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L’élection de Macron sonnerait le glas de la démocratie
 
Il se peut que les observateurs qui, suivant les sondages qui donnent Emmanuel Macon vainqueur de la présidentielle de 2017 n’aient pas compris ce qu’une telle victoire aurait de subversif pour la démocratie française.
Certes, formellement, l’élection serait régulière.
Mais elle aurait été obtenue à un prix qui ne pourrait laisser qu’un goût amer.
 
Une manipulation judicaire
D’abord la manipulation judicaire partie de l’Elysée qui a abouti à affaiblir considérablement François Fillon. Une fois posé l’usage de l’alternance démocratique, depuis longtemps admis dans notre pays, il paraissait naturel qu’après un quinquennat de Hollande particulièrement désastreux – au point d’interdire au sortant de se représenter - le candidat de la droite de gouvernement, François Fillon, désigné au terme d’une primaire incontestée, prenne la relève avec ses équipes.
Pour des raisons qui restent à éclaircir, Hollande et son entourage ne l’ont pas admis. Turpitudes à cacher, affaiblissement du sens républicain, égoïsme sordide, Hollande a décidé de remettre en cause cet usage en mettant tous les moyens de l’Etat, les moyens judicaires en premier lieu, en marche pour détruire l’image du candidat dans l’opinion, dans l’espoir de conserver l’Etat PS qu’il avait mis en place.
S’il est vrai qu’au début, Hollande a espéré réaliser cette opération pour lui-même, son retrait et la faiblesse du candidat socialiste ont fait qu’elle a profité à Emmanuel Macron. Ce dernier ne pouvait pas ne pas être au courant de ces manigances : proche de Jean-Pierre Jouet, secrétaire général d’Elysée que l’on dit au centre de la manœuvre, ayant eu le secrétaire général adjoint Boris Vallaud, mari de Najat Vallaud-Belkacem comme chef de cabinet à Bercy, quand il était à la tête d’une administration fiscale qui n’a pas de secret pour son patron, le candidat Macron apparait au cœur d’une manipulation dont il est le premier bénéficiaire.
Est-il utile de dire qu’en ayant la haute main sur le parquet financier, qu’il a créé et où il a effectué les premières nominations, et en permettant son instrumentalisation politique, Hollande n’a pas respecté, c’est le moins qu’on puisse dire, l’article 64 de la Constitution selon lequel "le président de la République estgarant de l’indépendance de l’autorité judiciaire ?" 
On pourra alléguer que Francis Fillon aurait pu se défendre mieux. Il reste que la manœuvre qui a déstabilisé sa candidature est sans précédent dans une République où le pouvoir judiciaire était tenu par la loi et par la coutume à l’écart de la politique et où les présidents de la République successifs n’avaient jamais dans le passé utilisé de tels moyens.   
 
Une presse dont le pluralisme est évacué
L’autre dévoiement auquel Macron devrait, s’il était élu, son élection, est la quasi-unanimité de la presse écrite et audio-visuelle en sa faveur – contre François Fillon.
Cela aussi est sans précédent dans la démocratie française.
L’affaire Fillon n’aurait pas eu le retentissement que l’on sait si la presse ne s’en était délectée hors de toute mesure, pendant des semaines et des semaines, avec une insistance sans proportion avec la gravité toute relative des faits. 
Une telle unanimité tient sans doute à la sociologie journalistique dont la formation orientée et l’esprit grégaire tel qu’il s’est développé dans les écoles de journalisme et les salles de rédaction, plus le terrorisme intellectuel interne au milieu, assurent une large majorité aux plumes de gauche et d’extrême-gauche, même dans les journaux classés à droite, dont témoignent tous les sondages
Elle tient aussi à l’accaparement des médias par des groupes financiers diffusant presque tous une idéologie libérale-libertaire, compatible avec la gauche, et qui pouvait être hostile à ce que représente François Fillon : la bourgeoisie catholique enracinée de filiation gaulliste. On sait les sentiments favorables pour Macron de gens comme Pierre Bergé et Xavier Niel, patrons du Monde et del’Obs, Bernard Arnault, patron des Echos et du Parisien, Vincent Bolloré, patron de Canal Plus, François Pinault, patron duPoint et naturellement des patrons de toutesles chaînes publiques. On sait aussi par quelles manœuvres Macron ministre des finances s’est acquis l’appui de Patrick Drahi bénéficiaire d’une autorisation d’achat de SFR qui représente un avantage de plusieurs milliards et qui possède, BFM, Libération, L’Express. Le candidat Macron s’est attiré d’autres sympathies moins connues dans la presse régionale : Jean-Michel Baylet, Michel Lucasa.
 
Nous savons depuis deux siècles que la démocratie est inséparable du pluralisme de la presse. Cette unanimité des médias en faveur d’un seul candidat, au détriment des dix autres, est le signe d’une dégénérescence profonde de notre héritage démocratique. Il y a un précédent, l’unanimité de la presse nord-américaine en faveur d’Hillary Clinton. Elle n’a certes pas empêché Trump d’être élu mais elle l’empêche de gouverner. Là aussi une vieille démocratie est en train de déraper dangereusement.   
A l’appui de la presse s’ajoutent les moyens financiers colossaux dont semble bénéficier le candidat Macron et dont l’origine demeure mystérieuse. Là aussi nous nous trouvons en rupture avec une époque où la répartition de ces moyens n’était certes pas égalitaire mais où elle était plus équilibrée.
A ces deux dimensions qui ont infléchi le résultat des urnes, s’ajoutent, dans une pénombre plus difficile à scruter, les pressions internationales qui s’exercent en faveur de Macron, soldat sans états d’âme de tous les réseaux qui se sont attachés au fil des ans à réduire la souveraineté de la France : OTAN (avec ses têtes nord-atlantiques pro Clinton), Union européenne, Allemagne, sans compter les réseaux propres à la haute finance dont le candidat est issu.
 
Perméabilité d’une personnalité apte à se plier à tous les conditionnements et qui semble à bien des égards immatures ? Conditionnement propre à la dernière génération de Sciences Po, style Richard Descoings ? Exigences impitoyables de certains commanditaires hors du champ des radars ? Il faut bien dire que, sur aucun sujet, Macron n’a pris la moindre distance par rapport aux idées dominantes dans le monde occidental : immigration, euro, russophobie, libre-échange, éducation, idées libertaires etc. Au point d’apparaitre comme un candidat formaté à l’avance pour imposer à la France ce qui dans la plupart des domaines suscite le rejet du peuple.
Connaissant ces rejets de plus en plus violents, qu’attestent de nombreux sondages, les forces qui appuient Macron semblent avoir choisi de passer outre, de passer à la vitesse supérieure pour imposer aux Français un président qui reflète leurs idées : celles des maîtres du monde. En raison de la difficulté même de l’entreprise, ils n’ont pas lésiné sur les moyens.
 
Ce sont ces moyens qui ont permis au candidat Macron, grâce à des méthodes de communication adaptées et sans doute cher payées, quoique parfois ridicules, de faire illusion au point que la distance abyssale entre ses vraies idées et les aspirations profondes du peuple français n’apparaisse pas au grand jour.
Rien ne dit que leurs yeux ne s’ouvriront pas avant le second tour. Il est dans la logique de la Ve République telle que l’a voulue le général de Gaulle que le peuple français n’élise pas son président sans un face à face ultime où il regarde les yeux dans les yeux celui auquel il va confier son destin. Mais si d’aventure tel n’était pas le cas, et que Macron soit quand-même élu, le réveil serait rude. Les Français ne pourraient qu’avoir le sentiment de s’être fait forcer la main avec de moyens déloyaux. Comment ne verraient-ils pas dans cette élection un véritable hold-up sur la république ? Compte tenu de la place de la France dans l’histoire de la démocratie, ce serait là le signe d’une crise grave de celle-ci. Il n’est pas sûr qu’une telle élection acquise avec de tels moyens, ne prélude pas à un rejet violent et rapide du nouveau président.
Publié dans Du côté des élites
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La justice internationale selon Hollande
 
Il y a dix jours, quelques images diffusées par une milice de Syrie, étaient reprises par toutes les chaines de télévision et soulevaient une immense émotion médiatique. Elles montraient des civils, et plus particulièrement des enfants, allongés sur le sol et suffoquant. Les commentaires fournis par la milice en question indiquaient qu’ils étaient les victimes d’une attaque au gaz sarin. Aussitôt la presse désigna le coupable : c’était Bachar El Assad.
L’intéressé a rejeté l’accusation qui, à vrai dire, manquait de preuves. Il a demandé une enquête impartiale et dénoncé une falsification de la réalité. En vain. Les dirigeants français l’ont immédiatement condamné, suivis par les Anglais puis les Américains. Emporté par une juste indignation, le Président Trump a décidé de "punir" Bachar en lançant une salve de missiles sur une base de l’armée syrienne. Il a expliqué que l’humanité, horrifiée par le souvenir des hécatombes provoquées par l’utilisation du gaz moutarde pendant la première guerre mondiale, ne pouvait tolérer que, cent ans plus tard, un dictateur aux abois ose rompre le consensus universel qui interdit de telles armes. Il saurait, a-t-il dit, protéger à la fois sa nation et toutes les autres d’un retour à la guerre chimique. Il a été chaudement applaudi par notre Président qui n’a pas hésité à qualifier de "légitimes" les frappes américaines. Peu importe qu’aucune enquête qualifiée n’ait confirmé la responsabilité de Bachar, que Trump se soit attribué sans aucun mandat la mission de justicier international et que l’approbation bruyante de Hollande cache mal le malaise de la majorité des Etats. L’essentiel était de faire savoir au  monde entier que l’emploi  d’armes chimiques où que ce soit et par qui que ce soit se heurterait à des sanctions immédiates.
 
Huit jours ont passé. Voici qu’un général américain haut placé nous annonce avoir anéanti un nid de rebelles afghans affiliés, semble-t-il, à l’Etat islamique. Ils étaient cachés dans des grottes reliées entre elles par un réseau de tunnels. Plutôt que de risquer la vie de ses soldats dans un combat long et difficile, le Pentagone a choisi une méthode rapide et sans perte aucune : il a ordonné de lançer sur les insurgés une bombe –une seule- qui les a anéantis tous et sans délai. "Cette bombe (dite GBU 43) est la solution optimale pour venir à bout de tels obstacles" a déclaré le général avec satisfaction.
 
Je propose à mon lecteur  de nous  pencher quelques instants sur cette arme aussi merveilleuse que mystérieuse.
Sous sa forme actuelle, la GBU 43 est un monstre de 10 tonnes qu’aucun bombardier ne peut contenir.  On l’installe dans un avion de transport géant. Celui-ci la largue à plus de deux mille mêtres au-dessus de sa cible. Elle descend en dansant gaiement jusqu’à une distance au sol calculée à l’avance. Elle disperse alors dans l’air un immense aérosol, mélange de polystyrène, de poudre d’aluminium et de nitrate d’ammonium. Un détonateur y met le feu. L’air, l’eau et la terre, pénétrés de milliers de particules incandescentes, brûlent instantanément dans un rayon de plusieurs centaines de mètres. Rien n’y échappe.
Les effets dévastateurs de la "faucheuse de marguerites" -daisy cutter en américain- ne s’arrêtent pas à cette boule infernale.Son explosion provoque aussi une gigantesque surpression, à laquelle aucun mur, aucune porte blindée ne résistent. Son souffleest aussi puissant que celui  d’une bombe atomique de petit calibre. Même les mines enterrées dans le sol, lui cèdent. Elles sautent toutes en même temps.
Plus spectaculaire encore : pour entretenir sa combustion, Daisy Cutter (appelée aussi la Mère de toutes les bombes) aspire en son centre tout l’oxygène de l’air. Elle n’en laisse aucun résidu aux êtres vivants qui ont la mauvaise fortune d’être pris dans ses tourbillons. Les bunkers, les souterrains même, ne protègent pas contre cet effet-là. Ceux qui se croient à l’abri dans de profonds refuges, sont proprement asphyxiés. Selon les descriptions les plus précises, leurs poumons leur sont arrachés du corps.
              
Pour des généraux soucieux d’efficacité, la faucheuse de marguerites est une arme parfaite quand ils veulent  se débarrasser de rebelles afghans retranchés dans des montagnes difficilement accessibles. Mais, sur le plan de l’éthique, elle pose problème. Elle est, par sa nature même, une arme chimique. Elle est même une arme chimique de destruction massive qui, dans l’horreur, laisse loin derrière elle les bricolages au sarin auxquels se livrent les factions syriennes.
Trump ne semble pas se soucier de la contradiction dans laquelle il enferme la politique de son pays. Mais on sait que le personnage ne brille pas par la cohérence de sa pensée. Et Hollande ? On aurait pu imaginer qu’il s’indigne, condamne ou simplement s’inquiète, émette des réserves. Non. Cette fois, Il ne bouge pas. La France ne présente aucune motion au Conseil de sécurité des Nations-Unies ; notre ministre des affaires étrangères ne s’active pas à faire signer un communiqué commun aux Etats de l’Union européenne ; notre Président ne fait aucune déclaration publique, ne laisse filtrer aucune réprobation.
C’est cela la justice internationale selon François Hollande. Peut-être s’imagine-t-il servir ainsi la cause de l’humanisme et la grandeur de la France.
Michel Pinton, Ancien député au Parlement européen
Publié dans En France
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Un saint ou un homme d’Etat ?

Allons ! Allons ! Qui voulons-nous comme futur président de la République ?
Ne voulons-vous pas un homme qui, conscient de l’extrême menace sur notre pays, sache combattre notre ennemi qui est l’Etat islamique et l’islamisme rampant et provocant en France, qui soit en mesure de ‘se coltiner’ Poutine, Erdogan, Trump, Merkel, Bouteflika, l’Iran, l’Arabie saoudite, … qui sache limiter, voire interdire la PMA et la GPA, qui sache faire preuve de volonté et de ténacité, qui ne se laisse pas impressionner par moultes pressions, qui sache y résister, etc., etc.
Et si cet homme se fait offrir des costards de luxe, laisserons-nous pour autant passer l’opportunité d’élire François Fillon qui est le seul à remplir ces critères et qui est le seul en mesure de redonner à la France son rang ? Car il sait où il va ! Et il voit clair.
Veut-on un saint ou un homme d’Etat ?
Face à lui, un bel homme séduisant, au regard mignon et au sourire Colgate, qui proclame haut et fort qu’ "il n’y a pas de culture française", qui met notre pays au rang de l’Allemagne nazie en l’accusant de "crimes contre l’humanité" et qui qualifie la Guyane d’ "île". Il fait certes un fantastique one man show (chapeau l’artiste !). Mais ne confondons pas le show bizz où il excelle et l’avenir de la France. Allons-nous lui donner notre voix pour qu’il prolonge l’action de Hollande et propulse celui-ci à la tête du conseil européen pour œuvrer avec lui à renforcer cette Europe paperassière, poussiéreuse, technocrate et moribonde ?
Allons-nous nous laisser dicter notre choix par les médias ? Allons-nous nous laisser manipuler ? Laissons les médias se vautrer au niveau du costard (au fait, si Hollande s’en était fait offrir un, peut-être nous aurait-il fait moins honte avec ses vestes immondes et aux manches trop courtes, ses pantalons tire-bouchons, ses cravates de travers, …) ?
Prenons de la hauteur. Situons le débat et notre choix au niveau correct. Sortons de la fange des médias.
Chacun sait que la France est à droite. Ne soyons pas “la droite la plus bête du monde”. Ne nous laissons pas voler notre victoire pour des peccadilles, peut-être condamnables, à voir ?, mais peccadilles sûrement par rapport aux enjeux colossaux en jeu. Qui n’a jamais fait travailler quelqu’un au noir ? Qui n’est jamais rentré en France venant d’Espagne avec des bouteilles d’alcool ? Chacun a ses faiblesses. Celles de F. Fillon ne sont pas dramatiques. On n’en est pas au coiffeur à 10 000 € par mois ! Elles ne le disqualifient pas. Non et non.
Une seule solution digne de nous les Français : François Fillon.
Oui, vraiment, veut-on un saint ou un homme d’Etat ?
Publié dans A tout un chacun
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La confession – le film
 
Un film dans lequel le prêtre n’est ni un benêt, ni un pervers… osons le dire : ça fait plaisir ! "La confession", le film de Nicolas Boukhrief qui sort au cinéma ce 8 mars, est de ceux-là.
On y découvre la figure dynamique d’un jeune prêtre, curé de terrain bien dans ses pompes, donné à tous ses paroissiens, homme de foi et d’espérance pendant la période si troublée et tragique de l’occupation allemande.
L’histoire est celle qui avait déjà été présentée dans le film "Léon Morin prêtre" sorti en 1961 avec Jean-Paul Belmondo dans le rôle titre ; il illustre d’ailleurs cet ancien article de Padreblog sur le célibat des prêtres. Alors qu’on pourrait s’y attendre, "La confession" ne traite justement pas du célibat des prêtres, et tant mieux. On sait combien ce célibat est signe de contradiction pour le monde et combien il est délicat pour ceux qui sont loin de l’Eglise d’en traiter avec pertinence.
 
"La confession" est avant tout l’histoire d’une femme, communiste convaincue, bouleversée par sa rencontre avec un témoin du Christ, authentique et crédible, qui se trouve être le jeune curé de son village. Sans dévoiler le scénario, on reste fasciné par l’assurance de cette paroissienne un peu atypique et la disponibilité sans faille du père Morin. Leur sens réciproque de la répartie donne lieu à des dialogues fort intéressants. On se prend même à ressentir la nostalgie du format ecclésial qui a façonné le terreau chrétien de notre pays et qui ne peut plus exister depuis longtemps : le fameux "un clocher, un curé".
Une réserve toutefois : le fait que jamais le père Morin ne soit montré en train de se ressourcer auprès du Seigneur, que ce soit dans la prière, la liturgie des heures ou l’oraison. Un autre point, mineur cette fois, m’a aussi fait sourire : ce jeune prêtre du début, en costume démodé et terne, avec sa croix à la boutonnière ; car je n’ai pas l’impression que les jeunes prêtres s’habillent ainsi désormais…
 
Les débats ne manqueront pas de naître pour commenter le zèle apostolique du héros du film qui s’accompagne de réelles imprudences, probablement dictées par sa (trop ?) grande générosité. Qu’on se rassure cependant, le père Morin reste heureusement fidèle à la grâce de son ordination.
Lorsque le film se termine, on éprouve une impression générale, heureusement partagée par la grande majorité des prêtres de France (et l’auteur de ces lignes !) : le don de lui-même, à tous et pour tous, rend un prêtre heureux. Et la foi rend heureux. Vraiment.

Paru sur Padreblog, 6 avril 2017
Publié dans Au delà
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La protection contre l’indélicatesse numérique
 
L’informatique donne la possibilité à des acteurs indélicats d’envoyer des messages indésirables en quantité astronomique à des coûts dérisoires. Pour ceux qui reçoivent ces messages, en revanche, le coût (sous forme de pertes de temps et d’énervement) est considérable.
L’usage indélicat du numérique s’est généralisé dans un monde où la délicatesse est une vertu en déshérence. Il figure parmi les causes les plus importantes de la faiblesse de la progression de la productivité dont les pays développés pâtissent depuis près de deux décennies. L’ordre de grandeur de sa contribution à la modestie de la croissance peut être approché par un calcul extrêmement sommaire, que nous livrons tel quel en attendant que quelqu’un apporte à ce problème un traitement plus élaboré :
- L’indélicatesse numérique sera supposée avoir amputé chaque jour d’une demi-heure, en moyenne, le temps de travail productif, demi-heure consacrée à se débarrasser de courriels, de publicités et d’appels téléphoniques intempestifs. Cette demi-heure représente 6,25 % du temps de travail qui aurait pu être productif. Elle inclue la récupération après dérangement (se replonger dans un travail interrompu, qu’il soit manuel ou intellectuel, exige un peu de temps). Bien entendu, cette évaluation au doigt mouillé est discutable, et nous espérons vivement que des investigations approfondies la remplaceront, mais à défaut utilisons-la.
- Pour un PIB français d’environ 2 200 Md€ en 2016, nous considérons que 700 Md€ viennent du capital et 1 500 Md€ du travail, et nous négligeons l’impact de l’indélicatesse numérique sur la première composante.
- Sous ces hypothèses, en France le manque à produire dû à l’indélicatesse numérique pourrait avoir atteint en 2016 environ 6,25 % de 1 500 Md€, soit 94 Md€.
Cet ordre de grandeur n’est pas négligeable. Concrètement, cela veut dire par exemple que le cœur régalien de l’État (armée, police, tribunaux, système d’incarcération/réhabilitation des délinquants, traitement de l’immigration), qui est en grande difficulté, pourrait être remis à niveau si la ponction sur le travail était réalisée à son profit plutôt qu’à celui des organismes et des personnes qui utilisent l’informatique et la télématique en produisant massivement des pertes de temps (en jargon économique, des externalités négatives) pour les autres utilisateurs.
Comme les actes de délinquance, les indélicatesses numériques détruisent beaucoup plus de valeur pour l’ensemble de la population qu’elles ne procurent de revenus à ceux qui la commettent. Un voleur obtient en moyenne un butin 3 ou 4 fois inférieur aux pertes qu’il inflige à sa victime (ménage ou entreprise). Il en va de même pour un escroc et plus encore pour un vandale : le plaisir que prend celui-ci en mettant le feu à une voiture représente évidemment beaucoup moins que la valeur du véhicule et que les soucis en cascade qui résultent de son acte.
 
Ce constat de simple bon sens, confirmé par des études réalisées à la demande de l’Institut pour la justice, indique qu’il serait probablement très "rentable" d’accentuer la lutte contre la délinquance et la criminalité ; il nous paraît probable qu’un accroissement des efforts de protection contre l’indélicatesse numérique le serait également. En tous cas la question mérite d’être posée.
Dans ce cadre la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) a un rôle important à jouer. L’invasion de notre vie par les opérations numériques telles que les appels téléphoniques, les textos (SMS) et courriels indésirables (Spams), ainsi que par la plus grosse partie de la publicité sur internet, constitue une importante nuisance. La création au sein de la DGCCRF, en 2016, de Bloctel, service permettant aux particuliers de s’inscrire sur une liste d’opposition au démarchage téléphonique, est un début.
 
Ce système est encore terriblement bureaucratique – et fort peu numérisé : l’adhérent mécontent est censé connaître (pour le communiquer à Bloctel) le nom de l’entreprise (et même de la personne !) qui lui téléphone. Il faudra évidemment moderniser ce service, notamment en automatisant la détection des auteurs d’appels intempestifs. Seul le bon numérique peut lutter efficacement contre le mauvais numérique. Il faudra aussi aller plus loin, ne pas se limiter aux appels téléphoniques.
L’apprentissage de la politesse numérique ne sera pas plus spontané que ne l’est celui de la politesse classique, responsabilité importante des parents et des enseignants qui est hélas quelque peu laissée à l’abandon. Le travail à réaliser est énorme. Comme le disait à ses enfants le laboureur mis en scène par Jean de La Fontaine : "travaillez, prenez de la peine, c’est le fonds qui manque le moins" !
Publié dans A tout un chacun
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Quand un démographe démontre la réalité du "remplacement"
 
Le dernier livre d'Hervé Le Bras est une ode aux migrations qui prouve paradoxalement que "l'invasion" n'est pas un fantasme de peuples apeurés mais une réalité statistique.
 
"Le grand remplacement" n'est ni un fantasme ni un complot ; c'est le secret le mieux gardé de la mondialisation ; son principe, son moteur, son âme. Ce n'est pas Renaud Camus, l'auteur de cette formule aussi brillante que sulfureuse, qui l'affirme ; ni un militant "identitaire", ni même un de ces intellectuels "réactionnaires" voués aux gémonies par la bien-pensance. C'est l'un des plus célèbres démographes français, l'un des piliers des pages idées de la presse de gauche, le compère d'Emmanuel Todd, le contempteur du Front national et des "fantasmes d'invasion" : Hervé Le Bras.
Bien sûr, notre auteur continue de pourfendre cette notion de "grand remplacement", mais le paradoxe est qu'il en démontre l'implacable réalité mieux que quiconque. Il rejette le mot pour mieux en faire accepter la chose. Jamais il n'a été aussi clair, aussi limpide. Comme s'il tombait le masque. Comme s'il pouvait décrire la réalité sans fard car il était trop tard pour l'arrêter.
 
Que nous dit son dernier opuscule ? Que la mondialisation, d'abord déménagement d'usines dans les pays pauvres, est désormais déménagement d'hommes dans les pays riches. Que ce ne sont pas les plus pauvres qui émigrent, mais les moins pauvres des pays pauvres. Que les stratégies d'aide au développement sont donc un leurre comme les réfugiés climatiques. Que "la croissance de la population française dépend des migrations… Sans l'entrée d'étrangers, le solde migratoire de la France deviendrait négatif et la croissance démographique cesserait rapidement…"
Que les politiques devraient s'intéresser autant à l'immigration qu'à l'émigration. Que "200.000 départs par an représentent presque le quart d'une génération". Que les immigrés d'aujourd'hui n'ont rien à voir avec ceux d'hier, car "les migrations à longue distance qui viennent du monde entier ont remplacé les déplacements de proximité". Ceux-ci rejoignaient une nation, une culture, une histoire à laquelle ils s'assimilaient (ou étaient renvoyés) ; ceux-là rallient une diaspora étrangère et ne cherchent qu'à "valoriser leurs compétences". Et il est indigne de demander à leurs enfants de s'intégrer. S'intégrer à quoi ? À qui ? Pour Le Bras, un Français est celui qui a une carte d'identité française. À Saint-Denis, notre démographe voit 71 % de Français. Ce ne sont pas les mœurs qui font une nation, mais des papiers. Pas l'histoire, mais le droit. L'homme est un Homo migrans. L'homme n'est qu'un petit poisson rouge qui passe d'un aquarium à l'autre, comme sur la couverture de son livre. Un petit poisson rouge indifférencié, qui ressemble à un autre poisson rouge, sans mémoire ni racines.
 
Il n'est pourtant dupe de rien. Le Bras a bien compris que nous étions revenus au plus ancien affrontement de l'humanité, "l'opposition entre ceux qui viennent de loin et ceux qui viennent de près, une opposition qui remonte au début de l'ère néolithique quand l'agriculture et l'élevage se sont répandus sur la Terre". Le millénaire affrontement entre sédentaires et nomades, le combat biblique entre Caïn (l'agriculteur) et Abel (pasteur de petit bétail) ; Caïn tue Abel et fonde la première ville, pour protéger les paysans contre les nomades. Le crime fonde la civilisation. Cette histoire reprend partout sous les yeux dessillés de notre auteur, qui voit avec pertinence les Boko Haram, Daech, etc. comme "des sociétés hiérarchiques issues du nomadisme (opposées) à des sociétés plus démocratiques d'agriculteurs sédentaires". Une opposition qui ne doit pas être réduite aux habituelles distinctions entre sunnites et chiites ou musulmans et chrétiens. Mais une distinction que Le Bras devrait étendre à nos contrées, non seulement pour les attentats revendiqués par Daech mais aussi, et surtout, pour la violence, abusivement qualifiée de délinquance, voire d'incivilités, de nos bandes banlieusardes (pour la plupart dirigées par des caïds sunnites) qui ont mis en coupe réglée d'innombrables quartiers, appelés "zones de non droit" alors qu'elles devraient être qualifiées plus justement, comme les Anglais osent le faire, de "sharia zones".
 
Mais Le Bras a choisi son camp, soutient la revanche historique d'Abel sur Caïn: il est pour les nomades. "Les migrations actuelles ne sont pas le fait de groupes guerriers, mais de civils sans armes ni hiérarchie. Toute comparaison avec les invasions du passé est donc fausse, bien qu'elle soit monnaie courante." Le Bras nous la baille belle : ces groupes de civils sans armes ni hiérarchie sont le comble de la guerre asymétrique, la guerre du faible au fort. Des envahisseurs d'autant plus redoutables que leur force est dans leur faiblesse, dans l'humanisme et la culpabilité des adversaires.
Le Bras accepte le monde tel qu'il est devenu. Cette essence même du conservatisme définit ce qu'on appelle aujourd'hui un progressiste.
Notre monde "extraordinairement polarisé où l'impérialisme colonial a été supplanté par l'impérialisme culturel" détermine les stratégies de chacun : les meilleurs des Français émigrent aux États-Unis, tandis que les meilleurs des Africains émigrent en France. Hervé Le Bras trouve ringards (et racistes) ceux qui s'en offusquent. Il juge surtout ridicules ceux qui veulent arrêter la marche du monde. Vous réclamez du pain, mangez de la brioche ! Vous vous plaignez de l'immigration chez vous, immigrez chez les autres. Entrez dans la ronde plutôt que de tenter vainement de l'interrompre. Ne pensez surtout pas au destin de votre pays, pensez à votre destin individuel. "Il faudra admettre que la France perdra une partie de ses “meilleurs” citoyens qui seront remplacés par une partie des “meilleurs” citoyens de pays situés au-dessous d'elle dans l'ordre mondial."
Les uns remplaceront les autres, mais le grand remplacement n'existe pas. Le Bras est le Pangloss des migrations. Tout est bien dans le meilleur des mondes. Le grand remplacement est un grand déménagement du monde et Hervé Le Bras est son agent immobilier.

Paru sur Figarovox, 12 avril 2017
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Faut-il réduire le nombre des fonctionnaires ?
 
Certains candidats à la présidence de la République mettent l’accent, dans leurs programmes, sur la réduction du nombre des fonctionnaires. Encore faut-il savoir de quoi l’on parle, car le mot "fonctionnaire" a deux significations distinctes :
- au sens strict, il s’agit d’un agent titularisé, dont la situation n’est pas régie par un contrat de travail et, le cas échéant, une convention collective, mais par la loi et le règlement.
- au sens large, ce mot est employé pour désigner tout agent employé par certaines administrations publiques, principalement l’État, les collectivités territoriales, et les hôpitaux publics, qu’il soit titulaire ou sous contrat. Bien que la sécurité sociale soit une administration publique, ses salariés (tous de droit privé) ne sont pas considérés comme des fonctionnaires au sens large du terme.
 
De telles subtilités compliquent évidemment la tâche de ceux qui ont à s’exprimer sur la façon de gérer le personnel des administrations publiques. Rien n’est simple, et les chiffres sont ambigus puisque le mot utilisé pour désigner telle ou telle catégorie a souvent plusieurs significations, les unes plus larges, les autres moins.
La titularisation, actée par une autorité ad hoc, crée un ensemble de droits et d’obligations statutaires. En particulier, quand un poste est supprimé, l’administration doit trouver au fonctionnaire titulaire qui l’occupait un emploi correspondant à son grade.
Une forme de réduction du nombre des fonctionnaires (au sens strict) consiste à titulariser une plus faible proportion des agents des administrations. Ce n’est pas la même chose que de recruter au total moins de personnel pour les dites administrations, même si les deux types de réduction peuvent évidemment se combiner. Les candidats font des déclarations à l’emporte-pièce qui ne tiennent pas compte de ces subtilités, mais celui d’entre eux qui s’installera rue du faubourg Saint Honoré devra bien s’en préoccuper.
 
Quels reproches peut-on faire au statut de fonctionnaire titulaire ?
Les textes prévoient toutes sortes de dispositions généreuses, comme une augmentation du traitement à l’ancienneté constituant un minimum en-deçà duquel les services du personnel ne peuvent pas descendre, même si le travail effectué est plutôt médiocre. Mais certaines conventions collectives comportent elles aussi des "gentillesses" quelque peu excessives. Le licenciement pour insuffisance professionnelle est prévu par les textes. La révocation, sanction disciplinaire prise à la suite d’une faute grave, l’est également. Si la loi et le règlement étaient appliqués avec une certaine rigueur, il est probable que les chefs de services, les directeurs, et au sommet de la pyramide les ministres pourraient, presque comme dans le secteur privé, renvoyer une bonne partie des "canards boiteux" dont le travail est quantitativement ou qualitativement très insuffisant.
Le hic est que cela ne se fait pas. La possibilité donnée aux fonctionnaires titulaires de "se la couler douce" est davantage une question de mentalité collective que de dispositions juridiques. Et si l’on compare la façon dont les choses se passent dans les services de l’État, à la SNCF et à la sécurité sociale, on constate que la mentalité collective, confortée par des syndicats puissants, aboutit à des résultats voisins en dépit du fait que, dans les deux derniers cas, il ne s’agit pas de fonctionnaires stricto sensu – ni même lato sensu à la SNCF.
Autrement dit, si le statut de la fonction publique facilite le maintien en poste d’agents qui ne font pas un travail satisfaisant, il ne suffirait pas de le supprimer pour améliorer la qualité des services rendus et la productivité.
Embaucher désormais surtout dans le cadre du droit du travail ordinaire serait certes une bonne chose, mais pour donner à nos administrations un punch suffisant pour faire nettement mieux avec un nombre d’agent inférieur il faudrait en sus, et surtout, que les ministres, les maires, les présidents des conseils départementaux et régionaux, se comportent en chefs d’entreprise, et impulsent le souci de l’efficacité aux cadres qui, sous leur responsabilité, doivent diriger et motiver le personnel.
 
La bureaucratie, mère du gaspillage
La contrainte budgétaire existe déjà dans les services publics, et quasiment tous les chefs de service estiment leurs dotations dramatiquement insuffisantes. Mais ils mesurent cette insuffisance dans un cadre donné, considéré comme inamovible : par exemple, modifier, la loi et le règlement pour simplifier le travail et améliorer son efficacité n’est presque jamais sérieusement envisagé. Les policiers, entre autres, ont beau expliquer qu’en simplifiant les procédures ils pourraient consacrer davantage de temps à courir après criminels et délinquants, la contrainte institutionnelle et bureaucratique est rarement assouplie. Bien entendu, constatant la difficulté qui existe à ce niveau, les fonctionnaires soucieux de la qualité du service public demandent en compensation de desserrer la contrainte budgétaire. C’est comme cela que l’on en arrive à demander trop au contribuable par rapport à ce qui est apporté au citoyen.
Une expérience, menée par Alain Madelin quand il était à Bercy, éclaire ce problème. Le ministre avait remarqué l’agacement de ses chefs de service obligés de passer par des procédures très lourdes pour tout achat de matériel et de fournitures. Il avait mené une petite enquête, sur le thème suivant : "de combien accepteriez-vous que soit réduit ce poste budgétaire si la liberté vous était donnée de commander directement et sans formalité ce dont vous avez besoin ?" Les réponses tournaient autour de 20 %. Autrement dit, si ces hauts fonctionnaires cherchaient à disposer de toujours plus de crédits d’approvisionnement, c’était parce qu’ils étaient prisonniers d’un carcan réglementaire : ils commandaient à l’avance, par le canal des appels d’offre, bien plus de matériel et de fournitures qu’il ne leur en fallait, de façon à éviter de se trouver "coincés" un jour par l’impossibilité réglementaire de remplacer du jour au lendemain la photocopieuse ou l’ordinateur ayant trépassé.
 
Ce petit exemple est révélateur d’une réalité bien plus générale : il serait possible de réaliser des économies substantielles en offrant aux services plus de liberté grâce à un élagage de la réglementation étouffante à laquelle ils sont soumis. Actuellement, l’argent des contribuables est gaspillé pour compenser la contrainte bureaucratique et la complexité abusive qui pèsent sur les administrations publiques. On peut dépenser moins à condition de ne pas s’encombrer de fatras procéduraux.
Il en va de même pour les embauches : quand le besoin d’une personne supplémentaire se fait sentir, on ignore si c’est pour 2 ans, pour 10 ans, ou indéfiniment. Mais comme le recrutement dans un corps bien déterminé est effectuée pour une période allant jusqu’à la retraite, le risque est grand de se retrouver un jour avec quelqu’un dont l’administration n’a plus l’usage. La reconversion à l’intérieur de la fonction publique n’est pas inexistante, mais elle reste trop rare. La solution actuellement trop souvent utilisée consiste à mettre sur une voie de garage la personne devenue peu utile, et à effectuer un nouveau recrutement. Voilà clairement une mauvaise habitude.
 
Autonomie de gestion et concurrence
La concurrence est un stimulant dont les organisateurs de nos services publics ne se servent pas assez. Au sein de l’Éducation nationale, par exemple, de multiples établissements font sensiblement le même travail, et se trouvent potentiellement en situation de concurrence. Pourquoi ne pas rendre effective cette potentialité ? Le recours au ticket scolaire, dans le cadre d’une plus grande autonomie de gestion, pourrait booster les performances, aboutir à de meilleurs résultats éducatifs. Dès lors que chaque établissement serait maitre de ses recrutements et de ses méthodes pédagogiques, et responsable de son budget (avec le ticket scolaire, attirer peu d’élèves signifie avoir un maigre budget), les mentalités évolueraient rapidement. Il y aurait, à nombre d’élèves donné, moins d’enseignants et de personnel administratif, mais ils seraient plus motivés et plus productifs.
Ce sont des évolutions ou révolutions de ce genre qui peuvent donner à la France une administration plus efficace. Diminuer le nombre des fonctionnaires ne doit pas être un objectif, mais une conséquence du renouveau de nos services publics, dotés d’une meilleure gouvernance.
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Vel’d’hiv’ : où était la "vraie France" ?
 
Je ne suis pas un électeur de Marine Le Pen, tout juste un modeste historien de la France Libre, de l’armée française sous l’Occupation et, plus récemment, de la Collaboration (1) Cette qualité m’incite, d’une part, à juger que la question de la responsabilité de la France dans la grande rafle du Vél’d’Hiv’ n’a rien à faire dans l’actuelle campagne pour l’élection présidentielle, et que, d’autre part, puisqu’elle vient d’être l’objet d’une nouvelle instrumentalisation à des fins politiques, il n’est jamais trop tard pour rappeler aux acteurs et aux commentateurs de la vie politique quelques vérités élémentaires.
 
Je voudrais d’abord renvoyer les uns et les autres au texte de deux plaques mémorielles. La première a été apposée sur le mur du l’immeuble situé au n° 8 du boulevard de Grenelle, à l’angle de la rue Nélaton, à l’emplacement du Vél’d’Hiv’, détruit en 1959.
En voici le texte :
"Les 16 et 17 juillet 1942, 13152 Juifs furent arrêtés dans Paris et sa banlieue, déportés et assassinés à Auschwitz. Dans le Vélodrome d’hiver qui s’élevait ici, 4115 enfants, 2916 femmes, 1129 hommes furent p     arqués dans des conditions inhumaines par la police du gouvernement de Vichy sur ordre des occupants nazis. Que ceux qui ont tenté de leur venir en aide soient remerciés. Passant, souviens-toi !"
 
La seconde plaque a été apposée le 29 mars 2003 sur la façade de toutes les écoles de Paris. En voici le texte :
"A la mémoire des élèves de cette école, déportés de 1942 à 1944, parce qu’ils étaient nés juifs, victimes innocentes de la barbarie nazie, avec la complicité du gouvernement de Vichy. Ils furent exterminés dans les camps de la mort. Ne les oublions jamais."
 
Dans les deux cas, le seul "gouvernement de Vichy", et non "la France", est incriminé.
Et pourtant, dans le discours prononcé à l’emplacement de l’ancien Vél’d’Hiv’, Jacques Chirac, président de la République nouvellement élu – se démarquant du général de Gaulle mais aussi de François Mitterrand, qui, tous deux, estimaient que la seule France légitime était la France Libre – a affirmé la responsabilité de "la France", dans la rafle des Juifs (16 juillet 1995) : "La France, patrie des Lumières et des Droits de l’Homme, terre d’accueil et d’asile, la France, ce jour-là, accomplissait l’irréparable. Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux." Dans le même discours, Jacques Chirac reconnaît que "la France droite, généreuse, fidèle à ses traditions", n’était ni à Vichy ni à Paris, mais "dans les sables libyens et partout où se battent les Français libres […], à Londres, incarnée par le général de Gaulle […] présente, une et indivisible, dans le cœur de ces Français, ces ‘’Justes parmi les nations’’ qui […] ont donné vie à ce qu’elle a de meilleur."
Ces propos recélaient une incontestable contradiction : si la vraie France n’était ni à Vichy ni à Paris, comment lui imputer un crime décidé à Vichy et commis à Paris ? Sur le moment, seule la phrase sur "l’irréparable" est retenue, suscitant de violentes réactions de personnalités gaullistes (Pierre Messmer, Philippe Séguin).
 
Dix-sept ans plus tard, dans la lignée de Jacques Chirac, François Hollande, lui aussi nouvellement élu, est revenu sur ce "crime commis en France par la France", tout en précisant : "La vérité, c’est que la police française, sur la base des listes qu’elle avait elle-même établies, s’est chargée d’arrêter les milliers d’innocents pris au piège le 16 juillet 1942. C’est que la gendarmerie française les a escortées jusqu’aux camps d’internement.  […] La vérité, c’est aussi que le crime du Vél’d’Hiv’ fut commis contre la France, ses valeurs, ses principes." (22 juillet 2012)
Cette dernière phrase suggère que, s’il a été commis contre la France, le crime ne peut, dans le même temps, avoir été commis par la France. La contradiction est d’autant plus patente que, dans le même discours, François Hollande, lui aussi, rend hommage aux "Justes", qui ont permis aux trois quarts des Juifs de France d’échapper à la déportation ; au général de Gaulle ; à la Résistance ; aux soldats de la France Libre – sans rappeler toutefois, comme le lui a reproché Jean-Pierre Chevènement, que le crime du Vél’d’Hiv’ a été commis "sur l'ordre de l'Etat français de Vichy collaborant avec l'Allemagne nazie".
 
On ne peut prêter ni à Jacques Chirac, ni à François Hollande, l’intention de participer à la réhabilitation de Vichy. Toutefois, leurs déclarations concomitantes entretiennent un certain flou historique, en permettant d’identifier "l’Etat français" et "la France" : "Quand il parle de la responsabilité de l’Etat français, explique Henry Rousso à propos de Jacques Chirac, il évoque l’Etat dans sa continuité, et non pas seulement Vichy. C’est reconnaître que ce régime avait une forme de légalité, voire de légitimité. Et donc que ses crimes doivent être assumés par ses successeurs." En outre, Chirac parlait d’une "faute collective" à propos de la rafle du Vél’d’Hiv’ : "Notion moralement et juridiquement très discutable, que le droit international n’a pas reconnue, rappelle Henry Rousso, pas même en ce qui concerne l’Allemagne de l’après-guerre.. " (Libération, 17 juillet 1995)
 
Cela dit, il est normal que les torts causés par l’Etat français aux Juifs soient réparés par la République française. Ils ont commencé à l’être, dès la Libération, avec la restitution à leurs propriétaires des biens mis sous séquestre pendant l’Occupation. Et ils n’ont, fort heureusement, jamais cessé de l’être. Il s’agit là d’un devoir de justice élémentaire, mais qui ne peut pas interférer avec le débat historique de fond. Affirmer la responsabilité de "la France" dans la persécution des Juifs, c’est affirmer celle de tous les Français, c’est, implicitement, réintégrer Vichy dans la continuité de l’histoire de France. C’est, à terme, prendre le risque d’encourager la réhabilitation d’un régime condamné par la Justice et par l’Histoire.
Ce risque, Serge et Arno Klarsfeld n’ont, semble-t-il, pas hésité à la prendre quand, à propos du discours de Jacques Chirac – qui, rappellent-ils, «"proclame que la culpabilité de Vichy entraîne celle de la France" - ils expliquent qu’ "il y avait d’autres France [que celle de Vichy], celles des résistances intérieure et extérieure, et surtout celle des Justes français" (Le Monde, 24 octobre 2012). Quarante ans auparavant, Robert O. Paxton avait, il est vrai, employé l’expression "la France de Vichy", mais dans une acception tout à fait différente : Paxton étudiait le régime de Vichy dans sa spécificité, sans prétendre démontrer que Vichy avait été "la France". Ecrire qu’il a existé une "France de Vichy" à côté d’autres France, c’est aller contre le principe de la "République une et indivisible", c’est en quelque sorte reconnaître que le régime de Vichy avait une certaine légitimité, ce qui revient – implicitement - à le réhabiliter.

 
(1)  François Broche est l’auteur d’un Dictionnaire de la Collaboration (Belin, 2014), et, en collaboration avec Jean-François Muracciole, d’une Histoire de la Collaboration, 1940-1945 (Tallandier, 2017)
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La Fontaine, toujours
 
On a du mal à comprendre l’intérêt qu’aurait eu Bachar el Assad à gazer ses populations même rebelles alors qu’on est en train de négocier un accord de sortie de crise; enfin admettons. Trump aurait pu attendre les résultats d’une enquête avant de casser la baraque. Il est vrai que sa principale motivation est de politique intérieure.
Il n’en reste pas moins que les puissances qui, contre leurs engagements du TNP, ne cessent de perfectionner leurs armes de dissuasion avec lesquelles elles ont de quoi détruire le monde, semblent mal placées pour donner des leçons sur l’usage des "armes de destruction massives". D’autant que si les Etats Unis et leurs séides dont la France n’avaient eu de cesse de déstabiliser la région du monde allant de la Tunisie à l’Afghanistan, par des interventions en Afghanistan, en Irak et en Libye et des soutiens, voire des incitations aux révolutions dites du "printemps arabes", déstabilisant pour des prétextes discutables tous les pays ayant un régime à peu près laïc, Tunisie, Egypte, Syrie, en ne ménageant que les théocraties les plus arriérées, Arabie Saoudite, Qatar, nous n’en serions pas là. Il est probable que l’Etat Islamique n’aurait jamais émergé et que le terrorisme islamique aurait été contenu.
D’autant qu’il faut savoir ce que l’on veut, venir à bout de l’Etat Islamique ou déboulonner Bachar, on ne court pas deux lièvres à la fois et je suis aussi indigné par la mort de 45 coptes que par celle des syriens.
Dans ces conditions condamner Bachar el Assad fait penser à la fable de La Fontaine, "les animaux malades de la peste" : "… à ces mots on cria haro sur le baudet… ce pelé, ce galeux d’où venait tout leur mal…Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir."

dejudasatartuffelettresaumonde.hautetfort.com
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De l’indignité nationale

"Lyautey, Ferry, Lebrun seraient-ils des criminels contre l’humanité ?" C’est en fait la question que Barbara Lefebvre, professeur d’histoire, a posé au cours de l’émission politique de France 2, ce 6 avril 2017, au candidat Macron.
Après l’avoir accusé, exemples à l’appui, d’ "aggraver la fracture identitaire" elle a ajouté : "Est-ce que demain je devrais dire à mes élèves que Hubert Lyautey, Jules Ferry, Albert Lebrun sont des criminels contre l’humanité ?". "Non, a-t-il répondu. Mais, plus de soixante ans après il faut ouvrir les yeux : les mémoires sont profondément traumatisées au sujet de la guerre d’Algérie".

Non seulement, les Français ont ouvert les yeux, mais encore plus grandes leurs oreilles pour entendre des excuses attendues de la part de ce candidat qui à l’étranger, ce qui est encore plus grave, s’est permis de dire à propos de la colonisation : "C’est un crime. C’est un crime contre l’humanité. C’est une vraie barbarie, et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l’égard de celles et ceux vers lesquels nous avons commis ces gestes".
Même les "illettrés" qu’il a déjà fustigés connaissent les massacres commis, y compris après le cessez-le-feu" par le FLN, toujours au pouvoir en Algérie, comme ils savent que la Guyane n’est pas une île !

Ces propos impardonnables n’ont pas été condamnés par le Président de la République, pas davantage par le gouvernement auquel il a appartenu. C’est bien la preuve que le candidat Macron se situe dans la continuité de la politique d’échecs menée depuis cinq ans, tout en cultivant à son corps défendant la même idéologie.
Preuve supplémentaire : il emploie les mêmes méthodes, comme : "diviser pour régner", quitte à raviver de vieilles querelles pour que le temps ne les efface pas. La seule nouveauté est l’usage de méthodes de gourou qui font, non pas marcher, mais courir ceux qui, abusés, ignorent que le paradis promis n’est que le cimetière des libertés, à commencer par celle de penser.

Au même niveau d’accusation de "crime contre l’humanité" pour ceux qui ont participé à l’œuvre humaine et généreuse, composante de la grandeur de la France, il y a "l’indignité nationale" pour ceux qui s’attaquent à la grandeur de la France à travers ceux qui en ont été les artisans.
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Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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