Allemands à mener avec lui une politique mondiale et à créer à cette fin une armée européenne, il heurte l’instinct de ce peuple auquel des évènements tragiques ont appris qu’il était peu doué pour les vastes ambitions. La raison macronienne est toujours vaincue par le sens commun, même en France, comme les gilets jaunes l’ont prouvé.
    
Pour terminer, je souhaite m’adresser aux députés européens qui vont être élus le 26 mai. Je les invite à méditer cette pensée de Pascal : "la dernière démarche de la raison est de reconnaître qu’il y a une infinité de choses qui la dépassent. Elle n’est que faible si elle ne va pas jusque-là". Qu’ils ne cèdent pas, comme l’ont fait leurs anciens, à l’arrogance de la raison. Elle n’est que faiblesse ; elle les conduirait aux pires déconvenues.

Envoyé par l'auteur, Michel Pinton, Ancien député au Parlement européen, 17 mai 2019
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Ces mythes qui font vibrer les dirigeants de l’Union européenne (mais pas leurs peuples)
 
Airbus, Erasmus, L’Auberge Espagnole... Les partisans de l’Union européenne ont inventé des slogans, des mantras. Mais la tragique réalité de l’Histoire ramène les Européens à ce qu’ils sont vraiment : une civilisation.
 
Ils reviennent à chaque élection, à chaque débat, à chaque controverse. C’est ce qui reste quand les partisans de l’Union européenne ont tout essayé, tout tenté, tout oublié. Des mantras, des slogans qui parlent au cœur et réchauffent l’âme. Mais qui ne résistent guère à la raison. Des Airbus comme s’il en pleuvait. Des Airbus du rail, des Airbus des piles électriques, des Airbus de tout et de rien, l’important est de prononcer le mot magique. Le mot, mais pas la réalité. Car Airbus constitue tout ce qu’abhorre la Commission de Bruxelles : des accords entre deux gouvernements (la France et l’Allemagne), auxquels se joignent deux autres (l’Angleterre et l’Italie) ; des aides d’Etat comme s’il en pleuvait ; pas de concurrence et du protectionnisme à tout-va ; la France en leader technique et économique. Bref, l’horreur absolue. Qui serait quasi impossible aujourd’hui. Même chose pour Arianespace, d’ailleurs.
 
Mais peu importe, l’Europe, c’est la paix. Et le nationalisme, c’est la guerre, ajoutent ceux qui se souviennent de l’ultime testament de François Mitterrand. Pourtant, la réalité historique dit autre chose. Comme le rappelle justement Hubert Védrine, l’ancien conseiller diplomatique de ce même Mitterrand, "l’Europe n’est pas la mère de la paix, mais sa fille". C’est la fin de la Seconde Guerre mondiale et la ruine des protagonistes européens - Allemagne, mais aussi Angleterre et France - qui les a obligés à se soumettre tous trois au protectorat américain. Ce sont les Etats-Unis, et plus particulièrement le secrétaire d’Etat de l’époque, John Foster Dulles, qui ont forgé la construction européenne. L’Europe et l’Otan sont deux organisations sœurs et ont la même mère : l’Amérique. Les trois Grands européens, "empires humiliés", comme dit Peter Sloterdijk, se sont terrés sous le parapluie nucléaire américain pour se protéger de la menace soviétique. La paix, c’est d’abord la peur de l’apocalypse nucléaire. L’Angleterre, la France et l’Allemagne achevaient ainsi trois siècles de lutte pour l’hégémonie européenne et mondiale, commencée sous le règne de Louis XIV, poursuivie avec la guerre de Sept Ans (1756-1763) et les guerres de la Révolution et de l’Empire, avant que l’Allemagne, unifiée en 1870, ne vienne prendre la place de la France en grand hégémon continental. Ce sont donc les tentatives réitérées de constituer un empire européen, et l’opiniâtreté britannique à l’empêcher, qui sont à l’origine de toutes les guerres européennes, et non l’existence de ces nations.
Mais foin d’histoire, foin de guerres, foin de nations et de peuples ; l’important, ce sont les individus, le bonheur et l’amour. C’est le dernier message : celui de la jeunesse, d’Erasmus, de L’Auberge espagnole. Le plus médiocre argument et le plus facile. Celui qui incarne le mieux le désir de sortie de l’Histoire qui anime une partie du projet européen. Mais le retour des grandes nations, des énormes vagues migratoires, du djihadisme, ramène les Européens à la tragique réalité de l’Histoire et de ce qu’ils sont : une civilisation. "J’appelle européenne toute terre qui a été successivement romanisée, christianisée et soumise, quant à l’esprit, à la discipline des Grecs", disait Paul Valéry. Une civilisation unique, exceptionnelle et menacée qu’il faut défendre.
Paru dans Le Figaro, 17 mai 2019
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L’Europe, ébranlée par le réveil des nations
 
Et les gagnants des européennes du 26 mai seront… les abstentionnistes ! La crise de confiance ne déstabilise pas seulement la plupart des dirigeants politiques confrontés à la colère des peuples. La confiscation du pouvoir par une oligarchie est un grief qui touche plus encore l’Union européenne. Elle s’est construite au fil des ans, derrière une démocratie de façade, sur une cooptation de technocrates insensibles aux vaincus de la mondialisation. Dans son roman L’Ignorance, Milan Kundera, d’origine tchèque, fait dire à l’un des personnages : "L’empire soviétique s’est écroulé parce qu’il ne pouvait plus dompter les nations qui voulaient être souveraines." Ce même réveil des nations, remisées au nom du commerce, ébranle la forteresse bruxelloise et ses fadaises sur les bienfaits du marché pour tous et du grand mélangisme. Lundi, la commissaire européenne Elzibieta Bienkowska a repris la rengaine : "Le plus grand risque, c’est le populisme." L’islamisme, parti à l’assaut de l’Europe désarmée, n’a en effet rien à craindre des apparatchiks aux yeux clos et aux cerveaux cadenassés.

La mondialisation profite d’abord aux multinationales. Il faut être sourd comme un pot pour ne pas entendre la rage des agriculteurs, artisans, commerçants, entrepreneurs, étouffés par les directives européennes et leurs contraintes budgétaires. Ceux qui abominent le libre-échange ont beau jeu de montrer les catastrophes nées de l’abandon progressif, depuis 1974, de la préférence communautaire. La libéralisation mondialiste des marchés, voulue par Bruxelles, est à la source de la destruction de l’industrie et de la croissance nationale. Cependant, n’en déplaise aux dirigistes, le libéralisme n’a rien à voir avec cette course aux délocalisations et aux concurrences faussées par la disparité des règles. En 2005, le Prix Nobel d’économie Maurice Allais avait prévenu : "Les perversions du socialisme ont entraîné l’effondrement des sociétés de l’Est. Mais les perversions laissez-fairistes du prétendu libéralisme de ces trente dernières années nous ont menés au bord de l’effondrement de la société française." Nous y sommes. Une abstention des électeurs aux alentours de 60% confirmerait le rejet de l’UE.
L’Union européenne n’est certes pas assimilable à l’ex-Union soviétique : le communiste était autrement plus oppressant et liberticide que l’idéologie melliflue de Bruxelles, armée de ses commissaires moralisateurs et de sa presse prêchi-prêcheuse. Néanmoins, l’UE produit ses dissidents comme Moscou savait le faire. L’Union, en voie de dislocation, use des mêmes procédés de disqualification pour se maintenir. Ceux qui évoquent la nation sont vite assimilés à des nationalistes fascisants. Bruxelles est également envahie d’un même centralisme soviétoïde, producteur de normes et de droits sans autre vision que l’universalisme, l’égalitarisme, la non-discrimination. C’est au nom de ces principes, froids comme l’acier, que le citoyen ne se différencie plus vraiment de l’étranger et que le peuple est prié de se fondre dans le nouveau Babel. Ce n’est pas un hasard si l’immigration vient en atout dans les préoccupations des Européens. Seuls 3% des gens (sondage YouGov) estiment que l’Union gère "tout à fait bien" la crise de la migration.

Cette Europe-là n’est pas défendable : il est urgent de reconstruire une plus humaine confédération des nations souveraines, soucieuse de protéger l’Europe dans son économie libérale et ses identités hétérogènes. Or ce n’est pas le choix que propose Emmanuel Macron avec sa "souveraineté européenne", si mal défendue d’ailleurs par Nathalie Loiseau, tête de liste LREM. Celle-ci a engagé une lutte exclusive contre Jordan Bardella (RN), au point d’avoir refusé caméras et micros lors de sa confrontation en petit comité, lundi, à l’initiative de l’Institut Montaigne, avec François-Xavier Bellamy. Cette course à la première place, imposée par le chef de l’État, n’est pas à la hauteur des enjeux. D’autant que la liste qui gagnera, dans l’hypothèse retenue par les sondeurs d’une abstention majoritaire, ne représentera pas 10% du corps électoral. "Il n’est rien d’aussi puissant qu’une idée dont l’heure est venue" (Victor Hugo). Le populisme, diabolisé par ceux qui craignent le peuple, est cette idée qui fédère les nations renaissantes. Les eurocrates ne voient pas la révolution venir.
Paru dans Le Figaro, 17 mai 2019
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Bellamy, illusion ou espérance ?
 
À la veille des élections européennes de 2019, la politique française poursuit sa descente aux enfers et se présente, plus que jamais, comme un champ de ruines. La gauche socialiste et communiste est en mille morceaux. Deux partis semblent surnager en cette période chaotique : LREM et RN (ex FN). Pourtant, au-delà de l’illusion engendrée par la surexposition médiatique de leur duel pour la première place, l’un comme l’autre sont englués dans la médiocrité. Les sondages les donnent à 21 ou 22 % des suffrages, ce qui, avec un taux d’abstention record de 60 %, les situerait aux alentours de 8 % du corps électoral : un niveau dérisoire, ne dénotant aucun signe d’adhésion, pour la majorité présidentielle comme pour l’opposition lepéniste qui piétine en vain depuis 40 ans.
 
Le pouvoir politique est plongé dans une crise sans précédent. L’Assemblée nationale, censée incarner la souveraineté, se réduit à n’être plus qu’une annexe transparente de l’Elysée, privée d’autorité et de reconnaissance dans l’opinion. Le gouvernement est annihilé, en l’absence de personnalités capables d’incarner et d’animer une politique. Dans le régime issu d’une Ve République dévoyée, la vie politique et gouvernementale se confond tout entière avec l’image personnelle du président de la République, magnifiée par son rayonnement médiatique permanent, mais dès lors, réceptacle naturel des souffrances et des angoisses du pays. Sa chute inévitable et spectaculaire dans l’impopularité, dans le contexte d’une accumulation des échecs et des difficultés (chômage, dette, déclin économique, pression fiscale, insécurité, etc.) ne fait qu’amplifier le malaise national.
 
La crise de confiance entre le pays et sa classe dirigeante atteint des sommets dont la crise des gilets jaunes ne fut qu’un symptôme. 81 % des Français ont une vision négative de la politique, 70 % pensent que la démocratie ne fonctionne pas bien, 72 % estiment que les politiques sont corrompus, 87 % sont persuadés que leur avis n’est jamais pris en compte (CEVIPOF 2019). Bref, dans la conscience collective, la politique se présente comme un spectacle déconnecté du monde réel, un jeu d’acteurs obsédés par leur destin personnel au détriment de l’intérêt général. La promesse d’un "nouveau monde" issue du séisme politique de mai-juin 2017, a laissé place à une immense et douloureuse déception.
 
"L’effet Bellamy" naît ainsi d’une situation chaotique. La toute relative bonne tenue dans les sondages de la liste LR qu’il mène est la surprise de cette campagne électorale. Ce nouveau venu dans la vie politique française apporte une sensation de fraîcheur, une image de la vie politique qui est aux antipodes de ce que les Français reprochent depuis si longtemps à leur classe dirigeante. Il donne toute l’apparence de l’honnêteté, de la conviction, de la quête d’élévation dans la réflexion, mais aussi de la courtoisie. Il offre l’image d’un homme qui n’est pas obnubilé par sa carrière politique ni par la conquête de l’Elysée, mais s’engage dans un objectif de bien commun. Bellamy se présente, aux yeux de nombreux Français comme un personnage intelligent et modeste, désintéressé, une sorte "d’anti-narcisse". Il est ressenti comme donnant la priorité aux idées sur l’ego. Et en cela, le modèle qu’il offre est novateur.
Bien entendu, on est très loin d’une percée spectaculaire dans l’opinion qui ferait aujourd’hui de lui un prétendant au leadership de l’opposition. Mais tel n’est pas l’essentiel.
 
Le message Bellamy montre la voie : travail de fond, débat d’idées et projet avant les guerres d’ego, intérêt de la France avant les obsessions narcissiques, en finir avec la névrose élyséenne (le choix de la candidature aux présidentielles doit se faire au dernier moment et en fonction des circonstances). Il repense le rôle d’un leader politique qui est d’animer une réflexion et un projet collectif plutôt que de s’enivrer de lui-même. Son exemple sera-t-il suivi ? En tout cas, un score relativement correct aux Européennes de la liste LR, grâce à lui, introduisant une troisième force dans le paysage politique français, offrirait le début d’une porte de sortie au désastreux duel annoncé et largement pré-conditionné par les médias, le Pen-Macron dont ne peut sortir qu’une tragédie pour le pays, quelle qu’en soit l’issue.

Paru sur Figaro vox, 13 mai 2019
Publié dans Du côté des élites
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Des élections qui ne sont plus européennes
 
Davantage que toute autre organisation de la planète, l’Union européenne (UE) assemble des pays dont la démocratie fonctionne bien. Quand vous circulez en Europe d’est en ouest et du nord au sud, que vous soyez en Pologne ou au Portugal, en Irlande ou en Grèce, et que vous interrogez les citoyens, la grande majorité d’entre eux seront capables de vous dire qui est leur maire, leur député, leur premier ministre, le président de leur Assemblée nationale. Dans tous les pays d’Europe, la démocratie élective marche plutôt bien.
En revanche, au sein de l’UE, la démocratie européenne ne fonctionne pas. Faites le test. Demandez à ces mêmes citoyens européens quel est le nom du député qui les représente au Parlement européen: vous obtiendrez très peu de réponses. Vous n’en obtiendrez aucune si vous demandez comment fonctionne le calendrier des sessions entre Strasbourg et Bruxelles. Quant au nom du président du Parlement européen, moins d’un citoyen européen sur 500 le connaît. C’est injuste et regrettable, mais la grande majorité des citoyens de l’UE ignorent les pouvoirs spécifiques du Parlement européen (approbation, avec le Conseil représentant les États membres, des directives proposées par la Commission). À leurs yeux, les députés européens sont principalement des apparatchiks méritants, ayant été recalés au suffrage universel chez eux, et à qui leurs partis ont offert en compensation une position confortable, bien payée et peu harassante.
 
Le 26 mai 2019, les citoyens de l’UE sont appelés aux urnes pour élire leurs 751 eurodéputés, pour un mandat de cinq ans. L’UE, qui est la construction politique la plus réussie de la planète depuis la Seconde Guerre mondiale, est aujourd’hui confrontée, institutionnellement, économiquement et socialement, à de gros problèmes. Sont-ils au cœur de la campagne électorale actuelle ? Non.
Au lieu de susciter des débats constructifs sur ces enjeux européens essentiels que sont les dettes étatiques, les disparités régionales, la politique énergétique, l’harmonisation fiscale, l’immigration extra-européenne, la protection de la propriété intellectuelle, l’économie numérique, etc., la campagne européenne ne s’anime réellement que pour juger les hommes ou les partis au pouvoir dans les différents pays de l’UE. Au lieu d’être européennes, ces élections n’intéressent les citoyens que pour les verdicts strictement nationaux qu’elles prononceront. Elles sont devenues des référendums de popularité gouvernementale.
 
En France, on rejouera le match de 2017 entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Au Royaume-Uni, ce sera pire qu’une ordalie: ce sera le calvaire de Theresa May et de son parti conservateur, donné en quatrième position du scrutin. En Italie, on attend du scrutin un arbitrage entre les deux partis querelleurs au pouvoir, la Ligue et le Mouvement 5 étoiles, car le Parti démocrate (centre gauche) est à la traîne. En Pologne, ce sera un test pour le PIS (parti conservateur Droitet Justice), qui détient la majorité de la Diète depuis 2015. Sa campagne se résume aux promesses d’un treizième mois pour les retraités et d’une hausse des allocations familiales, thèmes qui n’ont rien d’européen. En Allemagne, l’enjeu principal est de voir si les partis de gouvernement (CDU et SPD) parviennent à arrêter leurs glissades, par rapport aux succès récents des Verts et de la droite radicale AfD (Alternative pour l’Allemagne).
 
On ne peut que constater le décrochement des élections européennes par rapport à l’idée initiale de Valéry Giscard d’Estaing et Helmut Schmidt d’"introduire plus de démocratie dans la construction européenne". En faisant élire le Parlement européen au suffrage universel direct, les deux leaders ont oublié qu’une institution politique ne créait jamais un peuple, et que seul l’inverse était vrai. Or s’il y a des peuples européens (partageant les mêmes valeurs de gouvernement et les mêmes racines culturelles), il n’existe pas de peuple européen. Les Finlandais et les Grecs ne formeront jamais le même peuple, qu’on le veuille ou non.
 
Faut-il supprimer le Parlement européen ? Non, car il est bon que les directives soient examinées par deux entités différentes avant de faire loi sur le territoire de l’UE. Mais il devrait n’être composé que de parlementaires envoyés par les différents parlements nationaux. Issu de scrutins indirects, il fonctionnerait un peu comme le Sénat d’une confédération.
Personne ne peut se réjouir du gaspillage d’énergie que représentent ces élections qui ne sont plus européennes. Car il reste une Europe puissance à construire, face aux menaces de l’hégémonisme judiciaire américain et de l’hégémonisme commercial chinois.

Paru dans Le Figaro, 14 mai 2019
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