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Ouigours et compagnie
 
Un consortium de dix-sept média internationaux don Le Monde du 26 novembre viennent d’intervenir pour la défense des Ouïgours contre la répression chinoise. Le Figaro a immédiatement suivi. Cette campagne est beaucoup trop orchestrée pour être spontanée et on peut se demander quel est son but. Que l’on s’en prenne à la Chine pour la révolte de Hongkong, très bien, elle veut soumettre cette région à un régime d’oppression qui est tout sauf démocratique.
 
La question ouïgoure est très différente : les Ouïgours - ethnie turcophone musulmane sunnite, implantée dans la province autonome du Xinjiang au nord-ouest de la Chine - résistent à l’intégration et surtout ont eu à plusieurs occasions recours au terrorisme : le 28 octobre 2013 des terroristes ouïgours commettent un attentat place Tien An Men qui fait cinq morts et quarante blessés. Le 1er mars 2014 un attentat dans la gare de Kunming fait vingt-neuf morts chinois et 130 blessés.
Depuis la Chine surveille la région comme le lait sur le feu et a mis en place un programme antiterroriste très strict mais qui semble efficace. Le fichage est généralisé pour des prétextes divers, il existe une base de données de surveillance de la population.
On a ouvert de nombreux camps de rééducation où auraient transité un million d’ouïgours sur une population totale de 11,5 millions.
 
Ce qui est étonnant c’est qu’alors que l’Occident combat partout l’islamisme on prenne sa défense en Chine.
Il est vrai que les méthodes chinoises ne sont pas transférables en Occident, mais sont-elles pires que Guantanamo ou les assassinats ciblés sans compter les interventions en Afghanistan ou en Syrie ?
Il y a déjà eu le précédent Rohingyas : les Rohingyas qui sont aussi musulmans sunnites venus du Bangladesh s’étaient installés en Birmanie ou ils ne respectaient pas les lois birmanes et vivaient selon la charia. A la suite d’attaques régulières de postes de douane et de commissariats de police, les Birmans décidèrent de les expulser au Bengladesh qui n’en voulait pas les considérant comme des fauteurs de trouble : Indignation des grandes âmes occidentales.
C’est le même comportement étrange qui amena les Etats Unis et leurs alliés à s’en prendre à la Serbie pour l’obliger à se séparer du Kosovo qui est devenu un pseudo état musulman ou règnent le désordre et la corruption.
 
L’Europe dont la France, combat depuis des années le terrorisme islamiste y compris sur son territoire, les victimes se comptent par centaines et les cités périphériques de grandes villes ont pratiquement fait sécession et sont de plus en plus incontrôlables. Nous allons voir revenir des centaines de Français djihadistes partis nous combattre en Syrie, une immigration de masse traverse la Méditerranée par les îles grecques, la Libye, la Tunisie, Gibraltar… La France combat l’islamisme au Sahel depuis des années au prix de pertes importantes. Est-ce bien nécessaire de défendre les Ouïgours ?

Envoyé par l'auteur, 3 décembre 2019
Publié dans De par le monde
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Pour un dialogue libre avec la Russie
 
Snober la Russie, pour la rejeter dans les bras des Chinois, constitue une faute stratégique cardinale de la part des Européens.
 
Au sommet de l’Otan, qui se déroulera à Londres les 3 et 4 décembre 2019, on parlera beaucoup de la Russie et assez peu du Kosovo et de l’Afghanistan, deux missions où, agissant en dehors de son cadre initial, la structure militaire du traité de l’Atlantique Nord n’a pas particulièrement brillé.
Mise en place en 1949, l’Otan a réussi sa mission initiale, qui était de protéger les pays d’Europe occidentale des velléités de prédation soviétique. Depuis la crise géorgienne de 2008, et plus encore depuis la crise ukrainienne de 2014, les pays membres de l’Otan frontaliers de la Russie (Norvège, Estonie, Lettonie, Lituanie, Pologne) ne cachent pas leur inquiétude quant aux intentions de Moscou à leur égard, réelles ou supposées. Ils estiment que le Kremlin cherche à limiter leur souveraineté par tous les moyens : l’intimidation politique, les pressions économiques, le cyber-harcèlement, l’intrusion militaire navale (sous-marins en mer Baltique et le long des fjords de Norvège) ou aérienne. Ils pensent que Vladimir POUTINE poursuit le projet secret de les "finlandiser", comme on disait pendant la guerre froide, après le traité entre Helsinki et Moscou d’avril 1948. Ils envisagent même l’hypothèse d’une invasion militaire russe de tout ou partie de leurs territoires. En conséquence, ils ont demandé, et obtenu, la présence chez eux de soldats appartenant aux trois grandes puissances militaires de l’Otan (Amérique, France, Angleterre).
 
Leurs alarmes sont sans doute exagérées, car Vladimir POUTINE est davantage un centriste qu’un extrémiste dans son pays. Le 2 mai 2014, après que 31 militants prorusses eurent péri dans un incendie criminel à Odessa, il aurait très bien pu saisir ce prétexte et s’emparer de la ville portuaire, emblématique de l’histoire russe révolutionnaire. Personne en Ukraine n’aurait eu les moyens de l’en empêcher, et personne en Occident n’en aurait eu la volonté. Il ne l’a pourtant pas fait.
C’est vrai que Poutine a dit un jour : "Quiconque n’a pas été attristé par la disparition de l’Union soviétique n’a pas de cœur !"  Mais on oublie toujours de citer la seconde phrase de la formule :"Quiconque entend la rétablir n’a pas de raison !"  Néanmoins, les Polonais et les Baltes ont un passé avec la Russie qui les autorise pleinement à s’en méfier. L’Otan est donc dans son rôle quand elle effectue des manœuvres militaires interalliés dans ces pays, afin de les rassurer.
 
Mais si l’on prend de la distance, spatiale et temporelle, si l’on se projette stratégiquement dans l’avenir, la confrontation Europe-Russie actuelle a quelque chose d’anachronique. Il suffit de passer quelques jours dans cette capitale brillante qu’est devenue Moscou, de converser avec quelques étudiants ou jeunes entrepreneurs, pour sentir que les Russes se sentent culturellement européens. Snober la Russie, pour la rejeter dans les bras des Chinois, constitue une faute stratégique cardinale de la part des Européens. Les sanctions que l’Union européenne (UE) a imposées à la Russie sont dommageables aux deux ; elles ne profitent objectivement qu’aux Américains et aux Chinois. Il est faux de dire que l’obsession de POUTINE est de briser l’UE, quand la banque centrale russe privilégie actuellement l’euro sur le dollar dans l’accroissement de ses réserves de change.
 
C’est quelque chose qu’Emmanuel MACRON a compris. Indifférent aux grognements des néoconservateurs français alignés sur la politique étrangère américaine, le président de la République a décidé de nouer un dialogue stratégique indépendant avec la Russie. Est-ce à dire qu’il faudrait désarmer devant elle ? Certainement pas ! Les Russes respectent le muscle. Ce n’est pas un hasard si de GAULLE fit sa visite historique en Russie (où il proposa "la détente, l’entente et la coopération") en juin 1966, au moment même où la force de frappe nucléaire française était devenue opérationnelle.
S’ouvre, entre le 9 décembre 2019 et le 9 mai 2020, une exceptionnelle fenêtre d’opportunité pour la relation franco-russe. Le 9 décembre aura lieu à Paris un sommet sur l’Ukraine en format "Normandie" entre les leaders français, allemand, russe et ukrainien, afin de parvenir à un règlement définitif du conflit au Donbass. Kiev et Moscou ont déjà fait des gestes de bonne volonté. ZELENSKY accordera-t-il une amnistie générale et une autonomie culturelle aux rebelles russophones du Donbass ? POUTINE donnera-t-il en échange aux navires ukrainiens un accès en mer d’Azov ? C’est le seul 'deal' raisonnable.
Une fois ce dossier réglé, MACRON et POUTINE pourraient avancer à grands pas dans la reprise de la coopération franco-russe et célébrer l’amitié retrouvée le 9 mai à Moscou, pour le 75ème anniversaire de la victoire contre le nazisme. Est-ce un rêve éveillé ? Non. C’est juste de la realpolitik.

Paru dans Le Figaro, 3 décembre 2019
Publié dans Avec l'Europe
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Les intellectuels doivent-ils se rendre sur les plateaux de télévision ?
 
Sur LCI, mercredi soir (13 nov.), les téléspectateurs ont assisté à une étrange corrida : le lynchage et la mise à mort d’un académicien, Alain Finkielkraut. Ce dernier a voulu défendre Roman Polanski. Cette attitude est tout à son honneur car dans une société démocratique, chaque homme mis en cause a droit à un avocat quelle que soit la nature des actes qui lui sont reprochés.
Le piège était tendu. Violemment agressé par une militante féministe à titre personnel, AF s’est mis en colère. En réaction, il a prononcé des paroles sur le viol ("bien sûr, je viole ma femme tous les soirs !") dont l’intention ironique et caricaturale ne pouvait pas faire le moindre doute. AF fait aujourd’hui, l’objet d’une campagne haineuse et inquisitrice, de la pire espèce, visant à le traîner devant les tribunaux et l’interdire d’antenne pour ces propos. Jamais le tribunal médiatique n’avait frappé aussi fort. La loi des suspects est de retour avec ses Fouquier-Tinville, Garnier-Launay et Grabauval.
 
Une question mérite d’être posée : pourquoi des intellectuels et penseurs authentiques, éprouvent-ils le besoin de se rendre sur les plateaux de télévision ? Une douzaine de chaînes, généralistes ou d’information en continu, sont en concurrence pour l’audimat qui conditionne les recettes publicitaires. Le système des "plateaux" permet, à peu de frais de grappiller quelques centièmes de point. L’objectif n’y est jamais de dérouler une conversation intéressante, mais bien au contraire de provoquer des "clash" qui vont faire des "buzz" sur twitter.
Y sont invités quelques habitués des cercles les plus médiocres, intellectuellement et moralement, de la société française : militants extrémistes en tout genre, indigénistes, féministes, islamistes, démagogues de tout poil et de tout parti, sportifs, chanteurs, pseudo-journalistes, pseudo-sociologues, ou acteurs médiatisés et demi-analphabètes, promus au rang d’experts ou de maîtres-penseurs… Ainsi est composée une sorte de cour des Miracles de la bêtise arrogante qui circule de plateau en plateau et que les chaînes de télévision s’arrachent.
L’intelligence, la réflexion, l’argumentation y sont comme bannies. La règle du jeu est de s’imposer par la puissance mécanique d’un flot de paroles hystérique en prenant un air savant. Plus le contenu du propos est indigent, grotesque, misérable, et plus la fermeté du ton est censée imposer une sorte de vérité indépassable. Les cracheurs et cracheuses de haine, tirés de quelque bas-fond de la bêtise hystérique, y imposent leur joug implacable. Les plateaux de télévision deviennent ainsi une sorte de miroir inversé du débat démocratique, où règnent en maître la quintessence de la médiocrité et la crétinerie. Dans cette joute verbale, la domination se confond avec le niveau d’idiotie et d’inculture. La pensée et le dialogue sont strictement interdits de ces tribunaux de la bêtise médiatique, laboratoires de la crétinisation de masse, de la dictature et de la pensée unique.
 
Les intellectuels n’ont rien à y gagner à prendre des coups bas. Leur présence pourrait s’expliquer par la volonté d’imposer une résistance à la vague de médiocrité. Vaine tentative, à l’image d’un homme qui voudrait arrêter un torrent furieux en écartant les bras. Ils n’ont pas leur place dans le flot d’hystérie bavarde. Ils y sont comme l’albatros de Baudelaire. En participant aux plateaux hystériques, ils les cautionnent de leur présence et en ressortent meurtris. Leur intérêt n’est-il pas de se garder de la pollution quotidienne de la médiocrité ? Leur royaume n’est-il pas celui du silence des bibliothèques ? La parole rare est d’autant plus précieuse et un livre, quand il est réussi, peut changer le monde par la voie des idées. Alors pourquoi se faire tant de mal en se mêlant à la piétaille crétino-médiatique ?

Paru sur maximetandonnet.wordpress.com, 16 novembre 2019
Publié dans Du côté des élites
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Mali : des héros français, pour oublier les lâches
 
Dans une France gangrenée par les traîtres, leur mort accidentelle prend une dimension héroïque : les treize officiers et sous-officiers qui ont été tués, lundi soir au Mali, dans une collision entre deux hélicoptères qui les transportaient, forcent l’admiration. Leur destin tragique enchantera les djihadistes du Sahel et des banlieues françaises. Mais l’exemple de ces soldats rappelle qu’il existe encore une jeunesse prête à mourir pour sa patrie, tandis que beaucoup d’autres ont capitulé ou collaborent déjà avec l’ennemi intérieur. Les victimes s’appellent Nicolas, Benjamin, Clément, Alex, Pierre, Julien, Romain, Romain, Alexandre, Antoine, Valentin, Jérémy, Andreï. Ils ont des prénoms et des noms qui se retrouvent familièrement sur les monuments aux morts des guerres passées. C’est cette même histoire, généreuse et courageuse, que ces jeunes militaires poursuivaient, en affrontant depuis 2013 les groupes djihadistes au Sahel. L’honneur de la France est de tenir ce front, seule, afin d’épargner à toute une partie de l’Afrique d’être gagnée par le califat, qui servirait alors de possible base arrière à la conquête de l’Europe. "Cette tragédie ne peut être une remise en cause de notre engagement", a précisé ce mercredi le chef d’état-major des armées, le général François LECOINTRE. Reste que la détermination française dans la lutte contre l’islamisme à l’extérieur ne se retrouve pas à l’intérieur.
La France a un rôle historique à tenir dans la guerre contre l’islamisme, ce totalitarisme du XXIe siècle. Elle ne peut se retirer du Mali, où la population est néanmoins gagnée par un sentiment anti-français, sans perdre la face et laisser un vide qui serait rempli par les mouvements terroristes. Sa présence au Sahel, avec 4500 hommes, est un rempart pour la sécurité des nations européennes. Celles-ci tardent d’ailleurs à lui prêter main forte, financièrement et militairement. L’Union européenne fait des phrases mais n’apporte rien de concret. Cette situation est anormale. Pour autant, l’observateur ne peut être que troublé quand il compare la combativité française au-delà de ses frontières et sa pusillanimité dès qu’il s’agit de résister à l’emprise fanatique dans les cités. La guerre menée au Mali contre l’islam conquérant est destinée à briser les reins d’une idéologie qui déteste l’Occident. Or le pouvoir donne le sentiment, au plan intérieur, de vouloir s’excuser de sa brutalité extérieure. Si la main de la France est ferme au Mali, elle tremble dans les banlieues rebelles. L’extrême gauche, on l’a vu lors de la manifestation de la honte du 10 novembre à Paris, a même fait alliance avec les plus rétrogrades des organisations islamistes. Tandis que des héros meurent au Mali, des lâches paradent en France. Ceux-là font honte, voilà tout.

Paru sur blog.lefigaro.fr/rioufol, 27 novembre 2019
Publié dans En France
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La France bien seule face au défi sahélien
 
Treize de nos soldats viennent de périr au Nord-Mali. Ajoutant ainsi leurs noms à une liste déjà longue. La France, qui est intervenue dans ce pays en 2013 et 2014 (lors de l’opération Serval), a sauvé alors le Mali de l’occupation et de la domination islamiste.
Cette opération militaire fut un succès.
 
Mais elle avorta au plan politique.
En effet, au lieu de profiter de cette guerre éclair réussie, portée par la faveur des populations maliennes, la France – ex-puissance coloniale et, de ce fait, engagée par une responsabilité morale et politique très forte vis-à-vis de ce pays comme de ses voisins – aurait dû peser de tout son poids pour donner suite aux revendications légitimes des populations "à peau blanche" du nord (Touarègues et Arabes) afin que leur soit consentie l’autonomie si chèrement revendiquée et indispensable, pour endiguer les premiers mouvements de déstabilisation de la région.
Ceux-ci, conséquence directe du renversement brutal du colonel KADHAFI – lequel constituait en lui-même une faute politique très grave aux conséquences hélas bien prévisibles – n’ont pas été contrôlés et maîtrisés.
 
Le Président HOLLANDE, le "vainqueur de Serval", le "sauveur du Mali", manquant totalement de vision et de courage, n’a pas vu l’opportunité d’ "exploser" littéralement le système politique ancien, en place depuis l’indépendance, obsolète, injuste et corrompu, ni la nécessité de refonder l’organisation politique du pays, de créer en somme un "Mali nouveau", prenant en compte en particulier les réalités ethniques.
Seule la France était alors en mesure de le faire. Et elle ne l’a pas fait, préférant une petite politique sans ambition et sans lendemain consistant à vouloir à tout prix organiser des élections présidentielles précipitées, censées tout régler alors que chacun savait qu’elles ne régleraient rien et maintiendraient ce pays dans le marasme politique qui avait précisément été le terreau de cette guerre. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, rien d’étonnant, aujourd’hui, à ce que le mal ait empiré, que la situation de l’opération Barkhane qui a succédé à l’opération Serval soit délicate, et que le cancer du Nord-Mali se soit répandu dans toute la région, affectant les pays voisins, eux-mêmes également en grande difficulté du fait de leur statut d’États faillis.
 
Au-delà des grandes déclarations officielles, la France est bien seule face à cette situation plus qu’inquiétante. Et c’est normal, puisque l’Union européenne vacille et qu’aucun de ses États membres n’a vraiment envie d’y aller, puisque le G5 Sahel est une coquille vide, que les armées locales sont dépassées et que les États locaux le sont tout autant.
Alors que faire ?
 
Partir brutalement n’aurait aucun sens après tous ces sacrifices. Ce serait, à l’évidence, faire le jeu des islamistes. Mais en même temps, que faire, concrètement ? Il me semble que le facteur politique devrait être traité en priorité absolue : la France doit exercer une très forte pression sur les gouvernements locaux pour que des décisions radicales visant à changer la gouvernance et l’organisation politique de ces pays soient prises et mises en œuvre.
Simultanément, il faut que nos forces redécouvrent les principes stratégiques et tactiques de la guerre contre-insurrectionnelle, appliqués d’ailleurs par nos troupes avec succès, à une certaine époque, en Afghanistan, comme ils l’avaient été autrefois en Algérie.
Afin de conserver le soutien et la confiance des populations et de casser définitivement les reins aux GAT.
Nos gouvernants français sont-ils seulement capables de prendre et d’assumer ces décisions majeures ?
Si nous ne le faisons pas, alors les sacrifices consentis par les soldats français qui mènent cette guerre seront vains et le prestige et le rayonnement de notre pays en Afrique durement compromis.

Envoyé par l'auteur, 28 novembre 2019
Publié dans Du côté des élites
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Le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) a le plaisir de vous annoncer la parution du
Tome 1 de son Histoire mondiale du renseignement,
intitulé
Renseignement et espionnage pendant l’Antiquité et le Moyen-Âge (Ellipses, Paris, 2019).
 
Dès la plus haute Antiquité apparaissent de nombreuses preuves de l'existence d’organisations de renseignement dans toutes les grandes civilisations : au Moyen-Orient (Mésopotamie, Egypte, Perse), en Extrême-Orient (Inde et Chine) et en Europe (Grèce, Carthage et Rome). L'espionnage est attesté par des textes nombreux : la Bible ; les inscriptions des temples de Louxor ; les récits d’Hérodote et ceux des historiens romains et les deux plus anciens traités de stratégie au monde : L’Arthasastra de Kautilya (Inde) et L’Art de la Guerre de Sun Tse (Chine)
Au cours du Moyen-Âge, les pratiques du renseignement se développent, notamment dans l’Empire byzantin et en Chine. Les Vikings y recourent systématiquement lors de leurs raids, tout comme les Normands pour la conquête de l’Angleterre. Pendant les Croisades, l’espionnage est pratiqué tant par les royaumes chrétiens que musulmans ; il s’affirme davantage encore pendant la guerre de Cent Ans. L’importance des opérations clandestines s’observe également dans la péninsule ibérique lors de la Reconquista, dans l’Amérique préhispanique et au Japon, avec les mystérieux ninjas.
Ainsi, tout au long de l’Antiquité et du Moyen-Âge, principautés, royaumes et empires qui s’affrontent pour la domination du monde conduisent des actions secrètes qui comportent tous les volets de l’espionnage moderne : espionnage, contre-espionnage, écritures secrètes, interception des courriers, assassinats ciblés...
Ce sont quelques-uns des plus beaux épisodes de l’histoire du renseignement de l’Antiquité et du Moyen-Âge que ce livre propose au lecteur.
 
 
Préfacées par le général François MERMET, ancien directeur de la DGSE, trente contributions produites par vingt-cinq auteurs de haut niveau, universitaires reconnus ou spécialistes du renseignement, font de ce travail une somme tout à fait inédite, d’une lecture passionnante, car elle révèle les origines méconnues de cet "autre plus vieux métier du monde"...

Envoyé par l'auteur, 28 novembre 2019
Publié dans Devant l'histoire
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Entre la France et l’Allemagne, la parabole du cheval et du jockey
 
C’est l’histoire d’un divorce. Une histoire banale sauf que le couple qui divorce n’a jamais été un couple. C’est l’histoire du couple franco-allemand. Un mythe médiatico-politique dont l’establishment français est friand, qui fait rire à nos dépens dans toute l’Europe, y compris en Allemagne. Un mythe qui, comme tout mythe, repose sur un fond de réalité : la geste réconciliatrice du général de GAULLE invitant le chancelier allemand ADENAUER à La Boisserie, se faisant acclamer par la jeunesse ouest-allemande, et signant avec l’ancien ennemi héréditaire un traité d’amitié en 1963.
 
Mais à l’image sentimentale de couple, le soldat de GAULLE préférait une image équestre plus virile, celle du cheval (l’Allemagne) et du jockey (la France), grâce à laquelle la France, appuyée sur la puissance économique de sa voisine, et sa propre force militaire, pourrait diriger l’Europe et retrouver"son rang qu’elle a perdu à Waterloo". Celui de grande puissance mondiale. Le cheval allemand a loyalement trotté sous la main ferme de POMPIDOU et de GISCARD. La réunification va changer tout cela. Le cheval allemand regimbe ; le jockey français perd son allure martiale. Les réformes SCHRÖDER - une sorte de dévaluation monétaire déguisée - permettent à l’Allemagne de profiter à fond de la zone euro.
 
Avec MERKEL, le cheval est devenu jockey. SARKOZY et HOLLANDE hennissent mais mangent l’avoine qu’elle leur sert. MACRON se rêve en jockey, mais ne s’imagine pas devenir cheval. Quand il est élu, MACRON croit encore qu’il suffira de "germaniser" la France à coups de réformes économiques imitées de SCHRÖDER pour "franciser" l’Europe. Mais à toutes ses propositions de réforme de la zone euro, l’Allemagne dit non. L’Allemagne ne paiera pas pour le reste de l’Europe, même si l’euro lui a permis de liquider ses rivales industrielles françaises et italiennes. L’Allemagne ne financera pas les expéditions militaires françaises qu’elle juge coloniales et rechigne à faire un avion de combat en commun si c’est la France qui dirige. Merci pour les fadas qui croient à l’Europe de la Défense…
 
Alors, le cheval français a pris le mors aux dents et fait tomber son jockey. MACRON a jeté par-dessus bord les contraintes budgétaires héritées du traité de Maastricht et refusé l’entrée de l’Albanie et de la Macédoine dans l’Union. Il a surtout dénoncé la "mort cérébrale de l’Otan". C’est le crime impardonnable. Qui nous ramène à de GAULLE et ADENAUER. En 1963, déjà, les parlementaires allemands avaient voté un préambule au traité franco-allemand pour rappeler la prééminence de l’Otan. Dans les tribunes du Bundestag, on remarquait la présence satisfaite de Jean MONNET qui avait beaucoup œuvré en ce sens. Le père de l’Europe était d’abord le fils de l’Amérique…
Même cause, même effets : MACRON, comme de GAULLE en son temps, se détourne de l’Allemagne et tend la main à la Russie de POUTINE. Cela s’appelle une alliance de revers. Comme après la défaite de 1870 et avant la guerre de 1914. L’Europe, c’est la paix.

Paru dans Le Figaro Magazine, 29 novembre 2019
Publié dans Avec l'Europe
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Morts pour la France
 
Treize morts. Une nouvelle fois, la France paie d’un lourd tribut son engagement au Sahel. Six officiers, six sous-officiers, un brigadier-chef, les garnisons de Pau, Gap, Varces, Saint-Christol en deuil ; mais, au-delà des unités, c’est le pays entier qui pleure ses enfants.
Dans une actualité bruyante et molle, qui se nourrit parfois de fausses indignations et d’émotions feintes, la mort brutale de ces jeunes gens engagés sur un théâtre d’opérations lointain, au péril de leur vie, a quelque chose de saisissant.
Depuis quelque temps, les experts militaires et les états-majors s’interrogent sur "Barkhane" et sur son devenir : combien de temps la France devra-t-elle rester dans la région ? À quand la montée en puissance des pays africains (le G5 Sahel) censés prendre le relais pour assurer la paix dans la région ? Mais les faits sont là : treize militaires français, pilotes d’hélicoptère ou commandos de montagne, ont été tués dans la collision entre deux appareils engagés dans une mission de combat. Leurs noms viennent allonger la liste de nos soldats tombés au Sahel, 41 à ce jour.
 
L’accident a eu lieu pendant une intervention aux confins du Mali, du Niger et du Burkina Faso. La présence de la France dans cette région s’explique par ses liens historiques avec ces pays. Elle est surtout justifiée par la situation que connaît le Sahel depuis des années : des groupes djihadistes polymorphes sillonnent la région, attaquent, harcèlent, se fondent dans la population, avec pour objectif d’installer le chaos. C’est pour rétablir la stabilité que la France est engagée depuis 2013. Par ricochet, elle veille à garantir sa propre sécurité intérieure. La paix dans notre pays se prépare aussi au Sahel. L’Adrar des Ifoghas (nord du Mali) est une manière de "ligne bleue des Vosges" qu’aucun stratège ne doit quitter des yeux.
Maintenant, l’heure est à l’émotion et au recueillement national ; et chacun de murmurer en pensant à ces hommes morts pour la France, c’est-à-dire pour nous : "Mère, voici tes fils qui se sont tant battus."

Paru dans Le Figaro, 27 novembre 2019
Publié dans En France
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Le vent de Hongkong restera insulaire
 
Le résultat des élections municipales est un camouflet pour le parti unique chinois, qui croyait que la majorité des Chinois de Hongkong partageaient sa vision.
 
Tenues le dimanche 24 novembre 2019, les élections municipales à Hongkong ont représenté un succès spectaculaire pour les tenants de la démocratie opposés aux partisans de la ligne du Parti communiste chinois. La participation (de quelque trois millions d’électeurs) a été multipliée par deux par rapport au dernier scrutin ; les candidats pro-démocratie ont raflé 390 sièges de conseillers municipaux sur 452.
Pékin a donné son feu vert à la tenue de ce scrutin, espérant que s’y dégagerait en sa faveur quelque majorité silencieuse, ulcérée par les violences ayant accompagné à la marge le vaste mouvement de manifestations pro-démocratie déclenché le 15 mars 2019. Ce pari a échoué au-delà de toutes les prévisions.

Les conseillers municipaux des dix-huit districts de la Région administrative spéciale de Hongkong - répartis entre l’île (acquise par la Couronne britannique à la faveur du traité "inégal" de Nankin de 1842), la péninsule de Kowloon et les Nouveaux territoires (donnés à bail au Royaume-Uni pour 99 ans par la dynastie Qing en 1898) - n’exercent qu’un pouvoir strictement municipal (gestion des lignes de bus, du ramassage des ordures, etc.). Ils n’ont pas le pouvoir de censurer l’exécutif (toujours nommé avec l’approbation de Pékin) de l’ancienne colonie britannique, rétrocédée à la Chine en 1997. Mais ce vote demeure un camouflet pour les hiérarques du parti unique chinois, qui croyaient que la majorité des Chinois de Hongkong partageaient leur vision d’un système politique confinant les libertés civiles à celle d’entreprendre.
Dans la déclaration conjointe sino-britannique du 19 décembre 1984, qui est le traité international ayant préparé la rétrocession de Hongkong, les autorités communistes chinoises se sont engagées sur le principe d’"un pays, deux systèmes" ; elles ont promis que la nouvelle Région administrative spéciale (RAS) conserverait son autonomie pour 50 ans à compter de 1997. Il n’y a aucune raison de penser aujourd’hui qu’elles piétineront cette promesse.

Pourquoi les autorités de Chine populaire n’ont-elles pas réprimé le soulèvement démocratique de Hongkong avec la même férocité que pour les Tibétains en 1959, les étudiants de Tiananmen en 1989, ou les Ouïgours actuellement (depuis l’attentat terroriste de la gare de Kunming de mars 2014)? Malgré le développement spectaculaire de Shanghaï, Hongkong demeure le poumon financier de la Chine moderne. C’est une poule aux œufs d’or que le Parti communiste chinois n’aurait aucun intérêt à briser. Beaucoup de princes rouges (héritiers des compagnons de Mao pendant la Longue Marche, qui se sont enrichis après la libéralisation de l’économie commencée dans les années 1980) y ont placé leur argent.
Il y a une sorte d’équilibre de la terreur qui maintient le statut actuel de Hongkong. Ses résidents ont intérêt à ce que leur RAS demeure le grand sas financier et commercial du géant manufacturier chinois. Les communistes du continent ont intérêt à conserver cette exception, aussi utile à l’économie du pays qu’aux bonnes affaires de leurs proches.
En outre, le président chinois Xi Jinping, au pouvoir depuis 2013, a montré qu’il était un stratège. Il sait hiérarchiser ses priorités et livrer ses combats l’un après l’autre. Aujourd’hui sa priorité absolue est d’achever à son avantage la guerre commerciale que lui livre l’Amérique depuis 2018. Il a compris le coût économique et diplomatique faramineux qu’aurait l’envoi de l’Armée populaire de libération contre les manifestants pro-démocratie hongkongais. Contre eux, il a choisi la tactique du pourrissement.

Bien sûr, Xi ne laissera jamais le vent démocratique de Hongkong souffler au-delà de la rivière Shenzhen, qui marque la limite avec la Chine communiste. Le grand repoussoir, pour les communistes chinois, c’est Gorbatchev. Ébahis, ils ont assisté à l’effondrement de la puissance mondiale qu’ils redoutaient le plus, cette URSS avec laquelle ils s’étaient battus sporadiquement en 1969 sur le fleuve frontière Oussouri. Que le secrétaire général du parti communiste soviétique ait pu, de son propre chef en 1986, accorder des libertés politiques à sa population, est quelque chose que les communistes chinois ne sont toujours pas parvenus à comprendre.
Pour eux, la démocratie signifie une lutte continuelle entre factions, aboutissant au mieux à la paralysie, au pire à la guerre civile. Pour eux, le développement d’un grand pays passe par une vision à très long terme, capable d’imposer à sa population des choix stratégiques : en Chine, la mission est remplie par le parti communiste, commandé sans murmure par son chef. Pour eux, la seule raison du retard qu’a pris, dans son développement, l’Inde par rapport à son voisin chinois, est due à la démocratie politique qui y "sévit" depuis son indépendance en 1947…

Paru dans Le Figaro, 26 novembre 2019
Publié dans De par le monde
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Le recours aux fonds de pension pourrait éviter la chienlit qui nous menace
 
Le président de la République a engagé la préparation d’une réforme d’importance capitale, celle des retraites, sans connaître le sujet. Il a d’abord mis les pieds dans le plat concocté par le Commissariat à la réforme des retraites en envisageant de continuer à faire jouer un rôle à la durée de cotisation, qui n’a rien à faire dans un régime par points. Maintenant, il envisage de n’appliquer la réforme qu’aux nouveaux entrants dans le monde du travail, ce qui remettrait à l’an 2060 environ l’attribution de pensions calculées selon les nouvelles règles. Et malgré cette reculade, sa maladresse va peut-être coûter au pays une grave désorganisation de son système de transports, aussi mauvaise pour l’activité économique qu’excellente pour battre les records d’embouteillages. Pourrait-on éviter cette gabegie ? Probablement, mais il faudrait faire vite et bien.
 
La situation actuelle
Les salariés qui bénéficient de régimes "spéciaux", et une part importante des professionnels libéraux, ont pour différentes raisons des avantages par rapport au commun des mortels, et il se trouve que ces avantages prennent pour une part importante la forme de pensions confortables au regard des cotisations versées. Pour les fonctionnaires ainsi que les agents de la SNCF et de la RATP, cet avantage est financé par les contribuables actuels ou par l’emprunt public (donc par les contribuables futurs). En ce qui concerne certaines professions libérales, par exemple les avocats, le windfall profit provient de la pyramide des âges de la profession : le nombre des avocats augmente, si bien que des cotisations plutôt modestes suffisent pour financer des pensions convenables. Dans un régime universel par points, ces avantages disparaîtront.
 
Les transformations à réaliser
Mais rien n’empêche de les remplacer, ces avantages, par l’acquisition de droits à pension dans des systèmes par capitalisation. Les fonds de pension peuvent faire tout ce que l’on veut, à condition bien entendu que des cotisations leur soient versées. Il serait facile de créer un ou des fonds de pension pour les agents de la RATP et de la SNCF, leur permettant au choix de prendre leur retraite plus tôt ou d’obtenir une pension plus confortable que s’ils avaient uniquement le régime universel par répartition. Quant aux professions libérales, beaucoup d’entre elles ont déjà monté des fonds de pension pour leurs membres.
Naturellement, les cotisations aux fonds de pension réduisent le salaire net, ou le revenu net du travailleur indépendant, mais ceux qui préfèrent le présent à l’avenir sont libres de cotiser peu, voire pas du tout : le régime universel leur procurera toujours la même pension, il leur manquera seulement l’apport de la capitalisation.
En ce qui concerne les fonctionnaires et travailleurs "à statut" comme les cheminots et les agents de la RATP, le choix existera pareillement. Les fourmis épargneront, c’est-à-dire cotiseront à un fonds, renonçant ipso facto à disposer immédiatement de plus de pouvoir d’achat. Les cigales auront moins de provisions pour l’hiver de leur vie, sans pour autant se trouver dépourvues comme dans la fable de Jean de La Fontaine.
Voilà ce qui pourrait être proposé aux travailleurs "à statut" qui songent à se mettre en grève à compter du 5 décembre. Ils seraient bien bêtes de ne pas accepter, le cas échéant au motif que les fonds de pension constituent un dispositif "capitaliste", puisqu’ils n’y perdraient rien, et y gagneraient en liberté de choix.

Envoyé par l'auteur, 25 novembre 2019
Publié dans En France
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