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Pour qui je vote et pourquoi
 
A moins de deux semaines du premier tour de la présidentielle, voici pour qui je vote et pourquoi.  
 
1° La situation internationale est préoccupante. Nul ne sait jusqu’où ira l’hubris américaine pour rétablir son leadership. Nul ne sait ce que nous réserve l’opportunisme du Président Trump. L’intérêt premier de notre nation est la paix. Ne pas se laisser entraîner dans des aventures militaires, en Ukraine, en Syrie, en Corée ou Dieu sait où. Fillon, Le Pen, Mélenchon sont les trois candidats de la paix. C’est moins le cas de Macron qui est plutôt le candidat du suivisme atlantiste. La paix est la question qu’on pose le moins. Pourtant c’est la plus importante.
 
2° Relativement à la situation nationale, il y un candidat conservateur, un candidat réformiste, et deux candidats révolutionnaires. Chacun d’eux (aux incertitudes près) est en passe de bénéficier du soutien d’un quart de l’électorat.
Le candidat conservateur est Macron. Il représente largement la continuité de la politique Hollande, avec un changement de visage. "Si nous voulons que tout reste pareil, il faut que nous changions tout."
Les candidats révolutionnaires, sont Le Pen et Mélenchon. Il est peu probable qu’ils aient le pouvoir de révolutionner le pays. Ces deux candidats sont en revanche bien capables de nous mettre dans l’anarchie et de donner une image désastreuse de notre pays. Leurs réformes reviendront toutes à charger la barque de la dépense publique tout en dégradant la compétitivité. S’il est possible de gagner une élection sur des thèmes qui divisent, il est plus difficile de gouverner sur cette base. Sauf à abolir les libertés, ce qui est le véritable risque de ce genre d’expérience indigne d’un grand peuple.
Le seul candidat réformiste est Fillon. Avec mesure et sur la durée, il veut rétablir la compétitivité du pays, équilibrer notre système social, moderniser la sphère publique, arrêter l’évolution délirante dans l’Education nationale. Ce sont les dossiers qui sont en attente depuis plus de trente ans et qu’il faut impérativement faire avancer. Ce programme est très travaillé et se veut le premier chapitre du redressement national. Une fois réformée, la France peut alors retrouver un rôle moteur en Europe.
 
La campagne électorale a été décevante. Elle est un pur exemple de superficialité et d’arrogance à la française. Chez les dirigeants politiques, chez les journalistes, chez les juges, et peut-être chez beaucoup d'entre nous, les Français. Et cela alors qu’il s’agit des intérêts vitaux de la nation. Dans notre histoire, avons-nous jamais été aussi proche d’avoir l’extrême gauche au pouvoir ? Avons-nous jamais été aussi proches d’avoir au pouvoir ce mélange instable de jacobins et de réactionnaires qu’est le FN ?
Notre pays a absolument besoin de paix et de réforme. Le futur président ne peut se proposer que des objectifs modestes, mais indispensables à toute ambition ultérieure. Il ne faut pas en attendre des merveilles, mais de bons et loyaux services permettant à la France de retrouver sa forme.
Fillon seul a longuement travaillé son programme. Il a fait preuve d’une résistance exceptionnelle.  
Pour ces motifs, je voterai Fillon.
www.henrihude.fr, 12 avril 2017
Publié dans A tout un chacun
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Propositions d'ETHIC pour réduire les dépenses de l'État :
en exclusivité, les réponses des candidats !
 
Les entrepreneurs d’ETHIC (Entreprises de Taille Humaine, Indépendantes et de Croissance), dans leurs vœux, classent en premier la réduction des dépenses de l’État qu’ils perçoivent comme une opportunité majeure d’une stratégie de croissance. C’est donc sous un angle de réforme entrepreneuriale que le mouvement ETHIC a réuni un groupe de travail composé d’économistes et de chefs d’entreprise.
Le fruit de leurs travaux  a pris place dans un "livret rose" de la réduction des dépenses publiques, envoyé aux responsables politiques de tous bords se présentant à l’élection présidentielle avec un questionnaire destiné à recueillir leur évaluation.
 
Les axes principaux de ce rapport sont fondés sur des valeurs (les valeurs d'ETHIC !), au nom de la Liberté, l'Equité et la Responsabilité Individuelle.

 
5 candidats, Nicolas DUPONT-AIGNAN, François FILLON, Marine LE PEN, Emmanuel MACRON et Jean-Luc MELENCHON, ont répondu aux 14 mesures proposées par ETHIC : SMIC, statut des fonctionnaires, Education Nationale, chômage... 
 
Voici leurs réactions...
 
 

                                                                                                 LIBERTE
 
                               FAIRE DES PARTENAIRES SOCIAUX DES ACTEURS LIBRES, LEGITIMES ET RESPONSABLES

ETHIC propose de sortir des 35 heures en octroyant aux partenaires sociaux la faculté de fixer librement et contractuellement le temps de travail et les conditions de rémunération par des accords de branches ou d’entreprises.

 
 
1 - Fixer un SMIC selon la négociation collective de branche à l’initiative des commissions paritaires, pour les conventions n’en prévoyant pas.
 
      FAVORABLE     DEFAVORABLE       à étudier  INAPPLICABLE
Nicolas DUPONT-AIGNAN                X    
François FILLON                X    
Marine LE PEN                X    
Emmanuel MACRON                X    
Jean-Luc MÉLENCHON                X    

Commentaires :
Nicolas DUPONT-AIGNAN Je ne suis pas opposé aux accords de branche tels qu’ils existent aujourd’hui mais je considère inenvisageable une négociation du niveau du SMIC au sein des branches. Le SMIC est national et doit le rester. La première exigence doit être de définir une stratégie de croissance pour notre pays, pas de revoir le salaire minimum des Français qui enferme les Français dans une trappe à bas salaire.
François FILLON  Je suis naturellement favorable à ce que les conventions collectives puissent toujours définir leurs classifications et leurs grilles de rémunération. Néanmoins, je ne prévois pas de remettre en cause le SMIC qui doit demeurer le salaire minimum applicable pour tous.
Emmanuel MACRON  Le Code du travail doit définir un socle de droits et de règles qui s’impose à toutes les entreprises. Le salaire minimum, aux côtés de la durée légale du travail ou de l’égalité professionnelle, en fait partie : il ne sera pas susceptible d’être négocié au niveau des branches.
 


  2 - Négocier au niveau de chaque entreprise, entre les dirigeants et les salariés ou leurs représentants
le temps, la durée du temps de travail et la rémunération en fonction des besoins et de la situation de chaque entreprise.
 

      FAVORABLE    DEFAVORABLE      à étudier   INAPPLICABLE
Nicolas DUPONT-AIGNAN                   X  
François FILLON             X      
Marine LE PEN                 X    
Emmanuel MACRON             X      
Jean-Luc MÉLENCHON                 X    
 
Nicolas DUPONT-AIGNAN  Je veux libérer les entreprises des contraintes de l’Etat. Concernant le temps de travail je préconise la défiscalisation complète des heures supplémentaires, ainsi les salariés et les chefs d’entreprise pourront ensemble adapter le temps de travail et la rémunération selon leurs besoins. Etre libéral ne signifie pas réformer et libéraliser l’économie par décret mais de compter sur le bon sens des entrepreneurs et des salariés.
François FILLON  La suppression de la durée légale de 35 heures est au cœur de mon programme pour améliorer la compétitivité du pays. Dans le secteur privé, le passage au-delà de 35h se fera par le biais d’accords d’entreprises ou de branches qui définiront le seuil effectif de déclenchement des heures supplémentaires et les modes d’organisation du temps de travail.
Marine LE PEN  Je ne suis pas favorable à la renégociation au niveau des entreprises. Cela crée une concurrence déloyale à l'intérieur même d'une branche. Je suis en revanche favorable aux négociations sur la durée du temps de travail au niveau des branches à condition d'une compensation salariale intégrale
Emmanuel MACRON  Au delà du socle de principes définis par le Code du travail, la primauté sera donnée aux accords d’entreprises et de branches. Les conditions de travail et les salaires doivent être négociés au plus près du terrain. Nous souhaitons donc que les accords d’entreprises priment sur les accords de branches.
Jean-Luc MÉLENCHON  Nous abrogerons la loi El Khomri, qui remet en cause le principe fondamental de la hiérarchie des normes. Le Droit du Travail doit redevenir la norme de base, applicable par tous en France. Les accords d'entreprise ne peuvent se révéler moins favorable que le droit du travail ou les accords de branche.
 
 
                                                                
REDUIRE LES SUBVENTIONS AUX ENTREPRISES 
Les subventions octroyées aux entreprises représentent près de 130 milliards d’euros. La tradition française d’économie administrée taxe d’un côté et subventionne de l’autre. Ce système est coûteux pour nos finances publiques et son efficacité est contestée régulièrement par la Cour des comptes ; il entretient les rentes et les phénomènes de capture.

 

 
3 - Réduire de 20 milliards d’euros par an les subventions aux entreprises. La contrepartie est une baisse de leurs charges et de l’impôt, notamment l’IS.
Reconstruire une économie compétitive et non masquer la réalité du chômage par des subventions (contrats aidés, formations, etc.)
 

      FAVORABLE    DEFAVORABLE       à étudier   INAPPLICABLE
Nicolas DUPONT-AIGNAN                   X  
François FILLON                   X  
Marine LE PEN                   X  
Emmanuel MACRON                   X  
Jean-Luc MÉLENCHON                 X    
 
Nicolas DUPONT-AIGNAN  Je veux cibler et simplifier les 20 milliards d’euros des dispositifs existants (CICE, pacte de responsabilité) vers des baisses de charges patronales en direction des entreprises exposées à la concurrence internationale. Nous devons aussi exonérer de charges pendant 5 ans le recrutement en CDI d’un chômeur de longue durée. Pour favoriser la production en France, je veux aussi baisser de moitié le taux de l’Impôt sur les Sociétés (IS) pour les bénéfices réinvestis sur le sol français.
François FILLON  Je m’engage à baisser les charges qui pèsent sur les entreprises de 40 milliards d’euros et souhaite ramener progressivement le taux d’IS à 25% durant le prochain quinquennat. Ces mesures d’allègement, d’une ampleur inédite, vont libérer l’économie et accélérer le retour de la croissance. Cet engagement sera notamment financé par 100 milliards d’euros d’économies sur la dépense publique. Plus fondamentalement, je souhaite simplifier considérablement les normes qui s’appliquent aux entreprises, pour que ces dernières puissent se consacrer au développement de leur activité plutôt qu’à des tâches administratives qui mettent à mal leur compétitivité.
Marine LE PEN  Certaines subventions aux entreprises trouvent à se justifier. Je suis néanmoins favorable à une baisse de l'impôt sur les sociétés pour les PME (24 % au lieu de 33 %) et à une diminution de charges (transformation du CICE en baisses pérennes de charges conditionnées au maintien de l'emploi).
Emmanuel MACRON  Nous relancerons la compétitivité et l’attractivité de notre économie en transformant le CICE en baisses définitives de charges, en supprimant toutes les charges sociales générales au niveau du SMIC, et en rapprochant la fiscalité des entreprises de la moyenne européenne, en la portant à terme à 25 %. Cette baisse de la fiscalité pourra s’accompagner d’une rationalisation de certaines aides et subventions. Néanmoins, les aides qui ciblent des problématiques spécifiques, comme le Crédit Impôt Recherche pour les dépenses de R&D, devront être et seront maintenues.
Jean-Luc MÉLENCHON  Les subventions aux entreprises relève d'initiatives ciblées. L'IS est une contribution aux besoins de la collectivité nationale confondre les deux est préjudiciable aux deux.
 
 
       
                                               SORTIR ET LIBERER LES FONCTIONNAIRES ET LES SALARIES DU SECTEUR PUBLIC 
                                                                    DU CARCAN DE LEUR STATUT ET LEUR OFFRIR LA LIBERTE D'ADOPTER
                                                             UN "CONTRAT DE DROIT PRIVE" PERMETTANT DE VALORISER LEURS TALENTS

 

  4 - Faire de l’embauche sous contrat de droit privé le régime de droit commun pour tous les prochains recrutements.
          à l’exception des policiers, des militaires, des diplomates et des magistrats.

         
     FAVORABLE    DEFAVORABLE       à étudier   INAPPLICABLE
Nicolas DUPONT-AIGNAN                 X    
François FILLON                 X    
Marine LE PEN                 X    
Emmanuel MACRON           X
(pour certains recrutements)
     
Jean-Luc MÉLENCHON                 X    
 
Nicolas DUPONT-AIGNAN  Le statut de la fonction publique doit être maintenu. En revanche, il faut moderniser la fonction publique pour récompenser davantage le travail et sanctionner certains abus.
François FILLON  Je n’ai jamais envisagé de supprimer le statut des fonctionnaires. Pour autant, on ne peut se satisfaire du statu quo. Je prends donc deux engagements. Premièrement : appliquer le statut général des fonctionnaires conformément aux objectifs qui ont prévalu à sa création. Il sera donc le mode de recrutement privilégié pour les missions qui le justifient pleinement. Deuxièmement : il n’est pas interdit de revoir progressivement le périmètre de ce statut, en assumant que le contrat puisse constituer un mode de recrutement complémentaire au statut. Les militaires, qui travaillent pour un ministère régalien par excellence, sont majoritairement sous contrat. De même, de nombreux organismes exerçant des missions sensibles (Pôle emploi, Commissariat à l’énergie atomique, agences sanitaires…) recrutent déjà ordinairement des contractuels. Il convient de privilégier la recherche constante des modes de recrutement les plus pertinents et les plus efficaces pour satisfaire les besoins, au plus près du terrain.
Marine LE PEN  Le statut de la fonction publique doit être préservé. Il est aujourd'hui menacé par la politique de dérèglementation européenne. Il faut garder l'impératif de service public au-dessus de l'impératif de rentabilité.
Emmanuel MACRON  Sans en faire le régime de droit commun, nous proposons de développer le recrutement sur contrat dans les fonctions non-régaliennes, afin de permettre au service public d’attirer des professionnels d’expérience en fonction des besoins. Par ailleurs, nous recruterons un quart au moins des directeurs d’administration centrale en dehors de la fonction publique sur la base d’appels à candidatures ouverts visant à identifier les meilleures compétences techniques et managériales.
Jean-Luc MÉLENCHON  Livrer les fonctionnaires aux risques d'arbitraire de la logique du secteur lucratif privé est une aberration. Les fonctionnaires servent l'intérêt général. Leur statut le prend en compte et doit être préservé.
 
 
                              
REDUIRE LE NOMBRE DE FONCTIONNAIRES : UN IMPERATIF DE REFORME DE LA FONCTION PUBLIQUE 

  5 - Ne pas remplacer un 1 salarié sur 3 partant à la retraite.
Cette règle se substitue à celle du 1 sur 2. Elle s’accompagne d’une vraie gestion des ressources humaines, qui fait cruellement défaut aujourd'hui, avec une valorisation des cursus. L’objectif n’est pas de supprimer les tâches effectuées ou les missions mais d'améliorer le statut des fonctionnaires ou bien de sous-­traiter au privé.
 

     FAVORABLE    DEFAVORABLE       à étudier   INAPPLICABLE
Nicolas DUPONT-AIGNAN                  X  
François FILLON             X      
Marine LE PEN                    X
Emmanuel MACRON                  X    
Jean-Luc MÉLENCHON                  X    
 
Nicolas DUPONT-AIGNAN  Je veux redéployer 150 000 fonctionnaires, dont 50 000 poste dans les Armées, 40 000 dans la police et 60 000 dédiés aux crèches et à la dépendance. Ce redéploiement sera possible par le non-renouvelle de 150 000 départs à la retraite.
François FILLON  Mon projet propose de moderniser les fonctions publiques par un pacte de progrès avec les agents publics en améliorant le service aux usagers, les conditions de travail, et en réduisant les coûts. Cette modernisation se traduira par une baisse du nombre de postes d’agents publics de 500 000 sur la durée du quinquennat. Le nombre de départs en retraite (pour les fonctionnaires) et par fin de contrat (pour les contractuels) étant de 1,1 million sur la durée du quinquennat, nous continuerons à recruter des agents publics en remplaçant un départ sur deux.
Emmanuel MACRON  Nous ne proposons pas de règle uniforme. Les ministres se verront attribuer des objectifs d’économies et devront ensuite proposer une stratégie spécifique pour l’atteindre (dans certains cas, la priorité sera la baisse des effectifs, dans d’autres la réduction des dépenses de fonctionnement ou d’intervention, …). Nous fixons une référence de suppression de 50 000 emplois au sein de l’État et des agences, et de 120 000 emplois au total dans la fonction publique en incluant les collectivités locales, sur 5 ans.
 


 6 - Instaurer un plan de départs volontaires en échange d'une indemnité (calculée sur les mêmes bases que dans le privé).
 
     FAVORABLE     DEFAVORABLE        à étudier   INAPPLICABLE
Nicolas DUPONT-AIGNAN              X      
François FILLON                  X  
Marine LE PEN                 X    
Emmanuel MACRON        
Jean-Luc MÉLENCHON                  X  

Nicolas DUPONT-AIGNAN   Si un fonctionnaire souhaite quitter la fonction publique, il va de soi qu’une indemnité doit être déterminée sur les mêmes bases que celles du privé.
François FILLON  Il faut faciliter les conditions de réaffectation ou de transfert à l’intérieur et entre les fonctions publiques pour permettre l’affectation des agents publics là où ils sont utiles.  Le pacte de progrès passera donc par la mise en place d’une réelle gestion des Ressources Humaines à l’échelle des trois fonctions publiques. Les mécanismes permettant une gestion plus flexible de la fonction publique seront étudiés. De ce fait, les dispositifs de départs volontaires en échange d’une indemnité, qui existent déjà dans la fonction publique territoriale, constitueront l’un des mécanismes que nous devrons examiner pour améliorer la gestion des Ressources Humaines et le service public dans l’intérêt des Français.
Marine LE PEN  La réforme territoriale que j'engagerai permettra de supprimer les doublons. Ainsi, ceci permettra de dégager des postes disponibles qui seront réaffectés aux autres fonctions publiques.
Jean-Luc MÉLENCHON  Éventuellement dans certaines situations, sans cautionner pour autant ce qui pourrait dériver vers une politique non avouée de coupes aveugles dans des effectifs qui sont déjà souvent insuffisants pour répondre aux besoins.
 
 
                  
DONNER LA LIBERTE AUX CITOYENS ET AUX ENTREPRISES DE SOUTENIR LES ASSOCIATIONS DE LEUR CHOIX
                                                                        (suppression des subventions d’Etat)

Les subventions aux associations représentent 32 milliards d’euros à l’échelle nationale. A Paris, elles s’élèvent à 2 milliards d’euros (25% du budget de la Ville !)
 
 

 7 - Réduire puis supprimer les subventions aux associations par l’État et les collectivités locales.
La contrepartie est de permettre aux contribuables de déduire leurs dons de leurs impôts locaux ou généraux.
 

     FAVORABLE     DEFAVORABLE       à étudier   INAPPLICABLE
Nicolas DUPONT-AIGNAN        
François FILLON                  X    
Marine LE PEN                   X
Emmanuel MACRON                  X    
Jean-Luc MÉLENCHON                  X    
 
François FILLON  Notre pays bénéficie de nombreuses associations caritatives et sociales. Ces dernières regroupent des milliers de professionnels, de bénévoles et de militants associatifs qui, dans les villes comme en milieu rural, agissent jour après jour. Ces associations constituent un précieux moteur de notre solidarité nationale.
Mais toutes les associations ne jouent pas le même rôle auprès de nos concitoyens. C’est pourquoi l’allocation des aides aux associations par l’Etat et les collectivités territoriales doit être effectuée avec justesse.

Emmanuel MACRON  Si des économies peuvent être dans certains cas réalisées, un principe d’interdiction des subventions par l’État et plus encore par les collectivités ne serait pas justifié. Elles constituent souvent un relais nécessaire de l’action publique (en matière d’éducation, d’aide aux personnes âgées, de culture, d’intégration, d’environnement…).
Marine LE PEN  S'il faut supprimer les subventions aux associations communautaristes, il faut les préserver pour celles qui entretiennent le lien social (petites associations sportives, etc.).
Jean-Luc MÉLENCHON  Les associations jouent un rôle irremplaçable dans de nombreuses situations.
 
 

                                                                                                    EQUITE - JUSTICE
 
                                                               UN REGIME DE RETRAITE OBLIGATOIRE ET IDENTIQUE POUR TOUS
 
  8 - Procéder au transfert de toute la population active vers un régime général de retraite.

L’unification de la gestion des régimes obligatoires permettrait d’économiser chaque année 2,5 milliards d’euros.
 

      FAVORABLE    DEFAVORABLE       à étudier   INAPPLICABLE
Nicolas DUPONT-AIGNAN               X      
François FILLON             X      
Marine LE PEN                    X
Emmanuel MACRON               X      
Jean-Luc MÉLENCHON                 X    
 
Nicolas DUPONT-AIGNAN   Je veux moderniser notre système de retraites en instaurant un unique organisme pour tous et un système unique à points pour les nouveaux cotisants
Aujourd’hui, plus de 30 caisses de retraite gèrent les données de carrière des actifs et les pensions des retraités ! Ce système est extrêmement complexe, coûteux et inadapté à notre époque. Les retraités sont victimes de cette complexité car ils subissent dans de nombreux cas des retards de paiement et des erreurs dans les montants de pension.
Il faut fusionner progressivement les caisses de retraite et nous simplifierons les règles de calcul : à terme, un unique organisme de retraite et un système unique à points pour les nouveaux entrants. Ce système sera rapide, simple, moins coûteux, pour des pensions versées aux retraités en temps et en heure et sans erreur. Un principe : la cotisation fait la retraite mais l’État module les points et accorde des avantages pour les retraités ayant fait face à des situations difficiles (travail pénible, handicap, etc.) et les familles nombreuses. Il s’agit de mesures de solidarité et de cohésion prises en charge, à ce titre, par l’État.

François FILLON  Cette proposition fait partie du projet que j’ai porté lors de la primaire de la droite et du centre et que je présenterai devant tous les Français à l’occasion de l’élection présidentielle. Je me suis engagé à poursuivre l'harmonisation des règles entre les régimes publics et privés.
Marine LE PEN  La fusion des régimes publics et privés de retraite pose des problèmes d'ordre technique : il serait en effet demandé à l'Etat d'importantes soultes par les régimes complémentaires privés pour prendre en charge la gestion des fonctionnaires.
Emmanuel MACRON  Nous souhaitons mettre en place un système de retraite universel, où chaque euro de cotisation apportera le même droit à tous, indépendamment des statuts. Des droits continueront à être financés par la solidarité nationale et les taux de cotisation pourront rester différenciés selon les régimes.
Jean-Luc MÉLENCHON  Économisez signifie-t-il aligner vers le bas les prestations ? Si oui, nous y sommes résolument opposés.
  

 9 - Instaurer une participation uniforme des fonctionnaires et salariés à l’assurance chômage.
Réforme d'équité et de bon sens puisque la fonction publique échappe aux cotisations d’assurance-­‐ chômage.
 

Nicolas DUPONT-AIGNAN              X      
François FILLON                  X    
Marine LE PEN                  X    
Emmanuel MACRON              X
(à une logique de solidarité nationale)
     
Jean-Luc MÉLENCHON                  X    
 
François FILLON Compte tenu des règles régissant la fonction publique (le "statut général"), les agents des trois fonctions publiques n’ont pas vocation à bénéficier du régime d’assurance chômage ; il est donc légitime de ne pas faire contribuer les fonctionnaires à un système assurantiel qui couvre un risque auxquels ils ne sont pas exposés.
Il doit par ailleurs être relevé que les agents publics sont en revanche assujettis à la contribution de solidarité, qui finance l’allocation de solidarité spécifique (ASS) versée aux chômeurs en fin de droit. Les agents publics contribuent donc au financement de la solidarité nationale.
Enfin, un assujettissement des fonctionnaires aux cotisations d’assurance chômage représenterait une hausse significative des prélèvements obligatoires (jusqu’à 6 milliards d’euros en cas d’alignement avec le secteur privé) qui serait contraire aux engagements que j’ai pris en la matière.

Marine LE PEN  Je ne pense pas qu'il faille faire contribuer les fonctionnaires à un système qui ne leur ouvre aucun droit.
Emmanuel MACRON Nous souhaitons mettre en place une assurance-chômage pour tous. Cette universalisation des droits s’accompagnera d’une participation par l’impôt (en l’occurrence la CSG) de tous les revenus (à l’exception des retraites modestes et des allocations chômage) au financement du risque chômage
Jean-Luc MÉLENCHON  Votre question ignore le bon sens le plus élémentaire…
Le statut de la fonction publique écarte le risque de chômage. Pourquoi obliger les fonctionnaires à cotiser ? Ce serait ici une mesure vexatoire et nous la combattrons.
 
 

                                                                          RESPONSABILITE INDIVIDUELLE
 
                                              REDEFINIR LES MISSIONS DE L'ETAT ET DES COLLECTIVITES TERRITORIALES 

Selon deux prismes : - Performance des services publics - Principe de subsidiarité
 
 

 10 - Transférer la gestion de l’éducation aux collectivités locales.
Régions et communes pour : plus de proximité, plus de responsabilité, plus de performance.
 

      FAVORABLE     DEFAVORABLE        à étudier   INAPPLICABLE
Nicolas DUPONT-AIGNAN                 X    
François FILLON             X      
Marine LE PEN                 X    
Emmanuel MACRON                 X    
Jean-Luc MÉLENCHON                 X    
 
Nicolas DUPONT-AIGNAN  Je suis opposé à la tendance actuelle qui consiste à régionaliser et autonomiser le plus possible les établissements. Ceci aboutit à une inégalité territoriale, en rupture complète avec le principe d’égalité républicaine. Ce sont ainsi les zones rurales et les banlieues qui ont le plus souffert de la réforme des rythmes scolaires et de la suppression des classes bi langues, ou du latin et du grec au collège.
François FILLON  Notamment pour la détermination des rythmes scolaires à l’école primaire, et pour l’enseignement professionnel de façon à assurer la cohérence de l’action des régions en matière d’apprentissage et d’emploi des jeunes.
Emmanuel MACRON Le besoin de proximité ne trouve pas sa réponse dans un désengagement de l’État, garant de la cohérence de la politique d’éducation nationale et de l’équité territoriale, mais dans la plus grande autonomie donnée aux établissements et aux collectivités (rythmes scolaires par exemple), ainsi que dans la différenciation des moyens, afin de faire plus pour ceux qui en ont le plus besoin (par exemple, par notre mesure de dédoublement des classes de CP et CE1 en zone REP / REP+).
 
 
 
11 - Laisser aux régions et aux communes le soin de fixer les programmes d’après un tronc commun, les conditions de recrutement et de 
          rémunération des enseignants ainsi que le calendrier des périodes de vacances.

Objectif : vaincre la spirale de perte de confiance des enseignants, qu’il s’agisse de leurs rémunérations ou des charges particulières qui leurs incombent.
 

      FAVORABLE    DEFAVORABLE       à étudier   INAPPLICABLE
Nicolas DUPONT-AIGNAN                X    
François FILLON             X
 En ce qui concerne les programmes dans l’enseignement professionnel : je propose d’octroyer 25% de liberté régionale dans la définition des programmes.
 
             X
En ce qui concerne les programmes à l’école et au collège : les élèves français doivent tous acquérir un socle commun de connaissances.
 
            
X
En ce qui concerne la rémunération des enseignants : elle est définie au niveau national, même si une part « mérite » peut être attribuée par les autorités locales de l’Education nationale.
             X
En ce qui concerne le calendrier des périodes de vacances, en raison du nécessaire besoin de coordination des différentes académies.
Marine LE PEN                X    

Emmanuel MACRON                   X  
Jean-Luc MÉLENCHON                X    
 
Nicolas DUPONT-AIGNAN  L’État doit donner des lignes directrices claires et constantes et que ses représentants locaux veillent à l’unité de l’offre d’enseignement.
Hors de ce cadre général essentiel, il faut faire confiance aux équipes pédagogiques et aux enseignants. Les programmes ne doivent ne plus être imposés par des prétendus experts. Il est inconcevable, bien que significatif, qu'ils soient définis en l'absence de tout enseignant des niveaux concernés.

François FILLON  Les enseignants sont au cœur de l’Education nationale. Il est important pour eux que la mission qui leur est confiée soit clairement définie. Je souhaite en finir avec cette tendance qui consiste à les infantiliser avec des programmes et des directives technocratiques. C’est pourquoi je m’engage à réduire drastiquement le nombre des circulaires et instructions ministérielles et académiques, ainsi qu’à supprimer le Conseil supérieur des programmes dont les choix et le langage jargonnant ne contribuent pas au redressement de notre système éducatif. Ce qui est le plus important pour le système éducatif, c’est de faire confiance aux établissements scolaires et à leurs équipes.
Marine LE PEN  Cette proposition est de nature à rompre avec le principe d'égalité sur l'ensemble du territoire. L'éducation et les programmes scolaires doivent demeurer de la compétence de l'État.
Emmanuel MACRON Nous souhaitons renforcer l’autonomie des établissements pour favoriser une meilleure adaptation aux besoins de leurs élèves et aux situations locales et stimuler l’innovation. Par exemple, pour les écoles primaires, nous laisserons aux communes – en lien étroit avec les écoles de leur territoire – le soin d’organiser le temps périscolaire sans contrainte. Dès la rentrée scolaire 2018-2019, nous souhaitons également rendre possible l’expérimentation d’une part d’autonomie de recrutement pour des établissements pilotes – volontaires –, principalement en éducation prioritaire. Les programmes, les objectifs à atteindre en fin de cycle comme le contenu des examens (passés en épreuve terminale) resteront définis nationalement.
Jean-Luc MÉLENCHON  La République française est une et indivisible. L'éducation, de par sa mission fondamentale de formation et de transfert de connaissances ou générations suivantes, est le premier devoir de la nation.
 
 

                                                                                SOLIDARITE – RESPONSABILITE
 
                                                                       REDONNER LA PREFERENCE A L'EXERCICE D'UNE ACTIVITE 

 
L'assurance chômage
 
  12 - Renouveler le système d’assurance-chômage pour donner la priorité à la reprise de l’emploi.

Il s’agit là d’introduire un principe d’une durée égale, fixant à un an de cotisation le droit à une année d’indemnisation.
 

      FAVORABLE    DEFAVORABLE       à étudier   INAPPLICABLE
Nicolas DUPONT-AIGNAN             X      
François FILLON                   X  
Marine LE PEN                 X    
Emmanuel MACRON                 X    
Jean-Luc MÉLENCHON                 X    
 
François FILLON Avec un déficit annuel de l’Unédic compris, depuis 2013, entre 3,5 et 4,5 milliards d’euros, un déficit structurel (c’est-à-dire le déficit qui serait observé en cas de disparition du chômage conjoncturel) de 1,6 milliard d’euros et près de 40 milliards d’euros de dettes accumulées, des réformes ambitieuses sont impératives pour sauver de la faillite notre régime d’assurance chômage.
Afin d’encourager à la reprise d’activité et de limiter certains abus, je propose d’introduire une dégressivité dans l'attribution de l'allocation.

Emmanuel MACRON  Notre projet vise à universaliser l’assurance chômage. Il faut en revanche permettre aux individus de maintenir de manière raisonnable leur niveau de vie lors des périodes d’inactivité : c’est un besoin social et un impératif macroéconomique. Ni la durée, ni le montant des indemnités ne seront revus.
Afin d’encourager à la reprise d’activité et de limiter certains abus, je propose d’introduire une dégressivité dans l'attribution de l'allocation.
 
 
 
13 - Faire obligation au demandeur d’emploi d'accepter la 3ème des propositions d’embauche (si le salaire n’est pas inférieur de 30% à celui de
           son ancien emploi).

Cette loi existe pour le RSA mais n’est pas appliquée : pourquoi ? L’État fait preuve de sa faiblesse en étant incapable de faire respecter des lois qu’il multiplie.
 

      FAVORABLE     DEFAVORABLE       à étudier   INAPPLICABLE
Nicolas DUPONT-AIGNAN                   X  
François FILLON             X      
Marine LE PEN                   X  
Emmanuel MACRON             X      
Jean-Luc MÉLENCHON                  X    
 
Nicolas DUPONT-AIGNAN  Il suffit d’appliquer effectivement la loi du 1er aout 2008 relative aux droits et aux devoirs du demandeur d’emplois. Je privilégie une approche complémentaire pour combattre le chômage de longue durée. Je veux exonérer de charges pendant 5 ans le recrutement en CDI d’un chômeur de longue durée. Il faut aussi cibler les formations sur ceux qui en ont vraiment besoin, les chômeurs de longue durée notamment, et ainsi consacrer un budget plus important par personne formée.
François FILLON  Afin de mettre un terme à une situation où des centaines de milliers d’emplois ne sont pas pourvus, et pour responsabiliser les demandeurs d'emplois, je suis favorable à ce qu’un refus d’emploi soit désormais obligatoirement motivé et qu’il soit sanctionné en cas de répétition dès lors qu’il ne serait pas justifié.
Marine LE PEN  Cette proposition laisse croire que le chômage est volontaire. S'il faut veiller à ce que les personnes sans emploi n'abusent pas du système d'assurance chômage, il faut d'abord recréer les conditions d'une véritable reprise des créations d'emploi.
Emmanuel MACRON Nous souhaitons universaliser l’assurance chômage et l’ouvrir sous conditions aux salariés démissionnaires. La contrepartie de ses nouveaux droits passe par un contrôle accru de la recherche d’emploi, pour lequel les moyens de contrôle de Pôle Emploi seront renforcés et les sanctions rendues justes et crédibles. À l'arrivée à Pôle Emploi, un bilan de compétence sera réalisé dans les 15 jours. Si plus de deux emplois décents, selon des critères de salaire et de qualification sont refusées, ou que l'intensité de la recherche d'emploi est insuffisante, alors les allocations seront suspendues.
Jean-Luc MÉLENCHON  Ce n'est pas en harcelant des personnes qui sont déjà en situation fragilisée, que l'on va régler le problème du chômage.
 
 
La retraite
 
  14 - Reculer d’un mois chaque année l’âge de départ pour obtenir une retraite à taux plein afin de s’aligner sur la norme européenne qui place l’âge
           de départ à la retraite à au moins 65 ans.

Il s’agit par ‐là de mettre fin aux réformes irrégulières et brutales qui provoquent l’affrontement. Garantir un financement des retraites chaque année.
 

      FAVORABLE    DEFAVORABLE       à étudier   INAPPLICABLE
Nicolas DUPONT-AIGNAN                X    
François FILLON             X      
Marine LE PEN                X    
Emmanuel MACRON                X    
Jean-Luc MÉLENCHON                X    
 
Nicolas DUPONT-AIGNAN Je veux maintenir l’âge de départ à la retraite et la durée de cotisations aux niveaux actuels. Les Français méritent de la stabilité et des perspectives pour leur retraite. Ils sont aujourd’hui dans le flou : une réforme tous les 4 ans en moyenne ces 20 dernières années, pour une efficacité quasi nulle.
Nous maintiendrons l’âge minimum de départ à la retraite et la durée de cotisations actuelle (issue de la réforme de 2010). Notre conviction : le recul de l’âge minimum de départ à la retraite n’est pas le levier adapté pour assurer la survie de notre système car le taux de chômage de 63/67 ans serait très élevé. Dans cette situation, les soi-disant économies réalisées seraient reversées sous forme d’allocation chômage ou de prestations sociales. Nous ne transformerons pas les retraités en allocataires sociaux. Le système sera financé par l’augmentation du nombre de cotisants : nous mènerons une politique volontaire destinée à créer 2 millions d’emplois et nous renforcerons la politique familiale afin d’assurer notre dynamisme démographique. En outre, nous récupérerons les cotisations des travailleurs détachés dont nous ne bénéficions pas à l’heure actuelle.

François FILLON  Je ferai passer l'âge légal à 65 ans par palier, à partir du 1er janvier 2018.  Un dispositif de départ pour carrières longues, à partir de l'âge de 63 ans, sera prévu pour les personnes ayant commencé à travailler jeune et justifiant de longues durées de cotisation. L'âge du taux plein sera maintenu à 67 ans. L'âge de la retraite sera ainsi compris entre 63 et 67 ans.
Marine LE PEN  Aujourd'hui, l'âge de l'annulation de la décote est fixé à 67 ans pour les personnes nées à partir de 1955. Or, la part des pensions publiques dans le PIB en France est de 14,4 % soit au même niveau qu'en Autriche qui dispose d'un système comparable. Quand on prend en compte l'ensemble des pensions publiques et privées après impôt, le niveau de pension est plus faible que la moyenne de l'OCDE. Enfin, la moitié des personnes qui partent à la retraite ne sont pas en situation d'emploi à ce moment là. Repousser l'âge légal serait une mesure d'injustice sociale surtout pour les ouvriers et les employés.
Emmanuel MACRON La soutenabilité de notre système de retraite est assurée par les réformes qui se sont succédé ces dernières années. Notre projet vise à rendre le système plus transparent, plus juste et plus fluide. L’âge légal de départ ne sera donc pas modifié.
Jean-Luc MÉLENCHON  Nous proposons de revenir au départ à la retraite à taux plein à 60 ans. Votre proposition va à l'encontre des aspirations légitimes des travailleurs, est inefficace budgétairement, humainement et socialement.
 
_________________________________________
Une seule unanimité sur un thème d’ailleurs inattendu : la proposition de supprimer les aides et subventions aux entreprises et de compenser par une baisse générale de leurs charges.
Logiquement, on retrouve dans les réponses les principales différences existant depuis toujours entre réformistes et conservateurs.
Pour ETHIC, les réponses marquent une réelle timidité (ou un manque d'imagination) malgré la volonté affichée de réformer. Le plus favorable aux propositions d'ETHIC est F. Fillon, suivi d' E. Macron et N. Dupont Aignan. M. Le Pen et J.-L. Mélenchon partagent exactement les mêmes positions.
Les candidats acceptent dans certains cas de tester certaines mesures
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La menace islamiste s'invite dans la campagne
 
Surtout, ne pas dire le mot ! Ce mercredi matin, sur Europe 1, François Bayrou a évoqué une "radicalisation", une "menace", un "terrorisme", un "drame", un "risque". Mais ni l'allié d'Emmanuel Macron ni son intervieweur n’ont mis en cause la motivation djihadiste des deux Français musulmans (dont un converti) arrêtés mardi à Marseille. La découverte de leur arsenal, à leur domicile, laisse peu de doute sur leur détermination à passer rapidement à l’acte. Cette naturelle prudence du journaliste et de l’homme politique en dit beaucoup sur la difficulté du Système à nommer les choses, dès lors que l’islam politique peut être mis en cause. Cette réserve est d’autant plus choquante que les accusations en fascisme sont souvent lancées sans retenue dès lors qu’il s’agit d’alerter contre le populisme. Il est vrai que l’expression du simple bon sens a le tort d’appeler un chat un chat et Rolet un fripon.
Parler de radicalisation pour désigner à la fois le mouvement Sens Commun, la formation issue de La Manif pour Tous qui a rejoint François Fillon, et le totalitarisme islamique en guerre contre la démocratie revient évidemment à édulcorer la dangerosité des fanatiques ayant fait allégeance à l’Etat islamique. Ceux-là peuvent se satisfaire de cette soumission en marche. Les intimidations des islamistes, qui sont les premiers à se réclamer du vivre ensemble, de l’antiracisme et des droits de l’homme pour consolider leur impunité, semblent malheureusement efficaces. Sinon Bayrou, qui connait le sens des mots, aurait employé les bons.
Fillon semble être d’ailleurs celui que les deux illuminés, fichés S, entendaient atteindre, au vu de sa photo épinglée au mur de la planque et d’un dossier retrouvé, contenant des coupures de presse. A ce stade, le procureur de la République, François Molins, n’a cependant pas confirmé l’identité de la cible. Pour autant, le candidat des Républicains se distingue de ses concurrents par un discours sans fard contre l’islam radical. Outre son livre au titre sans ambiguïté - Vaincre le totalitarisme islamique -, Fillon est celui qui s’est le plus engagé dans la défense des Chrétiens d’Orient, victimes d’une épuration par l’islam sunnite. Lors de son meeting du 9 avril, à Paris, il avait appelé les Français musulmans "à se soulever contre l’obscurantisme et à nous aider à faire le nettoyage". Il persiste ce mercredi dans Le Parisien : "Je veux combattre l’intégrisme avec les musulmans". Quand Macron dénonce, lui, l’obscurantisme, il parle de celui de Donald Trump. Et si Marine Le Pen n’épargne pas non plus l’islamisme, elle le fait parfois d’une manière oblique. Lors d’un meeting à Lyon, le 5 février, elle avait cru bon de dénoncer à la fois le totalitarisme djihadiste et le totalitarisme affairiste, présentés comme deux effets de la mondialisation. Ce relativisme saugrenu n’aide évidemment pas à hiérarchiser les dangers. Il faut néanmoins remarquer que la présidente du FN a, depuis quelques jours, repositionné plus clairement son discours. Seuls les candidats de la collaboration et de l’islamo-gauchisme sont à l’abri du courroux des islamistes.
blog.lefigaro.fr/rioufol, 19 avril 2017
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Mes six vérités sur les élections de mai/juin
 
Jamais des élections n’ont aussi peu suscité d’espérance. Selon les sondages, plus d’un tiers des Français devraient s’abstenir. Les favoris du premier tour ne dépassent pas 23 ou 24 %, soit 16 ou 17 % des Français en âge de voter (compte tenu des abstentionnistes): ceci est dérisoire.
 
L’homme en position de favori, M. Macron se présente comme le plus petit commun dénominateur qui réunit gauche caviar bien pensante et droite chiraquienne. Il correspond à une sorte d’idéologie creuse, celle de l’homme infiniment malléable, le culte du "je" narcissique, du jeunisme et de l’apparence. Personnellement, je n’ai rien contre lui mais je n’ai rien pour non plus : il y a chez lui quelque chose de transparent, de parfaitement neutre. Cependant, il ne fait aucun doute, à mes yeux, que la chute de son fragile piédestal, son lynchage médiatique quelques semaines après son élection éventuelle, sera d’une violence et d’une perversité inouïe.
 
Aucune poussée lepéniste n’est en voie de se produire. Les politiciens, et les acteurs du monde médiatique qui s’entortillent depuis des mois sur le danger de l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite, nous ont menti. Dans le climat chaotique qui règne sur la France (massacres terroristes, violence, chômage massif, scandales) une vague de révolte aurait pu survenir lors de ce scrutin, atteignant 40 à 50 % des électeurs. Le parti lepéniste, surmédiatisé, a une fonction bien précise dans le système politico-médiatique : étouffer dans l’œuf une révolte populaire en neutralisant un cinquième de l’électorat autour d’un parti viscéralement condamné par une immense majorité de Français en raison de sa nature, son identité, son histoire et dont l’accession au pouvoir est inconcevable et définitivement exclue.
 
Le lynchage médiatique de M. Fillon a largement réussi. La presse et les médias sont parvenus à donner de lui une image délétère dans l’opinion, au-delà de toute espérance. Les faits qui lui sont reprochés font partie de mœurs d’une partie de la "France d’en haut", mais ils sont largement partagés. L’opération de déstabilisation, d’où qu’elle vienne, avait une finalité politicienne et non morale puisque relative à un seul candidat, au pire moment pour lui, et non à l’ensemble des mœurs d’une partie de la classe dirigeante. Dès lors que l’électorat est ainsi devenu l’otage des fureurs médiatiques, la reconquête de l’Elysée devient mission quasi impossible dans l’avenir. Le pli est pris. Désormais, tout candidat Républicain à la présidence, quel qu’il soit, subira inévitablement le même sort, sur un prétexte ou sur un autre.
 
Les Républicains donnent aujourd’hui le sentiment de ne pas vouloir reprendre le pouvoir. L’élection éventuelle de M. Macron pourrait leur ouvrir le boulevard d’une victoire aux législatives. M. Macron n’a pas de parti politique et encore moins de ligne directrice, soutenu par un aéropage de personnalités des horizons les plus divers. Son élection serait celle de l’arrivée du néant à l’Elysée, la consécration de l’effacement de la présidence de la République, un phénomène de long terme qui s’est accéléré avec M. Hollande et trouverait là son achèvement suprême. Pourtant, les Républicains ne semblent pas préparer ces législatives qu’ils pourraient aisément gagner, ni la suite, le gouvernement de la France : absence de programme législatif, absence d’un leader susceptible de devenir Premier ministre, chef de Gouvernement, absence de dynamique, de souffle d’espérance. Bref rien est prêt. Tout se passe comme si, en voie de perdre à nouveau le hochet élyséen, plus rien ne les intéressait…
 
Pire que tout: le déroulement de cette campagne présidentielle se présente comme le signe des progrès de la crétinisation de la France, la destruction des repères de l’histoire, de la littérature, de la philosophie, du bon sens et de l’esprit critique. Les voix potentielles de M. Mélenchon, de M. Hamon, de M. Poutou, et de Mme Artaud, additionnées, dépassent un tiers de l’électorat. Les Français n’ont plus la moindre idée de ce qu’a donné l’extrémisme de gauche dans le passé, l’étatisme, l’isolationnisme, l’assistanat, le rejet de l’économie de marché, l’égalitarisme, le nivellement, la haine de l’entreprise et du capitalisme financier : la ruine, le chaos, la misère absolue, partout où ils sont passés. La mémoire collective semble s’arrêter à 1990. Avant, les ravages du socialisme d’Etat, de la "propriété collective des moyens de production", du communisme, Lénine, Staline, Mao, Pol Pot, plus personne ne semble en avoir entendu parler. L’abêtissement de masse s’accélère.
maximetandonnet.wordpress.com, 18 avril 2017
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Et Singapour ?                                                         
 
L'Année du Coq (Roaster) à peine commencée le 28 janvier, le sémillant Mr Heng Swee Keat, ministre des finances (beaucoup plus joli que Sapin), a présenté dès le 6 février son projet de budget devant le Parlement, suscitant la plus longue discussion budgétaire jamais vécue dans la Cité-Etat, au seuil d'une évolution nécessaire, mais pas forcément attractive.
Au même moment, une grande campagne d'information, lancée depuis janvier, illustre les Congrès, Forums et Conventions consacrés à l'éducation depuis les nurseries jusqu'aux cycles universitaires, qui réunissent tous les pays du pourtour Pacifique depuis des décennies, et dont Singapour est un des principaux animateurs. De grandes affiches, très belles, sur fond bleu et rouge, partout aux arrêts d'autobus (mobilier urbain J.C. Decaux), dans les stations de métro  annoncent :
"5 Millions d'emplois vont disparaître d'ici 2020. Soyez responsables et préparez vos enfants à la Quatrième Révolution industrielle... Informez-vous...". Suivent les dates, horaires et lieux des différentes Conventions. Les établissements scolaires de toutes les communautés, concourent aussi, unanimes,  à cette information.
L'étonnant Budget 2017 intègre complètement cette perspective, tenant compte de la rapidité de l'évolution mondiale et de l'incertitude qui l'environne. Le gouvernement, les entreprises, les syndicats, associations, et communautés territoriales sont invités à travailler ensemble à une adaptation continue dans un "contrat" global. C'est à la fois très ambitieux – quasi visionnaire – et prudent.
Au  même moment, lors de l'émouvante Commémoration du 75ème anniversaire de la chute de Singapour devant l'invasion des troupes japonaises les 14/16 février 1942, le Premier Ministre Lee Hsien a rappelé combien Singapour était prospère et paisible, mais aussi "petite et vulnérable".
Lors de sa présentation, le ministre Heng rappelle que lors de l'année précédente avec un budget très classique, ni le Brexit, ni Donald Trump, ni les menaces croissantes de la Corée du Nord n'existaient : "... Nous devons nous rappeler que des changements radicaux sont aussi imprévisibles que rapides". En effet, en tant que membre (très actif) du Commonwealth, Singapour est impliqué indirectement dans le Brexit ; la politique Trump dans le Pacifique semble devoir changer la donne, avec notamment la mise en sommeil du Trans Pacific Partnership, et enfin le missile longue portée de la Corée du Nord fait dresser les cheveux sur la tête des pays au nord de l'équateur.
 
Le Budget 2017 présente 3 volets majeurs : un investissement massif dans l'enseignement et la maîtrise des nouvelles technologies ; la robotisation de nombreux secteurs et l'équipement  en tous domaines de moyens nouveaux. Prévoyant un peu plus de 69 Milliards de dollars SG de recettes et 75 de dépenses, le budget englobe enfin le plan d'évolution et de réaménagement de la Cité-Etat sur environ 12 ans.
Comment financer tout cela ? En augmentant la taxe sur l'eau, inchangée depuis 17 années : elle augmentera de 30 % en 5 ans et la création d'une taxe carbone.
Affronter les temps nouveaux et en sortir vainqueur est le projet avancé : la ville est  à nouveau un énorme chantier (comme dans la décennie 75/85) fort désagréable d'ailleurs pour les citoyens, avec la création d'une nouvelle ligne de métro nord-sud traversant la quasi-totalité de l'île, la création de logements sociaux (HDB) pour faire face à l'augmentation prévisible de population (jusqu'à environ 6 millions), assortis de nouveaux espaces de parcs et de vie tel Bird Park dont l'ouverture est prévue pour 2020/23 ; et surtout la nouvelle cité d'affaires baptisée Lake City au-delà de Boon Lay, tout au nord, proche de la Malaisie : elle doublera la City actuelle et surtout sera en connexion directe avec le port, élément central de la richesse singapourienne, lui aussi déplacé vers le nord du territoire afin d'être mieux protégé, équipé, plus proche de la Malaisie. Ce chantier gigantesque qui doit être tenu sans entraver le trafic normal (1er port mondial de conteneurs) permet aussi de récupérer une surface considérable de terrains proches du centre-ville dont la valeur immobilière laisse pantois. Lake City est programmée sur 12 années : la première tranche est en cours, la totalité devrait être achevée en 2026, parcs et lieux de loisirs compris. Enfin l'Aéroport de Changi se voit doté d'un 5ème terminal, confortant ainsi sa place de 1er aéroport du Sud-Est Pacifique.
On le voit, tout tourne vers le gigantisme ; aventure à la fois prometteuse mais risquée. Il s'agit d'une bataille à la fois nécessaire, peut-être absurde, face à Yokohama, Busan, Shanghai, HongKong et les autres ports chinois pour être le plus gros, le plus fort, le plus riche, le plus….tout . Est-ce bien raisonnable ?
 
De nombreux Singapouriens ont conscience que leur "Age d'Or" est peut-être derrière eux, pas seulement pour des raisons internes, mais parce que le monde a changé et que le pourtour Pacifique dont leur république est un des "dragon", est plus menaçant et incertain. Et puis, demeurent des interrogations sans réponse, et peut être des "erreurs" :
 
- La disparition du ministre-mentor Lee Kuan Yew  en 2015, "l'inventeur" de la puissance singapourienne : souvent présenté  comme une sorte de tyran paternaliste, il insuffla pendant plus de 50 ans dans l'île-Etat, une mentalité très bouddhiste de recherche de l'harmonie et du bienêtre collectif, un refus des excès et des "incivilités" qui sont en train de s'effriter. Son entourage, très patriote, a lui aussi disparu, de même que le souvenir des temps difficiles et de la besogneuse construction d'un édifice social prometteur.
 
- La crise de 2007/2009 a fortement marqué le système, même s'il est presque défendu de l'évoquer. Assez bien maitrisée, elle a toutefois mis en relief la fragilité de l'aisance et fait se développer la concurrence internationale dans des domaines qui autrefois étaient surprotégés. Les technologies modernes, dans leur rapidité et leur caractère implacable, déchiffrent les failles et les négligences sans aucune indulgence, obligent à courir vers d'incertaines nouveautés.
 
- L'imprudente "cannibalisation" de l'économie de Singapour par les Chinois continentaux, de la finance, des banques, du commerce, la découverte de comportements de tricherie et de mépris des règles les plus élémentaires d'honnêteté et de contrôle sur le mode occidental.
Depuis la crise, avec une certaine naïveté, pour "faire de l'argent" et concurrencer Macao et Las Vegas, satisfaire l'inextinguible soif de "jeux" des Chinois, Singapour s'est ouvert aux Casinos. Même s'ils sont situés, dans des iles vouées au tourisme, loin des activités ordinaires des citoyens, ils drainent derrière eux des mœurs et des activités auxquelles les autorités ne s'attendaient pas (ou du moins  pas dans cette ampleur) : trafic de drogue, prostitution, violence urbaine, irruption de tout un "personnel" indéterminé. Cela accompagné d'un tourisme chinois à l'assaut des hôtels, magasins de luxe et parcs d'attractions. Certes, cela "fait de l'argent", mais pas forcément sur le mode souhaité. Ce n'est pas une affaire de puritanisme, mais un problème nouveau de paix sociale, car la drogue commence à faire le siège des établissements scolaires, des universités, tout comme la finance parallèle envahit les marchés et l'activité portuaire. (afin de se donner meilleure conscience, l'union des banques singapourienne vient de signer un accord d'échange des renseignements  bancaires avec le Grand-Duché de Luxembourg).
 
- Le passage assez brutal – en 5 ou 6 années – au "tourisme de masse" contribue à la dévastation du profil paisible, agreste et harmonieux de la cité-Etat : la ville avait la réputation d'être, par rapport à Hong Kong ou Shanghaï un peu provinciale, cachée dans sa luxuriante végétation, ses parcs aux orchidées et sa forêt primaire... En 2016, l'exiguë surface insulaire a accueilli 16,4 millions de touristes. C'est beaucoup trop. Les lieux les plus visités sont en "surdose humaine" permanente, ce qui tranche avec les traditionnels gens d'affaires, étudiants du monde entier, occidentaux huppés et visiteurs du Moyen-Orient venant faire leurs emplettes de luxe. Tout cela "casse" la traditionnelle ambiance, moins aimable et décontractée. Certes, cette houle touristique compense le relatif tassement de la consommation intérieure (car les Singapouriens n'achètent plus "tout et n'importe quoi" lorsqu'ils découvraient les joies de la consommation). Bref, béton et dollars remplacent peu à peu harmonie et recherche du Beau.
 
- Enfin, il y a surtout le passage aux nouvelles générations, "trop gâtées" disent les anciens, moins impliquées dans la réussite de l'île-Etat, moins disciplinées et travailleuses. C'est la fin des "pionniers", ceux qui ont travaillé comme des fous pour arriver là où on est. C'est sans doute pour leur rendre hommage que la célébration exceptionnellement importante de la 2ème WW a été pratiquée. Les enfants des "pionniers" ont maintenant entre 50 et 60 ans : eux aussi ont beaucoup travaillé, mais ils ont aussi découvert les congés payés, les loisirs, l'eau à tous les étages, la voiture, l'abondance de la nourriture et des objets, l'air conditionné... ils en ont bien profité. Maintenant leurs enfants et petits-enfants recueillent cet héritage d'aisance et de facilité, avec insouciance et sans vraiment se rendre compte du chemin parcouru et de leur situation privilégiée. Certains ados ne savent même pas que leur ville est un "port" puisque ce dernier est entièrement fermé  au public et qu'on ne le voit pas !
 
Se posent aussi, sur un autre mode de pensée, les questions de sécurité et de défense : à l'interne Singapour découvre la violence civile, le noyautage de mouvements extrémistes et les graffitis... A l'international, pays majoritairement bouddhiste encerclé de musulmans (Indonésie/ Malaisie), la Défense est une préoccupation importante. La marine nord-américaine n'est jamais loin (l'escadre destinée à faire peur à la Corée du Nord est partie de Singapour ce 8 Avril) ; la coopération avec l'Australie et le Japon est essentielle. Cela coûte très cher. Tout comme l'éducation, la gestion de la santé et des seniors de plus en plus nombreux. Il est donc obligatoire que l'économie continue de prospérer, d'où des choix complexes  sur le long terme, tel ce budget hors normes de 2017.
 
Une société paisible et prospère évolue entre deux "seuils" collectifs : celui du bien être socio-économique et celui de la démesure. En fait, Singapour est à la croisée des chemins ; dans la concurrence effrénée pour la prééminence portuaire et financière qui se joue dans le Pacifique, il faudrait éviter l'excès et le chaos : savoir se protéger du crack éventuel, de l'accident gommant en un instant l'étonnant et beau parcours qui fait de la ville-Etat "un ovni sur terre". Singapour risquerait d'y perdre sa paix, sa culture multiple, son esthétique et son "innocence" faite de l'oubli de la douleur passée et de sa confiante promesse en des jours lumineux.
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L’élection de Macron sonnerait le glas de la démocratie
 
Il se peut que les observateurs qui, suivant les sondages qui donnent Emmanuel Macon vainqueur de la présidentielle de 2017 n’aient pas compris ce qu’une telle victoire aurait de subversif pour la démocratie française.
Certes, formellement, l’élection serait régulière.
Mais elle aurait été obtenue à un prix qui ne pourrait laisser qu’un goût amer.
 
Une manipulation judicaire
D’abord la manipulation judicaire partie de l’Elysée qui a abouti à affaiblir considérablement François Fillon. Une fois posé l’usage de l’alternance démocratique, depuis longtemps admis dans notre pays, il paraissait naturel qu’après un quinquennat de Hollande particulièrement désastreux – au point d’interdire au sortant de se représenter - le candidat de la droite de gouvernement, François Fillon, désigné au terme d’une primaire incontestée, prenne la relève avec ses équipes.
Pour des raisons qui restent à éclaircir, Hollande et son entourage ne l’ont pas admis. Turpitudes à cacher, affaiblissement du sens républicain, égoïsme sordide, Hollande a décidé de remettre en cause cet usage en mettant tous les moyens de l’Etat, les moyens judicaires en premier lieu, en marche pour détruire l’image du candidat dans l’opinion, dans l’espoir de conserver l’Etat PS qu’il avait mis en place.
S’il est vrai qu’au début, Hollande a espéré réaliser cette opération pour lui-même, son retrait et la faiblesse du candidat socialiste ont fait qu’elle a profité à Emmanuel Macron. Ce dernier ne pouvait pas ne pas être au courant de ces manigances : proche de Jean-Pierre Jouet, secrétaire général d’Elysée que l’on dit au centre de la manœuvre, ayant eu le secrétaire général adjoint Boris Vallaud, mari de Najat Vallaud-Belkacem comme chef de cabinet à Bercy, quand il était à la tête d’une administration fiscale qui n’a pas de secret pour son patron, le candidat Macron apparait au cœur d’une manipulation dont il est le premier bénéficiaire.
Est-il utile de dire qu’en ayant la haute main sur le parquet financier, qu’il a créé et où il a effectué les premières nominations, et en permettant son instrumentalisation politique, Hollande n’a pas respecté, c’est le moins qu’on puisse dire, l’article 64 de la Constitution selon lequel "le président de la République estgarant de l’indépendance de l’autorité judiciaire ?" 
On pourra alléguer que Francis Fillon aurait pu se défendre mieux. Il reste que la manœuvre qui a déstabilisé sa candidature est sans précédent dans une République où le pouvoir judiciaire était tenu par la loi et par la coutume à l’écart de la politique et où les présidents de la République successifs n’avaient jamais dans le passé utilisé de tels moyens.   
 
Une presse dont le pluralisme est évacué
L’autre dévoiement auquel Macron devrait, s’il était élu, son élection, est la quasi-unanimité de la presse écrite et audio-visuelle en sa faveur – contre François Fillon.
Cela aussi est sans précédent dans la démocratie française.
L’affaire Fillon n’aurait pas eu le retentissement que l’on sait si la presse ne s’en était délectée hors de toute mesure, pendant des semaines et des semaines, avec une insistance sans proportion avec la gravité toute relative des faits. 
Une telle unanimité tient sans doute à la sociologie journalistique dont la formation orientée et l’esprit grégaire tel qu’il s’est développé dans les écoles de journalisme et les salles de rédaction, plus le terrorisme intellectuel interne au milieu, assurent une large majorité aux plumes de gauche et d’extrême-gauche, même dans les journaux classés à droite, dont témoignent tous les sondages
Elle tient aussi à l’accaparement des médias par des groupes financiers diffusant presque tous une idéologie libérale-libertaire, compatible avec la gauche, et qui pouvait être hostile à ce que représente François Fillon : la bourgeoisie catholique enracinée de filiation gaulliste. On sait les sentiments favorables pour Macron de gens comme Pierre Bergé et Xavier Niel, patrons du Monde et del’Obs, Bernard Arnault, patron des Echos et du Parisien, Vincent Bolloré, patron de Canal Plus, François Pinault, patron duPoint et naturellement des patrons de toutesles chaînes publiques. On sait aussi par quelles manœuvres Macron ministre des finances s’est acquis l’appui de Patrick Drahi bénéficiaire d’une autorisation d’achat de SFR qui représente un avantage de plusieurs milliards et qui possède, BFM, Libération, L’Express. Le candidat Macron s’est attiré d’autres sympathies moins connues dans la presse régionale : Jean-Michel Baylet, Michel Lucasa.
 
Nous savons depuis deux siècles que la démocratie est inséparable du pluralisme de la presse. Cette unanimité des médias en faveur d’un seul candidat, au détriment des dix autres, est le signe d’une dégénérescence profonde de notre héritage démocratique. Il y a un précédent, l’unanimité de la presse nord-américaine en faveur d’Hillary Clinton. Elle n’a certes pas empêché Trump d’être élu mais elle l’empêche de gouverner. Là aussi une vieille démocratie est en train de déraper dangereusement.   
A l’appui de la presse s’ajoutent les moyens financiers colossaux dont semble bénéficier le candidat Macron et dont l’origine demeure mystérieuse. Là aussi nous nous trouvons en rupture avec une époque où la répartition de ces moyens n’était certes pas égalitaire mais où elle était plus équilibrée.
A ces deux dimensions qui ont infléchi le résultat des urnes, s’ajoutent, dans une pénombre plus difficile à scruter, les pressions internationales qui s’exercent en faveur de Macron, soldat sans états d’âme de tous les réseaux qui se sont attachés au fil des ans à réduire la souveraineté de la France : OTAN (avec ses têtes nord-atlantiques pro Clinton), Union européenne, Allemagne, sans compter les réseaux propres à la haute finance dont le candidat est issu.
 
Perméabilité d’une personnalité apte à se plier à tous les conditionnements et qui semble à bien des égards immatures ? Conditionnement propre à la dernière génération de Sciences Po, style Richard Descoings ? Exigences impitoyables de certains commanditaires hors du champ des radars ? Il faut bien dire que, sur aucun sujet, Macron n’a pris la moindre distance par rapport aux idées dominantes dans le monde occidental : immigration, euro, russophobie, libre-échange, éducation, idées libertaires etc. Au point d’apparaitre comme un candidat formaté à l’avance pour imposer à la France ce qui dans la plupart des domaines suscite le rejet du peuple.
Connaissant ces rejets de plus en plus violents, qu’attestent de nombreux sondages, les forces qui appuient Macron semblent avoir choisi de passer outre, de passer à la vitesse supérieure pour imposer aux Français un président qui reflète leurs idées : celles des maîtres du monde. En raison de la difficulté même de l’entreprise, ils n’ont pas lésiné sur les moyens.
 
Ce sont ces moyens qui ont permis au candidat Macron, grâce à des méthodes de communication adaptées et sans doute cher payées, quoique parfois ridicules, de faire illusion au point que la distance abyssale entre ses vraies idées et les aspirations profondes du peuple français n’apparaisse pas au grand jour.
Rien ne dit que leurs yeux ne s’ouvriront pas avant le second tour. Il est dans la logique de la Ve République telle que l’a voulue le général de Gaulle que le peuple français n’élise pas son président sans un face à face ultime où il regarde les yeux dans les yeux celui auquel il va confier son destin. Mais si d’aventure tel n’était pas le cas, et que Macron soit quand-même élu, le réveil serait rude. Les Français ne pourraient qu’avoir le sentiment de s’être fait forcer la main avec de moyens déloyaux. Comment ne verraient-ils pas dans cette élection un véritable hold-up sur la république ? Compte tenu de la place de la France dans l’histoire de la démocratie, ce serait là le signe d’une crise grave de celle-ci. Il n’est pas sûr qu’une telle élection acquise avec de tels moyens, ne prélude pas à un rejet violent et rapide du nouveau président.
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La justice internationale selon Hollande
 
Il y a dix jours, quelques images diffusées par une milice de Syrie, étaient reprises par toutes les chaines de télévision et soulevaient une immense émotion médiatique. Elles montraient des civils, et plus particulièrement des enfants, allongés sur le sol et suffoquant. Les commentaires fournis par la milice en question indiquaient qu’ils étaient les victimes d’une attaque au gaz sarin. Aussitôt la presse désigna le coupable : c’était Bachar El Assad.
L’intéressé a rejeté l’accusation qui, à vrai dire, manquait de preuves. Il a demandé une enquête impartiale et dénoncé une falsification de la réalité. En vain. Les dirigeants français l’ont immédiatement condamné, suivis par les Anglais puis les Américains. Emporté par une juste indignation, le Président Trump a décidé de "punir" Bachar en lançant une salve de missiles sur une base de l’armée syrienne. Il a expliqué que l’humanité, horrifiée par le souvenir des hécatombes provoquées par l’utilisation du gaz moutarde pendant la première guerre mondiale, ne pouvait tolérer que, cent ans plus tard, un dictateur aux abois ose rompre le consensus universel qui interdit de telles armes. Il saurait, a-t-il dit, protéger à la fois sa nation et toutes les autres d’un retour à la guerre chimique. Il a été chaudement applaudi par notre Président qui n’a pas hésité à qualifier de "légitimes" les frappes américaines. Peu importe qu’aucune enquête qualifiée n’ait confirmé la responsabilité de Bachar, que Trump se soit attribué sans aucun mandat la mission de justicier international et que l’approbation bruyante de Hollande cache mal le malaise de la majorité des Etats. L’essentiel était de faire savoir au  monde entier que l’emploi  d’armes chimiques où que ce soit et par qui que ce soit se heurterait à des sanctions immédiates.
 
Huit jours ont passé. Voici qu’un général américain haut placé nous annonce avoir anéanti un nid de rebelles afghans affiliés, semble-t-il, à l’Etat islamique. Ils étaient cachés dans des grottes reliées entre elles par un réseau de tunnels. Plutôt que de risquer la vie de ses soldats dans un combat long et difficile, le Pentagone a choisi une méthode rapide et sans perte aucune : il a ordonné de lançer sur les insurgés une bombe –une seule- qui les a anéantis tous et sans délai. "Cette bombe (dite GBU 43) est la solution optimale pour venir à bout de tels obstacles" a déclaré le général avec satisfaction.
 
Je propose à mon lecteur  de nous  pencher quelques instants sur cette arme aussi merveilleuse que mystérieuse.
Sous sa forme actuelle, la GBU 43 est un monstre de 10 tonnes qu’aucun bombardier ne peut contenir.  On l’installe dans un avion de transport géant. Celui-ci la largue à plus de deux mille mêtres au-dessus de sa cible. Elle descend en dansant gaiement jusqu’à une distance au sol calculée à l’avance. Elle disperse alors dans l’air un immense aérosol, mélange de polystyrène, de poudre d’aluminium et de nitrate d’ammonium. Un détonateur y met le feu. L’air, l’eau et la terre, pénétrés de milliers de particules incandescentes, brûlent instantanément dans un rayon de plusieurs centaines de mètres. Rien n’y échappe.
Les effets dévastateurs de la "faucheuse de marguerites" -daisy cutter en américain- ne s’arrêtent pas à cette boule infernale.Son explosion provoque aussi une gigantesque surpression, à laquelle aucun mur, aucune porte blindée ne résistent. Son souffleest aussi puissant que celui  d’une bombe atomique de petit calibre. Même les mines enterrées dans le sol, lui cèdent. Elles sautent toutes en même temps.
Plus spectaculaire encore : pour entretenir sa combustion, Daisy Cutter (appelée aussi la Mère de toutes les bombes) aspire en son centre tout l’oxygène de l’air. Elle n’en laisse aucun résidu aux êtres vivants qui ont la mauvaise fortune d’être pris dans ses tourbillons. Les bunkers, les souterrains même, ne protègent pas contre cet effet-là. Ceux qui se croient à l’abri dans de profonds refuges, sont proprement asphyxiés. Selon les descriptions les plus précises, leurs poumons leur sont arrachés du corps.
              
Pour des généraux soucieux d’efficacité, la faucheuse de marguerites est une arme parfaite quand ils veulent  se débarrasser de rebelles afghans retranchés dans des montagnes difficilement accessibles. Mais, sur le plan de l’éthique, elle pose problème. Elle est, par sa nature même, une arme chimique. Elle est même une arme chimique de destruction massive qui, dans l’horreur, laisse loin derrière elle les bricolages au sarin auxquels se livrent les factions syriennes.
Trump ne semble pas se soucier de la contradiction dans laquelle il enferme la politique de son pays. Mais on sait que le personnage ne brille pas par la cohérence de sa pensée. Et Hollande ? On aurait pu imaginer qu’il s’indigne, condamne ou simplement s’inquiète, émette des réserves. Non. Cette fois, Il ne bouge pas. La France ne présente aucune motion au Conseil de sécurité des Nations-Unies ; notre ministre des affaires étrangères ne s’active pas à faire signer un communiqué commun aux Etats de l’Union européenne ; notre Président ne fait aucune déclaration publique, ne laisse filtrer aucune réprobation.
C’est cela la justice internationale selon François Hollande. Peut-être s’imagine-t-il servir ainsi la cause de l’humanisme et la grandeur de la France.
Michel Pinton, Ancien député au Parlement européen
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Un saint ou un homme d’Etat ?

Allons ! Allons ! Qui voulons-nous comme futur président de la République ?
Ne voulons-vous pas un homme qui, conscient de l’extrême menace sur notre pays, sache combattre notre ennemi qui est l’Etat islamique et l’islamisme rampant et provocant en France, qui soit en mesure de ‘se coltiner’ Poutine, Erdogan, Trump, Merkel, Bouteflika, l’Iran, l’Arabie saoudite, … qui sache limiter, voire interdire la PMA et la GPA, qui sache faire preuve de volonté et de ténacité, qui ne se laisse pas impressionner par moultes pressions, qui sache y résister, etc., etc.
Et si cet homme se fait offrir des costards de luxe, laisserons-nous pour autant passer l’opportunité d’élire François Fillon qui est le seul à remplir ces critères et qui est le seul en mesure de redonner à la France son rang ? Car il sait où il va ! Et il voit clair.
Veut-on un saint ou un homme d’Etat ?
Face à lui, un bel homme séduisant, au regard mignon et au sourire Colgate, qui proclame haut et fort qu’ "il n’y a pas de culture française", qui met notre pays au rang de l’Allemagne nazie en l’accusant de "crimes contre l’humanité" et qui qualifie la Guyane d’ "île". Il fait certes un fantastique one man show (chapeau l’artiste !). Mais ne confondons pas le show bizz où il excelle et l’avenir de la France. Allons-nous lui donner notre voix pour qu’il prolonge l’action de Hollande et propulse celui-ci à la tête du conseil européen pour œuvrer avec lui à renforcer cette Europe paperassière, poussiéreuse, technocrate et moribonde ?
Allons-nous nous laisser dicter notre choix par les médias ? Allons-nous nous laisser manipuler ? Laissons les médias se vautrer au niveau du costard (au fait, si Hollande s’en était fait offrir un, peut-être nous aurait-il fait moins honte avec ses vestes immondes et aux manches trop courtes, ses pantalons tire-bouchons, ses cravates de travers, …) ?
Prenons de la hauteur. Situons le débat et notre choix au niveau correct. Sortons de la fange des médias.
Chacun sait que la France est à droite. Ne soyons pas “la droite la plus bête du monde”. Ne nous laissons pas voler notre victoire pour des peccadilles, peut-être condamnables, à voir ?, mais peccadilles sûrement par rapport aux enjeux colossaux en jeu. Qui n’a jamais fait travailler quelqu’un au noir ? Qui n’est jamais rentré en France venant d’Espagne avec des bouteilles d’alcool ? Chacun a ses faiblesses. Celles de F. Fillon ne sont pas dramatiques. On n’en est pas au coiffeur à 10 000 € par mois ! Elles ne le disqualifient pas. Non et non.
Une seule solution digne de nous les Français : François Fillon.
Oui, vraiment, veut-on un saint ou un homme d’Etat ?
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La confession – le film
 
Un film dans lequel le prêtre n’est ni un benêt, ni un pervers… osons le dire : ça fait plaisir ! "La confession", le film de Nicolas Boukhrief qui sort au cinéma ce 8 mars, est de ceux-là.
On y découvre la figure dynamique d’un jeune prêtre, curé de terrain bien dans ses pompes, donné à tous ses paroissiens, homme de foi et d’espérance pendant la période si troublée et tragique de l’occupation allemande.
L’histoire est celle qui avait déjà été présentée dans le film "Léon Morin prêtre" sorti en 1961 avec Jean-Paul Belmondo dans le rôle titre ; il illustre d’ailleurs cet ancien article de Padreblog sur le célibat des prêtres. Alors qu’on pourrait s’y attendre, "La confession" ne traite justement pas du célibat des prêtres, et tant mieux. On sait combien ce célibat est signe de contradiction pour le monde et combien il est délicat pour ceux qui sont loin de l’Eglise d’en traiter avec pertinence.
 
"La confession" est avant tout l’histoire d’une femme, communiste convaincue, bouleversée par sa rencontre avec un témoin du Christ, authentique et crédible, qui se trouve être le jeune curé de son village. Sans dévoiler le scénario, on reste fasciné par l’assurance de cette paroissienne un peu atypique et la disponibilité sans faille du père Morin. Leur sens réciproque de la répartie donne lieu à des dialogues fort intéressants. On se prend même à ressentir la nostalgie du format ecclésial qui a façonné le terreau chrétien de notre pays et qui ne peut plus exister depuis longtemps : le fameux "un clocher, un curé".
Une réserve toutefois : le fait que jamais le père Morin ne soit montré en train de se ressourcer auprès du Seigneur, que ce soit dans la prière, la liturgie des heures ou l’oraison. Un autre point, mineur cette fois, m’a aussi fait sourire : ce jeune prêtre du début, en costume démodé et terne, avec sa croix à la boutonnière ; car je n’ai pas l’impression que les jeunes prêtres s’habillent ainsi désormais…
 
Les débats ne manqueront pas de naître pour commenter le zèle apostolique du héros du film qui s’accompagne de réelles imprudences, probablement dictées par sa (trop ?) grande générosité. Qu’on se rassure cependant, le père Morin reste heureusement fidèle à la grâce de son ordination.
Lorsque le film se termine, on éprouve une impression générale, heureusement partagée par la grande majorité des prêtres de France (et l’auteur de ces lignes !) : le don de lui-même, à tous et pour tous, rend un prêtre heureux. Et la foi rend heureux. Vraiment.

Paru sur Padreblog, 6 avril 2017
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La protection contre l’indélicatesse numérique
 
L’informatique donne la possibilité à des acteurs indélicats d’envoyer des messages indésirables en quantité astronomique à des coûts dérisoires. Pour ceux qui reçoivent ces messages, en revanche, le coût (sous forme de pertes de temps et d’énervement) est considérable.
L’usage indélicat du numérique s’est généralisé dans un monde où la délicatesse est une vertu en déshérence. Il figure parmi les causes les plus importantes de la faiblesse de la progression de la productivité dont les pays développés pâtissent depuis près de deux décennies. L’ordre de grandeur de sa contribution à la modestie de la croissance peut être approché par un calcul extrêmement sommaire, que nous livrons tel quel en attendant que quelqu’un apporte à ce problème un traitement plus élaboré :
- L’indélicatesse numérique sera supposée avoir amputé chaque jour d’une demi-heure, en moyenne, le temps de travail productif, demi-heure consacrée à se débarrasser de courriels, de publicités et d’appels téléphoniques intempestifs. Cette demi-heure représente 6,25 % du temps de travail qui aurait pu être productif. Elle inclue la récupération après dérangement (se replonger dans un travail interrompu, qu’il soit manuel ou intellectuel, exige un peu de temps). Bien entendu, cette évaluation au doigt mouillé est discutable, et nous espérons vivement que des investigations approfondies la remplaceront, mais à défaut utilisons-la.
- Pour un PIB français d’environ 2 200 Md€ en 2016, nous considérons que 700 Md€ viennent du capital et 1 500 Md€ du travail, et nous négligeons l’impact de l’indélicatesse numérique sur la première composante.
- Sous ces hypothèses, en France le manque à produire dû à l’indélicatesse numérique pourrait avoir atteint en 2016 environ 6,25 % de 1 500 Md€, soit 94 Md€.
Cet ordre de grandeur n’est pas négligeable. Concrètement, cela veut dire par exemple que le cœur régalien de l’État (armée, police, tribunaux, système d’incarcération/réhabilitation des délinquants, traitement de l’immigration), qui est en grande difficulté, pourrait être remis à niveau si la ponction sur le travail était réalisée à son profit plutôt qu’à celui des organismes et des personnes qui utilisent l’informatique et la télématique en produisant massivement des pertes de temps (en jargon économique, des externalités négatives) pour les autres utilisateurs.
Comme les actes de délinquance, les indélicatesses numériques détruisent beaucoup plus de valeur pour l’ensemble de la population qu’elles ne procurent de revenus à ceux qui la commettent. Un voleur obtient en moyenne un butin 3 ou 4 fois inférieur aux pertes qu’il inflige à sa victime (ménage ou entreprise). Il en va de même pour un escroc et plus encore pour un vandale : le plaisir que prend celui-ci en mettant le feu à une voiture représente évidemment beaucoup moins que la valeur du véhicule et que les soucis en cascade qui résultent de son acte.
 
Ce constat de simple bon sens, confirmé par des études réalisées à la demande de l’Institut pour la justice, indique qu’il serait probablement très "rentable" d’accentuer la lutte contre la délinquance et la criminalité ; il nous paraît probable qu’un accroissement des efforts de protection contre l’indélicatesse numérique le serait également. En tous cas la question mérite d’être posée.
Dans ce cadre la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) a un rôle important à jouer. L’invasion de notre vie par les opérations numériques telles que les appels téléphoniques, les textos (SMS) et courriels indésirables (Spams), ainsi que par la plus grosse partie de la publicité sur internet, constitue une importante nuisance. La création au sein de la DGCCRF, en 2016, de Bloctel, service permettant aux particuliers de s’inscrire sur une liste d’opposition au démarchage téléphonique, est un début.
 
Ce système est encore terriblement bureaucratique – et fort peu numérisé : l’adhérent mécontent est censé connaître (pour le communiquer à Bloctel) le nom de l’entreprise (et même de la personne !) qui lui téléphone. Il faudra évidemment moderniser ce service, notamment en automatisant la détection des auteurs d’appels intempestifs. Seul le bon numérique peut lutter efficacement contre le mauvais numérique. Il faudra aussi aller plus loin, ne pas se limiter aux appels téléphoniques.
L’apprentissage de la politesse numérique ne sera pas plus spontané que ne l’est celui de la politesse classique, responsabilité importante des parents et des enseignants qui est hélas quelque peu laissée à l’abandon. Le travail à réaliser est énorme. Comme le disait à ses enfants le laboureur mis en scène par Jean de La Fontaine : "travaillez, prenez de la peine, c’est le fonds qui manque le moins" !
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Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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