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Benoit XVI, un Pape en vérité

Il y a parfois, dans les Eglises, des personnes qui commentent les décisions du Pape, ses intentions et ses buts inavoués. Dans certains salons parisiens, elles parlent à voix basse et à demi-mots, sur le ton assuré de ceux qui en savent plus que les autres et, pour un peu, nous feraient croire qu'elles étaient là, invisibles mais toutes ouïes, à observer dans l'ombre les conciliabules du Pape avec ses conseillers secrets.
Il se chuchote donc, dans les milieux, comme disait Coluche, "où l'on s'autorise à penser", que Benoit XVI connaissait les déclarations négationnistes de l'évêque Williamson. Il aurait délibérément associé la levée d'excommunication des quatre évêques lefebvristes à l'image particulièrement mauvaise et honteuse que renvoie, de ce fait, le monde intégriste. Et ceci pour compromettre les fruits de la dite levée d'excommunication.
L'interview aux inacceptables propos sur la Shoah date du 1er novembre ; elle a été rendue publique le 19 janvier dans un grand journal allemand, soit deux jours avant l'acte pontifical. Il aurait été trop tard pour revenir en arrière. Mais voici la vraie raison murmurée par les gens bien informés : on a judicieusement fait en sorte que les évènements soient conjoints, décisions romaines et interview de Williamson !
Puisque le Pape n'aurait pas désiré aller au delà de la levée d'excommunication, le négationnisme de l'un des quatre bénéficiaires sert la cause de l'Eglise. Car celle-ci, dans le fond, ne souhaitait pas le retour de ces catholiques marginaux. Le scandale public est une aubaine pour indiquer les limites de l'accueil : Rome a fait un pas charitable et paternel, les intégristes en sont indignes, tenons-nous en là ! On a montré de la bonne volonté, mais, par leur faute, les lefebvristes ne pourront pas obtenir davantage de place dans l'Eglise...
Sur l'air entendu de ceux qui révèlent de tels calculs et l'esprit retors du Vatican, les commentateurs gloussent de satisfaction.
Peut-on croire un seul instant que Benoît XVI et ses collaborateurs aient orchestré pareils confusion et troubles des croyants en vue d'une conclusion aussi subtile ?
S'il est probable que Williamson empêche, de fait, les catholiques dissidents de retrouver la pleine communion avec Rome, ceux-ci auront à discerner dans leurs rangs les responsables de la division, et s'ils veulent être chrétiens avec le Pape, à quelles exigences de vérité ils s'exposent.
Le Pape Benoit XVI est sincère en ne déviant pas de sa volonté de réconcilier tous les chrétiens, à commencer par les catholiques entre eux. La levée d'excommunication était préparée déjà sous le pontificat de Jean-Paul II. Une occasion très forte lui est aussi donnée de montrer au monde entier la désormais définitive et universelle amitié judéo-chrétienne, lorsqu'il se rendra prochainement à Jérusalem.

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La France dans l'OTAN : le choix de la facilité

Il faut en donner acte aux avocats du retour dans l'OTAN, il est probable qu'on ne s'apercevra pas de grand chose quand il sera effectif le 3 avril. La force de dissuasion n'est pas concernée ; notre droit souverain d'engager ou non nos forces restera intact ; notre participation à des opérations intégrées ne sera pas nouvelle ; l'intégration n'est plus ce qu'elle était au temps où elle imposait d'occuper un créneau dans un dispositif rigide tourné vers l'Est.

Est-ce assez pour affirmer que rien ne change tout en ajoutant dans le même souffle que tout change pour le mieux puisque l'influence française grandira, que notre défense sera mieux adaptée aux menaces du jour, que la voie sera dégagée à la défense européenne ? Est-ce assez, surtout , pour conclure que défaire ce qu'a fait de Gaulle est le bon moyen de lui être fidèle ?
L'affaire mérite mieux que ces propos lénifiants et vaut la peine qu'on tâche de voir un peu plus loin que le bout de son nez.

1) Le retour dans l'OTAN change en profondeur notre rapport à l'Amérique. Nous restons libres d'engager nos forces mais jusqu'ici le non-engagement était la règle, l'engagement l'exception ; désormais, ce sera le contraire : pour rester à l'écart, il faudra déroger à la règle et décevoir l'attente. L'abstention manifestait un désaccord ; le refus exprès de solidarité passera pour une dissidence sinon pour une trahison. Ce qui est aujourd'hui une péripétie ouvrira demain une crise. Dès lors, de deux choses l'une : ou bien on fait le pari d'un avenir sans désaccord aucun avec les Etats-Unis et c'est un pari perdu d'avance ; ou bien, et c'est le plus probable, on a résolu, sans le dire, de toujours se ranger en dernière analyse au point de vue américain.

2) La France ratifie la métamorphose de l'OTAN. L'OTAN est méconnaissable et n'a plus beaucoup de rapport avec son traité fondateur. Elle n'a plus d'ennemis à sa porte ni à sa mesure ; alors elle s'en invente et, pour leur donner la chasse, elle va les chercher à des milliers de kilomètres. Elle est née défensive mais sur le tard elle se fait interventionniste pour ne pas dire agressive. Elle était protectrice, elle est devenue aventureuse et guerrière. Elle a gagné la guerre froide sans tirer un coup de feu mais aujourd'hui, il n'y a que par la force des armes qu'elle veut résoudre les crises .
Cette dérive est ancienne et la France y a souscrit peu à peu, en détail et à regret ; la nouveauté, c'est qu'avec le retour dans l'intégration, elle y adhère d'un coup, en bloc et sans réserve ni retour. Parce qu'elle aura quelques généraux dans les états-majors intégrés, elle se flatte d'infléchir la doctrine et l'action de l'OTAN ; quand on sait ce que représente SHAPE (1) en volume et en moyens, quand on sait, surtout, quel pouvoir de fascination et d'intimidation la machine de l'OTAN exerce sur nos militaires, on est plus enclin à croire à l'otanisation de l'armée française qu'à la francisation ou à l'européanisation de l'OTAN.

3) La France fait son deuil d'une défense européenne autonome. On croit rusé de se convertir à l'atlantisme pour mieux convertir nos partenaires à la défense européenne. Mais qui espère-t-on tromper en avouant nous-mêmes les arrière-pensées dont on nous accuse. Le procès d'intention qui nous est fait est trop commode et trop efficace pour être abandonné. Pourquoi, d'ailleurs, nos partenaires s'écarteraient-ils si peu que ce soit de l'OTAN puisque nous n'avons de cesse d'y rentrer ? Et si l'OTAN est à ce point essentiel, comment ne pas conclure que l'Europe est superflue ?

4) La France, et c'est le plus grave, bascule dans une vision hégémonique du monde. La décision de 1966 visait à desserrer l'étau des blocs pour en extraire la France ; la décision de 2009 fait le choix de bétonner le seul bloc qui existe encore et d'y enfermer la France à double tour. Au temps de la guerre froide, l'OTAN assurait l'équilibre des forces ; aujourd'hui, elle impose sa suprématie absolue. Elle veillait, hier, à l'intégrité de ses frontières ; elle rêve, aujourd'hui, de les repousser toujours plus loin. Elle s'inclinait devant l'autorité de l'ONU ; elle ne songe plus qu'à prendre sa place et à usurper ses prérogatives. Après avoir sauvé la liberté des nations, elle se met au service d'un dessein d'hégémonie mondiale.

La France n'avait pas le courage de quitter une OTAN qui trahissait sa vocation ; elle gardait, cependant, une distance et marquait une différence. Rien ne l'obligeait à sortir de cette réserve, aucune nécessité, aucune urgence, aucune utilité même. Si elle le fait, c'est qu'elle a décidé de franchir le pas. Elle répudie le temps où elle était la championne reconnue d'un monde de souverainetés nationales ; elle préfère devenir la simple comparse d'une entreprise hégémonique et borner son ambition à s'inscrire aux côtes de l'Angleterre et de l'Allemagne dans la course au titre d'allié le plus favorisé de l'Amérique .
Elle a fait le choix de la facilité et aucune poudre aux yeux ne pourra longtemps le dissimuler ; le peuple, déjà, qui a l'instinct plus sûr que ses élites ne s'y trompe pas.

(1) Supreme Headquarters Allied Powers Europe

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Si l'efficacité d'une action politique se mesure au bruit médiatique qu'elle provoque, la levée de l'excommunication du pape Benoît XVI a atteint son objectif.Il faut dire que le diable s'en est mêlé. Ce qui n’aurait dû n'être au départ qu'une affaire de sacristie a pris une toute autre dimension avec les propos absurdes  - et concomitants - de l'un des bénéficiaires de la miséricorde du pape, niant l'extermination des juifs par Hitler. On peut certes se demander ce qu'allait faire à ce moment là (1) sur une télévision suédoise un évêque anglais vivant en Argentine. Mais, manipulation ou pas, des propos scandaleux ont bien été tenus. Le confinement social, politique et intellectuel où vivent depuis de nombreuses années les traditionnalistes de la mouvance de Mgr Lefèvre a laissé prospérer de sombres fantasmes. Nul doute qu'en levant l'excommunication, le pape a voulu remettre dans les courants d'air la vieille tour gothique. Cela ne plait sans doute pas à tous ceux qui l'habitent. Et de la tour ainsi éventée, si l'on nous pardonne cette image à la Walt Disney, ne surgit  pas toujours la Belle au bois dormant : d'étranges chéiroptères peuvent aussi en sortir bruyamment  -  nous parlons des idées, non des hommes, même si ceux-ci sont  blâmables. 
Fallait-il pour autant que le pape s'abstint ? 

S'il ne s'agissait que de réduire le schisme lefévriste (une opération dont l'aboutissement est encore loin !), peut-être. Mais tout laisse à penser que le dessein de Benoît XVI est bien plus vaste. Le grand objectif de son pontificat est le rapprochement avec l'orthodoxie, qu'à l'instar de Jean Paul II, il tient pour le poumon oriental de la chrétienté européenne. Vaste dessein dont l'aboutissement remettrait sans doute en cause un ordre géopolitique dominé depuis longtemps par le "Nord-Ouest" anglo-saxon et protestant (2). Un tel projet rompt notamment avec la géographie d'un Samuel Huntington, plus culturelle que théologique à vrai dire, pour qui dans sa théorie du "choc des civilisations", une césure majeure sépare l'Ouest catholique et réformé de l'Est orthodoxe. On ne comprendrait pas sans une telle perspective la modération de l'attitude du Vatican lors de l'affaire de Géorgie. Pas davantage son obstination à réduire le schisme traditionaliste. Comment en effet vouloir se réconcilier avec ceux qui ont arrêté le temps au XIe siècle, si l'on n'est pas, dans son propre pré carré, capable de le faire avec ceux qui l'ont arrêté au XVIe ?  Peut-être pas dans ces termes, c'est sûrement ce que des orthodoxes ont dit au pape.
En sus de sa portée géopolitique, une telle problématique illustre ce que sont  les nouveaux chemins de l'oecuménisme.  Pour les tenants "progressistes" de ce dernier, l'interlocuteur privilégié était, même si cela n'était pas dit ouvertement, le seul protestantisme libéral. Le programme proposé au catholicisme, dans la suite supposée de Vatican II,  n'était d'ailleurs pour beaucoup que de lui ressembler de plus en plus. Cette voie a-t-elle encore un sens ? On peut se le demander au vu de l'évanescence de l'interlocuteur, de plus en plus sécularisé, largement débordé par une mouvance "évangéliste" bien plus obscurantiste sur les questions de science que Rome ne le fut jamais. L'évolution affligeante d'un Mgr Williamson illustre à sa manière la déliquescence de l'anglicanisme.

Si elle veut encore faire progresser l'unité des Eglises, l'Eglise catholique n'a pas le choix : ce n'est plus à des libéraux qu'elle a à faire désormais. Les uns sont crispés sur telle ou telle forme de rituel, les autres sur une interprétation littérale de la Bible que même saint Augustin, au IVe siècle écartait. Même si les vraies divergences apparaissent comme mineures, le rapprochement n'en est que  plus difficile. Les religions non chrétiennes avec lesquelles le dialogue continue d'être nécessaire sont elles-mêmes le plus souvent  attachées à différentes formes de littéralisme. Littéralisme que le pape a pris à contre-pied dans son discours des Bernardins en rappelant que dans la grande tradition occidentale, pour sacré qu'il fut, tout texte appelait une interprétation. 
En tendant la main aux lefévristes, le pape Benoît XVI a pris un risque considérable. S'il l'a fait, c'est que l'enjeu en était bien davantage qu'une affaire de chapelle.


(1) On ne saurait mettre en doute la bonne foi du pape quand il affirme ne pas avoir été au courant de ces propos avant la signature de la levée d'excommunication. Cela vaut-il cependant pour tous les membres de la Curie ?
(2) Est-ce pourquoi  l'offensive contre le pape est partie du Spiegel, le grand hebdomadaire de Hambourg ?

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Qu’attend-on pour injecter à nos enfants cette nécessaire dose quasi-quotidienne ?
Les modèles scolaires étrangers comme l’Allemagne l’ont compris avant nous : l’absence d’enseignement l’après-midi permettant de favoriser l’épanouissement physique (sport), le développement culturel (lecture, musées, …) et le rattrapage scolaire (études) permettent à l’enfant, tout en en connaissant l’essentiel, de s’accomplir en tant qu’être humain. N’apprenant que les 60% utiles du programme, il libère 40% de sa journée pour les consacrer à son épanouissement personnel. Bien dans sa tête et dans son corps.
Lors d’une longue discussion avec l’un de nos champions olympiques, nous arrivions à la même constatation : le système éducatif français doit être changé au profit d’une recherche d’épanouissement de l’enfant par le sport.

Un enfant ou adolescent en échec scolaire ou familial doit réussir ailleurs pour atteindre cette vitale confiance en soi, le sésame de la vie, l’objectif prioritaire qui lui permettra de lever la tête, de regarder le monde en face, en étant fier d’exister. Le sport le permet. Se sentir fort quelque part est un élément structurant de la vie d’un petit homme. Au temps de la Rome antique, le peuple voulait des jeux. Le peuple d’aujourd’hui n’a pas changé, il ne va plus au stade mais le stade vient à lui par la télévision. Il veut s’enflammer en voyant des combats et en rêvant d’y participer. Le sport est le premier intérêt télévisuel des français après la sacro-sainte Météo ! Exutoire pour les spectateurs, défouloir pour les pratiquants il est également un "ballon" d’espoir pour une jeunesse des "banlieues" souvent désœuvrée et laissée à elle-même, une façon de se défouler en expulsant sa haine sans conséquence négative. Nos politiques cherchent des solutions à cette jeunesse si difficile à canaliser et vivant souvent dans des espaces cloisonnés que mêmes les animaux ne supporteraient pas longtemps. La France manque de stades et de structures. Les jeunes, eux, n’attendent que cela. Dans les cités à tourner en rond jusqu’au cadre stressé, tous en ont besoin. Au lieu d’abîmer vos beaux villages, messieurs les Maires, par ces constructions à n’en plus finir de pavillons sans âme qui dénaturent nos campagnes, construisez des stades ! Et surtout, donnez leur du rêve, le rêve d’exister, de ressembler l’espace de quelques minutes, d’un panier ou d’un but, à leur idole du moment. Mettez le sport au centre de votre action et vous en percevrez le changement.

L
a deuxième carrière d’un sportif de haut niveau n’est cependant pas aisée. Habitué à mériter sa place, justement récompensé par ses nombreux efforts et sacrifices, il se confrontera à des règles subitement opposées. Il devra exceller, non plus dans l’art d’être le meilleur, mais dans celui qui consiste à être à sa place en toute circonstance, ni plus ni moins. Savoir communiquer deviendra l’un de ses devoirs. L’art du bon mot, du mot juste, du politiquement correct supplantera le culte de l’efficacité et du résultat. Les sportifs de haut niveau comme les plus modestes ne sont pas préparés à cet exercice d’équilibrisme. N’ayant pas anticipé la rudesse de cette deuxième vie, la chute et l’échec d’une prise de greffe difficile peuvent n’en être que plus durs.
Pour le téléspectateur assidu de compétition sportive, pour le fan de stade, le sportif est une idole permanente. Loin de nous l’idée de penser qu’un illustre compétiteur, mondialement connu du grand public, ayant porté les couleurs de la France au son de l’hymne national puisse être Rmiste quelques années plus tard. C’est pourtant le cas aujourd’hui. Trop vieux à trente ans, il sera oublié sans aucune gratitude, rayé de la carte.

Je me souviens d’avoir rencontré un candidat, au RMI, ancienne gloire de ma jeunesse. Cherchant à comprendre le pourquoi et le comment d’une telle réussite et d’une telle chute, nous décortiquions, ensemble, les heures durant les éléments structurels qui, superposés les uns aux autres, avaient formé un cocktail gagnant au départ puis perdant par la suite. Lui, l’homme au multiples succès, l’étoile et le phare d’une génération était le perdant d’une société incapable de gérer un profil comme le sien. Broyé aujourd’hui par le système en place, il survivait tel un zombie, après avoir donné tant d’espoirs à des millions de jeunes. Peu de temps après avoir compris, ensemble, les raisons de cet échec et décelé l’attitude à adopter dans ce nouveau monde, il trouva un emploi à sa mesure et récupéra une partie de son image de jadis. Proche du gouffre, ayant appris à accepter la défaite pour mieux gagner, il avait su puiser au fond de lui et se remettre en selle. Ce moral d’acier, travaillé depuis tant d’années, lui avait permis de ne pas sombrer.
Tous n’ont pas la chance de rebondir. Le monde du sport est encore plus dur que celui de l’entreprise car, seuls, les meilleurs subsistent. Les autres n’y ont pas leur place (n’y étant pas préparés), là où les seconds couteaux pullulent dans le monde du travail.
Q
ui n’a pas ressenti l’émotion intense de sa propre victoire ne peut comprendre ses propos. Le sportif de très haut niveau est un semeur de rêve dans un monde austère.

Ces anciens de trente ans, pris en main par leur ligue depuis plus de vingt ans, arrachés à leur famille pour rejoindre les sports-études dès l’âge de douze ans, sont la crème de la crème. Forts d’un moral d’acier, d’envie de conquêtes et de nouvelles victoires, ayant su se sacrifier pour réussir, ils se sentent trahis. Trahis par leurs muscles, par leur souffle, mais surtout trahis et lâchés par leurs fans. Ceux qui les ont encensés, rêvant de les toucher, ne leur tendent même plus la main. Le gladiateur est en vie mais le pouce est en bas, les jeux sont finis, le peuple change de veau d’or à aduler. Fort de cette constatation et lassé de rencontrer certains candidats de faible valeur se prenant pour des stars, je fus frappé de remarquer que la majorité de ces candidats médiocres n’avaient jamais eu à pratiquer un sport en compétition. Certes, il ne faut pas en tirer de constatation trop hâtive mais un salarié d’entreprise de culture sportive, intégrera plus facilement la notion d’objectif fixé par sa direction. Il s’appuiera, pour ce faire, sur ses qualités propres : résistance au stress, rigueur de vie, sens de l’objectif et du résultat, capacité à gérer la déception de l’échec et la griserie de la victoire, courage et sens du combat.

Ces valeurs sont-elles dépassées ? Doit-on encore rechercher la pureté, l’efficacité et le respect d’autrui dans l’entreprise ? Sans idées reçues ni a priori, nous pouvons changer le cours, soi-disant inéluctable, des choses. Il suffit d’y croire pour ouvrir la première porte du changement. Le sport fait une sélection, dès le plus jeune âge, par la compétence. Seuls les meilleurs resteront ou les plus tenaces, ceux qui le veulent vraiment. Exigence développée à son paroxysme le tamisage de la réussite sera sans concession ni favoritisme. La RTT (rigueur, travail, talent) des sportifs crée de la réussite, là où la RTT de l’entreprise la tue. Comment permettre à l’entreprise de retrouver, tout en améliorant sa compétitivité, l’âme de la pythie ? Essayons de montrer à nos futurs champions qu’ils peuvent s’investir aujourd’hui à faire briller la France et ses entreprises représentantes de façon différente. Les sociétés françaises leur tendront les bras dans quelques années, bien que ne sachant comment les intégrer aujourd’hui. Tout comme les universités américaines font la place belle à de jeunes gens peu doués scolairement mais brillants en sport, les entreprises ouvriront leur portes à des sportifs peut-être peu diplômés mais moteurs et entraînant pour leurs collègues.
A chacun sa route.

 

 

 

 

 

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Avec Rome, la fin d'une dissidence ?


Magnifique symbole, la nouvelle est tombée en pleine semaine de prière pour l'unité des chrétiens : par un décret daté du 21 janvier 2009, la Congrégation pour les Évêques, sur ordre du pape, a levé les censures d'excommunication qui touchaient les quatre évêques de la Fraternité Saint-Pie X. La réaction spontanée à cette nouvelle est tout à la fois la joie et la surprise - voire pour certains de l'incompréhension.
De la joie d'abord, car on ne peut que se réjouir de la levée d'une peine qui permet de favoriser le retour de catholiques dissidents à la pleine communion. Surprise, aussi, car aucun élément nouveau du côté des supérieurs de la Fraternité Saint-Pie X ne laissait présager un tel geste unilatéral du pape, ce qui explique l'incompréhension de certains qui jugent Benoît XVI trop généreux avec ces rebelles qui n’ont pas exprimé publiquement le moindre regret.

Le souci du Saint-Père est néanmoins légitime qui consiste à trouver un accord d’abord avec nos frères les plus proches, garantissant ainsi la crédibilité de la démarche œcuménique à l’égard des non-catholiques. La levée des excommunications – avec la liberté de célébrer la forme extraordinaire du rite romain – était une condition préalable posée par Mgr Fellay pour aboutir à des négociations en vue d’un accord avec Rome. Comme le pape le souhaitait, Mgr Fellay lui a écrit le 15 décembre pour le lui demander ; dans sa lettre, il écrit : "nous acceptons et faisons nôtres tous les conciles jusqu’à Vatican II au sujet duquel nous émettons des réserves". La réponse généreuse du pape ne change cependant rien à l’absence de situation canonique de la Fraternité Saint-Pie X : elle ne signifie pas encore le retour à la pleine communion de ses membres. Pour sa portée symbolique, on peut comparer cet acte avec la levée des excommunications réciproques entre catholiques et orthodoxes réalisée par le pape Paul VI et le patriarche de Constantinople Athénagoras Ier en 1965 – ce qui n’a pas résolu d’un coup les divergences entre catholiques et orthodoxes.

La levée des excommunications est donc une étape symboliquement importante dont la fin immédiate est de permettre maintenant une discussion en vue d’un accord : discussion sur les divergences doctrinales et sur la place possible de la Fraternité dans l’Église (administration apostolique ou prélature personnelle ?). Après avoir demandé ce geste au pape, Mgr Fellay semble cette fois-ci déterminé à poursuivre le processus jusqu’à son terme. En cette circonstance, on peut penser que Rome appliquera le critère du dialogue œcuménique, à savoir de n’exiger que ce qui relève de la foi et, pour le reste, établir un groupe de travail qui examine les points litigieux – ce qui suppose l’arrêt des polémiques et une attitude de critiques positives du Concile et du Magistère. Hélas ! il y a eu tant de laxisme à l’égard de courants "avancés" qui ont contesté des points importants de l’enseignement de l’Église (en matière de mœurs particulièrement) que l’on comprendrait mal une rigueur soudainement extrême à l’égard d’un courant opposé !

Cet accord avec la Fraternité Saint-Pie X, nous le souhaitons depuis longtemps et nous ne pouvons pas ne pas penser à la parabole du fils prodigue, riche d’enseignement en cette affaire. D’abord, il y a l’immense joie du retour à la pleine communion qui devrait toucher tous les catholiques soucieux d’unité comme le Christ nous y exhorte. Mais ce retour ne signifie en aucune façon une "réhabilitation" de l’attitude passée des membres de la Fraternité Saint-Pie X, ni une légitimation a posteriori de leur grave désobéissance qui a conduit Mgr Lefebvre en 1988 à poser, selon Jean-Paul II, "un acte schismatique" (Ecclesia Dei, n. 3). Certes, alors que s’esquisse enfin un accord, ce n’est pas le moment d’y insister, mais il ne faut pas l’oublier, notamment en ce qu’il suppose de la part de Mgr Fellay et des siens un minimum d’humilité dans leur volonté de réintégration. Mais la parabole nous met aussi en garde contre la mauvaise humeur du fils aîné, jaloux de la générosité de son père à l’égard du cadet….

Dans cette affaire, la tâche de Benoît XVI n’est pas aisée et il est bien seul dans l’Église à maintenir cette volonté d’un accord avec Écône. Chacun sent que jamais le moment n’a été aussi propice et qu’il serait absurde de rater le coche. C’est pourquoi les propos de Mgr Williamson (l’un des quatre évêques de la Fraternité) le 20 janvier à la télévision suédoise niant l’existence des chambres à gaz sont particulièrement mal venus. Les médias se sont à juste titre polarisés contre cette provocation scandaleuse, volontaire ou non, dont on peut se demander si elle est le fruit du hasard. Mgr Fellay a pris ses distances avec les propos de cet évêque imprévisible dont l’opposition aux réformes post-conciliaires a toujours été d’une rare virulence. S’il y a accord, il faudra bien préalablement une rétractation de ces paroles aussi imbéciles que choquantes : ce serait en effet un objet de scandale que d’avoir dans le corps épiscopal un évêque "négationniste".

On ne peut qu’admirer et remercier Benoît XVI pour son courage et sa persévérance, et le soutenir dans cette démarche au service de l’unité. Nous y reviendrons.

Editorial La Nef  n°201 de février 2009

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Les journaux scolaires sont nombreux en France, ce qui est un signe de vitalité et d'intérêt des élèves non pas seulement pour leurs établissements mais pour les questions politiques, sociales ou culturelles. Le Clemi (Centre de liaison de l'enseignement et des médias d'information) vient d'en publier une revue de presse. Les éducateurs précisent que la diversité des opinions a été respectée. En réalité, tout l'intérêt de cette revue de presse est de nous apprendre que, chez les lycéens, sur chaque sujet, une seule opinion s'impose: la même.
Ils ridiculisent N. Sarkozy, pour deux raisons : parce qu'il veut s'occuper de tout, et parce qu'il étale partout ses affaires privées. Trop médiatisé. Trop people. Et évidemment, trop payé. Ils attendent avec impatience que le PS reprenne du poil de la bête. Mais constatent avec douleur que ce n'est pas pour demain. Ils le fustigent de se laisser aller à des querelles de broutilles, pendant que les Français ont besoin de lui. Ils critiquent son attitude actuelle parce qu'ils le voudraient uni et puissant. Devant la mesure proposée consistant à utiliser le test ADN pour les immigrants, ils crient à l'eugénisme (n'ayons pas peur des mots) ou proposent par provocation qu'on se débarrasse aussi des vieillards et des malades, qui, comme les immigrés, coûtent cher à l'État (n'ayons pas peur des amalgames osés).
Devant la réforme Pecresse, qui permet aux universités d'utiliser du financement privé, ils crient à l'achat par les capitalistes d'universités qui, dès lors, ne pourraient plus travailler que sur les sujets rentables. À propos des "votes" pour les grèves dans les amphis, ils racontent sans vergogne les trucages justifiés par l'intérêt supérieur. Leur idéal est que l'État embauche le plus possible de fonctionnaires, d'enseignants, mais aussi de médecins, d'administratifs, ... etc. Ils critiquent le "travailler plus", arguant que le travail n'est plus la valeur importante, puisque ce qui importe, c'est de vivre mieux … Ils haïssent la compétition sous toutes ses formes, le système des notes lors des examens, l'élitisme qui rend certaines filières meilleures que d'autres … plébiscitant un monde d'égaux où tous seraient les meilleurs, allant jusqu'à traduire l'olympisme en eugénisme (encore lui) et méprisant les héros. Parlant de la sexualité, ils ridiculisent le pape et la religion dans son ensemble et défendent à grands cris l'homosexualité, ricanant sur le fait que la majorité juge "normale" l'hétérosexualité.
Ils soulignent avec indignation les violations des droits de l'homme en Chine et en Russie, jugeant révoltant que l'Occident continue à traiter avec des pays aussi abjects, juste parce que le premier possède des dollars et l'autre du gaz. Naturellement, leur combat préféré est celui de l'environnement, la défense de la Terre, et pour cela le changement de comportement des uns et des autres, dans un souci moral pontifiant et injurieux devant quiconque n'est pas d'accord. (Parfois l'un d'entre eux se demande si, tout de même, les pays pauvres n'auraient pas le droit eux aussi de se développer en polluant, les deux allant ensemble.) Naturellement, ils détestent l'Amérique parce qu'elle est conservatrice, religieuse, puissante et riche. Ces journaux ne concernent que 2008, mais on peut être sûr qu'ils sont tombés, depuis, dans l'obamania et, du coup, admettent que l'Amérique est en guerre contre le terrorisme (ce qui était venant de Bush un fantasme) et jugent ce pays fichtrement sympathique, parce qu'il est dirigé par un président noir.
L'image, on le voit, est extraordinairement fidèle aux opinions affichées dans le monde des adultes. En France, la droite et la gauche sont à peu près aussi représentatives l'une que l'autre. Pourtant, la presse se fait l'écho surtout de la pensée de gauche. Des études ont été réalisées montrant à quel point les journalistes sont peu représentatifs de la population. Les lycéens qui écrivent dans ces feuilles sont à leur image. Comment l'expliquer ? Ces lycéens-là sont-ils seuls à vouloir écrire ? Sont-ils tous dressés par leurs enseignants ?

Je n'ai trouvé dans ce recueil qu'un seul article qui ne soit pas politiquement correct : celui qui défendait l'enseignant placé en garde à vue pour avoir giflé un élève, appelé ici "petit con". Tout le reste: cette marée écoeurante, sans recul ni critique sur soi, qu'on entend partout … Comme chez les adultes, ces lycéens ne "débattent" que pour dire tous la même chose. Ici apparaît, claire comme le jour, la transmission de Panurge. Les jeunes sont fils de leur société autant que de leurs parents. Mais quand la société éduque tout le monde dans le même creuset, ils échappent facilement à la diversité des familles et se formatent sur le même modèle : des enfants zombis.
Paru dans Valeurs actuelles , 12 février 2009

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Que peuvent bien penser les Français des évènements qui se déroulent à Madagascar depuis une quinzaine de jours ? Ce n'est pas Le Monde (10 février 2009, p.7) qui lui permettra de comprendre les dessous de cette affaire. Heureusement, Internet fonctionne encore là-bas et permet d'apprendre quels sont les ressorts de ce drame.
Il y a deux camps, essentiellement à Tananarive (nom traditionnel en France, Antananarivo en malgache) : celui du Président Marc Ravalomanana, élu démocratiquement il y a deux ans, et celui du maire de Tananarive, Andry Rajoelina, qui s'est autoproclamé "président d'une haute autorité de transition" au début de février, et qui a nommé un "Premier ministre", Monja Roindefo. Ce que ne dit pas le quotidien du soir, c'est que Andry Rajoelina est un "sous-marin" de Didier Ratsiraka, l'ancien président malgache, qui espère revenir au pouvoir à l'occasion de ce coup d'état, et qui subventionne largement les opposants à Marc Ravalomanana….

Le 7 février, Rajoelina incita ses partisans à marcher sur le palais présidentiel (Ambohitsorohitra) et à s'y installer : prudemment, Rajoelina et Roindefo restèrent derrière la foule qu'ils envoyèrent au massacre … Dans un pays où il importe de ne pas perdre la face, Marc Ravalomanana ne pouvait laisser envahir son palais, quel qu'en soit le prix.
Ratsiraka est cet officier malgache qui à partir de 1973, se constitua un électorat sur un projet mêlant socialisme et  xénophobie-rejet en particulier des Français, Chinois, Pakistanais qui menaient l'économie de l'île. Après avoir pris le pouvoir en 1976, en deux ans, Ratsiraka transforma un pays en plein développement, exportateur notamment de riz et de viande, en zone où régnait la famine et où une partie de la population citadine se mit à survivre en fouillant les décharges d'immondices. Simultanément, il instaura une dictature dont le peuple malgache ne parvint à se débarrasser qu'en 1993. On se demande ce que les dirigeants français trouvaient ou trouvent encore pour soutenir cet énergumène, qui reprit le pouvoir en 1997, le perdit en 2001 et s'enfuit en France en 2002.

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(...) (site endommagé en 2013)
est affecté à l'état-major de Hitler, en 1943. Scandalisé par les crimes nazis, il rejoint alors la conjuration des officiers décidés à éliminer le Führer. Il s'agit non seulement de commettre un attentat, mais d'organiser un coup d'État qui mettra fin au nazisme. Pour cela, les conjurés ont parasité un plan officiel de mobilisation de l'armée de réserve, prévu par Hitler lui-même en cas de putsch. Nom de l'opération : "Walkyrie". Stauffenberg, malgré ses handicaps physiques (il a perdu un oeil et une main), assure lui-même la mise en place des explosifs, le 20 juillet 1944, à la Tanière du loup, lieu perdu dans la forêt où Hitler tient une réunion d'état-major. L'explosion a bien lieu, mais, au QG berlinois, les officiers tergiversent. Certains veulent attendre la confirmation de la mort de Hitler, d'autres décident de lancer immédiatement l'opération "Walkyrie". Un major se présente pour arrêter Goebbels. Mais Hitler en personne annonce au téléphone qu'il est vivant. Les arrestations des responsables nazis commencées par les conjurés se retournent contre eux. Stauffenberg sera exécuté avec deux cents résistants allemands. 

C'est le conseil de Tom Cruise lui-même : lisez ! "Loin d'être exhaustif, le film invite à compléter son information par la lecture, nous a déclaré la star. Il y aurait beaucoup d'autres choses à dire sur Stauffenberg et la résistance allemande".


Autour de Tom Cruise, très convaincant dans son interprétation sobre et vibrante de la haute figure de Stauffenberg, Bryan Singer (The Usual Suspects, X-Men) met en scène un thriller historique, dans la tradition du genre. La facture est classique, le réalisateur n'a pas cherché à faire le malin mais à donner des faits, des hommes, des lieux, l'évocation la plus authentique possible. Un travail de reconstitution remarquable, joint au sens américain du suspense, ici conçu comme un puzzle minutieusement construit en secret, puis violemment détruit.
Mais c'est le sujet qui est passionnant et qui fait la grandeur du film. Si l'attentat manqué est connu, on apprendra beaucoup de choses sur ses suites immédiates à Berlin, le désordre des communications, les erreurs et les ambiguïtés humaines. Le film donne aux événements leur cohérence historique et une dimension existentielle, servie par d'excellents acteurs. Le vrai suspense se joue dans les consciences, dans le risque de la trahison héroïque des officiers, dans leur serment de loyauté. "Walkyrie" est un bel hommage hollywoodien à la résistance allemande.

Walkyrie, un drame historique de Bryan Singer, avec Tom Cruise, Bill Nighy, Terence Stamp, Kenneth Branagh - Durée 1h50
Paru dans le Figaroscope, janvier 2009

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Depuis août 2008, combien de fois m'a-t-on posé cette question ? Le moins que l'on puisse dire, c'est que la lutte contre le terrorisme en Asie centrale ne fait pas recette chez nous.
Les Britanniques au XIX° siècle, les Russes au XX° se sont cassés les dents en Afghanistan, et, après l'effondrement du régime des talibans en 2001, on ne peut pas dire que l'OTAN ait convaincu les téléspectateurs de la justesse de sa stratégie. Chaque fois qu'un mariage a lieu, avec les tirs traditionnels en l'air, les armées de l'air alliées bombardent la noce et accumulent les morts d'enfants et de femmes. Et voir des patrouilles blindées ou motorisées rechercher les rebelles de jour ne convaincra aucun de nos anciens d'Indochine ou d'Afrique du Nord du sens tactique des patrons de l'OTAN… Comme d'habitude, ces peuples rudes qui constituent l'Afghanistan, incrustés dans leurs montagnes, sachant que le temps travaillent pour eux, mènent une guérilla dure, qui finira par nous lasser. Que peut-on espérer ?
Le terrorisme est un mode d'action, ce n'est pas un ennemi. L'ennemi, ce peut être Al Qaïda ou les talibans. Il vaudrait mieux éviter de considérer les Pachtounes comme nos ennemis. Encore faut-il le dire. Et la Rand Corporation, qui n'est pas un repaire de pacifistes ou d'irresponsables, mais qui travaille au profit de la défense américaine, signale depuis longtemps l'absurdité du terme "guerre au terrorisme" (voir le site www.rand.org/pubs/monographs/MG741-1). Pour lutter contre les groupes qui pratiquent le terrorisme, il faut recourir essentiellement aux forces spéciales et à la police.

Car la situation en Afghanistan n'est pas simple. Rappelons que ce pays a des frontières communes avec la Chine, l'Iran et d'anciens territoires soviétiques : Turkménistan, Ouzbékistan ,Tadjikistan. Chine et Iran jouent des jeux personnels sur place. Le Pakistan et ses forces armées ont toujours considéré l'Afghanistan comme leur arrière-cour. La Chine voit de plus en plus l'Asie centrale comme son glacis.
La population appartient majoritairement à l'ethnie pachtoune, partagée entre le Pakistan et l'Afghanistan. Les méthodes américaines (bombardements de noces et de civils, mesures brutales en vers les femmes, et les habitations) ont révolté les populations locales, et provoqué une authentique résistance pachtoune.

Il convient donc de faire une nette distinction entre les ethnies locales (Tadjiks, Pachtounes, ... etc.) et les groupes, comme Al Qaïda et les talibans, qui pratiquent le terrorisme. Il faut ensuite rendre hermétique la frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan. Il faut enfin éradiquer la culture du pavot, qui finance le conflit et qui pourrait justifier notre participation et notre intervention militaire.
Or ces actions multiples : séparer les Pachtounes des groupes islamistes radicaux, sceller la frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan, éradiquer la culture du pavot, exigeront du temps, des moyens civils et militaires importants.
On peut douter de la volonté des membres de l'OTAN, dans un contexte de crise financière et économique, d'accroître de façon significative les forces déjà engagées sur ce théâtre : il sera donc impossible de gagner militairement. La France en particulier a des responsabilités en Afrique et ne pourra guère déployer en Asie centrale beaucoup d'autres moyens. L'OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe) a participé modestement à des projets de reconstruction de l'Afghanistan et de son armée-école d'état-major à Douchanbé. Mais surtout, la Russie dispose encore de réseaux en Afghanistan et elle pourrait, si les dirigeants et les diplomates américains et européens s'en donnaient la peine, participer par ses moyens de renseignement, voire avec une partie de ses forces spéciales, au moins dans la partie nord de l'Afghanistan, à l'éradication de la culture du pavot et de certains groupes pratiquant le terrorisme.

N'ayons pas d'illusions : sans la participation russe, la guerre d'Afghanistan est perdue. Essayons au moins de lutter contre les stupéfiants et de contenir les ambitions des Pachtounes et du Pakistan.
27 janvier 2009

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C'est trop demander à une politique étrangère que de refaire le monde ou de résoudre toutes les crises . Mais on ne lui demande pas assez si on ne lui demande pas de voir et de dire la vérité . Pour voir la vérité il ne faut qu'ouvrir les yeux et pour la dire il ne faut qu'un peu de courage. Rien là qui soit au-dessus des moyens d'un pays comme la France. Des exemples récents montrent pourtant que ç'est apparemment trop cher pour elle.
Georgie
La vérité est peut-être que la Russie a réagi de façon disproportionnée mais elle est sûrement que tout a commencé par une agression georgienne calculée. Ne voir que la première chose, c'est deformer la réalité et c'est encourager l'irresponsabilité d'un apprenti-sorcier sans cervelle et dangereux.
Querelle du gaz
Elle a mis en lumière la dépendance de l'Europe par rapport à la Russie pour son approvisionnement en énergie ; mais ç'est une vérité tronquée si l'on n'ajoute aussitôt que l'Europe dépend encore davantage de l'Ukraine. Comme pays fournisseur, la Russie ne peut priver l'Europe de gaz sans se priver des payements correspondants. Comme pays de transit, l'Ukraine est tentée de se venger sur l'Europe des coupures de gaz que la Russie lui fait subir quand elle ne paye pas. L'Ukraine a un intérêt évident à jouer le jeu de coupures de gaz ; la Russie n'en a aucun. En prenant le parti de l'Ukraine contre la Russie, on offense la vérité, on viole la justice et on dessert ses propres intérêts .
Gaza
Cette bande de territoire est une citadelle assiégée et soumise à un étroit blocus. Les assiégés tentent de desserrer le blocus (tunnels) et de pratiquer des sorties (lancements de roquettes). Israël réplique par un assaut destructeur et meurtrier (1300 morts) .
Dire que ç'est la faute de ceux qui lancent des roquettes et qu'en conséquence il faut non seulement qu'ils arrêtent de lancer des roquettes mais qu'ils soient mis hors d'état de le faire, c'est prendre le parti des assiégeants et refuser aux assiégés leur droit de légitime défense. Ajouter que la France est prête à participer au contôle des tunnels et de côtes, et ne rien demander ni obtenir en contrepartie, c'est contribuer au verrouillage du blocus et quémander le rôle du geolier.
La vérité et la justice commandent que le cessez-le-feu et le contôle des entrées d'armes soient étroitement conditionnées à la levée du siège et du blocus. Tant que Gaza est une cage, on ne peut en tous cas en confier la clé à ceux qui viennent d'en ravager l'intérieur.

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Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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