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L’islam éclaté
 
La Nef - L’islamisme avec son insupportable violence est-il propre à certaines branches de l’islam ou est-il consubstantiel à l’islam lui-même ?
Quelles que soient ses branches et leurs ramifications, l’islam est la religion du Coran unique et identique pour toutes. Or, le Coran  contient des versets d’une rare violence envers les non-musulmans. Pour n’en citer qu’un, le verset 47,4 prescrit "Si vous rencontrez au combat ceux qui n’ont pas cru, la première chose à faire est de trancher les cous, jusqu’à ce que vous les ayez massacrés". La violence est donc consubstantielle à l’islam, même si d’autres versets coraniques préconisent les bonnes actions. Cette religion est marquée à ses débuts par les assassinats des 2e et 3e califes Omar et Uthman et des trois 1ers imams chiites Ali, Hassan et Hussein. Par la suite, huit des neuf imams historiques suivants sont empoisonnés. L’islam se développe ainsi sous le signe de la violence. Imagine-t-on saint Paul assassinant saint Pierre pour prendre sa place comme évêque de Rome ?
Ceci ne signifie en rien que le musulman est violent par nature ou, du moins, qu’il l’est plus qu’un chrétien ou qu’un animiste. La violence est malheureusement dans la nature de l’homme : dès le début de l’histoire Caïn tue Abel. La moitié de l’humanité tue l’autre ! Mais en pratiquant la violence, le musulman agit selon les préceptes de sa religion. Certes, dans l’histoire et aujourd’hui encore, des chrétiens ont agi avec violence mais c’est toujours en contradiction avec les enseignements de l’Evangile.
 
Le monde musulman est lui-même politiquement divisé, les pays de l’Oumma n’hésitant pas à se faire la guerre : quelles en sont les principales causes ?
Ces divisions sont anciennes. Les deux principales branches de l’islam, sunnisme et chiisme, s’opposent dès le départ sur la question de la légitimité de la succession de Mahomet et donc du pouvoir politique à la tête de l’Oumma, opposition sur laquelle se sont greffées des divergences religieuses. Leur rivalité, qui n’a jamais cessé, atteint aujourd’hui un paroxysme, même si ce clivage sert souvent à masquer des conflits d’intérêts politiques et économiques. La raison de cette grande discorde n’est donc pas d’abord d’ordre doctrinal.
Cette hostilité oppose actuellement les puissances qui incarnent l’une et l’autre ces deux branches, l’Arabie Saoudite et l’Iran. Cette sorte de nouvelle fitna (discorde) se manifeste via des partis séides armés, tels que le Hezbollah chiite et le Front Al-Nosra sunnite.
Oui, le monde musulman est profondément divisé et les antagonismes internes ne sont pas près de s’estomper. On est face à une lutte ancestrale dont les développements en cours expliquent en grande partie le chaos actuel du Proche-Orient.
S’ajoute une fitna supplémentaire au sein du seul sunnisme Elle oppose les tenants d’une lecture "modérée" du Coran aux fondamentalistes qui veulent imposer un retour à l’islam des origines, et bannissent la tradition élaborée au cours des siècles qui a, selon eux, dégradé l’islam. On assiste là à une lutte sans merci pour la définition et la représentation de l’orthodoxie sunnite. Et au sein même du fondamentalisme islamique existent de fortes divisions. Ainsi, Al-Qaïda et l’État islamique sont devenus ennemis irréconciliables à cause de divergences stratégiques sur la manière de répandre l’islam dans le monde.
 
Y a-t-il un moyen d’éradiquer la violence que l’on observe dans l’islam ? Une réforme conduisant à une évolution substantielle de l’islam vous semble-t-elle possible ?
Au IXe siècle, une partie de l’islam s’engage dans l’approche rationnelle du mutazilisme qui considère le Coran comme une œuvre humaine, et donc écarte le dogme du Coran incréé. Les versets n’étant plus estimés d’origine divine peuvent être modifiés, voire abrogés. Cette démarche fut déclarée hors-la-loi et l’est encore. Pourtant, le retour au mutazilisme est la seule solution pour une réelle évolution de l’islam. Celle-ci suppose l’abrogation officielle des passages prônant la violence et la condamnation de leurs émules.
Tant que les versets inacceptables du Coran seront considérés comme intangibles, la violence restera un élément constitutif de l’islam.
Evidemment, cette révolution ne peut être envisagée que sur le long terme. Elle n’est pas utopique car de plus en plus de musulmans courageux la préconisent. Ils doivent être très fermement encouragés et leurs écrits et paroles amplifiés et largement diffusés.

Envoyé par l'auteur, 12 février 2017, paru dans La Nef, février 2017
Publié dans A tout un chacun
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Macron ou la passion de la "post-vérité"
 
Nos démocraties occidentales traversent une crise profonde, qui est d’abord une crise de confiance dans ce qui constitue leur outil essentiel, le langage. Le relativisme omniprésent nous ayant conduit à l’ère de la "post-vérité", la parole publique ne semble plus renvoyer à rien, et dénuée de toute consistance elle perd sa signification. Et dans la campagne que nous vivons pour l’élection présidentielle, Emmanuel Macron semble assumer et incarner cette inconsistance du langage.
 
Il y a quelques jours en Algérie, il déclarait que la colonisation avait été un "crime contre l’humanité". Soit un plan concerté pour exterminer par tous les moyens les populations vivant sur les territoires colonisés… Cela n’a aucun sens. Que l’histoire de la colonisation ait été marquée par des crimes, nul ne peut en douter. Mais qu’il faille mettre le projet colonisateur sur le même plan que la Shoah, qu’on puisse assimiler Jules Ferry à Hitler ou Lyautey à Eichmann, voilà qui constitue une double et inacceptable insulte. Insulte à tous ceux qui - Juifs d’Europe, Arméniens d’Anatolie, chrétiens en URSS, Tutsis au Rwanda… - sont morts broyés par une folie destructrice qui ne poursuivait aucun autre but que leur extermination : comment mépriser ce que leur souffrance eut d’unique, au point que pour la décrire le droit a formé cette expression de crime contre l’humanité, qu’on ne devrait employer qu’avec soin quand il nous faut dire le passé ?
 
Comment mépriser en même temps, dans la facilité du regard rétrospectif, les générations de Français qui, dans la confusion des intérêts nationaux et des illusions historiques, ont pour beaucoup cru aux bienfaits de la colonisation ? Bien sûr, nous savons aujourd’hui toutes les erreurs commises, toutes les blessures causées, et la violence coupable à laquelle une telle entreprise ne pouvait manquer de conduire. Mais nous pouvons reconnaître les égarements de ceux qui nous ont précédés sans pour autant les insulter. La colonisation n’était pas un projet de destruction - en fait, le grand paradoxe, c’est qu’elle constitue plutôt l’une de ces tragédies auxquelles a conduit cette foi aveugle dans le progrès dont le même Emmanuel Macron se revendique aujourd’hui… La gauche progressiste avait largement épousé l’idéologie coloniale. Nous pouvons aujourd’hui dire les conséquences tragiques de cette erreur historique, sans insulter ceux qui y crurent. Ceux qui ont laissé leurs noms sur nos monuments aux morts n’ont pas donné leur vie dans un crime contre l’humanité, et il est révoltant de voir aujourd’hui un candidat venir cracher sur leurs tombes par opportunisme électoral.
 
Car c’est bien là le fond du problème. Lorsque la parole ne renvoie plus au réel, lorsqu’on dit tout et son contraire, quand la vérité ne compte plus, c’est que seule importe l’efficacité - en termes de calcul politique, de voix rapportées, de cibles touchées. La démocratie se dissout dans le marketing, et ainsi on détruit un peuple aussi sûrement que par la censure. C’est là la faute grave dont Emmanuel Macron est en train de se rendre coupable. Car qui ne voit la ficelle grossière dans cette surenchère mémorielle délirante ? La cible, en l’occurrence, ce sont des millions de binationaux, héritiers de cette histoire douloureuse. Mais si la cible est touchée, la victime sera la France.
Connaissant certains quartiers qui s’embrasent aujourd’hui, je mesure l’ampleur de la tragédie que la parole d’Emmanuel Macron contribue à entretenir. Des générations de jeunes Français, nés en France et qui vont y construire leur vie, sont entretenues par nos dirigeants dans la haine de leur propre pays… Qui ne voit combien sont graves ces mots absurdes, irresponsables ? "Crime contre l’humanité" : l’erreur historique est aussi une faute morale, car ces mots deviennent le ferment de la violence, de la vengeance et de la division.
 
Ce calcul est d’autant plus médiocre et dangereux que, hélas, il dure depuis trop longtemps déjà… Comme beaucoup de Français, j’avais regardé avec intérêt le renouvellement qu’Emmanuel Macron semblait apporter à notre classe politique. Quelle désillusion aujourd’hui ! Cette stratégie électorale recycle la schizophrénie des élites qui depuis quarante ans tentent de sauver leur lien avec les jeunes issus de l’immigration, à coup d’histoire biaisée et de tribunes dans Libé, en leur expliquant qu’ils sont les victimes de leur propre pays - leur interdisant ainsi de s’y reconnaître et de s’y intégrer... Ce petit calcul irresponsable est précisément ce qui nous bouche le chemin d’un avenir commun, et ce qui provoque aujourd’hui la poussée de violence qui traverse nos banlieues, dans la coupable complaisance de dirigeants installés dans l’échec du mensonge victimaire. Quand il affirme qu’il n’y a pas de culture française, quand il insulte à l’étranger le pays qu’il prétend diriger, Emmanuel Macron montre qu’il n’est que la nouvelle voix de la vieille haine de soi qui a conduit la France au bord d’une division irréversible. Mais nous refuserons de le suivre en marche forcée vers le vide.
 
Le véritable renouveau consiste à reconquérir les mots, et à leur redonner leur sens. Si Emmanuel Macron a travaillé avec Paul Ricœur pour son dernier grand ouvrage, La mémoire, l’histoire, l’oubli, il devrait se souvenir de l’avertissement qu’il y lançait : "l’histoire manipulée" est toujours dangereuse pour l’avenir, car "la projection du futur est solidaire du regard sur les temps passés." Il n’y a pas de progrès sans passion de la vérité.

Paru dans Le Figaro, 17 février 2017
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Pourquoi une telle défiance entre les citoyens et leurs médias
 
Les récentes enquêtes sur la défiance des Français face à leurs médias font état d’une dégradation dont une démocratie ne peut tirer bénéfice. Les Français soupçonnent les journalistes, autant que les politiques, d’être captifs du pouvoir ou de l’argent ; ils les jugent partiaux, peu attachés à la vérité.
Il y a déjà dix ans de cela, les deux économistes Yann Algan et Pierre Cahuc avaient publié un petit livre édifiant sur La Société de défiance, où un grand nombre d’enquêtes chiffrées montraient à quel point les Français, davantage que les autres sociétés occidentales, se défient des politiques, des syndicats, des entreprises et des autres en général. Les enquêtes et autres baromètres nous montrent que les choses à cet égard stagnent ou empirent.
La confiance est comme l’autorité : elle ne se donne pas avec un statut, un grade, une fonction ; elle se mérite au jour le jour par des actes et des comportements, on dit à juste titre qu’elle se "gagne" comme un trophée. Comment se gagne notre confiance vis-à-vis des médias ? Par la vérité de leurs dires, par l’objectivité de leurs propos, par l’équité dans les sujets traités.
 
Il est préférable, pour commencer, que les médias d’un pays soient à peu près représentatifs de l’ensemble des citoyens. Faute de quoi ceux-ci ont le sentiment que leur réalité nationale est racontée uniquement par des gens qui ne leur ressemblent pas et ne comprennent pas ce qu’ils sont.
En France, à cet égard, la distorsion est énorme : toutes les enquêtes montrent que les journalistes sont très largement de gauche, et ne représentent en rien l’électorat. La situation est proche dans l’ensemble des pays occidentaux. Et pose rapidement un problème qui a trait à la confiance : en France, la moitié de l’électorat est littéralement détestée par la grande majorité des médias, qui haïssent la droite chrétienne, l’extrême droite et ses héritiers "populistes".
Aux États-Unis, on a estimé que plus de 95 % des médias vomissaient Donald Trump, le traitant généralement à coups d’invectives. Les sondages étaient à l’avenant et prédisaient sans cesse la victoire de Hillary Clinton. On a vu clairement l’éloignement délétère et le contraste entre les médias et la réalité, à l’occasion de la victoire de Donald Trump et de celle du Brexit. On ne peut pas prétendre que les médias bricolent des statistiques ou mentent sciemment. Mais ils ne parviennent pas à imaginer que Donald Trump ou le Brexit puissent gagner des élections : c’est impensable, c’est impossible, c’est trop loin de leurs propres convictions. Ils écartent donc tout ce qui va dans ce sens. La conséquence immédiate est le fossé de défiance qui se creuse encore entre les citoyens et leurs médias. Une enquête Gallup de septembre 2016 montre qu’aux États-Unis pendant cette période l’indice de confiance des électeurs républicains est passé de 32 % à 14 %… C’est ensuite sur ce genre de déni que se greffe, à l’extrême, le complotisme.
 
Finalement, les citoyens ont le sentiment que les médias, ceux qui précisément sont en charge de décrire la réalité, vivent dans une bulle sur quelque chose comme la planète Mars, pendant qu’eux, les citoyens, endurent la réalité dont on ne veut pas tenir compte.
Finalement, les sociologues et observateurs divers font remarquer qu’on peut reconnaître le populisme à son attitude défiante, agressive, envers les médias. Ce qui est un fait. Donald Trump n’est pas capable d’être aimable avec des journalistes dont la presque totalité a fait campagne contre lui avec une hargne inlassable. Il faudrait pour cela une très grande maîtrise de soi, difficile à acquérir. Jean-Luc Mélenchon se moque des journalistes avec tant d’intelligence qu’il les déstabilise. Les médias ont décidé de lyncher moralement François Fillon, ce à quoi ils s’emploient à chaque minute disponible, et celui-ci peine à conserver envers eux son amabilité. On va alors lui reprocher sa méchante humeur. Celui qui porte le micro a toujours raison, même comme prédicateur.
 
Le pouvoir des médias, immense, se heurte cependant à la démocratie : les citoyens dans l’urne n’obéissent qu’à eux-mêmes. Et les médias sont de plus en plus affolés de voir sortir des urnes des résultats dont ils avaient prédit, à longueur de campagnes électorales, les dangers. La défiance et le divorce entre les citoyens et leurs médias s’entretiennent réciproquement. On n’écoute plus celui dont on se défie. Chacun va son chemin. Comment expliquer le traitement invraisemblable d’Emmanuel Macron par les médias français ? C’est qu’il est le candidat de ce milieu précisément, bobo et de gauche branchée. Qu’il soit ainsi porté aux nues est un autre signe de la partialité intrinsèque de nos journalistes. Cependant, depuis des décennies, aucun candidat des médias n’a jamais gagné une élection. C’est que justement les médias sont trop souvent brouillés avec le peuple, depuis que celui-ci n’est plus de gauche.
La démocratie tient, entre autres, sur une information qui ne soit pas séparée du corps électoral qu’elle est censée décrire. Les pays où l’ "information" détaille un pays qui n’existe pas sont les autocraties. Des médias insoucieux de la réalité du pays, même difficile à admettre, ne peuvent que mettre à mal la démocratie qu’ils prétendent servir.
Paru dans Le Figaro du 16 février 2017
Publié dans Du côté des élites
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La colonisation, "crime contre l'humanité" : l'histoire prise en otage
 
La mémoire collective, avec ses hontes et ses fiertés, devrait constituer, en principe, un ciment de l'unité d'une nation. Pourtant, un demi-siècle après la décolonisation, les élites politiques, de l'extrême gauche à l'extrême droite, ne parviennent pas à éviter la tentation de la récupération polémique de ces événements et de la provocation.
Quand les hommes ou femmes de pouvoir échouent à présenter des propositions crédibles pour gouverner - lutter contre le chômage et la violence par exemple - ils préfèrent agiter les passions et attiser les rancœurs ou les haines. Une loi du 23 février 2005 et son article 4, soulignait "le rôle positif de la colonisation".
En quoi est-ce le rôle du législateur - le pouvoir normatif - de porter des jugements sur un épisode de l'histoire ?
Aujourd'hui, M. Macron prend le contre-pied en déclarant, en Algérie, que "la colonisation fut un crime contre l'humanité". Mais dans un sens comme dans l'autre, le politique prend l'histoire en otage. La connaissance du passé est ravalée au rang de l'idéologie. Ce type de propos de campagne électorale semble avant tout lié à la quête d'une posture : flatter une partie de l'opinion à des fins politiciennes.
 
Nous touchons à un paradoxe de notre époque. Ces dernières décennies, l'enseignement de l'histoire a été affaibli par les politiques de droite comme de gauche. La connaissance des dates, des grands événements et des personnages qui ont façonné le monde contemporain, a été mise à mal. Un gouvernement a même été jusqu'à supprimer totalement cet apprentissage en terminale scientifique... Les programmes ont fortement réduit la place des grands hommes, de Clovis à Napoléon, et de la chronologie. Mais alors que les jeunes Français connaissent de moins en moins l'histoire événementielle, celle-ci fait l'objet d'innombrables récupérations politiciennes. Faut-il y voir une stratégie consciente ou inconsciente de la classe dirigeante : affaiblir la connaissance, les outils de l'esprit critique, pour mieux manipuler les esprits ?
 
Ces propos du candidat à l'élection présidentielle sont ceux d'un homme qui lui-même semble peu familier de l'histoire. Parler de la colonisation comme un "crime contre l'humanité" revient à accuser de crime contre l'humanité toute une tradition de la gauche républicaine française à laquelle il s'identifie pourtant.
Le crime contre l'humanité est défini précisément par l'article 212-1 du code pénal. Il s'applique à des faits "d'atteinte volontaire à la vie, d'extermination, de réduction en esclavage, de déportation, transfert forcé de population, torture, viol". Certes, les guerres coloniales ont donné lieu à des massacres et des atrocités. Pour autant, réduire la colonisation au seul crime contre l'humanité est un contre-sens historique aussi absurde que de ne voir en elle qu'un "rôle positif".
 
En effet, la colonisation fut longtemps au centre de l'idéal républicain, dit de gauche - au même titre que la laïcité et la conquête des libertés - portée par des grandes figures du Panthéon de la gauche française, Léon Gambetta ou Jules Ferry qui déclarait à la Chambre des députés, le 28 juillet 1885 : "Je soutiens que les nations européennes s'acquittent avec largeur, avec grandeur et honnêteté, de leur devoir supérieur de civilisation !" Cette approche avait alors un caractère quasi officiel, "politiquement correct" dirions nous aujourd'hui. Les républicains dits de gauche à l'époque, dans la tradition de l'universalisme révolutionnaire, affirmaient, à travers la colonisation, exporter les Lumières, les droits de l'homme, de la liberté et de l'égalité.
Les opposants à la conquête coloniale de la IIIe République, minoritaires, étaient l'extrême gauche nationaliste, incarnée alors par Georges Clemenceau qui voulait concentrer les énergies contre l'Allemagne et la droite conservatrice, qualifiée de "réactionnaire", à l'image d'Albert de Broglie dénonçant dans la politique coloniale : "Une charge qui grève la nation, qu'elle ne peut porter longtemps, et qui, avant de lui échapper, peut avoir amené la ruine à la fois de la colonie et de la métropole" (Sénat 11 décembre 1884).
 
Plutôt que de manipuler l'histoire à des fins politiciennes, de l'extrême gauche à l'extrême droite, mieux vaudrait recommencer à l'apprendre et à l'aimer, en transmettre la passion aux jeunes générations. Le renouveau de l'enseignement de l'histoire devrait être au cœur des projets électoraux dans la campagne présidentielle : enseigner le passé pour comprendre le présent et préparer l'avenir. Mais qui parle encore des sujets de fond ?

Paru sur Figarovox, 16 février 2017
Publié dans Devant l'histoire
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"La colonisation et le non-sens historique d'Emmanuel Macron"
 
FIGAROVOX. - Lors de son déplacement en Algérie, Emmanuel Macron a accordé un entretien à la chaîne Echorouk News où il qualifie la colonisation d' "acte de barbarie" et de "crime contre l'humanité". Ces qualifications morale et juridique ont-elles un sens historiquement ?
Sur le plan juridique, la première définition du crime contre l'humanité a été donnée en 1945 par l'article 6 de la Charte de Londres qui instituait le Tribunal militaire international, instance qui allait juger les chefs nazis à Nuremberg. Étaient visés "l'assassinat, l'extermination, la réduction en esclavage, la déportation, et tout autre acte inhumain inspirés par des motifs politiques, philosophiques, raciaux ou religieux et organisés en exécution d'un plan concerté à l'encontre d'un groupe de population civile".
D'autres textes affineront la définition, comme le statut de Rome créant la Cour pénale internationale, en 1998, sans en changer l'esprit. Or la colonisation est le fait de peupler un pays de colons, de le transformer en colonie, voire, nous dit le dictionnaire le Robert, de procéder à son "exploitation" afin de le "mettre en valeur".

Historiquement parlant, à l'évidence, la colonisation suppose un rapport de domination du colonisateur envers le colonisé, variable en intensité et en durée selon les lieux où elle s'est déroulée, mais elle n'a pas pour but d'exterminer les colonisés, ce qui, sans parler de l'aspect moral, n'aurait même pas été de l'intérêt matériel du colonisateur. Parfois, dans les périodes d'installation du colonisateur, et cela a été le cas, en Algérie, la colonisation est passée par une guerre de conquête, avec son lot de violences inhérentes à toute guerre. Les travaux d'historiens comme Jacques Frémeaux ou le regretté Daniel Lefeuvre nous ont cependant appris à contextualiser les méthodes d'alors de l'armée française, une armée qui sortait des guerres révolutionnaires et napoléoniennes, et ont montré qu'Abd el-Kader n'était pas non plus un enfant de chœur quand il combattait les Français. Mais cent trente années de présence française en Algérie ne se résument ni à la guerre de conquête des années 1840 ni à la guerre d'indépendance des années 1950. Il y a un immense entre-deux qui a duré un siècle, avec ses échecs, ses pages grises, mais aussi ses réussites, ses motifs de fierté.

Qualifier la colonisation d'acte de barbarie ou de crime contre l'humanité est un non-sens historique, un jugement sommaire, manichéen, qui passe sous silence la part positive de l'Algérie française, celle qui a conduit des Algériens musulmans à croire à la France et à s'engager pour elle. L'histoire a pour but de faire la vérité et non de jeter de l'huile sur le feu, mais, s'agissant de "barbarie", on pourrait rappeler que, dans les événements tragiques de la fin de l'Algérie française, des Européens d'Algérie ou des musulmans fidèles à la France ont été victimes d'actes aujourd'hui constitutifs du crime contre l'humanité. Si on veut vraiment faire de l'histoire, il faut tout mettre à plat.

Dans cet entretien, Emmanuel Macron est revenu sur ses propos parus dans Le Point en novembre 2016 qui ont été "sortis de leur contexte", notamment quand il évoquait les "éléments de civilisation" apportés par la colonisation française. Comment comprenez-vous cette expression d'"éléments de civilisation" ?
Je suppose qu'Emmanuel Macron faisait alors allusion, par exemple, à l'œuvre d'enseignement menée par la France en Algérie, certes avec retard, un retard dû à l'impéritie de la IIIe puis de la IVe République. En 1960, 38 % des garçons musulmans et 23 % des filles fréquentaient l'école, pourcentage qui était supérieur à Alger où 75 % des garçons musulmans et 50 % des filles étaient scolarisés, Européens et Arabes étant mêlés sur les bancs des écoles au moment où, dans maints États américains, la ségrégation sévissait encore entre Blancs et Noirs.
Peut-être l'ancien ministre faisait-il encore allusion à la médecine coloniale. L'École de médecine d'Alger a été fondée moins de trente ans après la conquête. En 1860, le taux de mortalité infantile pouvait atteindre les 30 % dans la population algérienne. En 1954, il sera descendu à 13 %, pourcentage certes trop élevé, mais qui témoignait quand même d'un progrès. C'est à Constantine, en 1860, qu'Alphonse Laveran a identifié l'agent du paludisme, ce qui lui vaudra le prix Nobel de médecine en 1907.
À l'école ou à l'hôpital, où était le crime contre l'humanité dans l'Algérie française?

Ajoutant que l'on ne construit rien sur "la culture de la culpabilisation", l'ancien ministre de l'Économie précise aujourd'hui : "La France a installé les droits de l'Homme en Algérie, mais elle a oublié de les lire". Ne peut-il pas ainsi réconcilier l'opposition entre les partisans de l'excuse et les critiques de la repentance ?
Il est certain que défendre un minimum l'œuvre française en Algérie tout en flattant un maximum les contempteurs de la colonisation française est un exercice qui demande de la souplesse. Mais je laisse les commentateurs de l'actualité analyser les balancements contraires d'Emmanuel Macron, spécialiste du rien-disant destiné à contenter tout le monde afin d'attirer un maximum de voix. Je rappellerai seulement que l'histoire électorale française, depuis un siècle et demi, a vu régulièrement surgir du paysage politique des personnages de ce type et jouer les hommes providentiels dont de braves citoyens attendaient tout. La société du spectacle y ajoute une dimension où il faut avoir la gueule de l'emploi : être jeune et beau. Ce sont des phénomènes sans enracinement dans la société, et par-là éphémères.

Comment expliquez-vous que la "colonisation" suscite encore aujourd'hui un tel débat dans l'opinion publique ? Est-ce le signe de la crise identitaire que traverse le pays ?
L'opinion me paraît plutôt indifférente à la question : déjà, dans les années 1950-1960, elle était de plus en plus hostile à l'Algérie française qui exigeait des sacrifices que plus personne n'avait envie de supporter. Mais en France, l'esprit de repentance permet à certains réseaux d'attiser la détestation de notre passé, phénomène de haine de soi qui conduit à dissocier la nation. Et en Algérie, la dénonciation de la colonisation française cela fait partie des fondamentaux du pouvoir actuel qui s'est construit sur toute une mythologie autour de la guerre d'indépendance. Le drame nous revient en ricochet par les jeunes Français d'origine maghrébine qui ont été élevés avec l'idée que la France aurait commis des crimes à l'égard de leurs aïeux. Comment pourraient-ils aimer la France dans ces conditions, comment pourraient-ils se reconnaître dans notre passé ? C'est un chemin difficile mais il n'y en a pas d'autre : il faut faire toute la vérité sur la relation franco-algérienne à travers la durée et à travers la multiplicité de ses facettes. On pourra regarder en face l'histoire de la présence française en Algérie dans sa totalité le jour où l'opprobre ne sera plus jeté par principe sur les Européens d'Algérie et les harkis, et leurs descendants.

Paru sur Figarovox, 16 février 2017
Publié dans Devant l'histoire
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2017 comme 1958, vers une crise de régime ?
 
L'histoire ne se répète jamais sous des formes identiques, dans un monde en bouleversement permanent. Pourtant la nature humaine, elle, ne change pas et des événements de la même nature ne cessent de se reproduire dans la logique d'un éternel recommencement. La période actuelle renvoie aux heures sombres de 1958, cette année charnière qui marque l'agonie et la mort de la de la IVe République à l'occasion de l'une des pires crises politiques du XXe siècle.
La société française traversait alors une ère de transformations vertigineuses : ouverture de l'économie française à la modernisation, à la compétitivité et au marché européen provoquant une mutation de l'agriculture, du commerce et de l'artisanat. La même angoisse frappe aujourd'hui le pays avec la révolution numérique, Internet, la robotisation et la peur de la disparition du travail.


En 1958 comme en 2016, une violente crise identitaire secoue le pays. Beaucoup de Français, à l'époque, en pleine décolonisation, ne peuvent pas imaginer le pays sans son empire d'outre-mer et ses départements du sud de la Méditerranée. Aujourd'hui, la présence des populations originaires de l'immigration sud-nord et de l'islam comme seconde religion en France, suscite le désarroi d'une partie de l'opinion.

La crise actuelle de l'Etat ressemble à s'y méprendre à celle qui rongeait le pays cinquante-neuf ans auparavant. La France des années 1956-1958 était celles de l'impuissance publique. Tous les gouvernements se fracassaient les uns après les autres sur la guerre d'Algérie, oscillant entre la répression et la négociation. Le pouvoir politique n'était plus ni respecté, ni obéi. L'armée menaçait de sédition. Les policiers manifestaient devant le Parlement. L'administration coloniale n'en faisait qu'à sa tête. Ce phénomène d'incapacité du politique à régler les problèmes, à apporter des réponses aux drames français se retrouve aujourd'hui sur tous les graves sujets du moment : chômage, croissance, maîtrise de la frontière, violence, crise des banlieues.

La situation politique actuelle ressemble aussi à s'y méprendre à celle de 1956-1958. Les partis dits "anti-système" effectuaient une percée. Les poujadistes - anti européens - entraient massivement à l'Assemblée nationale avec 52 députés (dont M. le Pen). Le parti communiste gagnait 47 sièges. Les partis de centre droit et de centre gauche, majoritaires, se fractionnaient en une multitude de groupuscules, empêchant la constitution d'une majorité durable.

La France connaît, en 2017 comme en 1958, une crise du régime politique qui ébranle la Nation dans ses fondements. 1958 marque l'apogée de la crise du parlementarisme. Rongé par l'instabilité gouvernementale en l'absence de majorité stable et par la faiblesse de l'exécutif, le pays n'était plus gouverné. Nous vivons une crise de régime différente, mais aussi profonde et dévastatrice. Le présidentialisme à outrance de 2017, issu du quinquennat, aboutit au même fiasco que le chaos du "régime des partis" en 1958. L'illusion de la toute puissance présidentielle, autour d'un chef de l'Etat sur-médiatisé, qui incarne à lui seul le pouvoir politique mais ne disposant d'aucune baguette magique pour résoudre les maux du pays, est une source essentielle d'un grand malaise collectif : culte de la personnalité ; impopularité ; obsession élyséenne neutralisant le débat d'idées et de projet ; poussée des extrémismes, idolâtrie prétentieuse, narcissisme politicien au détriment de l'intérêt général ; fuite dans la communication, les scandales et les postures, au préjudice de la politique des réalités. Et comme en 1958, les partis politiques se désintègrent.

La Ve bis, issue du quinquennat et de la dérive narcissique de la vie politique française, est à l'agonie, tout autant que la IVe République soixante ans auparavant. Aujourd'hui, la France a une République à refonder : missions du chef de l'Etat, du Premier ministre et de son gouvernement (septennat non renouvelable ?), autorité de la loi votée par le Parlement, nature du contrôle de constitutionalité, place de l'autorité judiciaire, impartialité du service public, égale expression des opinions, rapports entre l'Union européenne et la Nation.
Cependant, la situation d'aujourd'hui est pire peut-être que celle de 1958. En effet, il manque à la France un Général de Gaulle prêt à revenir au pouvoir, avec sa légitimité issue de l'Appel du 18 juin, son expérience de l'Etat, son autorité naturelle, son sens de l'unité nationale, son exemplarité, sa dimension internationale, sa prodigieuse vision de l'histoire. Aujourd'hui, en plein chaos préélectoral, dans une France déboussolée, nul ne peut prédire d'issue à la crise de régime en cours.

Paru sur Figarovox, 14 février 2017
Publié dans En France
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Emmanuel Macron ou le guide de coaching mystique
 
Qu'Emmanuel Macron soit doté d'une intelligence toute particulière, nul ne le contredira, pas plus qu'on ne saurait contester son impressionnante détermination. Et quelles plus belles qualités que celles-là, lorsqu'on aspire à prendre les rênes du pays ? Emmanuel Macron semble tout désigné pour devenir cet homme providentiel que les Français appellent de leurs vœux : "c'était écrit là-haut", il en est convaincu, et ses mises en scène christiques témoignent du messianisme de sa candidature, dont la plupart des journalistes se font aujourd'hui les plus fidèles apôtres, évangélisant les foules à l'aide d'articles hagiographiques, quand ils n'excommunient pas l'ennemi de leur prophète à coup d'anathèmes savamment distribués. Le ciel pour l'un, la fange pour l'autre. "La politique, c'est mystique" : pas de pitié pour les infidèles. Et tant pis pour l'objectivité journalistique.
 
Et pourtant, cette intelligence et cette détermination, que valent-elles, si elles ne sont mises au service de la France ? Rien : elles en deviennent même d'autant plus dangereuses. Or il est à craindre que l'amour du pays soit largement supplanté, chez Emmanuel Macron, par l'amour de soi, ce qui expliquerait entre autres pourquoi son image glorieuse lui tient aujourd'hui lieu de projet pour la France, sans que la corporation médiatique ne s'en émeuve outre mesure : "C'est une erreur de penser que le programme est le cœur d'une campagne", confiait-il hier avec aplomb à un JDD manifestement conquis. Emmanuel Macron entend d'abord "construire une sacralité", instaurer un "pouvoir charismatique" : "C'est un mélange de choses sensibles et de choses intellectuelles. J'ai toujours assumé la dimension de verticalité, de transcendance, mais en même temps elle doit s'ancrer dans l'immanence complète de la matérialité. Je ne crois pas à la transcendance éthérée. Il faut tresser les deux, l'intelligence et la spiritualité. Sinon l'intelligence est toujours malheureuse"
 
Voilà donc le projet d'Emmanuel Macron pour la France : un guide de coaching mystique au bien-être, fondé sur la distribution de passions heureuses. La méthode Macron repose ainsi sur un mélange hétéroclite inspiré du Panem et circenses antique, du Meilleur des Mondes  d'Aldous Huxley et d'une politique spectacle mise au service d'un narcissisme aigu destiné à masquer l'absence abyssale d'idées précises et cohérentes.
Qu'importe, nous disent ses disciples, Emmanuel Macron a pour lui la force du renouveau, de la droiture et du changement dans un système corrompu, à bout de souffle. Quel renouveau, en effet, que ce jeune fringant qui, pour un peu, nous ferait oublier qu'il fut inspecteur des Finances à sa sortie de l'ENA, puis Secrétaire général adjoint à l'Elysée avant d'être nommé ministre de l'Économie, de l'industrie et du numérique, et d'inspirer à François Hollande les réformes économiques dont nous pouvons contempler aujourd'hui les résultats mirobolants… Quel admirable homme du terrain que ce pur produit des élites cosmopolites qui célèbre cyniquement l' "arrivée des réfugiés" comme une "opportunité économique", quitte à répondre "tant pis" à la France d'en-bas qui souffre souvent directement, elle, de cette situation…
 
D'autres exaltent la constance et l'intégrité du personnage, qu'ils lisent avec fascination à travers la franchise transfigurante de son regard. Qu'importe que cette constance se soit accommodée de reniements permanents tout au long de la carrière d'Emmanuel Macron : celui qui, pour soigner son électorat, ne cesse de clamer l'importance du service public a quitté l'inspection générale des Finances au bout de quatre années de service pour devenir banquier d'affaires chez Rothschild ; celui qui, comme inspecteur des Finances, a appris à placer la gestion chiffrée, sérieuse et rigoureuse du pays plus haut que toute autre considération se contente aujourd'hui d'une candidature aventuriste faite de propositions floues, toutes plus dépensières les unes que les autres ; celui qui a conseillé à François Hollande de se déclarer "ennemi de la finance" empochait au même moment plusieurs millions dans le privé ; celui qui confesse un jour son appartenance au socialisme le reniera sans vergogne le lendemain, suivant les nécessités de la situation ; celui qui affirmait vendredi dernier "que Monsieur Fillon n'a pas de projet" et qu' "il faut rassembler les gens sur un projet" confiait trois jours plus tard au JDD que le programme ne saurait faire le cœur d'une campagne…
 
Voilà plus de 20 ans que la France souffre d'avoir à sa tête des dirigeants narcissiques, sans colonne vertébrale et sans cap : loin de s'affranchir de ces tristes exemples, Emmanuel Macron s'inscrit dans leur parfaite continuité. Voilà plus de 20 ans que les Français confondent bon communicant et bon chef d'État : si Emmanuel Macron sait assurément captiver son auditoire, son absence de vision pour la France achèvera de nous faire parcourir les quelques mètres qui nous séparent aujourd'hui de l'abîme. Nous avons pu voir ce que l'impréparation de François Hollande avait pu causer de dégâts et d'humiliations à notre pays, en l'espace de cinq ans seulement.
 
Compte tenu du contexte, pouvons-nous, en conscience, nous permettre de renouveler l'expérience ? Un seul candidat peut aujourd'hui nous préserver du mirage Macron : le microcosme médiatique a choisi de le mettre à mort, par tous les moyens, avec l'appui sous-marin du pouvoir en place. Ce candidat n'est certes pas parfait, il ne prétend pas être l'homme providentiel ; il n'a pas pour lui le charisme hallucinogène, les mots enchanteurs et la jeunesse étourdissante d'un Emmanuel Macron ; mais il présente les seules qualités sur lesquelles devrait se fonder notre choix, dans une démocratie digne de ce nom : un programme précis, cohérent et clair, la capacité à rassembler une majorité indispensable pour gouverner, la seule ambition du relèvement de la France. Tels sont les vrais enjeux de cette élection, que d'aucuns s'efforcent de transformer en concours de beauté : la France vaut mieux que cela.
Paru sur Figarovox, 13 février 2017
Publié dans Du côté des élites
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"Dans les banlieues, cessons de reculer"
 
FIGAROVOX - Après le viol présumé de Théo à Aulnay-sous-Bois, des émeutes urbaines ont éclaté en Seine-Saint-Denis. Dans quelle mesure peut-on dire que cette dégradation du climat sécuritaire est l'illustration d'une crise sociale et politique ?
Ce qui est frappant, c'est le climat d'hystérie qui s'empare de plus en plus souvent de notre société. Chacun, ou presque, a son mot à dire sur ce qui s'est produit et voudrait imposer aux enquêteurs et même à la Justice la qualification des faits ainsi que la sentence. Les juges sont placés sous une pression inacceptable dans une démocratie.
Alors sommes-nous dans la traduction d'une crise sociale et politique ? Une crise politique, assurément car c'est bien l'ordre établi et tous ceux qui l'incarnent de près ou de loin qui se trouvent un jour ou l'autre contestés, et parfois placés dans l'incapacité d'exercer leur mission. Des guet-apens sont tendus à des pompiers. Des policiers tombent dans des embuscades ou sont attaqués car leur surveillance dérange. Un nombre croissant d'enseignants refusent d'exercer leur mission en certains lieux. De même en va-t-il pour des médecins et bien d'autres professions.
Quant à la crise sociale, tout dépend de ce que vous mettez dans le terme "social. Si vous l'entendez au sens qui a cours depuis le début des années quatre-vingt, alors non, nous ne sommes pas dans la simple traduction d'une crise sociale. Le problème est beaucoup plus profond, et surtout multidimensionnel. L'État, qu'il ait été piloté par la droite ou par la gauche, a consenti de lourdes dépenses dont le contenu n'a pas été suffisamment porté à la connaissance de l'opinion publique. L'État devrait communiquer davantage afin que l'on cesse de l'accuser de n'avoir pas assez investi. Ces accusations répétées - de toutes parts - nourrissent le ressentiment et parfois même la haine à l'égard des institutions et de leurs représentants.
 
N'y a-t-il pas aussi une dimension culturelle voire religieuse à cette crise des banlieues ?
C'était le cas en 2005. Pourtant les médias ont persisté à répéter que tout ce qui se produisait était lié à la mort effroyable des deux jeunes dans un transformateur. Gilles Kepel a mis en évidence que l'embrasement des banlieues avait eu pour origine le lancement non intentionnel d'une grenade à proximité d'un lieu qui présentait l'aspect extérieur d'un entrepôt. Les policiers ignoraient que ce bâtiment était utilisé comme lieu de culte. Sur place, l'information a été aussitôt propagée que la mosquée avait été visée délibérément, et qu'il s'agissait d'une attaque de l'État contre l'islam et les musulmans. Il convient de s'interroger sur les groupes de pression et d'influence qui trouvent intérêt à diviser la société selon la croyance, l'ethnie ou la "race".
Il est prématuré de tirer des conclusions sur ce qui se produit aujourd'hui et qui se propage à travers un nombre croissant de territoires. Nous sommes en présence d'une population sous le choc de ce qui vient d'arriver et qui se retrouve très vraisemblablement instrumentalisée. Il appartient à nos services de renseignement d'identifier au plus vite quelles sont les forces qui s'activent en sous-main et qui ont intérêt à ce que la police ne puisse plus pénétrer certains quartiers, ou même que la situation échappe à tout contrôle.
 
Peut-on comparer la situation actuelle aux émeutes de banlieue en 2005 ?
Depuis 2005, la situation s'est fortement dégradée. Le niveau de violence a considérablement augmenté. Cela était prévisible puisque le fond du sujet n'a jamais été véritablement abordé. On a persisté dans le déni du réel et dans la manipulation des masses. Pourtant, comme le montrent ses propos consignés dans Un président ne devrait pas dire ça, François Hollande n'ignore rien de la gravité de la situation. Évoquant la marche pour Charlie, il fait état de "ces trois France qui semblent parfaitement irréconciliables" et s'interroge : "comment on peut éviter la partition ? … Car c'est quand même ça qui est en train de se produire : la partition". En 2005, il n'aurait pas employé le terme de "partition" qui est extrêmement lourd. Quel est le bilan de François Hollande dans ce registre ? C'est celui de sa tentative de refondation des politiques d'intégration, que j'ai contribué à torpiller car elle menait tout droit à la disparition à terme de l'identité française. Nul n'a le droit de créer les conditions de l'enterrement de l'identité du peuple français. Chaque peuple a droit au respect de son identité, a fortiori sur son propre territoire. J'ai eu l'occasion d'analyser longuement les différents rapports pour Le Figaro.
Malheureusement, les choses n'en sont pas restées là, puisque nous avons eu droit ensuite à un certain nombre de réformes scolaires ainsi qu'à l'adoption de la loi "Égalité et Citoyenneté" qui partent toujours de la même approche et qui recèlent un degré non négligeable de toxicité pour notre avenir à tous. Et l'on en arrive à présent à ce qu'un postulant à la fonction suprême ose asséner qu' "il n'y a pas de culture française" !
 
Comment jugez-vous la réaction des autorités politiques à ce nouvel accès de violence ?
Il y a eu de bonnes et de mauvaises réactions. Lorsqu'une enquête est en cours, on ne doit pas tenter d'interférer. Chacun se doit de laisser la Justice suivre son cours. Aussi, la visite du président de la République à l'hôpital n'aurait pas dû se produire car non seulement elle jette du sel sur les plaies, mais elle est de surcroît perçue comme un parti pris. Il avait lui-même reproché au président Nicolas Sarkozy de réagir trop souvent, et lui, que fait-il ? Ensuite, certains politiques de premier plan se sont mis à relayer l'appel au calme lancé par la famille. On croit rêver ! Ce faisant, le politique se démet lui-même de son autorité.
Autre point : qu'une première manifestation ait été autorisée, car il est naturel que des citoyens éprouvent le besoin de marcher ensemble, on peut le comprendre. Mais nous n'en sommes plus là. D'autant que nous sommes en état d'urgence. Comment expliquer que le pouvoir expose ainsi son incapacité à faire appliquer la loi ? C'est préjudiciable pour tous, car toute faiblesse de l'État peut être interprétée comme une invitation à défier encore davantage les institutions. Or, la population a besoin d'être protégée. La sécurité est le premier des besoins.
Le refus réitéré par le gouvernement de la délivrance d'un récépissé de contrôle d'identité est une très bonne décision. Cette demande part du principe que nos policiers sont suspects. Cette mise en cause récurrente de la police nationale est catastrophique. Il ne faut pas venir ensuite s'étonner de la dégradation de la situation de la sécurité en France.
 
Que faire ?
Cesser de démissionner et de reculer en pensant que c'est la meilleure façon d'acheter la paix. Nous le voyons, c'est l'inverse qui se produit. Il faut retrouver le chemin de la raison. En revenir au traitement des individus, et des individus seuls. Considérer chaque être humain sur la base de ce qu'il est en tant qu'être humain, et donc tourner le dos à l'approche communautaire qui pourrait conduire à terme à la partition évoquée par le Président François Hollande. Travailler à retisser le lien de confiance entre notre société, l'école et le corps enseignant. Le chantier est exigeant, mais il est décisif pour l'avenir de notre société. Beaucoup peut encore être fait dans ce domaine. L'espoir est de mise. Responsabiliser les parents, mais aussi les accompagner dans leur mission car l'éducation n'est pas toujours tâche aisée, loin s'en faut ! Dans mes écrits, j'émets un grand nombre de propositions et recommandations. Simplement, il faut être bien conscient que rien ne sera possible sans prendre en compte le fait que la France n'est plus en capacité d'accueillir de nouveaux flux migratoires. Et ce n'est pas qu'une simple question d'ordre socio-économique.

Paru sur Figarovox, 14 février 2017
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Intelligence

Est-ce l’effet Bureau des légendes, cette série mettant en scène la vie quotidienne d’agents de la DGSE, à Paris, Alger ou Téhéran, les services secrets français ont le vent en poupe. Dans un contexte de restriction budgétaire, leurs effectifs grossissent.

Certes, dans une époque qui sacralise la transparence, ce type d’organisme a quelque chose de mystérieux qui peut nourrir les fantasmes. Les confidences d’un président de la République révélant que la France procède à des homicides les alimentent forcément. Mais si l’on écarte les rumeurs et les polémiques inutiles, la "Boîte" (l’un des surnoms de la DGSE) a de quoi attirer.

En 2017, loin des stéréotypes véhiculés par le cinéma et la littérature, un service de renseignements recrute des garçons et des filles de leur temps, des étudiants spécialistes de civilisation arabe ou férus d’Extrême-Orient mais également à l’aise avec les technologies numériques - l’affaire Snowden a montré l’importance de ces réseaux immatériels.

Aujourd’hui, la France intervient au Mali et en Irak. Ses intérêts lui commandent d’être présente et active partout dans le monde. Elle doit se prémunir contre des actions conduites ou téléguidées depuis Mossoul ou Raqqa (comme le fit Rachid Kassim, dont la mort a été récemment annoncée). Cela nécessite des agents au plus proche de ces cibles, mais aussi glanant des centaines d’informations en amont. Pour ces activités vieilles comme la guerre, les Anglo-Saxons utilisent le mot "intelligence". Jamais les missions modernes n’ont mieux mérité ce qualificatif.

Ils sont ingénieurs, polyglottes ou "geeks" (as en informatique). Leurs faits d’armes ne font pas la une des médias, ils ne sont jamais félicités publiquement. Leurs échecs, leurs pertes sont laissés dans l’ombre. Il y a une belle abnégation dans leurs missions. Au même titre que leurs camarades œuvrant sur les théâtres d’opérations extérieures ou à la surveillance du territoire, ils sont au service de la France.
Paru dans Le Figaro, 13 février 2017

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Trump, le Logos et les Révolutionnaires Français
 
Pour les Grecs anciens, le "Logos"’ constituait l’essence  même de la Raison qui au travers de la connaissance d’une langue permettait la discussion et la démonstration lors d’un débat de type éthique, politique ou scientifique. 
Tout citoyen, tout homme d’état devait avoir une maîtrise parfaite du Logos, c’est-à-dire des éléments de langage qui permettaient de communiquer avec les autres citoyens lorsque des discussions sur l’avenir de la Cité avaient lieu. Et celui – ou ceux- qui contrôlaient le mieux le Logos contrôlait ipso facto la Cité presque automatiquement. 
Et donc, dès les origines de notre civilisation est apparu le concept que contrôler et comprendre le langage amenait à dominer le système politique. Et toute notre civilisation s’est construite sur ce concept qui fut renforcé lorsque les Chrétiens  assimilèrent le Logos à Dieu : "Au commencement était le Verbe (Logos), et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu".
L’idée centrale de notre civilisation fut donc que le Logos, la Raison et Dieu dans le fond c’était la même chose et que s’attacher à comprendre l’œuvre de Dieu par la raison et l’expliquer par la parole c’était faire œuvre divine et servir les hommes. 
D’où vint le développement de la science dans les pays chrétiens et pas ailleurs. Et du coup, tout bon dictateur comprit qu’empêcher les gens de se parler était essentiel s’il voulait garder le pouvoir et donc qu’il fallait contrôler le Logos si l’on voulait contrôler le peuple, ce qui nous amena aux totalitarismes du XXème siècle.
 
Cette réalité fut expliquée par Georges Orwell dans son livre "1984", qui ne faisait que décrire la situation qui existait en Union Soviétique et dans les pays communistes en 1948.  
Dans cet ouvrage, Big Brother n’essaie pas de contrôler le Logos qui pour les Grecs anciens était synonyme de "Raison" mais bien au contraire d’imposer une nouvelle façon de parler, la "novlangue" qui empêchera les citoyens de communiquer les uns avec les autres, chaque mot voulant dire presque exactement le contraire de ce qu’il signifiait dans son acceptation initiale. Paix veut dire guerre, les camps de concentration sont appelés des écoles, la vérité veut dire le mensonge et ainsi de suite.
Le but final est bien sûr d’abord d’empêcher toute discussion entre citoyens, et donc tout complot contre le pouvoir, mais aussi et surtout de signaler les "déviants" qui utiliseraient les mots dans leur acceptation originale. 
Et pour mettre ces déviants en prison, un Ministère de la Vérité est créé qui s’occupe avec beaucoup de compétence d’envoyer les mauvais sujets en rééducation, ce qui en novlangue veut dire bien sûr à la mort…    
Tout cela est connu et a été analysé mille fois. 
 
Mais ce qui n’a pas été expliqué c’est le pourquoi de cette tentative visant à empêcher les hommes de communiquer les uns avec les autres ? Pour garder le pouvoir, certes, mais cela n’est pas suffisant comme explication.
Et c’est la qu’intervient Chantal Delsol un des derniers géants intellectuels qui reste à notre pays dans son livre prodigieux d’intelligence et de culture, La Haine du Monde, totalitarismes et postmodernité, aux éditions du Cerf. Car j’ai enfin compris, grâce à elle, pourquoi les grandes dictatures du dernier siècle s’appuyaient toutes sur une tentative de destruction de la Raison, du Logos et donc de Dieu.
En voici l’explication, ou la raison, les deux mots étant merveilleusement synonymes dans ce cas.
Au XVIII, comme chacun le sait, nous avons eu en Ecosse, en Grande-Bretagne, aux USA et en France un bouillonnement d’idées que l’on a coutume d’appeler "Les Lumières". Les Lumières anglo-saxonnes s’attachèrent à établir un système de gouvernement –la Démocratie - qui permettait à chaque homme de se réaliser pleinement en limitant la capacité qu’avait le pouvoir de brouiller le Logos.
En France, il en alla différemment. 
Le but n’était pas d’établir un système de gouvernement qui permette aux hommes de discuter entre eux sans entre-tuer mais de prendre le pouvoir politique pour changer l’homme et créer de ce fait un "homme nouveau ". Et pour créer cet homme nouveau, il fallait d’abord casser tous les liens qu’il pouvait avoir avec les autres hommes et donc détruire tous les corps intermédiaires tels les affinités locales, les églises, les écoles les familles… Il fallait créer un homme sans racines. Et le lien le plus profond qui nous unit aux autres, c’est bien sur le langage, le "logos" qu’il fallait détruire en priorité si l’on voulait construire cet homme nouveau.
Les anglo-saxons voulaient établir une société conforme aux demandes du Logos, les Français, tels Satan avant eux, voulaient remplacer le Logos et devenir des Dieux et bien sûr ils amenèrent l’enfer en se prenant pour des démiurges.   
Pour arriver au résultat cherché, les héritiers des lumières françaises mirent en effet en place une tyrannie comme l’histoire en connut peu. Cette tentative échoua comme chacun le sait dans le sang, les massacres de dizaines de millions d’innocent et la misère physique, morale et intellectuelle. Et donc il est exclu de recommencer une fois encore à tuer des gens par millions pour engendrer un homme nouveau.
Mais l’idée n’a pas disparue, bien au contraire, et ses partisans continuent à la pousser en utilisant sans répit deux armes extraordinairement puissantes.
La première c’est l’exclusion et la deuxième c’est la dérision.
 
Commençons par l’exclusion. 
La novlangue était une tentative pour renverser le sens même du Logos et cela ne pouvait marcher que s’il existait des camps de concentration. Faute de camp de concentration, les partisans de l’homme nouveau ont décidé que quiconque parlerait de racines chrétiennes, locales, familiales, professionnelles, historiques et que sais-je encore serait d’abord interdit d’expression dans tous les média ou dans tous les lieux de savoir et ensuite que sa carrière s’arrêterait pour toujours (Voir le sort des universitaires qui ont contribué au Livre Noir du Communisme par exemple, ou les ennuis de Renaud Camus). 
Et en bons Marxistes / Trotskistes, ils ont manœuvré depuis trente ans pour prendre le contrôle de toutes les institutions ou la parole s’exprime. Et pour mieux repérer les déviants, ils ont remplacé la novlangue, fondée sur le mensonge, par le politiquement correct, c’est-à-dire par l’interdiction faite à quiconque de prononcer certains mots comme Patrie, Famille, Ville, Chrétienté pour en finir par interdire les mots "homme" ou "femme". Le nouvel homme – ou la nouvelle femme - ne peuvent même plus se rattacher à leur sexe puisqu’il doit être détaché de tout ce qui relierait à  ses racines. Et pour arriver à leurs fins, ils pratiquent non seulement l’exclusion mais aussi et surtout la dérision.

Quiconque en effet a un discours fondé sur l’enracinement de la personne humaine dans sa famille, dans sa ville, dans sa Nation ou que sais-je encore est automatiquement traité comme un débile profond, un "beauf"» qu’il est urgent de couvrir de sarcasmes et d’insultes du type Français rancis ou Pétainistes, de partisans de la petite Angleterre pour ceux qui ont voté le Brexit, le comble ayant été atteint quand Madame Clinton a traité la moitié de la population Américaine de "déplorables". Pour faire bref, la Liberté d’expression est pour eux et pour eux seuls tant il est entendu que ceux qui ne sont pas d’accord ne peuvent être que fous. Ce que disait déjà leurs grands amis des totalitarismes précédents qui, ne pouvant plus massacrer leurs opposants les mettaient dans des asiles de fous.
Il est donc tout à fait évident qu’ "ils" ont remplacé le totalitarisme "dur" par un totalitarisme "mou" aussi efficace que son ancêtre pour empêcher le Logos de dominer le monde comme il le devrait. Et cela fait trente ans qu’ils y travaillent sans relâche, ce qui explique le désert intellectuel qui règne dans tous nos pays.
Et tout d’un coup, stupéfaction !
Monsieur Trump est élu en ayant prononcé au cours de sa campagne tous les mots interdits et il a un but et un seul, faire disparaître le pouvoir que ces nuisibles s’étaient accaparé. Et du coup on assiste à un spectacle extraordinaire : tous ces gens-là courent en rond comme des poulets sans tête en proclamant son "illégitimité" ou en disant qu’il est fou, ce qui exactement ce que disait les communistes à Moscou de leurs opposants.
Mais la réalité est différente : c’est eux qui sont illégitimes puisqu’ils ont voulu imposer au peuple ce que le peuple ne voulait pas, au nom de je en sais quel cauchemar millénariste. La réalité profonde est que le Peuple aime ses racines. Et je ne peux m’empêcher de sourire : encore une fois, "les voies du Seigneur sont impénétrables" puisque le Logos est en train d’être rétabli à grands coups de tweeters par le Président élu le plus improbable de l’histoire américaine.
Le règne du Logos rétabli par Tweeter : on me l’aurait dit, je n’y aurai pas cru.   

institutdeslibertes.org
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