Magistro Beta

Switch to desktop Register Login

Faillite de la démocratie française
 
Les images des Champs Elysées et de la place Charles de Gaulle, saccagés et en flammes, sont honteuses pour notre pays. Jacquerie d’un peuple au bord du désespoir comme l’affirment les commentaires ? Complot de "l’ultra-droite", comme n’a cessé de le marteler le pouvoir ? En vérité, il faut y voir la quintessence de la faillite d’un régime politique. Gilets jaunes ou casseurs ? La violence, répugnante, se répand quand nul ne croit plus au pouvoir des urnes.
Cette lamentable révolte est le fruit des élections biaisées de 2017, d’un second tour minable qui a privé les Français de choix respectable et d’un débat d’idées digne de ce nom, puis de la vertigineuse abstention aux législatives, abolissant de fait, la crédibilité de la démocratie française. Quand le Parlement en tant que creuset du débat démocratique, disparaît comme anéanti, les désaccords s’expriment dans la rue et par la violence. Cette catastrophe est aussi le fruit de la morgue et de l’arrogance d’une infime caste dominante qui, des "sans-dents" aux "fainéants", engluée dans son impuissance, a besoin du mépris et de la provocation pour exister. Elle résulte de la destruction de la politique au sens noble du terme, du gouvernement de la cité en vue du bien commun.
 
La vie publique n’est plus que postures et propagande, ivresse de la vanité. Le pouvoir, dans l’objectif de sa perpétuation, n’a de cesse que de fuir la réalité et d’enfermer les Français dans une bataille imaginaire entre les lumières de la modernité réformatrice et les ténèbres du "populisme". L’équipe dirigeante vit désormais dans l’obsession de mettre en valeur "l’ultra-droite" et le "lepénisme" pour s’ériger en rempart républicain. Mais qui est assez naïf pour se laisser abuser ? Et pour croire à la "transformation de la France" alors que les déficits, le chômage, les impôts et les taxes, la dette publique ne cessent d’augmenter ? Le spectacle immonde d’hier sur les Champs Elysée n’a rien d’un accident. Il correspond à une déliquescence générale de l’autorité, de la démocratie, de la solidarité nationale, de la crédibilité de la parole publique. Il traduit l’anéantissement de la confiance en l’autorité gouvernementale, la médiocrité morale et intellectuelle de la classe dirigeante. La tragédie n’en est malheureusement sans doute qu’à ses débuts.

Paru sur maximetandonnet.wordpress.com, 25 novembre 2018
Publié dans En France
Écrit par
En savoir plus... 0
Le dangereux pourrissement du conflit ukrainien
 
Dimanche 25 novembre 2018, un conflit qu'on croyait gelé s'est soudainement rappelé à nous. Un remorqueur et deux petits patrouilleurs de la marine de guerre ukrainienne avaient quitté le port d'Odessa, sur la mer Noire, pour se rendre à celui de Marioupol, sur la mer d'Azov. Ils ont été arraisonnés manu militari par les garde-côtes russes au large du détroit de Kertch, et emmenés dans ce port situé à l'extrémité orientale de la Crimée (péninsule ukrainienne annexée à la Russie en mars 2014, après un référendum populaire massivement favorable, mais non reconnu par l'ONU). Kiev et Moscou s'accusent mutuellement de violation du droit de la mer. La marine ukrainienne rappelle qu'elle avait dûment averti les autorités russes du mouvement de cette flottille. La marine russe accuse les navires ukrainiens d'avoir violé les eaux territoriales russes en longeant de trop près la péninsule. Mais ces derniers ne considèrent pas la Crimée comme un territoire russe…
Cette escalade maritime russo-ukrainienne a commencé au mois de mars 2018, quand un chalutier de Crimée pêchant en mer Noire a été appréhendé par la marine ukrainienne. Juste après, les Russes ont imposé un régime d'inspections à tous les navires pénétrant en mer d'Azov, invoquant la nécessité de protéger la sécurité du nouveau pont enjambant le détroit de Kertch, ouvrage d'art de 19 km que Vladimir Poutine inaugura le 15 mai dernier. Avant la construction de ce pont, la Crimée était privée de lien terrestre direct avec la Mère Patrie russe…
 
L'incident n'est pas gravissime, car il n'y a eu ni mort d'homme ni bâtiment coulé. Mais il aurait fort bien pu dégénérer. Il nous rappelle qu'il est dangereux de laisser pourrir le conflit ukrainien. L'annexion de la Crimée en mars 2014 n'avait pas fait de victimes. Mais les deux guerres du Donbass (été 2014 et début de l'hiver 2015), entre l'armée ukrainienne et les rebelles russophiles des districts de Lougansk et Donetsk (soutenus par une intervention clandestine des forces russes) ont fait en tout dix mille morts. Ce conflit entre frères slaves orthodoxes, aux familles mêlées, est aussi absurde que si commençait aujourd'hui chez nous une guerre entre les Bretons et les Normands. Parrainés par la France et l'Allemagne, les accords de Minsk (février 2015) devaient ramener la paix au Donbass. Mais les autorités ukrainiennes sont aussi peu empressées à appliquer l'accord que les autorités russes. Le deal était pourtant simple : amnistie et autonomie accordées aux rebelles en échange de la récupération de ses frontières internationales par l'armée ukrainienne.
À Moscou comme à Kiev, les autorités semblent aspirées par une spirale de surenchère nationaliste. Les Ukrainiens rêvent d'une aide militaire américaine massive, qui permettrait à leur armée de reconquérir le Donbass dans une attaque éclair, à la manière de ce qu'avait réalisé la Croatie le 4 août 1995, récupérant la Krajina en faisant fuir sa population serbe. Les Russes sont obsédés par la propension de l'Otan à s'étendre toujours plus à l'est. Ils veulent la bloquer une fois pour toutes. Un territoire ukrainien amputé n'a pas vocation à entrer dans l'Otan, pensent-ils.
 
Historiquement, dans leur doctrine stratégique, les Russes ont toujours vu l'Ukraine comme un glacis face aux appétits des envahisseurs venus de l'Ouest (Polonais, Suédois, Français, Allemands). Ils reprochent aux Occidentaux de ne pas avoir respecté une promesse faite (oralement) par George H. Bush à Mikhaïl Gorbatchev, lors de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE) du 20 novembre 1990 à Paris, de ne pas étendre l'Otan vers les pays du Pacte de Varsovie, après que Moscou eut accepté d'en retirer ses troupes. En revanche, les Ukrainiens du mouvement de Maïdan aspirent à voir leur pays adhérer à l'Otan et à l'UE.
 
L'existence d'un tel niveau de frustration des deux côtés est explosive. Le conflit du Donbass est un abcès qui pourrit les relations internationales dans leur ensemble. Lourdement sanctionnée par les Occidentaux, la Russie refuse de coopérer avec eux dans les autres crises planétaires. Elle forge une alliance contre-nature avec la Chine.
Les guerres commencent souvent sur des querelles territoriales, qui apparaîtront bien plus tard comme insignifiantes aux ex-belligérants. Une nouvelle CSCE doit donc être convoquée d'urgence, pour y aborder toutes les questions qui fâchent : extension de l'Otan ; cyberguerres ; respect des frontières ; manœuvres militaires.
Tout le monde connaît la matière d'un possible deal : renoncement de Washington à l'extension de l'Otan, et de Moscou à sa vieille doctrine de la "sphère d'influence". La seule inconnue demeure la date du deal et le nombre de victimes qu'il faudra pour y parvenir.
Paru dans Le Figaro, 27 novembre 2018
Publié dans De par le monde
Écrit par
En savoir plus... 0

Manipulations

Chaque jour, ou presque, nous apporte son lot de manipulations de l’Histoire par le régime macronien. Si le président semble s’être fait une spécialité de l’instrumentalisation du passé, ses ministres lui emboitent le pas, avec moins de classe toutefois car leur inculture abyssale apparait alors au grand jour. Emmanuel Macron sait enrober ses propos de citations de Nietzche ou de Leibnitz, ce qui fait très chic sur France-Culture. Et puis, peu de gens iront vérifier. Mais ses ministres, dans leurs pauvres déclarations, ne dépassent pas le niveau intellectuel d’un tweet. On pense avoir touché le fond (mais le pire reste peut-être à venir) avec le ministre de l’Intérieur qui s’est risqué à un amalgame vaseux entre les gilets jaunes et les manifestants du 6 février 1934. Outre que les motivations, les contextes et les déroulements des deux manifestations n’ont strictement aucun rapport, ce rapprochement absurde révèle une incapacité du ministre à appréhender les faits actuels sans œillères idéologiques passéistes. Pour un gouvernant en charge de l’un des principaux ministères régaliens, c’est très inquiétant.
Précédemment, le Premier ministre lui-même s’était risqué au jeu dangereux du mélange des genres, entre commerce, politique, mémoire et Histoire. En voyage au Vietnam pour vendre des TGV, il a tenté de s’accrocher au train de l’histoire officielle du totalitarisme communiste. Mal lui en prit. Ses petits conseillers ministériels ont sans doute oublié de le prévenir, avant qu’il ne fasse l’éloge d’Ho Chi Minh, que les communistes vietnamiens n’avaient strictement rien à faire de "l’histoire apaisée" qu’il appelle naïvement de ses vœux.


Les apparatchiks millionnaires actuellement au pouvoir au Vietnam sont les héritiers en ligne directe des tortionnaires du peuple vietnamien qui ont dévasté le pays sous la houlette sanglante de Nguyen Sing Cung, alias Nguyen Tat Thanh, dit Nguyen Ai Quoc (le patriote), dit encore Ho Chi Minh (littéralement "celui qui éclaire", un peu comme Lucifer porte la lumière). Depuis les années 1990, la politique d’ouverture (Doi Moi) a surtout consisté à ouvrir les comptes en banque de la Nomenklatura à la manne des privatisations réalisées à leur seul bénéfice, pendant que les salaires moyens des ouvriers restent (encore aujourd’hui) en dessous de 100 € par mois, souvent plus près de 30 ou 50 €.
Les pratiques policières qui ont présidé aux camps de rééducation et à la fuite éperdue des boat people ont peu évolué. Avant qu’Édouard Philippe ne vienne témoigner son admiration pour l’ "austérité sereine" (sic) d’un grand criminel contre l’Humanité, la police vietnamienne elle-même incendiait les bois qui entourent le monastère de Thien An, près de Hué, afin de déloger les malheureux bénédictins qui refusent obstinément d’abandonner leur couvent.
Le droit de propriété au Vietnam est complexe. Pour présenter les choses succinctement, l’État est, au minimum, une sorte de nu-propriétaire. L’occupant d’un terrain en a seulement la jouissance. En apportant des preuves de jouissance d’un terrain, telles que le fait d’y avoir planté des arbres, on peut se faire reconnaitre officiellement le droit de l’occuper. La police de Hué attend donc patiemment d’avoir planté des arbres sur le terrain des bénédictins, préalablement incendié par ses soins, pour s’en faire attribuer la jouissance. L’objectif final est la création, par les pouvoirs publics, d’un grand parc d’attraction à la place du monastère. Victoire attendue du mercantile sur le spirituel. Lequel spirituel, en l’occurrence, est un héritage magnifique des missionnaires français au Vietnam. On pourrait multiplier ainsi les exemples d’une tyrannie qui fait table rase du passé et persécute toujours le peuple vietnamien jusque dans les moindres détails de la vie quotidienne. Ce n’est pas un article qui conviendrait, mais un ouvrage en plusieurs tomes.

En fait d’Histoire apaisée, notre Premier ministre a dû lui-même essuyer un camouflet dont la presse a peu rendu compte. Après avoir léché les Tongs du défunt dictateur, il s’est rendu à Dien Bien Phu pour s’incliner devant le souvenir des combattants des deux bords. La démarche eut été louable à condition de réciprocité. Hélas, ses chers nouveaux amis millionnaires marxistes-léninistes ont tout simplement refusé de l’accompagner au mémorial des soldats de l’Union française tombés dans la bataille.
On voit bien que les vertus chrétiennes de compassion, de pardon des offenses, comme les vertus confucéennes d’harmonie et de respect des défunts sont à des années-lumière des préoccupations de l’actuelle Nomenklatura communiste qui met le Vietnam en coupe réglée. Pour ne rien dire de la moderne repentance si chère à nos propres édiles...

De la lutte des classes, les communistes ont gardé la haine irrémissible comme principale motivation. Du capitalisme sauvage, ils n’ont même pas eu à assimiler le mépris total de l’humain, il était déjà constitutif de leur système de "valeurs".
Le grand dissident Duyen Anh écrivait cette phrase plus que jamais d’actualité au Vietnam : "communisme et capitalisme sont comme les lèvres et les dents, quand les unes s’ouvrent, c’est pour que les autres mordent." Notre Premier ministre ferait bien de méditer cela plutôt que d’essayer de calquer ses bons sentiments européo-centrés sur un Extrême-Orient qui y sera toujours réfractaire. La haine viscérale vouée à l’ancien colonisateur – bouc-émissaire officiel de tous leurs maux – amplifiée par l’échec atroce de soixante-quatre ans de régime marxiste (au Nord, quarante-trois au Sud), interdit aux communistes vietnamiens la moindre concession à notre égard, sauf s’ils y trouvent un intérêt plus fort que cette haine. C’est pour eux une question de "face", une des très rares choses qu’ils aient conservées du Vietnam ancien. Si l’on se prête à leur jeu, après nous avoir fait mettre un genou à terre devant leur icône maléfique ils essayeront toujours de nous écraser la gueule dans la boue de Dien Bien Phu.

Envoyé par l'auteur, 26 novembre 2018

Publié dans Du côté des élites
Écrit par
En savoir plus... 0
Ne surfons plus sur la vague !
 
Premier de la classe, le ministre de l’Education nationale a fort à faire avec une fronde virtuelle mais bien réelle sur Twitter. Depuis plus de 72 heures en effet, les profs se rebiffent à l’appui d’un hashtag #PasDeVague, pour décrire le délitement de l’autorité à l’école. Derrière cette vague d’indignation, le spectre bifrons de la récupération politique et du laissez-faire. Pour arrêter la déferlante ?
Mais qui a eu cette idée folle d’enflammer l’école ? On rejettera la faute sur la révolution sociale ou bien sur le retour de l’autoritarisme dans la classe… Pourquoi pas dénoncer une fois encore le manque de moyens, et même, les écoles indépendantes ?
Notre société a perdu la foi dans l’autorité, parce qu’elle est dépourvue de convictions partagées sur ce que pourraient être les sources de sa légitimité. L’école s’en trouve profondément déstabilisée, désinstitutionnalisée. Dès lors, elle n’arrive plus concilier les impératifs contraires que sont l’ordre et la liberté. Sachons donc extraire de la vague ce qu’elle emporte d’enseignements positifs, pour favoriser la nécessaire sérénité à l’école, au lieu de nous complaire dans des oppositions qui n’apportent plus de solutions constructives.
 
L’évidence est là.Sur Twitter, sur Facebook, les enseignants crient leur ras-le-bol face à la violence des élèves et à la plus grande violence, encore, d’une hiérarchie qui organise trop souvent son retrait pour éviter la vague. Dans certains lycées en effet, certainement pas dans tous, la parole libérée ne circule que d’un côté de l’estrade. Un professeur qui envoie un élève en étude, pour tenir sa classe et réussir à faire cours est bien souvent accusé de manquer d’autorité par sa hiérarchie. Comment l’accepter ?
 
La crise de l’autorité à l’école révèle trois grands maux, qui gangrènent non seulement le monde éducatif, mais aussi la société française dans son ensemble.
 
En premier lieu, le manque de légitimité dont l’autorité n’est pas ou plus revêtue.
Il faut trouver les voies d’une meilleure entente entre les professeurs et leur hiérarchie, d’abord, pour renforcer le prestige des professeurs dans la classe. Les élèves doivent être à même d’envisager les conséquences d’un manquement au règlement dans le cadre d’une chaîne hiérarchique claire et efficace. Le manque de perception des modalités, du sens et de l’organisation de la contrainte, affaiblissent l’autorité des enseignants. Surtout quand ils font face à des élèves en situation d’échec. Il ne peut y avoir d’autorité légitime que lorsqu’elle s’exprime par des règlements clairs et compris par tous.
 
Deuxième mal, l’absence d’implication de trop nombreuses familles dans le quotidien scolaire de leurs enfants.
Avant d’envisager de nouvelles contraintes financières sur ces familles, analysons les manques dont celles-ci souffrent. Non pas pour excuser les contraventions au règlement, mais bien pour attaquer le mal à la racine. La pauvreté aggrave évidemment l’exclusion, dont les formes sont multiples et insaisissables. L’élève qui braque son professeur se place, de facto, dans une situation désespérante. Il révèle une situation d’abandon total par sa famille et par l’Education nationale.
Face à ces deux défections, l’adolescent est livré à lui-même et s’autorise toutes les transgressions, sans même avoir conscience de faire quelque chose d’inadmissible. Il faut donc réhabiliter des initiatives pensées pour pallier le défaut d’autorité des familles quand l’école ne suffit plus. Souhaitons que la mise en place d’un Service national universel ouvre des perspectives, au-delà de celles qui sont exploitées de manière sous-optimale aujourd’hui.
 
Troisièmement, la crise ouverte par l’agression du lycée Branly révèle le manque criant de valorisation du métier d’enseignant.
Là encore, les écoles indépendantes veulent faire figure de modèle et engendrer une dynamique d’entraînement favorable dans les établissements publics. Les professeurs choisissent d’y exercer librement, parce qu’ils se sentent en accord avec la vision éducative portée par l’école, vision mise en œuvre de manière solidaire par le corps professoral (qui fait corps justement) emmené par le directeur de l’établissement. Ces professeurs incarnent non seulement l’autorité, mais aussi et d’abord la confiance qui sont également nécessaires au service du développement de l’esprit de responsabilité et de cohésion qui devraient animer l’ensemble de nos établissements et, partant, chaque élève dans sa relation avec les professeurs.
 
La revalorisation du métier d’enseignant n’est pas seulement une question de salaire. Elle passe nécessairement par le regard que la société porte sur la connaissance et les modalités de sa transmission.  Dans notre société connectée, il importe justement de repenser et réassoir cette autorité de la transmission en tenant compte de la fin apparente de la rareté du savoir…
 
La Fondation pour l’école encourage les professeurs à se former tout au long de la vie, mais aussi à reprendre confiance en la centralité de leur rôle dans la motivation de leurs élèves et leurs apprentissages. L’extrême variété des publics qu’accueillent les écoles indépendantes conduisent à envisager des actions de formation audacieuses et innovantes, jamais passives, toujours attachées à l’idée qu’il n’y a pas de bienveillance sans respect, pas de respect sans autorité, enfin, pas d’autorité sans écoute.
Anne COFFINIER, Directrice  générale de la Fondation pour l’école
Paru sur le blog de la Liberté scolaire de la Fondation pour l'école, INFOLETTRE n° 20, novembre 2018
Publié dans En France
Écrit par
En savoir plus... 0
Quel recours dans l’hypothèse d’une déstabilisation et du chaos ?
 
La France est entrée dans une grave crise politique dont le mouvement des gilets jaunes est un symptôme. La rupture entre la classe dirigeante ou influente et la France profonde atteint en ce moment son paroxysme. Elle ne date évidemment pas de l’ère Macron mais elle a franchi aujourd’hui un point de non-retour. Pour la première fois, une équipe dirigeante a fait depuis 18 mois le choix de s’identifier à la France des élites en opposition frontale avec la France profonde, méprisée en tant que "populiste". Elle en paie aujourd’hui le prix fort.

Les spécialistes de la vie politique française se félicitent de la supposée stabilité du régime politique français, permettant au pouvoir de garder indéfiniment le cap sans être menacé par les troubles. Ils confondent solidité et rigidité. Un système qui met à l’abri le pouvoir politique de toute responsabilité et de sanction des fautes commises, favorise une rupture dramatique entre les dirigeants et l’opinion. La négation des crises au sommet de l’Etat se traduit par une profonde crise de société et l’émergence de tensions violentes qui rendent la France ingouvernable et la menace à tout moment d’une explosion tragique.
Le système politique français, dangereusement fondé sur une personnalisation à outrance, vacille sur ses bases. Entièrement adossé à l’exaltation de l’image hors sol d’un personnage élu avec la bénédiction de la sphère médiatique, annihilant toute autre source d’autorité et d’enracinement du pouvoir dans la réalité du pays – un gouvernement, des ministres, le Parlement, les partis, les élus locaux – il se révèle d’une fragilité extrême. Dès lors que cette image bascule, inévitablement, de l’adoration aveugle à la défiance puis au rejet viscéral, toute la belle construction s’effondre comme un château de cartes. Et la France entre en turbulence…

Quels sont les recours possibles pour le pays, en cas d’effondrement ? La particularité de la situation actuelle est qu’elle n’offre aucune solution politique alternative crédible dans le contexte d’un éparpillement des forces politiques : ni le PS, ni les Insoumis, ni les Républicains, ni le RN, intrinsèquement isolé, ne fournissent la perspective d’une majorité susceptible (en cas de dissolution de l’Assemblée) de former les bases d’un gouvernement. Dans une telle situation, quelles peuvent être les solutions de recours ?

L’histoire offre des exemples de recours autour d’une personnalité susceptible de ressusciter la confiance et l’unité d’un pays sombré dans l’abîme, avec des succès inégaux et parfois de retentissants fiascos. Dans les temps modernes, depuis la IIIe république, le critère essentiel est celui de l’expérience. La France dans la tourmente se rassure toujours en s’en remettant à un personnage qui a fait ses preuves d’une manière ou d’une autre.
A la suite de l’invasion prussienne et de la chute de l’Empire en 1870, la France se donne à Thiers. Cette figure dominante de la politique française tout au long du XIXe siècle, s’est alors imposée en deux ans et demi comme le fondateur d’une République et "Libérateur du territoire". En 1926, face à la violence de la crise financière, le pays rappelle avec succès Poincaré, déjà deux fois président du Conseil et ex-président de la République. Puis le retour comme chef de gouvernement d’un autre ancien président de la République, Gaston Doumergue, à la suite des émeutes du 6 février 1934 qui firent des dizaines de morts à Paris ne permit qu’un éphémère apaisement. En juin 1940, à l’issue de la débâcle militaire, la classe politique confie le pouvoir au prestigieux "vainqueur de Verdun", ouvrant l’une des pages les plus sombres de l’histoire… En mai-juin 1958, tandis que la guerre d’Algérie plonge la France dans les ténèbres, le recours au général de Gaulle s’impose dans la douleur. En mai 1968, le recours s’appelle Georges Pompidou, même s’il a la particularité d’être déjà en place…

L’élection présidentielle ne se prête pas à l’avènement d’un "sauveur" : l’émergence d’un recours est aléatoire et imprévisible, conditionnée par l’événement, sans rapport avec la régularité d’une échéance quinquennale. En revanche, en cas d’effondrement, d’un chaos généralisé et d’une disparition de l’autorité, l’Elysée n’aurait d’autre choix que de s’effacer et de s’en remettre à un chef de gouvernement – Premier ministre – puissant et capable de ramener l’ordre et la confiance. Les noms d’hommes d’Etat expérimentés, susceptibles d’être rappelés avec les pleins pouvoirs, dans des circonstances d’une exceptionnelle gravité, ne sont pas légion. (…)
La parole est à l’Histoire…

Paru sur Figarovox, 21 novembre 2018
Publié dans En France
Écrit par
En savoir plus... 0
Overdose fiscale
 
L'appui que rencontrent les "gilets jaunes" auprès de l'opinion, en dépit du recours archaïque aux barrages routiers, dépasse la seule sympathie pour une révolte d'anciens timides. La dénonciation de l'overdose fiscale pourrait amener les métropoles à entrer dans la danse. La France est le pays le plus fiscalisé au monde. Quand
une des égéries du mouvement, Jacline Mouraud, déclare dans une vidéo "Vous faites quoi de notre pognon ?", elle pose avec ses mots un problème de fond : pourquoi les Français, qui payent de plus en plus d'impôts et de taxes, ont-ils des services publics de plus en plus défaillants, surtout dans la France périphérique ? La question invite à envisager une réduction du périmètre des solidarités, soumises à la préférence étrangère. La défiance vis-à-vis d'un État centralisateur et normatif est un autre thème qui s'invite dans le débat. La défense d'un peuple autochtone et de son mode de vie n'est pas le plus anodin des sujets, également glissé sur la table. Les "gilets jaunes" ont réveillé, et pour longtemps, la France silencieuse.
Paru dans Le Figaro, 23 novembre 2018
Publié dans En France
Écrit par
En savoir plus... 0
Les femmes, fer de lance des gilets jaunes
 
Elles s’appellent Pricilla Ludosky, Jacline Mouraud, Laetitia Dewalle, Mélodie Mirandella : alors que le gouvernement caricature les gilets jaunes en beaufs alcooliques, homophobes, racistes, violents, ce sont les femmes qui sont en première ligne dans les mobilisations de la France oubliée. Chantal Mazet, 63 ans, a été la première victime du mouvement de protestation lancé le 17 novembre. La retraitée a été écrasée samedi en Savoie par une automobiliste qui tentait de forcer un barrage. Sa fille, Alexandrine, a repris le combat. Cette réalité vient corriger l’image grossière que l’Etat cherche à diffuser, de gilets jaunes fascistoïdes manipulés par les extrêmes. A ce jeu, la Macronie prend le risque de s’enfermer irrémédiablement dans l’entre-soi des gagnants de la mondialisation, incapables de s’ouvrir à la France d’en bas. Quand le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, alerte hier sur une "dérive totale" du mouvement, il insulte tous ceux - toutes celles - qui expriment l’exaspération de la classe moyenne, reléguée loin des métropoles et des regards. Cette France qui manifeste est éminemment respectable : c’est celle qui bosse et se lève tôt, et qui ne voit pas où passe ses impôts. Quand Jacline Mouraud, grande gueule des réseaux sociaux, interpelle le gouvernement : "Vous faites quoi de notre pognon ?", elle rappelle derrière sa gouaille que la France est le pays au monde qui paye le plus d’impôts alors que ses services publics se détériorent.

Le nouveau monde est plus surement du côté des gilets jaunes que des "progressistes" macroniens. Ceux-ci ne réalisent pas qu’ils se sont mis eux-mêmes, par leur suffisance, sur la trajectoire du "dégagisme" initié par Emmanuel Macron. Le chef de l’Etat est, pour sa part, à la remorque d’une société civile dont il se prétendait le produit. En réalité, Macron se révèle le vieux jeune homme du monde ancien, centralisé et vertical, qu’il disait vouloir enterrer. Son raidissement solitaire le place en position de vulnérabilité, face à une dynamique populaire que rien ne semble devoir entraver dans la durée. Pour avoir contribué à affaiblir les corps intermédiaires, le voilà démuni face à un peuple qu’il croyait moribond et qu’il ne comprend pas. Reste que les gilets jaunes devraient eux-mêmes prendre garde à ne pas tomber dans l’archaïsme des luttes sociales. La décision du syndicat FO Transports de rejoindre le mouvement fait voir le risque de la dénaturation d’une révolte originale. L’ubérisation du mouvement social devrait plutôt être l’occasion pour les syndicats d’engager leur refondation. L’émergence des réseaux sociaux, qui fédèrent les initiatives, pourrait aussi être l’occasion pour les gilets jaunes de s’affranchir des antiques méthodes de contestation (blocages) afin d’explorer les autres possibilités, plus novatrices, d’une révolution 2.0.

Paru sur blog.lefigaro.fr/rioufol, 21 novembre 2018
Publié dans En France
Écrit par
En savoir plus... 0
Macron rêve de défense européenne, les Européens préfèrent se fier à l'Otan
 
CHRONIQUE - Nos voisins privilégient l'imperium lointain des États-Unis à la protection rapprochée de la France.
 
On s'aime. On se sourit, on se touche, on s'esclaffe, le regard complice. Entre Français et Belges, entre Emmanuel Macron et Charles Michel, le premier ministre du royaume, entre leurs épouses même, le courant passe. Les voisins sont aussi des amis, presque des frères. Il est vrai que la frontière n'en a pas toujours été une, et qu'elle ne l'est plus guère. On est si proche qu'on oublie de se rendre les honneurs : la dernière visite d'État d'un de nos présidents remonte à 1971 : c'était Georges Pompidou !
Son lointain successeur, en balade outre-Quiévrain en début de cette semaine, n'a cessé de vanter la complicité des Français et des Belges en "matière artistique, intellectuelle, scientifique, économique, sécuritaire". Pour bien montrer que même les pires souvenirs nous rapprochent, il est allé faire un tour à Molenbeek, ce faubourg bruxellois d'où étaient partis les auteurs de l'attentat du Bataclan, le 13 novembre 2015.
 
Pourtant, il faut aller au-delà des cartes postales et des embrassades pour la photo. La France et la Belgique sont voisines, amies, alliées, sœurs, mais lorsque Bruxelles doit renouveler sa flotte d'avions de guerre, elle n'achète pas des Rafale français, mais des F-16 américains. Quand Emmanuel Macron parle de défense européenne, les Belges applaudissent chaleureusement. Et regardent ailleurs. Les Belges ne sont pas les seuls. Il y a plusieurs mois, les Polonais ont fait le même choix made in USA. Et, lorsque les Allemands signent pour un futur avion de guerre avec les Français, la mise en œuvre est laborieuse.
 
La défense européenne, Macron en parle, mais nos voisins traduisent Otan. C'est le même problème depuis le général de Gaulle. De Gaulle rêvait d'une "Europe indépendante" ; mais ce que le Général appelait "protectorat américain" ne pèse pas à nos voisins. Ils préfèrent l'imperium lointain de Washington à la protection rapprochée de leur voisin français, le seul pourtant à posséder la dernière armée européenne digne de ce nom et la bombe atomique !
Même si Angela Merkel ne supporte pas le style rustique de Trump, ayant la nostalgie de la classe d'Obama, elle demeure convaincue que le modèle allemand d'après-guerre, qui fait reposer la prospérité allemande sur l'ultime garantie de l'armée américaine, doit être préservé. C'est déjà ce qu'avaient répondu les parlementaires allemands au général de Gaulle, tuant dans l'œuf le fameux traité de réconciliation entre les deux pays de 1963. C'est bien un point d'accord entre nos voisins et Trump : quand le "Donald" réclame que les Européens accroissent leur participation au financement de l'alliance commune, il se moque bien des bataillons que pourraient envoyer les Européens ; mais il exige que ces derniers achètent du matériel made in USA.
C'est pour cette raison que Donald Trump a réagi aussi vivement à la sortie de son "ami Emmanuel" sur la défense européenne indépendante de tous, y compris des États-Unis. Tandis que nos voisins faisaient semblant, comme les trois fameux singes de la fable, de ne rien voir, ni rien entendre, ni rien dire.

Paru dans Le Figaro Magazine, 23 novembre 2018
Publié dans Avec l'Europe
Écrit par
En savoir plus... 0
Gilets jaunes : la trahison des élites
 
Lors de son interview sur le Charles-de-Gaulle, Emmanuel Macron a reconnu ne pas avoir "réussi à réconcilier le peuple français avec ses dirigeants". Revient alors à l’esprit le livre de Christopher Lasch : "La révolte des élites et la trahison de la démocratie". Livre prémonitoire. Publié en 1996 aux Etats-Unis, il décrit une société américaine où les élites se sont détachées du peuple avec pour résultat le Tea Party, l’élection de Donald Trump, et un pays au bord de l’implosion. Après le Brexit et le vote italien, c’est au tour des Français de manifester contre ces élites qui les ignorent. Comment cela finira-t-il ?
 
Après coup, il est facile de dire "on vous avait prévenu" ou "il était évident que le peuple se révolterait un jour". Mais en vérité, tant aux Etats-Unis qu’en Grande-Bretagne ou en Italie, personne n’a vu le coup venir bien qu’il y eut des signes annonciateurs. Cette révolte a trois causes principales : la mondialisation, les nouvelles technologies, et l’immigration. Les deux premières ont privé de nombreux salariés de leur emploi, soit parce qu’il a été externalisé ou remplacé par des robots. La troisième a renforcé leur sentiment de déchéance par la crainte de voir le peu d’emplois non-qualifiés restant captés par les immigrés, réveillant un racisme latent chez tous les peuples.
 
Les élites, portés par la vague mondialiste et technologique, ont embrassé cette postmodernité qui leur ouvrait les portes d’un nouveau monde illimité en apparence par les possibilités qu’il offrait tout en augmentant leur bien-être matériel. La césure était inévitable. Elle l’était d’autant plus qu’elle s’accompagnait d’une révolution économique par l’adoption du néolibéralisme qui associe déréglementation, austérité et réduction de la pression fiscale sur les capitaux. Le néolibéralisme fut présenté aux salariés comme une nouvelle voie, une troisième voie qui se traduit dans les faits par une baisse du pouvoir d’achat, accompagnée d’une réduction des services publics dans les pays anglo-saxons, augmentant d’autant l’inégalité entre les classes sociales. Au bout du compte, ce mouvement des classes populaires délaissées par les élites est une condamnation de la démocratie telle qu’elle est pratiquée de nos jours. Le rôle des élites – des philosophes, aurait dit Platon – est d’administrer la cité équitablement, non pour leur propre compte.
 
Aux Etats-Unis, ce mouvement conduit à l’élection d’un électron libre narcissique. En Grande-Bretagne, il plonge la nation dans une crise dont il est difficile de prévoir l’issue. En Italie, il annonce un blocage politique inextricable tant il est profond. En France, il est trop tôt pour se prononcer sur les gilets jaunes, mais il serait dangereux de les ignorer. Reconnaître son erreur, comme le fit le président français, est méritoire, mais ne suffit pas. Il faut reprendre le problème à la base, c’est-à-dire en comprendre les motivations profondes, et proposer des solutions justes à un horizon proche.
 
La marge de manœuvre des pays concernés est étroite en raison de leur situation économique. A défaut de solutions, la révolte s’amplifiera et se cristallisera pour déboucher in fine sur l’autoritarisme. 

Envoyé par l'auteur, paru dans Le Cercle Les Echos, 19 novembre 2018
Publié dans Du côté des élites
Écrit par
En savoir plus... 0
Du “dégagisme” dans l’Art dit contemporain
 
Cet automne contestataire ébranle même les gloires de l’AC.
Sa majesté Koons vient d’être détrôné : l’œuvre d’un artiste vivant la plus chère n’est plus son "Balloon Dog" vendu 58,4 millions de dollars en 2013, chez Christie’s à New York mais une toile du peintre britannique David Hockney, "Portrait of an Artist" plus connu comme "Piscine avec deux figures" : dire que les officiels français croient morte la peinture ! Or, si le chien de Jeff a coulé à pic dans cette piscine très pop à 90,3 millions de dollars, pas un sou n’ira au peintre qui n’avait retiré de ce tableau que 20.000 dollars en 1972 : le monde anglo-saxon ne connait guère le droit de suite…
Comme un malheur n’arrive jamais seul, Koons a été condamné le 8 novembre, pour la contrefaçon d’une publicité (pour voir les débuts de l’affaire
cliquez) : l’artiste, sa société, le Centre Pompidou exposant de l’œuvre en 2014, et l’éditeur Flammarion ont été condamnés à verser 148 000 euros au plaignant. Cependant, rien de catastrophique : la justice française n’ordonne pas la confiscation de l’œuvre et inflige une amende dérisoire relativement aux profits faramineux de l’Art financier. Jeff a reçu en outre le renfort du Monde et de Philippe Dagen critiquant cette décision de justice qui s’approcherait dangereusement de la censure et menacerait tous les artistes "appropriationnistes". Or l’appropriation est un des ressorts de la financiarisation du monde. Pour que les grandes multinationales puissent s’approprier les ressources ou le savoir-faire de populations démunies, il est important de légitimer ce "concept" en lui donnant un vernis culturel.
 
Autre grande pointure en difficulté, Jean de Loisy, un de ces hommes orchestres qui sont commissaires d’expo, critiques, directeurs de grandes institutions publiques ou privées, animateur radio etc. Depuis trente-cinq ans la vie culturelle française est dominée par ce carrousel qui prend les mêmes et recommence. Qu’on en juge : Loisy figura à 26 ans, en 1983, dans la promotion Lang, qui, en une journée, créa les responsables des Fracs. Il fut en poste au ministère de la Culture, chargé de la création contemporaine dans les monuments historiques. Puis responsable des expositions au Carré d’Art de Nîmes, conservateur à la fondation Cartier, puis au Centre Pompidou avant d’être président du Palais de Tokyo depuis 2011. Le commissariat de la prochaine Biennale de Lyon lui était promis en 2019 mais voilà qu’il briguerait aussi le poste de directeur de Beaux-arts, puisque Bustamante, empêtré dans des affaires de harcèlements, n’a pas été reconduit. A quand Jean de Loisy à l’Académie, où Othoniel vient d’être élu ?
Certes, il est de tradition qu’un fonctionnaire bouge, change de poste pour éviter la création de baronnies, de collusions qui sclérosent un milieu en vase clos. Hélas, ce principe est contreproductif dans le domaine de l’AC : bouger permet d’élargir son carnet d’adresse et de mailler son réseau plus serré. Mais les temps seraient-ils en train de changer ? Dans une
lettre ouverte
publiée le 8 novembre sur un blog lié à Mediapart, des artistes et personnalités du monde de l’art, parmi lesquels Dominique Gonzalez-Foerster, ou Bruno Serralongue ou encore Françoise Vergès ou Elisabeth Lebovici (longtemps critique d’art et journaliste à Libé) appellent Jean de Loisy à renoncer. Ils ne voient pas en lui "une personnalité représentative (…) de la diversité", porteuse d’un "projet émancipateur". Les signataires s’inquiètent de l’opacité des recrutements dans les institutions artistiques et culturelles publiques, ainsi que de la "concentration des pouvoirs dans les mains des mêmes"...
Envoyé par l'auteur, paru sur www.sourgins.fr, 20 novembre 2018
Publié dans Du côté des élites
Écrit par
En savoir plus... 0

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

Top Desktop version